Liars – Drum’s Not Dead (Mute)

Publié par le 28 novembre 2014 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

liars-drums-not-dead-608x608Le mensonge c’est mal, et ça peut coûter cher. Demandez à Jérôme Cahuzac tiens… A priori il est pas au mieux.

Les Liars (menteurs en langue de Shakespeare) n’en ont que faire, ce sont de fieffés mythomanes et ils le clament haut et fort. Leurs méfaits ? Duper systématiquement l’auditeur en lui faisant croire qu’ils sont spécialisés dans un registre musical pour mieux s’en défaire à l’album suivant. Et l’illusion est troublante.

Drum’s Not Dead est leur 3e album et comme son nom l’indique il met la batterie au centre du jeu. Pari très risqué, mais pari relevé haut la main.

Il n’y a pas que de la batterie sur cet album mais elle est clairement au pouvoir. C’est elle qui évolue constamment quand les autres instruments se contentent d’accompagner le mouvement. La batterie se retrouve starifiée (elle qui oeuvre habituellement dans l’ombre de la sacrosainte guitare), désignée jusque dans les titres – parfois débilissimes – des morceaux (« A Visit From Drum », « Drum Gets A Glimpse », « Hold You, Drum », « You Drum », « To Hold You, Drum » !).

Le disque est une véritable expérience, clairement déroutante (on écarquille grand les yeux et les oreilles lors des premières écoutes comme pétrifié devant cet OVNI) mais ô combien captivante. Et pour une fois le terme de concept album, si prétentieux et trop souvent galvaudé, prend ici tout son sens. Car Drum’s Not Dead est un bloc. Un bloc cohérent, minutieusement étudié comme si chaque seconde musicale qui le compose était à sa place et ne pourrait absolument pas se retrouver ailleurs.

Ainsi que l’on passe de la transe tribale avec masques vaudous, chants hallucinés, didgeridoos et consorts (« Let’s Not Wrestle Mt. Heart Attack ») au voyage intérieur sidérant (« The Wrong Coat For You Mt. Heart Attack »), on est toujours dans le même bateau suivant un chemin totalement logique comme si le tracé était connu à l’avance et donc immuable. La voix d’Angus Andrew est au service de l’ensemble, oubliez tout format chanson, pas de suite logique, de répétition ou encore moins de refrain, Angus est un guide, un chaman prophétique complètement hypnotisant (« It Fit When I Was A Kid » ou « Drum And The Uncomfortable Can » où il proclame dans une sorte de slam habité ce qui pourrait bien ressembler à notre exécution… et la rythmique mécanique ne fait rien pour nous rassurer).

On ne retrouve un format plus classique que sur le dernier morceau (« The Other Side Of Mt. Heart Attack ») qui vient magnifiquement conclure l’album.

Un album impressionnant de maîtrise qui venait couronner là le début de carrière de Liars qui n’a jamais cessé d’expérimenter depuis avec plus (WIXIW) ou moins (le dernier, Mess) de succès. Reste à savoir où ils décideront de nous emmener la prochaine fois.

JL

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