Jacco Gardner – Hypnophobia (Full Time Hobby/PIAS)

Publié par le 25 mai 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

jaIl y a deux ans à peine paraissait le premier album très prometteur de Jacco Gardner, Cabinet Of Curiosities, qui faisait écho aux sixties psychédéliques, notamment les Beach Boys ou les Zombies (jetez une oreille à Odessey and Oracle, vous comprendrez) pour qui Jacco Gardner voue une véritable admiration. Ses inspirations sont d’ailleurs pour la plupart issues du mouvement psychédélique de cette époque : aux deux déjà cités, on peut ajouter bien sûr Syd Barrett et Daevid Allen (Soft Machine, Gong).

Il est assez pote avec Kevin Parker (Tame Impala) et la proximité artistique entre ces deux-là est flagrante. Deux jeunes musiciens, autodidactes, qui font tout eux-mêmes, comme de nombreux artistes d’aujourd’hui, et s’appuient sur les techniques modernes pour composer, jouer, créer. Et ça leur réussit plutôt bien.

Pour ce nouvel opus, un mot résonne comme une évidence : onirisme. Il s’agit de la capacité de créer à l’état de veille des hallucinations comparables aux rêves. Bingo ! Notre ami Jacco, batave bon teint, qui vit au pays où l’herbe qui rend nigaud est en vente libre, est en perpétuel état de rêverie et transpose cela dans sa musique. Le résultat est brillant et cet Hypnophobia est une pépite.

Ambiance cinéphile des compositions sur lesquelles notre esprit (presque notre subconscient) peut projeter des images. La voix douce de Jacco, est un atout majeur pour nous bercer dans cette atmosphère mélancolique et rêveuse sur les superbes « Brightly » et « Find Yourself ».

Sur « Face To Face », simple ballade accompagnée de maracas, guitares acoustiques et claviers rétro, qui sonne comme un inédit de Syd Barrett, il va encore à l’essentiel.

Il aligne d’ailleurs les chansons classieuses avec un talent écœurant : « Outside Forever », ou la fantasque « Hypnophobia », complexe composition de couches successives de claviers, dopée par une basse rondelette. La voix noyée dans la réverb, semble surgir d’un rêve embrumé, tantôt joyeux ou angoissant, qui résume parfaitement l’univers si particulier de Jacco Gardner et le talent de ce mec. Deux instrumentaux en début et fin de disque, invitent à planer et démontrent son obsession pour les rêves, la nuit ou l’aube. La composition « Before The Dawn » justement est là pour enfoncer le clou avec ces quelques notes de synthé, cette pulsation régulière sur cette ritournelle entêtante qui s’insinue insidieusement dans les crânes. Huit minutes d’errance échevelée en territoire fantasmagorique, entre la nuit et le jour. Juste avant l’aube.

Talentueux créateur d’ambiances délicates et planantes, Jacco Gardner a mis tout le monde d’accord en deux albums, ce type est brillant, sans aucun doute, et on suppose que le meilleur est encore à venir.

El Padre

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