Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Publié par le 15 janvier 2020 dans Live reports, Notre sélection | 0 commentaire

Last Train sur ses terres pour sa dernière date de 2019. L’affiche avait de l’allure avec Bandit Bandit en ouverture et sur scène dès… un trop précoce 20 heures (un vendredi soir !). Autant dire qu’à 4 jours de Noël, avec une circulation strasbourgeoise dense, l’habituelle chasse à la place de parking autour de la Laiterie et un concert sold out, il aurait fallu… que je parte plus tôt pour ne pas rater à peu près tout le set de Bandit Bandit. Shame on me, vu que le peu de la performance entrevue m’a bien plu. Pas tous les jours que des groupes rock frenchies pratiquent leur art dans la langue de Molière en plus. A revoir…

21h00 précises (on est ponctuel à La Laiterie, ça fait peur), bière de Noël à peine sirotée, Last Train déboule sur scène. Troisième rencontre avec eux pour ma part mais première en salle d’où une grosse attente et excitation non dissimulée. On parle quand même d’un groupe de ma région qui peut prétendre à une place sur le podium très officieux de meilleur groupe rock français en activité. Assertion totalement gratuite et scandaleusement subjective ok. Mais The Big Picture, leur deuxième album, a quand même marqué la scène rock hexagonale en 2019. Et l’aura du groupe, sorte de « dream come true » de copains qui montent leur band puis se propulsent jusque sur les scènes internationales au gré de centaines de dates en à peine quelques années a de quoi faire fondre le cœur endurci de n’importe quel indie rock critique sceptique. En terre promise, le groupe a démarré tambour battant avec une doublette puissante et imparable : l’impeccable « All Alone », toutes guitares dehors et le tubesque « Way Out » qui a fait monter la température très vite dans les premiers rangs totalement acquis à la cause des alsaciens. Le groupe a choisi une setlist en montagnes russes alternant titres enragés et plages plus contemplatives proches du post-rock comme sur un « On Our Knees » où le silence quasi religieux de La Laiterie avait de quoi foutre le frisson. Quel titre ! Beau travail sur les lights au passage avec de belles ambiances en clair-obscur sur les passages instrumentaux paisibles. Le groupe a de la bouteille (plus de 400 dates au compteur) et leur complicité est visible. Des titres classiques comme « House On The Moon » ou « Fire » ont retourné la Laiterie. On est pourtant pas loin d’un post-rock assez lent qui peut rebuter les non-initiés. Mais la patte mélodique du groupe, le chant assuré de Jean-Noel Scherrer et la capacité du groupe a « électrifier » cette belle mélancolie a fait fondre le public. Qui ne tarda pas à s’embraser carrément sur le furieux « Disappointed », un medley « One Side Road/Between Wounds » ou « Leaving You Now » juste avant le rappel. Pas avare en remerciements dont un poignant « Tu vois, c’est possible » adressé à sa mère par Jean-Noel (esprit de Noël activé), le groupe était heureux de clôturer cette année de scène à domicile. Seuls quelques relous sûrement en abus de vin chaud (esprit de Noël décédé) ont pris un malin plaisir à saccager les instants de grâce où les guitares silencieuses de Julien et Jean-Noel entamaient « Fire » ou le poignant « Tired Since 1994 » qui ouvrait le rappel. Un courageux lança donc un fort convaincant « Ta gueule » tandis que Jean-Noel se déplaçait sur le côté de la scène en lançant le regard vénère de celui qui est chez lui et qui aspire à kiffer tranquille sa soirée. Sous les acclamations du public. En terre promise. Alors que je m’attendais à un « An Idea Of Someone » très Radiohead (finalement non joué, étonnant d’ailleurs) juste avant le final attendu par toute la salle, on a eu droit à un « Cold Fever » certes rythmé et sautillant mais pas ouf malgré les « ouhouhouhouh » repris par le public.
Le climax espéré était là, clôturant 1 heure et demie passée comme dans un rêve. « The Big Picture ». Le titre phare de l’album du même nom. La masterpiece qui en a bluffé plus d’un cette année. Même lesté des cordes de l’orchestre symphonique de Mulhouse de la version studio, le titre impressionne autant dans le format live. Poignant, déchirant, presque tragique, les guitares tour à tour mélancoliques et furieuses semblent raconter l’odyssée du groupe, entre débuts modestes entre potes, longues tournées endiablées qui forgent le caractère et succès crescendo. Un des titres de 2019 sans aucun doute ! Voilà, c’est fini ! Mais pas de déprime pré-Christmas à la fin du concert. Good vibes, grands sourires sur les visages toutes générations confondues ce qui en dit long sur le potentiel du groupe qui a su séduire aussi bien la jeune génération comme les puristes de l’indie rock nés à la musique dans les 90’s. Haut les cœurs ! Last Train revient par chez nous (en Alsace !) le 27 mars 2020 au Noumatrouff et en Juillet sur la grande scène des Eurocks toute proche ! Avant un Olympia pour nos amis parisiens en novembre. Pas mal pour un petit groupe de potes parti d’Alsace !

La belle histoire !

Sonicdragao

Setlist : All Alone – Way Out – House On The Moon – On Our Knees – One Side Road / Between Wounds – Disappointed – Fire – Leaving You Now
Rappel : Tired Since 1994 – Cold Fever – The Big Picture

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