Israel Nash – Rain Plans (Loose)

Publié par le 11 octobre 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

IsraelNashsRainPlansCe Nash-là n’a aucun lien de parenté avec Graham Nash, l’anglais de service du supergroupe des années 70, dans lequel s’illustra quelques temps une de nos idoles ici, j’ai nommé Neil Young. En revanche, notre ami Israel Nash connait son Neil sur le bout des cordes, et ne se cache pas pour déclarer son admiration pour le célèbre canadien aux chemises à carreaux. Israel Nash, c’est plutôt le genre bucheron planqué dans une ferme, plus rural que citadin, ses chansons parlent de grands espaces et de nature (confère la superbe pochette du disque), et les chemises à carreaux il aime ça également. Sa musique semble idéale pour animer les soirées avec feu de camp et pack de bières à la belle étoile. Balancé comme ça, j’avoue c’est un peu réducteur, mais ça aide à visualiser.

A la première écoute de Rain Plans, son troisième album, on se demande s’il ne s’agit pas d’un album oublié du Loner qu’on aurait sorti de sa cave. Mais non, le bucheron barbu du Missouri, émigré au Texas, à la voix et au son de guitare si ressemblants à ce bon vieux Neil, est bien à la baguette sur ce superbe disque aux mélodies léchées, qui rappellent les meilleurs enregistrements du parrain du grunge dans les années 70 (globalement plus On The Beach que Ragged Glory).

Ce qui accroche immédiatement, c’est bien sûr la voix d’Israel Nash, semblable à un souffle chaud, amené par le vent du désert, toute en légèreté et sensualité. Environnée de guitares acoustiques et de pedal steel qui nous emmènent rencontrer cette « Woman At The Well », superbe ouverture qui nous indique clairement où on met les pieds. Loin des ambiances garage et fuzz de nombreux enregistrements récents, ici tout semble aérien, léger, voire spirituel, le mec clairement semble habité par sa musique. L’ensemble des chansons est remarquable sur ce disque très homogène, dont toutes les mélodies s’impriment lentement dans notre esprit. Montée en puissance toute en douceur, quelques notes de piano par là, les guitares qui s’en mêlent, avec de jolis solos balancés sans chercher à impressionner, et la voix de Nash qui fait le reste.

Quelques morceaux sortent tout de même du lot, notamment ce « Myer Canyon », qui donne envie d’aller s’y balader, intro au sitar, relayée par deux guitares d’une douceur à pleurer, et l’ensemble qui monte jusqu’à l’emballage final, ou « Through The Door » qui semble échappée des sessions de Harvest (mais pas de plagiat, juste d’inspiration).

« Rain Plans », la longue promenade mélancolique, qui donne son titre à l’album, est une invitation à la rêverie, sur laquelle une guitare électrique (Joly Mc Clellan) s’invite, et nous embarque pour une ballade mémorable. Du grand œuvre. Le disque s’achève sur la très belle « Rexanimarum », plus Stones (quand ils écrivaient de grands morceaux country) ou Dylan que Young, mais finalement totalement à l’image d’Israel Nash. Il a comme ces grands musiciens, la conviction que la musique doit ouvrir l’esprit et bouleverser l’âme. Ce disque gorgé de soleil, de guitares et de mélodies en est la preuve. A écouter sans modération.

 

El Padre

 

Live d’Israel Nash chez KEXP l’été dernier

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