King Buzzo – This Machine Kills Artists (Ipecac Recordings)

Publié par le 5 août 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

buzzo30502714Évacuons immédiatement la comparaison obligatoire : King Buzzo alias Buzz Osborne, leader d’un groupe reconnu pour la férocité bruitiste de ses compositions (Melvins), sort un album acoustique, ce qui rappellera J Mascis, lui aussi leader d’un groupe reconnu pour la férocité bruitiste de ses compositions (en l’occurrence, Dinosaur Jr), qui avait fait la même chose en 2011. Les deux artistes ont une discographie suffisamment longue et un ancrage à leur groupe suffisamment profond pour que la démarche surprenne un peu, suffisamment de talent pour qu’elle éveille la curiosité des auditeurs. Les deux s’en tirent honorablement, et la comparaison s’arrête là.

Car si Mascis avait quand même habitué à un savoir-faire mélodique indiscutable déjà derrière des murs d’amplis, Buzzo était plutôt un adepte des morceaux dans ta face à base de riffs crasseux soutenus par une batterie écrasante. À vrai dire, si j’avais dû parier sur la sortie de l’album solo acoustique d’un membre des Melvins, j’aurais plutôt misé sur Dale Crover, l’ami d’enfance de Kurt Cobain, qui avait participé au dernier disque solo de Lou Barlow. « Il est chiant, ce type, il ramène tout à Dinosaur Jr ! »
Mais bon, voilà, on m’annonce la sortie de ce disque, King Buzzo seul avec sa guitare acoustique, et franchement, je suis curieux mais interrogatif. Qu’attendre d’un album pareil ? Et bien, paradoxalement, je dirais que le plus surprenant est de ne pas être surpris.

En effet, on retrouve ici exactement ce à quoi nous a habitué Buzz, le même genre de compositions, la voix qui part dans tous les sens, un bloc de titres (17 !) qui, soyons honnêtes, se ressemblent tous un peu, mais sont objectivement bons et s’écoutent avec plaisir. Le tout en acoustique. Et ça marche. Ce disque démontre, finalement, que les Melvins n’ont pas besoin de leur son surpuissant pour être un bon groupe. Il continue également de prouver, s’il en était besoin, qu’ils sont portés par un compositeur, guitariste et chanteur de talent.

Cet album, en étant plus accessible que leurs déluges sonores brutaux, est une excellente porte d’entrée dans l’univers des Melvins. Avec ses morceaux qui ne dépassent pas les 3 minutes, c’est également un bon moyen de se rendre compte de l’essence punk de ce groupe. Privés de leur apparats électriques, les titres sont autant de compos punks originales et bien foutues. Si vous voulez des exemples, allez donc jeter une oreille à « Vaulting Over A Microphone », « Rough Democracy » ou « New River ».

En bref, voilà un énième projet de l’équipe Melvins qui mérite largement le temps qu’on dépensera à son écoute. Et auquel on reviendra certainement avec plaisir. Si l’exercice acoustique peut être cette « machine [qui] tue les artistes« , le roi Buzzo n’a rien à craindre.

 

BCG

 

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