Jon Spencer Blues Explosion @ Bataclan (Paris), 04/12/12

Publié par le 9 décembre 2012 dans Live reports | 0 commentaire

En ce Mardi 4 décembre, la fatigue me gagne. Rongé par le froid et le boulot, je prends la route en fredonnant « Keep your eyes on the road and your hands upon the wheel », comme ça pour me maintenir éveillé et me donner du courage. Il faut dire que ça bouchonne au niveau de l’autoroute à Argenteuil…

Bref, je sillonne les routes, A15, Périph’ intérieur, Porte de Vincennes, direction Nation et Bastille, Bd Voltaire et gare ma voiture rapidement, je remonte le boulevard pour chercher un peu de chaleur en ce mois de Décembre, et entre dans la salle du Bataclan.

Me croyant en retard, j’ai eu peur de galérer à faire une queue longue comme le bras, mais non, apparemment les retardataires ont dû préférer esquiver la première partie, les Mama Rosin venus de Suisse : un mec à la guitare et au banjo, un deuxième à l’accordéon et à la guitare, et le troisième à la batterie et … à l’harmonica !

Des braves petits gars à la frimousse joyeuse et au son festif. Ils ont enregistré, l’été dernier, leur dernier album dans le studio de Jon Spencer et ont subi son, hum … antipathie. « Il faut vous dire, Monsieur, que chez ces gens-là, on ne cause pas, Monsieur, on ne cause pas« , … on travaille. Un brin mégalomane le mecton – quand même – ce Jon Spencer, je connaissais bien un acteur italien, Bud Spencer, et il avait l’air plus sociable, mais ça n’a rien à voir, désolé…

Euh… Ah ouais, les mignons Mama Rosin ont fini leur petit cirque, qui je dois l’avouer n’était pas désagréable du tout. Ce n’est pas trop ma tasse de Jack’, mais je les préfère à Tryo, dans le même genre… et à choisir.

La salle se remplit, petit à petit, des rockers, des bluesmen, des curieux, toutes générations confondues.

Et là – Arriba, Ándele, Yeppa – les roadies installent les instruments, les testent, à la vitesse des ramasseurs de balles à Rolland Garros. Et les zicos se pointent.

Au préalable, je dois avouer que je ne connaissais pas – sinon de nom – The Blues Explosion et ce Jon Spencer égocentrique. Mon premier sentiment en les regardant jouer est qu’ils étaient très pros, au sens « très professionnels », du genre collègues employés de bureau qui ne peuvent pas se sentir mais qui collaborent, bossent ensemble, avec l’impératif diplomatique lors d’une représentation publique.

Sinon le son est très saturé, un rock’n’roll qui sent l’cul, quoi… et le Jon Spencer jouera de son theremin, l’instrument qu’utilisait Jimmy Page sur « Whole Lotta Love », qui consiste à faire évoluer un son électrifié avec la main en maintenant une certaine distance avec l’antenne.

Le deuxième guitariste à l’air de se faire chier… est-ce pour maintenir une attitude pseudo-cynique ? On n’sait pas… C’est vrai qu’un mec qui sourit a l’air vulnérable, mais là il y a des limites.

Le guitariste en question s’appelle Judah Bauer. Il lâchera des petits riffs taquins et très accrocheurs. Le batteur Russell Simins martèlera ses toms et sa grosse caisse fera vibrer les jeans serrés des teenagers.

Reprise de « Fuck It Up » de Dub Narcotic Sound System, et le Jon Spencer après quelques gimmicks rock’n’roll hyper-speedés, lancera un « Make it fucked up » à l’audience. Le message est reçu et les gobelets de bière – à 4€ l’unité – volent au-dessus des premiers rangs et atterrissent tantôt aux pieds des gratteux, tantôt sur la gueule du batteur. Les ados enivrés s’adonneront à des « Stage Diving » sans incidences.

Le concert se terminera par un rappel, que personnellement j’ai trouvé interminable. Est-ce à cause de la fatigue ou du contenu monolithe, répétitif et sans variations d’un concert des Blues Explosion ?!

Je ne sais pas… Mais bon, on ne peut pas reprocher aux Rolling Stones de ne pas faire autre chose que du Rolling Stones, sauf que l’heure n’est plus à tout cela…

Le Rythm & Blues est une bien bonne musique, mais quand il faut lui rendre hommage, il est nécessaire de l’agrémenter pour la faire revivre dans le contexte de l’époque actuelle, et nous sommes en 2012 !

Bref, conclusion, les gens quittent la salle – pour la plupart, je pense, satisfaits – et titubent mollement vers leurs voitures et leurs bouches de métro respectives…

Je dois reconnaître que je suis resté dubitatif à la sortie de la salle. The Blues Explosion était un grand groupe et je suis arrivé trop tard ? Ou est-ce simplement eux qui sont restés nostalgiques ?!

CB

 

Line-Up : Jon Spencer (chant, guitare), Judah Bauer (guitare, chant), Russel Simins (batterie).

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