King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe

Publié par le 4 juillet 2017 dans Chroniques, Notre Sélection | 0 commentaire

(Heavenly / PIAS, 2017)

La fin du monde approche ! Ce n’est pas moi ou Paco Rabanne qui l’annonce mais les King Gizzard & The Lizard Wizard en personne. Pour nous en persuader, ils nous livrent le 2e de leurs 5 albums prévus cette année, Murder Of The Universe, aux allures de récit de héroïc fantasy en trois tomes.

Et effectivement, il y a de quoi flipper à l’écoute de ces 3 contes terrifiants lus/chantés/hurlés par Stu McKenzie, accompagné de ses habituels comparse chtarbés et d’une narratrice (Leah Senior) qui prend sa tâche très au sérieux. Fuyez jeunes fous, mais avant cela, écoutez ce disque.

Le premier récit prend très vite la forme d’une cavalcade effrénée pour s’arracher des griffes de cet abominable « Altered Beast ». Après l’escapade orientale Flying Microtonal Banana moins barge (encore que), King Gizzard nous refait le coup des boucles interminables (relire les chapitres I’m In Your Mind Fuzz et Nonagon Infinity) à base de guitares déchainées, de rythmique hystérique et d’harmonicas hurleurs. La folie qui émane de ces compos est très contagieuse, l’oeuvre est haut perchée et on a envie de soutenir corps et âme Stu qui ne se dégonfle pas face à l’Altered Beast (« I see you/I want to/Seize your brain/I’d like to/Put it in my head »). Mais l’objectif de l’Altered Beast n’est pas de terrasser Stu mais de prendre possession de lui, de rentrer dans son esprit. Et à la fin de cette lutte de tous les instants aussi éprouvante pour lui qu’exaltante pour nos esgourdes, le combat est perdu comme le lui rappelle l’Altered Beast (« You lost your will and your sanity/You certainly lost your humanity/Now it’s your turn to give back to the Earth/May you return to the ground and ossify/It’s time for you to die, die, die »).

C’est l’heure du second récit. Nouveau duel fratricide, qui met aux prises cette fois « The Lord Of Lightning » à « The Balrog ». Un nom tiré du Seigneur des Anneaux, auquel on pense fort d’ailleurs dans cette aventure épique face à des forces supérieures. L’ambition des King Gizzard n’a plus de limite, leur son, qui passe sans complexe à la moulinette metal, space rock, et psychédélisme, fracasse tout et efface presque à lui seul leurs précédentes oeuvres déjà protéiformes (malgré des réminiscences en forme de clins d’oeil appuyés à Nonagon Infinity).

Après ce raz-de-marée dévastateur, il ne reste plus grand chose sur terre. La narratrice a été balayée et remplacée par une voix robotique pour ce troisième et ultime conte. La voix d’un cyborg du nom de Han-Tyumi (anagrame de Humanity, qui, elle, semble avoir disparu au profit de l’ère technologique). « Digital Black » annonce la couleur, carrément metal. L’heure de l’extermination. On pense alors que King Gizzard va verser dans la facilité se contentant d’un bon gros riff des familles bien enrobé, ce serait mal les connaitre. Très vite, les voilà repartis dans leurs délires, qui nous plongent dans un décor de science-fiction où l’on pense croiser les vaisseaux spatiaux de Hawkwind, Black Sabbath et… Kraftwerk. Le voyage prend fin, l’univers est anéanti par une immense vague de vomi (véridique). King Gizzard a réussi son pari : mêler une bonne dose d’autodérision à un univers geek/SF/heroïc fantasy, le tout sous une quantité ébouriffante de guitares en fusion, de changements de rythme incessants, de bizarreries en tous genres…

King Gizzard s’amuse toujours à créer et à partager ses coups de folie, avec une constante soif de renouvellement. Il n’est pas toujours évident de les suivre. Il faut aimer se prendre un 6-tonnes dans la tronche et se faire rouler dessus une bonne cinquantaine de fois, sous les rires appuyés de créatures infâmes. Pour ceux que ça n’effraie pas, et qui arrive à pénétrer cet album tentaculaire, il n’est pas improbable qu’ils souhaitent l’écouter jusqu’à ce que mort s’en suive.

JL

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