Night Beats – Who Sold My Generation (Heavenly)

Publié par le 26 janvier 2016 dans Chroniques | 0 commentaire

NB-packshot-400x400Il y a des disques comme ça qui ne payent pas de mine au premier abord. On se les passe comme ça, en fond, on note que ce n’est pas désagréable. Et on se les remet régulièrement parce que ce n’est vraiment pas dérangeant. Et au bout d’un moment on se le met dans les oreilles de façon quasi mécanique parce qu’on est vraiment bien en leur compagnie. Ça s’appelle l’addiction.

Robert Levon Been des Black Rebel Motorcycle Club est ici à la production (et à la basse) et les Night Beats ont quitté les très recommandables, mais plutôt confidentiels, Burger Records pour rejoindre les très recommandables et bien plus exposés Heavenly Recordings. Ce troisième album est donc censé les faire changer d’ère.

Il est trop tôt pour juger si Who Sold My Generation nous suivra des années durant mais clairement on l’imagine mal s’éloigner durablement au cours de l’année 2016.
Car, s’ils exploitent une formule éculée depuis des lustres, les Night Beats ont pour eux un certain talent pour instaurer une ambiance sympa, nous mettre à l’aise puis faire gueuler leurs guitares l’air de rien et nous embarquer là où on n’avait pas forcément prévu de se retrouver (« Sunday Mourning »). Et à tous les coups ce petit aller simple nous convient parfaitement.

Les atmosphères psychées, pour ne pas dire complètement enfumées, sont de la partie mais toujours dans un registre garage, plus propice à l’excitation qu’à la somnolence (et ce malgré l’excès de psychotropes !).
Les guitares se font tantôt apaisantes limite surf (« Right/Wrong ») tantôt tranchantes (« No Cops »), toujours chargées en fuzz et/ou delay. Lee Blackwell adopte de nouveau son chant hanté, et rebondit à merveille sur des lignes de basses bien groovy (« Power Child »).

Le chant de Blackwell, parlons-en, il sonne parfois très Black Keys (« Bad Love »). Heureusement, on parle du Black Keys de la bonne époque, qui semble révolue. Espérons que la relative nouvelle orientation du groupe, un brin plus pop et plus propre (quoique…) ne les guide pas vers une trajectoire similaire qui ouvre la voie des grandes salles mais ferme celle du bon goût.

Pour l’heure pas d’inquiétude, les idées et saveurs sont bien diverses sur ce disque, c’est ce qui fait aussi son charme (et sans doute pour ça qu’on l’entend souvent nous murmurer « joue-moi encore, joue-moi encore« ). Il y a cette intro déclamée façon Gil Scott-Heron par un imperturbable Lee Blackwell sur fond de guitares psychées dégoulinantes (« Celebration #1 »), ce titre en espagnol (« Porque Mañana »), ou encore cet « Egypt Berry » mené tambour battant avec guitare orientalisante en option.

Bref maintenant que Who Sold My Generation a innocemment grignoté une partie de notre cerveau pour se faire sa petite place, il ne sera pas évident de l’y déloger.

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