Onyx @ Nouveau Casino (Paris), 12/04/13

Publié par le 20 avril 2013 dans Live reports | 0 commentaire

 

onyxBon j’ai hésité à faire ce live report mais je me lance quand même car Onyx est un monument du hip hop underground, du REAL hip hop comme disent les ricains. Donc ça se raconte.

Un petit mot sur la salle du Nouveau Casino d’abord. On l’a déjà souligné quand on vous parlait du concert des Walking Papers mais ça ne coûte rien d’en remettre une couche : il s’agit clairement d’une des meilleures salles de la capitale offrant une remarquable programmation à des prix très accessibles. Et pendant que certains voyaient l’autre naze de Booba au Zénith après avoir casqué 50 euros, nous on a pu voir Onyx pour 20 balles.

On pensait arriver ric-rac avec JR en se pointant comme des fleurs à 20h mais on ne savait pas qu’on aurait droit à un paquet de premières parties. Et tout a fort bien commencé avec un DJ très sympathique (dont j’ai oublié le nom) qui nous a mis du très lourd dans les oreilles en balançant des gros classiques. Cypress, Mobb Deep, Gangstarr, Lords of the Underground, Wu-Tang… Plein de grosses bombes et de moments réjouissants où durant les premières secondes des morceaux, tout le monde se regarde d’un air satisfait avec le gros smile avant de remuer la tête en rythme.

Après ça s’est gâté avec en vrac un pauvre gars qui jouait au gangster et nous a asséné de sons merdiques, une petite minette débitant du RnB moisi insupportable et encore un rappeur à deux balles pour conclure. Un parfait condensé de tout ce qu’on déteste. Et des « artistes » qui n’ont absolument rien à voir avec le gros rap dur et dark d’Onyx, et qui seront d’ailleurs très froidement « salués » par le public qui ne supporte pas qu’on lui impose de telles bouses.

Les grands gaillards d’Onyx se pointent sur le coup de 22h30 et mettent immédiatement Le Nouveau Casino en transe avec une présence scénique énorme et une grosse complicité et complémentarité entre les deux Mcs du crew : Sonsee et Sticky Fingaz (à la voix inimitable).

Du méchant rap hardcore hyper dynamique aux instrus ravageuses. Le statut d’Onyx n’est pas usurpé, ce sont de vrais killers. Les classiques s’enchainent (« Raze It Up », « Slam », « Shut ‘Em Down », « Throw Ya Gunz », « Bacdafucup », « Last Dayz »), chaque titre enterre le précédent et on se remémore un truc : le bon rap en live ça peut tuer.

Entre les morceaux, les MCs saluent la mémoire d’anciens rappeurs partis trop tôt (Eazy-E, Tupac, Big L, ODB…). MCA (Beastie Boys) et Guru Gangstarr) n’y auront pas droit étrangement, contrairement à… Kurt Cobain !

J’avais une crainte avant le concert ; ne pas connaître la moitié des titres moi qui n’ai rien écouté d’Onyx depuis leur excellent troisième album Bacdafucup sorti en 1998. Et j’ai de ce fait été surpris qu’ils bombardent autant de leurs « tubes » dès le début, je me demandais ce qu’ils allaient bien pouvoir jouer ensuite. La réponse fait mal : rien. Non car ces cons se sont bien foutus de notre gueule et après environ 8 morceaux et à peine 40 minutes, ils ont décampé comme des enflures. Sans un mot.

Un comportement proprement scandaleux qu’on n’est pas prêts d’oublier. Merde quoi on n’est pas venus voir Madonna ! Le public était pourtant bouillant, acquis à leur cause et composé de fidèles de longue date. Vraiment ils avaient tout pour eux. Tout pour nous livrer une grosse leçon, mettre une bonne claque à tout le monde et nous faire passer une soirée exceptionnelle. C’était parti pour… Au lieu de ça, ils nous ont laissé là incrédules, frustrés à mort. Tant pis pour eux. On continuera d’écouter leurs premiers albums avec plaisir mais on ne sera pas nombreux parmi les présents au Nouveau Casino à retourner les voir lors de leur prochain passage en France. Même pour 20 balles.

 

JL

 

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