Mudhoney – Vanishing Point (Sub Pop)

Publié par le 28 mars 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

muToujours debout après 25 ans d’activité, Mudhoney revient avec son neuvième album, prêt à botter quelques culs. Car malgré les retours aussi inespérés que réussis des légendes du Seattle sound Alice in Chains et Soundgarden, la présence des indéboulonnables Pearl Jam qui fait toujours figure de référence absolue sur scène, Mudhoney reste aux côtés des Melvins (dans un registre plus métalleux) le symbole de cette scène grunge/punk/noise – appelez-la comme vous voudrez – qui a émergé fin 80’s/début 90’s du côté de l’evergreen state et changé la vie de milliers de gamins qui cherchaient jusque-là un intérêt quelconque à leur foutue existence chiante et sans relief.

Ce ne sont pas ceux qui ont eu le plus de succès, surement pas les plus talentueux non plus, mais ce sont les plus fidèles représentants du son cradingue propre au grunge des débuts, celui de Bleach, celui qui résonnait dans les bars miteux de Capitol Hill. Et le son de Mudhoney n’a pas changé d’un iota (ce n’est pas une critique, plutôt un compliment), l’esprit est resté le même, en témoigne la démonstration de l’an passé à la Villette Sonique, pleine de sueur et d’adrénaline, en plein air et accès libre. Et ce n’est pas un hasard non plus si Mudhoney est encore aujourd’hui – malgré une parenthèse au sein de la major Reprise – toujours chez Sub Pop, sa deuxième maison, qui fête aussi ses 25 ans d’existence.

À l’heure où la relève (Metz, Pissed Jeans) se fait de plus en plus pressante, Mudhoney se devait de remettre un coup de collier, de montrer qu’ils sont encore là prêts à honorer leur rôle de chef de file. Alors qu’a-t-il donc dans le bide ce Vanishing Point ?

L’intro batterie-basse pleine de groove de « Slipping Away » nous prend par surprise. Fort agréable la surprise. Ce morceau détonne un peu du reste de l’album avec presque un côté rock progressif. Le morceau qui clôture (« Douchebags On Parade ») est dans un registre similaire et Dan Peters à la batterie nous livre un récital.

Au milieu de tout ça, on a droit à du Mudhoney pur jus. Le groupe nous prouve qu’il a encore de l’énergie à revendre et à nous transmettre. Rien de bien révolutionnaire là-dedans mais du bon gros grunge à la sauce Stooges (« I Like It Small »).

Bien souvent, Mark Arm raconte n’importe quoi, chante n’importe comment, part dans des intonations improbables (son « prooobleeem » de « What To Do With The Neutral » ressemble à s’y méprendre à celui de Johnny Rotten sur le titre des Pistols du même nom). Bref il excelle dans son domaine. Il s’amuse aussi à placer des références aux grands du nom du rock. Ainsi le fameux « Excuse me while I kiss the sky » de Hendrix (« Purple Haze ») devient « excuse me while I fill the shopping cart » sur « I Don’t Remember You ».

Avec des morceaux comme « Chardonnay », expédié en 1 minute 39, ou « In This Rubber Tomb », Mudhoney renvoie les jeunes loups aux dents longues à leurs chères copies, avec l’air narquois qui dit « les gars vous pensiez faire du boucan, vous fatiguez pas je vous file le mode d’emploi ». En attendant, la place est prise « I’m coming back for more » gueule-t-il sur « The Only Son Of The Widow From Nain », morceau au riff immédiat comme Steve Turner sait si bien les faire. Celui de « Sing This Song Of Joy », plus subtil, bien vénéneux, est de ceux qui ne s’oublient pas. Et encore un excellent morceau dans la besace.

À plus de 50 piges, Mark Arm vient nous rappeler que lui et ses potes ne sont pas prêts à passer le flambeau. Une mise au point dans leur style à eux. Sans appel, indiscutable : comme un gros mollard en pleine face.

 

JL

 

Sing This Song of Joy by Mudhoney on Grooveshark

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