Metallica – Ride The Lightning (Vertigo)

Publié par le 5 novembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

ridethelightningMetallica fut d’abord classé dans la catégorie Heavy Metal, mais la rapidité d’exécution de leurs compositions a fait naitre un nouveau courant le Trash Metal, pour lequel ils étaient précurseurs. Rejoints par Slayer, Anthrax et Megadeth, les quatre groupes feront partie du « BIG FOUR of Trash ».

Formé en 81 en Californie, le groupe qui s’appuie sur les deux hommes de base James Hetfield (chant/guitare) et Lars Ulrich (batterie), a connu plusieurs changements de line-up. Dave Mustaine (Megadeth), occupait la place de lead guitar sur les compositions de Kill ’em all (1983), avant d’être viré et remplacé par Kirk Hammet (ex-Exodus). Ron Mcgovney, débute avec le groupe à la basse, mais ses collègues lui font un peu trop la misère, il craque et se barre. Un certain Cliff Burton qui jouait dans une formation nommé EZ Street (composé entre autres de Jim Martin à la gratte et de Mike Bordin à la batterie, futurs membres de Faith No More), puis pour Trauma, se fait remarquer par James et Lars lors d’un concert. Ils sont sous le choc devant ce garcon au look hippy qui fait des solos de basse et qui « headbang » constamment sur scène. Il rejoindra logiquement Metallica.

Le 27 septembre 1986, le tour-bus de Metallica qui faisait la route entre Stockholm et Copenhague, se renverse après que le conducteur en ait perdu le contrôle. Si l’équipe et les membres de Metallica s’en sortent avec quelques blessures sans gravité, Cliff Burton, lui, décédera sur le coup dans ce tragique accident. Il sera remplacé d’abord par Jason Newsted, et plus récemment depuis 2003 par Robert Trujillo (ex-suicidal Tendencies/ Infectious Grooves).

Le second album Ride The Lighting, enregistré et produit par Flemming Rasmussen au Danemark, sort en 1984. Il débute sur le titre « Fight fire with fire » et son intro acoustique, certes très sympa mais inhabituelle chez les Mets, du coup on s’inquiète pendant quelques secondes de ces premières notes. Le bordel qui va suivre va vite nous rassurer : un riff surpuissant prend place, la batterie retentissante d’Ulrich nous fracasse le crâne à coups de double pédale et par sa rapidité fulgurante, bien appuyée par la basse de Cliff. Hetfield a toujours ce timbre très juvénile et criard, même si on sent que sa voix est en pleine mutation, et qu’il fait tant bien que mal l’effort de chanter, subsiste encore quelques déraillements lorsqu’il hurle le refrain. En tout cas ce morceau d’ouverture est une bonne surprise à bien des niveaux. Le petit nouveau Kirk délivre un solo très réussi et prometteur.

On enchaîne avec « Ride the Lightning », qui confirme que le groupe n’a rien perdu de son agressivité et de son intensité. Dans la lignée de « Fight fire with fire », ils deviendront d’ailleurs très vite des classiques. Les cloches de « For Whom the Bell tolls » retentissent, nous rappelant l’intro de « Hells Bells » d’AC/DC. Le morceau est inspiré de l’œuvre d’Hemingway du même nom, et dénonce les horreurs et la futilité de la guerre « On the fight, for they are right, yes, by who’s to say ? For a hill men would kill, why ? They do not know » / « Ils combattent pour leurs bons droits, oui mais qui peut l’affirmer ? Pour une colline des hommes tueraient, pourquoi ? Ils l’ignorent ».

Si jusque-là les Four Horsemen nous offrent un sans faute, « Fade to Black », ne ravira pas les fans de la première heure. Se sentant trahis, ils accuseront le groupe d’avoir dévié complètement. Si Metallica ne nous avait pas habitué à ça par le passé, force est de constater que ce « Fade to Black » est une ballade d’une pure beauté. James chante juste, la mélodie est prenante, après chaque couplet le ton monte, pour redescendre sur un son acoustique et se clôture sur un merveilleux solo de guitare d’environ 2 minutes. Le texte parle du mal-être d’une personne qui songe à se donner la mort.

Les deux titres qui suivent, « Trapped Under Ice » et « Escape », sont souvent délaissés par le groupe lors de ses concerts ainsi que par les fans. Certes moins prenants et transcendants que le restant de l’album, ils ne sont tout de même pas à jeter aux oubliettes et il serait injuste de les considérer comme de vulgaires morceaux de remplissage. Ils conservent l’énergie et l’efficacité du haut de leurs 4 minutes chacun et proposent de bonnes phases comme le refrain bien maitrisé par Hetfield sur « Trapped Under Ice », et le solo de Kirk dans « Escape ».

L’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de chroniquer cet album des Mets plutôt qu’un autre, est le titre « Creeping Death ». Il décrit le dixième châtiment infligé au peuple égyptien (Les dix plaies d’Egypte tiré du livre de l’Exode), malédiction où chaque premier-né d’une famille sera tué.
Brutal et rapide tout du long, symbolique du Trash Metal, renouant avec Kill’em all, Kirk nous balance un superbe solo qui monte en puissance pendant une bonne minute pour arriver à saturation, à 3 minutes 40, et laisse place à un break remarquable où Hetfield scande « Die by my hand I creep across the land Killing first-born man. Die by my hand I creep across the land Killing first-born man » / « Meurs par ma main, je rampe à travers le pays pour tuer les premiers-nés. Meurs par ma main toute-puissante, je rampe à travers le pays pour tuer les premiers-nés », ponctué par la répétition d’un  « Die » inquiétant, qui sera repris à chaque concert par le public. Après ce passage, un écho à la voix de James, laisse présager la présence de l’ange de la mort.

Les huit mois qui séparent la sortie de Kill ’em All et de Ride the Lightning, ont suffi au groupe pour peaufiner leur style, délivrer un album riche et parfaitement travaillé, plus mature aussi, incluant des passages mélodiques et calmes sans écarter cette brutalité et ces sons ravageurs qui les confortent dans leur statut de groupe de Trash Metal. La pochette avec une chaise électrique sur un fond bleu est une belle réussite.

Le final « The Call of Ktulu » ultime moment magique, instrumentale de 8 minutes, qui même si dénué de chant, semble raconter une histoire. On se trouve bercés par des passages calmes, puis embarqués par des riffs effrénés, frappés par la puissance des coups portés par Lars et stupéfaits de la magnificence des solos de Kirk. Un morceau qui débute et se clôture sur la même mélodie, frappé sur la fin par des éclairs de batterie pour clore l’un des albums les plus sombres et l’une des plus belles réussites du groupe et du Trash Métal.

Face à la rapidité et l’agressivité du jeu qui fusille à bon escient nos tympans fragiles et nous fait battre le cœur à 100 à l’heure, Metallica, en fabuleux compositeurs savent aussi nous tranquilliser en réduisant le tempo, et façonnent de somptueuses mélodies (« Fade to Black », « Nothing else Matters », « the Unforgiven »..) qui raviront et séduiront un public plus large. Leurs cinq premiers albums sortis entre 1983 et 1991, sont de pures merveilles. Metallica a toujours su faire ressortir des émotions à travers ses compositions à la différence des principaux groupes du genre. Ils perdront cette magie par la suite avec des albums beaucoup moins réussis, jusqu’à l’album Death Magnetic, sorti en 2008, qui sans avoir obtenu l’unanimité des critiques, nous replonge dans des sonorités qui ont fait la force du groupe, et mérite à mon avis le détour.

JR

 

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