Parquet Courts – Human Performance (Rough Trade)

Publié par le 25 avril 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

parquet_courts-humanQu’on se le dise, les Parquet Courts sont de retour. Avec ce Human Performance, les new-yorkais d’adoption, creusent la veine de Sunbathing Animal, et livrent un nouvel album d’une grande diversité, même si l’ambiance et le son qui leur est propres sont immédiatement reconnaissables.

Parquet Courts est bien une des principales attractions actuellement de l’autre côté de l’Atlantique.

Habitués aux intros très addictives sur leurs albums, ils ne dérogent pas à cette règle, avec « Dust ». Riff accrocheur, guitares, basse et batterie très denses sur une mélodie simple, voire simpliste mais qui happe l’auditeur immédiatement. Andrew Savage scande « Dust is everywhere, sweep ». Prêts pour un grand coup de balai.

Les influences des Parquet Courts sont toujours audibles, même s’ils ne les revendiquent pas (Modern Lovers, Velvet Underground, Television…). D’ailleurs on s’en fout. Ils mettent leur talent d’écriture au service de leurs chansons, et leurs performances aussi bien sur disque que sur scène débordent d’énergie. Ils vont écumer quelques scènes en France en Juin (Festival This Is Not A Love Song à Nimes, Gaîté lyrique à Paris), foncez à ces concerts, vous ressortirez avec la banane, et avouez qu’en ce moment on en a bien besoin.

Les Parquet Courts sont teigneux et leurs chansons un rien cradingues nous embarquent sur ce nouvel album, pour une ballade dans la grande Pomme. La formidable “Captive Of The Sun résonne comme LA bande son des rues de New-York. :  “It’s a drive-by lullaby that couldnt get worse, a melody abandoned in the key of New York”. 

L’épatante « Outside« , qu’on croirait échappée des sessions de London Calling, la vulgaire et paranoïaque « I Was Just There » ou l’hallucinante « Paraphrased » sur laquelle Andrew Savage semble totalement possédé sont autant de claques salutaires. Les Parquet Courts sont bien les dignes héritiers d’une longue lignée d’artistes qui avaient une vision particulière du rock. Plus intellos qu’instinctifs les Parquet Courts ? Plutôt sincères et doués sans aucun doute. Leur musique n’est pas uniquement rentre dedans et agressive. Ils savent faire chuter la tension et se faire charmeurs, en livrant de très belles ballades : « Human Performance » et « Steady On My Mind » sont autant de moments en suspension, aux mélodies accrocheuses. Mention particulière à « Human Performance » bien plus vicelarde qu’il n’y parait. Sans conteste une de leurs plus belles compositions.

A mi parcours, ils livrent la formidable « One Man No City », chanson de construction classique dans sa première partie qui évolue doucement vers une longue impro, où les guitares s’insèrent dans l’espace laissé libre par les percussions. Dans la foulée, « Berlin Got Blurry » et ses guitares Western, presque une bande son pour un Tarantino, invite à taper du pied et bouger son cul.

Une fois lancés, rien ne semble plus les arrêter, et ils déroulent pied au plancher, balançant dans la foulée « Two Dead Cops » (triste constat sur la violence récurrente aux US) et « Pathos Prairie ». Deux punk rock pur jus. Jouissifs. Balancés à l’instinct. Enfin, pour clore la promenade, la chansonnette de « Kiss Me Good Night » aux réminiscences Lou Reediennes évidentes.

Les Parquet ont certainement une belle collection de disques, et piochent allègrement dans ces références pour créer leur univers et composer leurs chansons. Comme ils ont du goût, on ne va pas les blâmer et surtout pas s’en plaindre. À consommer sans modération.

El Padre

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