Nothing – Tired of Tomorrow (Relapse)

Publié par le 30 juin 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

nothingLa vie est une salope* disait Nas.

Domenic Palermo, le guitariste-chanteur de Nothing est sans doute d’accord avec lui, vu son parcours pour le moins tumultueux ces dernières années. Deux ans de prison pour avoir poignardé un mec lors d’un concert et un séjour à l’hôpital récemment après avoir été passé à tabac et laissé pour mort par une bande d’enragés. On a vu plus paisible.

Une vie instable qui se ressent dans la musique de Nothing, marquée du sceau de la dépression. Il n’y a qu’à voir certains titres de morceaux (« Eaten By Worms », « Tired Of Tomorrow », « Abcessive Compulsive Disorder ») ou qu’à se pencher sur certains textes (« Life’s a nightmare, And I don’t ever wanna wake, Life’s a nightmare, And I don’t care how long it takes » / « Made of blood and semen, Piss and shit are we (…) We Are Useless« **) pour voir que le bonhomme ne suinte pas franchement le bonheur. Et il ne faut pas avoir fait Bac+6 pour déduire que le titre « Everyone Is Happy » n’est pas dénué de dérision.

Mais il paraît que ça va mieux. Musicalement, en tout cas, ça va pas mal. Les exemples de musiciens tourmentés accouchant de grands disques sont nombreux. Ici on n’ira pas jusqu’à parler de grand disque mais on peut incontestablement considérer Tired Of Tomorrow comme une réussite.

Comme en écho à son esprit troublé, c’est sur une atmosphère shoegaze très marquée que s’ouvre ce disque. On nage dans le coton et pas très loin du rêve éveillé sur « Fever Queen » et « The Dead Are Dumb ». Ça ressemblerait pas fort à du Slowdive ? Si, mais c’est pas grave, on adore Slowdive.

Le jeu est parfois plus musclé sur ce Tired Of Tomorrow qui flirte également du côté du grunge mais place toujours les mélodies au premier plan (« Vertigo Flowers » agrémenté d’un pont particulièrement jouissif, « A.C.D. », « Curse Of The Sun » avec un bout de riff qui paraît emprunté au « School » de Nirvana, la superbe « Eaten By Worms »). Palermo tire particulièrement son épingle du jeu avec un chant à la limite de la complainte quand il fait face aux riffs lourds et de la justesse et délicatesse sur les compos plus aériennes (« Nineteen Ninety Heaven », « Everyone Is Happy »).

On pourra seulement persifler quelque peu contre la conclusive « Tired Of Tomorrow » dont la mélodie évoque celle de « Crestfallen » de Smashing Pumpkins. Piano, cordes, un brin trop larmoyant tout ça… Mais après tout, on l’a dit ce n’est pas un album riche en gaudriole.

Reste à souhaiter à Palermo de trouver une thérapie au travers de sa musique pour panser ses bleus et atteindre une tranquilité d’esprit car, nous on n’a pas franchement à se plaindre d’un disque comme celui qu’il vient de nous offrir.

 

JL

 

*Life’s a bitch

** »La vie est un cauchemar, Et je ne veux jamais me réveiller, La vie est un cauchemar, Et je me fous du temps qu’elle durera » / « Faits de sang et de sperme, de la pisse et de la merde voilà ce que nous sommes (…) Nous sommes inutiles. »

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