Leftfield – Alternative Light Source (Infectious Music)

Publié par le 2 juillet 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

leftfieldDécidément les rois du big beat et assimilés se sont donnés le mot pour revenir en 2015. Après Prodigy et avant les Chemical Brothers dans 15 jours, voici que Leftfield renaît de ses cendres, 16 ans après son dernier effort discographique.

Alors que Leftism est encore dans toutes les mémoires et figure toujours au panthéon des albums de musique électronique, il faut se souvenir que celui-ci n’avait eu qu’un successeur, Rhythm & Stealth, un poil en dessous. Et depuis plus rien. Ou si peu (en réalité un single et une tournée de reformation).

Délesté de son acolyte Paul Daley, Neil Barnes se devait donc de nous prouver qu’il n’avait pas rouillé sous le poids des années, que Leftfield avait encore des choses à dire, que ce n’était pas un groupe à ranger dans nos souvenirs, symbole de certaines soirées démentielles.

De ce point de vue-là, on est vite rassurés, notre lecteur MP3 va se faire des nouveaux copains. Certains titres préfigurent en effet de moments animés sur les dancefloors (« Universal Everything » qui progressivement fait monter la sauce jusqu’à la transe ou la redoutable « Little Fish »). On est moins convaincu par « Shaker Obsession », sans doute formidable avec 4 grammes dans le sang, un brin lourdingue sobre.

Mais Leftfield ne s’est jamais résumé à un groupe qui pond des hits pour faire frétiller les miches. Le registre du groupe est large, sa faculté à mélanger des influences hip hop voire dub à sa base dance, est reconnue. Et une fois encore, Leftfield prouve l’étendue de sa palette avec un « Head And Shoulders » maousse où le duo avec Jason Williamson de Sleaford Mods est remarquable d’efficacité. Ce dernier, invité à venir cracher son venin sur fond de basses vrombissantes, bouffe décidément à tous les râteliers (il avait aussi participé à « Ibiza » sur le dernier Prodigy), et s’en sort rudement bien.

Sur « Dark Matters » et « Storms End », le tempo s’adoucit et s’instaure alors quelque chose de plus « spatial ». Barnes fait parler son impressionnante maitrise des textures et donne ainsi à son album un relief digne de son héritage. A l’exception de quelques morceaux dispensables (« Bilocation », « Shaker Obsession ») et s’il va sans dire que l’histoire retiendra toujours Leftism, Alternative Light Source s’impose néanmoins comme une réussite.

 

JL

 

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