Low @ Divan du monde (Paris), 03/11/15

Publié par le 3 novembre 2015 dans Live reports | 0 commentaire

low une

Je n’avais pas prévu d’écrire à propos de ce concert. Mais là je ne tiens plus, il faut que j’en parle. Alors me voilà parti pour vous conter une douce et belle nuit automnale.

Soirée de gala au divan du monde avec Low, auteur d’un des albums de l’année et qui mène une carrière des plus admirables.

C’est le songwriter australien Mike Noga qui a l’honneur d’ouvrir le bal accompagné d’un second guitariste qui prête main forte aux choeurs régulièrement. Visiblement ravis d’être là, ils nous font passer un agréable moment, avec des chansons allant « du triste au suicidaire » (c’est eux qui le disent !) avant une fin de set plus enlevée.

Et puis, Low. Quelques secondes de « Gentle » suffisent à planter le décor, à nous happer dans l’univers Lowien.

Le divan du monde, cosy mais plein comme un oeuf, leur va comme un gant. Le son est gargantuesque. La basse fait vibrer les murs, les chants emplissent l’espace. Puissance et clarté, frissons à tous les étages.

Le concert débute comme le dernier album : « Gentle » et « No Comprende ». Autant dire, parfaitement. La voix de Mimi Parker est d’une pureté incroyable, les compos prennent encore plus sens sur scène, les versions entendues surclassant dans leur grande majorité celles sur disque. Ce n’est pas peu dire, vu les bijoux interprétés ici.

low black and white

Peu bavard, Alan Sparhawk se contente simplement de caresser ses cordes et de nous emporter avec sa voix d’une intensité poignante venant percer l’obscurité. Et quand les deux chants résonnent de concert… on s’accroche aux rambardes ! Oui car on est installé aux balcons, bénéficiant ainsi d’un surplomb idéal pour savourer ces moments d’osmose absolue.

Le dernier album est largement représenté et une « Monkey » dévastatrice vient nous rappeler entre temps que quand Low décide de s’énerver, il ne le fait pas pour rien. « Landslide » aussi fait trembler le décor après les nombreux instants de grâce (« Lies », « Holy Ghost », « DJ »). Et de s’achever sur les longs et sublimes choeurs évanescents de Mimi. Quoi de mieux pour partir avant le rappel ? Si le public ne s’était pas montré un poil timoré (ou extatique ?), il aurait sans doute entonné à son tour les « ouhouhouhou » qui vont bien jusqu’au retour du groupe. Certains s’y sont risqués, les autres ont sans doute craint de paraître ridicules en passant après Mimi. Il est vrai qu’il y a de quoi être intimidé.

Comme si ce n’était pas suffisant, Low nous offre au rappel l’inattendu « Words », ce chef-d’oeuvre du premier album tous les 4qu’on n’osait même pas espérer. Qu’est-ce qu’on a bien fait pour mériter tant ? Mike Noga et son acolyte ont eux aussi dû se sentir privilégiés, c’est déjà la classe d’ouvrir pour Low mais venir jouer avec eux « When I Go Deaf », ça doit marquer. Nous, en tout cas, ça nous a marqué au fer rouge. Et à en croire les applaudissements nourris qui ont ponctué chaque fin de morceau, et l’ovation finale, pas une personne n’a dû repartir déçue de cette soirée.

En soi, Low n’a rien fait de bien extravagant, ils ont juste interprété avec une maitrise bluffante les quelques petits bijoux qui peuplent leur répertoire (privilégiant les plus récents, certes, mais ils ont de quoi faire). Et en faisant cela, ils ne se sont pas contentés de répondre aux attentes mais les ont surpassé allègrement. Car il y a un côté irréel à l’écoute des albums les plus réussis de Low, comme un état de grâce permanent. Et voir cela reproduit « simplement » par trois personnes sous nos yeux, rendait la chose d’autant plus délectable et unique.

JL

Setlist : Gentle – No Comprende – Monkey – The Innocents – Plastic Cup – On My Own – Holy Ghost – Spanish Translation – Lies – Into You – Pissing – DJ – What Part Of Me – Will The Night – Landslide.
Rappel : Words – When I Go Deaf

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