Neil Young – After The Gold Rush (Reprise)

Publié par le 17 octobre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

afterQuand j’ai proposé au rédacteur en chef de ce site, une chronique d’After the Gold rush, il m’a rétorqué, « pourquoi pas plutôt Harvest ?« . Ben justement, parce que l’album culte de Neil Young pour un grand nombre de gens, c’est Harvest avec quelques grands titres certes, comme « out on the week-end », « Heart of Gold », « Old Man » ou « Alabama », alors que After the Gold Rush album étalon, est à marquer d’une pierre blanche dans la carrière de Neil Young.

En 1972, je découvre donc Neil Young à travers le disque Harvest (comme beaucoup de gens à l’époque, en tout cas ceux que je fréquentais), avant d’écouter par la suite de très nombreux autres disques, et de tomber raide dingue de l’album précédent After the gold rush. Neil, pour moi, c’est donc une très ville histoire, vous l’aurez deviné. Et j’aurais pu choisir parmi pas mal d’albums, Zuma, Tonight’s the night, American stars and bars, Ragged Glory, ou Mirrorball enregistré avec Pearl Jam bien des années plus tard. Eddie Vedder est un grand fan de Neil Young, considéré de longue date comme le parrain du mouvement grunge : chemises à carreaux et toutes guitares dehors.

Revenons tout de même à ce qui m’amène aujourd’hui dans cet espace dédié aux albums et artistes cultes. En 1970, Neil en rupture du « super groupe » Crosby, Stills, Nash and Young, avec qui il vient d’enregistrer Déjà vu, publie son troisième album studio : After the Gold Rush. Les deux premiers sont restés dans une relative confidentialité, malgré quelques grands titres comme « Cinnamon Girl », « Cowgirl in the Sand », ou « The Loner » qui deviendra le surnom du rocker canadien.

Sur ce nouvel album, doté d’une pochette très sobre, photo de Neil noir et blanc, drapé d’un long manteau, en balade dans une rue, il s’entoure pour la seconde fois des membres de Crazy Horse : Danny Whitten (qui décèdera tragiquement d’overdose quelques années plus tard), Ralph Molina et Billy Talbot. Crazy Horse a accompagné Neil Young sur une vingtaine d’albums et dans de nombreuses tournées. En plus de Crazy Horse, quelques invités complètent le band qui enregistre, dont Stephen Stills, son meilleur ennemi, et un jeune prodige aux guitares Nils Lofgren.

Le disque est très équilibré et cohérent, avec son lot de compositions cool, ballades au piano, folk acoustique, et rocks électriques.

Les morceaux de bravoure de l’album sont nombreux, dont bien entendu la très belle chanson éponyme, qui fera l’objet de nombreuses covers, notamment par Thom Yorke et récemment sur le dernier album de Patti Smith BANGA. Neil au piano et au chant, quelques notes de hautbois par-dessus. L’ensemble est d’une beauté bouleversante, le genre qui reste gravé dans la tête des auditeurs pour toujours.

Folk acoustique et country à l’honneur bien entendu, avec de nombreuses et très belles compositions : « Tell Me Why », « Dont Let It Bring You Down », « I Believe in You ». Mais également deux rocks pur Youngiens, « When You Dance You Can Really Love » et bien sûr « Southern Man ».

« Southern man » est un des brûlots dont Neil Young a le secret, cela sera durant longtemps un des musts en concert, avec « Like a Hurricane » par exemple. Sur « Southern man », le Crazy Horse lâche les chevaux, Neil et Nils affutent les grattes, et s’affrontent dans un grand duel électrique. Sons écorchés, refrains enlevés, voix haut perché, qui crie sa haine du sud raciste, il en remettra une couche plus tard avec « Alabama », qui lui vaudra la réponse tout en finesse des sudistes Lynird Skynird (« Sweet home Alabama »). L’ensemble est remarquable et sera remarqué. Le son Neil Young qui influencera tant de musiciens par la suite, éclate sur ce titre. A écouter très fort bien entendu, quitte à faire hurler les voisins.

Il y a un avant et un After the Gold Rush pour Neil Young, qui poursuit sa route de barde rocker, à 67 piges, toujours animé par la flamme et la fougue insufflées par la passion de la musique. Un 37ème (!) album studio va paraître et sa biographie simplement intitulée « Neil Young, une autobiographie » est chez vos libraires. À recommander chaudement bien entendu.

 

El padre

After the Gold Rush by Neil Young on Grooveshark

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :