Interview et live report – CAKE

Publié par le 24 octobre 2019 dans Interviews, Live reports, Notre sélection, Toutes les interviews | 0 commentaire

Quand on écoute un groupe depuis l’adolescence, notamment quand c’est le premier vrai groupe qu’on est allé voir en concert, l’opportunité de passer du temps au téléphone avec son chanteur fait ressortir tout le côté fanboy réprimé avec l’âge adulte. Surtout quand l’interview a été tentée deux fois auparavant sans succès (une fois pour les 20 ans de Fashion Nugget, une autre à l’occasion de leur passage à Paris plus tôt cette année). J’ai donc été très tenté de demander à John McCrea, le leader de CAKE, des photos dédicacées et des pin’s. Au lieu de ça, on a abordé beaucoup de sujets dans cette conversation matinale (pour lui), et si le chanteur manquait de café, il n’a pas manqué de verve.

“Beaucoup d’arrangements dans la musique moderne sont surchargés. Il se passe trop de choses à mon goût, trop pour que le cerveau humain puisse tout comprendre. Et je pense que nous, jusque-là, nous ne sommes pas tombés dans ce piège !”

Il semblerait que Paris n’a pas de chance avec vos concerts. Vous avez prévu quelque chose de spécial pour ce soir ? Des morceaux rares ?
Oui, quand on est venus en janvier, c’était la fin de la tournée et j’ai complètement perdu ma voix. En 2011, on ne trouvait plus notre guitariste Xan McCurdy, même si je ne me souviens plus des détails. On a eu beaucoup de poisse, et j’en ai fini avec la poisse !
Mais ce qu’on va essayer de faire ce soir, c’est simplement de faire un concert solide. Ce qui compte, c’est de parvenir à créer une connexion musicalement avec le public. Pour moi, c’est le plus important.
Après, depuis la dernière fois qu’on est venus, on a répété d’anciens et de nouveaux morceaux que nous n’avons pas joués à Paris dans les deux cas. Donc il y aura au moins ça.

Votre public à Paris semble très fidèle, je vois les mêmes têtes à vos concerts depuis des années. C’est quelque chose que vous constatez aussi ?
C’est quelque chose qu’on constate généralement, également hors de Paris, mais si on doit caractériser un public, on pourrait dire que les français en général, et les parisiens en particulier, prennent de grandes décisions musicales et s’y tiennent. C’est fascinant, surtout comparée à la fantaisie fugace des anglo-saxons. Peut-être que les Français sont plus confiants dans leurs tendances esthétiques, assument davantage la manière dont leur système nerveux interagit avec les informations sensorielles. Quand d’autres critères que les sens rentrent en compte dans les décisions, ça s’embrouille, ça devient culturel, tactique…
Je crois que les Français ont moins peur de leurs goûts. Quand tu rajoutes des critères culturels, ça devient complexe et tendu. Mais si tu te contentes de t’attacher à ce que tu ressens, c’est quelque chose dont tu es certain, que tu n’as pas besoin d’expliquer.
J’espère que ça rendra bien à la traduction. J’aurais pu être plus clair, mais j’ai besoin de plus de café ! (Rires)

Si ça passe mal, c’est que je traduis mal…
Pour faire plus simple, je pense que ça tient à la confiance qu’ont les parisiens envers leurs goûts musicaux et artistiques en général.
Je pense qu’ils sont plus à l’aise avec leurs goûts. C’est ma théorie. J’aimerais comprendre pourquoi.

Je ne sais pas. Mais c’est vrai que quand les Français aiment un artiste, ils ne le lâchent pas facilement.
Je vais le dire autrement : les français ont de meilleurs goûts en jazz, blues ou country que les américains en général. Les Français écoutent Miles Davis pour de vrai, ils s’y connaissent mieux en musique américaine que beaucoup d’américains.

C’est vrai qu’il y a une importance de la culture, une fierté d’être cultivé.
Oui, il s’agit de célébrer davantage le système nerveux et le cerveau.
Mais on en a beaucoup dit, on a besoin d’une autre question ! (Rires)

Vous avez un style compliqué à décrire. Comment définiriez-vous la musique de CAKE ?
C’est du minimalisme, sûrement, mais du minimalisme de la fin de l’époque capitaliste. Ce que je veux dire, c’est qu’on a beaucoup plus de musique à notre disposition qu’auparavant, aujourd’hui je peux écouter des chants grégoriens, Miles Davis et AC/DC dans la même demi-heure. C’est une sorte de minimalisme schizophrène.

C’est intéressant, mais je ne convaincrai personne de vous écouter en disant ça !
Oui, ce n’est pas très sexy, dit comme ça. Mais je veux dire qu’on a une approche minimaliste. Quand on est assailli d’informations, n’en choisir que quelques-unes est une décision culturelle, mais également politique.

“J’étais très content qu’internet détruise l’industrie musicale conventionnelle, mais ce qui est venu à la place est aussi maléfique. Peut-être même plus, car ils essaient de payer encore moins les artistes pour ce qu’ils font. C’est Wall Street avec d’autres vêtements.”

C’est vous qui composez tout ou c’est plus collaboratif ?
Ça dépend des chansons. J’en apporte quelques-unes finies au groupe parce qu’elles me sont venues comme ça. J’écris 99% des mélodies vocales et des paroles. Mais, comme tu sais, CAKE ne se limite pas à ça. Il y a le plus souvent un processus collaboratif dans la mise en place des arrangements. C’est très important pour notre groupe et on y passe beaucoup de temps, plus que d’autres de ma connaissance qui savent exactement quoi faire quand ils rentrent en studio. Quand on commence à tenir une chanson, on ne sait pas du tout ce qu’on va en faire. Certains groupes savent les notes que va jouer la basse sur le groove, par exemple, alors que nous, pas du tout.

C’est très long, du coup ?
Ça dépend, ça peut aller très vite, comme ça peut être très long. Mais il n’y a aucune formule qui nous facilite la vie, on doit vraiment trouver notre chemin à tâtons, parfois.

Et pourtant ça sonne toujours comme du CAKE.
Oui, mais je pense que c’est surtout à cause de ce qui n’est pas là. Pour moi, beaucoup d’arrangements dans la musique moderne sont surchargés. Il se passe trop de choses à mon goût, trop pour que le cerveau humain puisse tout comprendre. Et je pense que nous, jusque-là, nous ne sommes pas tombés dans ce piège ! (Rires) Mais ça pourrait arriver. On ne sait jamais.

J’adore votre chanson « Jolene » mais je ne sais du tout de quoi ça parle…
Je pense que ça te la gâcherait si je te disais de quoi ça parle ! Ça parle des relations humaines, c’est mieux si je me contente de dire ça. De la nature paradoxale des relations humaines, et plus précisément des relations amoureuses. La manière dont on s’attire et on se repousse. Mais vu ce que tu penses de la chanson, je ne pense pas que je devrais en dire plus. Je dirai juste que c’est une chanson triste, très triste.

Et pourtant elle est douce et accrocheuse.
Oui, c’est vrai. Je l’aime beaucoup aussi. C’est une chanson sur laquelle on a beaucoup collaboré, notamment avec Greg Brown, le guitariste de l’époque, qui a été excellent dessus. La fin était improvisée, et on a fini par la garder, la graver dans le marbre, en quelque sorte. Mais de toute façon, l’écriture de chanson commence souvent par de l’impro. Le plus gros du travail créatif, c’est de l’édition : garder les petites parties qui sonnent bien et jeter celles qui ne sont pas intéressantes.

Vous avez deux chansons qui parlent de satanisme, « Satan Is My Motor » et « Pentagram », pourtant vous êtes à des années lumières du black metal. Je me suis toujours demandé pourquoi…
Mon problème, c’est que je pense que je peux utiliser n’importe quoi comme métaphore. Ce n’est pas vraiment un problème, d’ailleurs. Je pense que je peux utiliser n’importe quel outil, n’importe quelle histoire, n’importe quelle image car c’est un fait culturel, ça nous appartient. Même si je n’y crois pas, pour moi, c’est comme la couleur jaune, ou bleue, ou un accord de do ou de la mineur. Sans vouloir paraitre complètement détaché non plus, je ne vois pas pourquoi je devrais éviter un sujet si l’image est percutante. Les dieux, ce n’est qu’une manière de parler de la psyché humaine, non ? Donc Satan, ou ce que tu veux, n’est qu’un moyen d’appréhender ça, les histoires ne sont qu’un moyen d’essayer de comprendre le bordel dans nos têtes. Le simple fait que des personnes aient un truc avec Satan, dans un sens ou dans l’autre, ne suffit pas à m’empêcher d’utiliser ce qui pour moi est une histoire intense. Ce n’est qu’une manière de parler des humains, et j’espère qu’elle n’empêche pas de voir le fond. La vraie question, très sérieuse, c’est la motivation humaine.

Vous aviez dit à un concert que « Pentagram » traitait du plus gros problème de l’Amérique.
Là, c’était du second degré. C’est juste que chez nous, il y a des gens très religieux qui se préoccupent beaucoup de Satan.

Vos concerts sont très participatifs. C’est quelque chose que vous prenez en compte quand vous composez ?
Oh non, non, non, jamais ! C’est juste quand la chanson est finie qu’on se dit « cette partie serait super si tout le monde chantait ». Mais ce n’est jamais calculé. Avec peut-être comme unique exception la chanson « Meanwhile, Rick James… ». Sur celle-là, la toute première fois que j’ai chanté le refrain, j’ai su qu’il fallait qu’un grand groupe de personnes le chantent.
Et peut-être sur « Sheeps Go To Heaven », je savais qu’il faudrait la chanter avec plus d’une personne. Mais je ne pense pas que c’était en écrivant la chanson, c’était plutôt en réaction. Du genre « wow, ça sonnerait bien avec plus de voix ! ». Je ne me suis pas dit que j’allais écrire une chanson avec un refrain à chanter pour le public. C’est plutôt comme quand on veut rajouter une guitare ou un accordéon. C’est davantage une décision dans la production que dans l’écriture.

Et pourtant, tout le monde dans le public chante !
Ils chantent même quand je ne veux pas qu’ils chantent, alors ça va ! C’est bien que tout le monde chante. Chanter produit de l’endorphine, alors c’est comme une bière gratuite ou quelque chose du genre. On devrait mettre ça sur les billets !

Avez-vous une chanson ou un album de CAKE préféré ?
C’est difficile, ça change souvent. J’aime le premier, car il sonne très petit. En ce moment, j’aime beaucoup « Meanwhile, Rick James… », la progression d’accords et sa simplicité. Je changerai d’avis la semaine prochaine. Ça change trop souvent.

“Toute notre évolution est basée sur le fait de pousser les amplis à 11. Et soudain, ce que nous avons à faire pour survivre, c’est les baisser à 7. (…) Peut-on considérer le fait d’avoir moins d’enfants, de consommer moins de nourriture, comme un accomplissement ? Peut-on recalibrer nos esprits de cette manière ?”

Pourquoi avez-vous choisi de monter votre label ?
On a monté notre propre label car on avait l’impression qu’on ne pourrait pas trouver un label plus grand qui soit sympa avec nous ! (Rires) Ils disent que tout va super bien se passer et une fois que le contrat est signé, tout peut arriver… On a perdu toute confiance en l’industrie du disque. Et elle est en déclin. Donc on a décidé de faire notre album tout seuls, et je pense qu’on fera pareil pour le prochain, sur lequel on travaille en ce moment. On trouvera un distributeur, mais le label, ce sera nous.
Je ne sais pas si on pourrait avoir d’autres artistes sur notre label. Je considérerai cette opportunité, mais c’est une époque difficile pour vivre de sa musique, et je ferai très attention si je signais d’autres artistes car c’est très difficile aujourd’hui de vendre de la musique. Je ne voudrais pas laisser tomber un artiste, et encore moins un ami ! Je connais des artistes qui ont signé leurs amis et qui, à cause de l’industrie du disque décimée, se retrouvent dans des situations pourries, où tout le monde pleure. Je détesterais être le responsable de toute cette destruction.

Vous avez eu des problèmes avec votre dernier label ou c’est préventif ?
On a eu des problèmes avec des labels toute notre carrière. C’est un problème structurel, ce ne sont pas les gens qui sont mauvais mais le système. J’étais très content qu’internet détruise l’industrie musicale conventionnelle, mais ce qui est venu à la place est aussi maléfique. Peut-être même plus, car ils essaient de payer encore moins les artistes pour ce qu’ils font. C’est Wall Street avec d’autres vêtements.

Et en plus, ils ont une image plus sympa. Ce qui est pire !
Exactement, cette image les rend encore plus difficiles à critiquer. Mais les artistes auraient dû se syndiquer il y a 50 ans. C’est un peu de notre faute ! L’industrie ne va pas être sympa avec nous juste parce que nous jouons de la musique.

J’ai l’impression que votre musique devient de plus en plus politique. C’est conscient ?
Ce n’était pas une décision consciente de devenir politique, la décision consciente était plutôt, au début du groupe, d’essayer de ne pas l’être. Je croyais que ce n’était pas une très bonne idée, mais malgré tout nous l’étions déjà sur notre premier album. « Rock’n Roll Lifestyle » est une chanson tout à fait politique. Mais on essayait de rester ambigus, d’une certaine manière. Aujourd’hui on tombe dans le fascisme, dans un cauchemar dystopique, et j’ai l’impression que le fait de rester neutre est un luxe qu’on ne peut plus se mettre.

Vous qui êtes très engagés pour la protection de l’environnement, vous pensez que c’est foutu pour l’Humanité ?
Je ne sais pas. Je pense que la balance peut pencher d’un côté ou de l’autre. Les choses pourraient devenir vraiment horribles ou on pourrait s’élever vers une existence plus éclairée et durable. Mais ça demandera des compétences que je ne pense pas qu’on ait aujourd’hui. Si le changement climatique était un monstre effrayant à la Godzilla, crachant du feu, on saurait réagir, car dans notre évolution c’est le genre de problèmes auxquels on a appris à faire face. En revanche, on ne sait pas gérer les problèmes subtils, progressifs et souterrains qui sont plus dévastateurs qu’une centaine de Godzillas. Pourtant, on a du mal à s’éveiller émotionnellement à ce genre de problèmes. L’autre partie du problème, c’est qu’au cours de notre évolution, on est devenus de plus en plus enthousiastes envers ce qui est grand, de plus en plus grands ; c’est ce qui nous attire. Nos cerveaux ne sont pas conçus pour trouver que baisser les amplis à 7 est une histoire passionnante.
Toute notre évolution est basée sur le fait de pousser les amplis à 11. Et soudain, ce que nous avons à faire pour survivre, c’est les baisser à 7. C’est contre-intuitif pour nous. Je me demande si on est capable d’imaginer une histoire à ce sujet qui serait une vraie source d’inspiration culturelle. Quelqu’un serait-il capable d’écrire une telle histoire qui toucherait notre race de grands singes ? Tout le défi est là. On pourra survivre si on trouve une histoire qui marche pour nous et qui nous pousse à tout ralentir, à trouver la noblesse, le challenge, l’excitation, l’accomplissement personnel derrière ça. Peut-on considérer le fait d’avoir moins d’enfants, de consommer moins de nourriture, comme un accomplissement ? Peut-on recalibrer nos esprits de cette manière ? C’est ça, la question.

Vous pensez que quelqu’un est capable d’impulser ce changement ?
Je n’ai pas encore été confronté à cette histoire. Je pense qu’il y a des gens qui pourraient l’écrire, créer cette imagerie, réaliser ce film ou composer cette chanson, mais il faut que ce soit vraiment convaincant, sinon ça ne marchera pas pour l’Humanité. C’est un challenge, et c’est complètement inédit pour nous.

Interview réalisée par Blackcondorguy

Merci à Tommy Manzi.

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CAKE @ La salle Pleyel (Paris), 19/10/19

Un concert de CAKE, ce n’est pas un concert comme les autres. Je ne parle pas simplement du format (pas de première partie et deux sets avec une entracte de 20 minutes au milieu), ni du fait que le groupe offre systématiquement un arbre à quelqu’un du public, ni même du fait que tout le public chantera à un moment ou un autre de la soirée, non, un concert de CAKE c’est presque un temps de communion, de retrouvailles aussi avec des visages connus ou non, et des voix qu’on a déjà vus et entendus la dernière fois qu’ils sont passés dans le coin. De retrouvailles avec des gens qu’on ne connaissait même pas, avec qui on échange nos histoires de concerts passés ou simplement nos histoires avec le groupe, pour ceux qui les voient pour la première fois. Bref, on y va autant pour l’expérience que pour la musique, au final.

Du coup, même si le dilemme a été grand de devoir choisir entre eux et les Pixies pour la soirée, c’est CAKE qui l’emporte (de peu), car l’expérience est moins courante, d’autant que l’attente a été longue pour les revoir sur scène. Encore plus longue quand le concert s’entame par une intro aux sonorités 80s abominable et interminable. Une vraie torture, dont on est enfin libérés par les magnifiques accords de “Frank Sinatra”.

La première chose qui nous marque, c’est que les années ont passé. Les cheveux ont blanchi, pour le groupe comme dans le public, mais le plaisir est toujours là, intact. Les premières chansons s’enchainent et on est simplement ravis de retrouver ces mélodies, cette voix, cette ambiance. Et puis, plus vite qu’on ne saurait le dire, c’est déjà l’entracte. On a l’impression de s’être à peine laissé emporter par le groupe et on doit de nouveau attendre 20 minutes… C’est un poil frustrant. Surtout que 45 minutes, ça passe très vite.

Mais l’entracte offre quand même la possibilité de mieux se placer, de discuter avec le reste du public (quand on est en fosse, et c’est vrai que la majorité du public était assis. Je me demande honnêtement s’ils ont pu profiter du concert aussi pleinement que nous devant, surtout les gens du balcon qui se sont faits charrier par John Mc Crea parce qu’ils ne chantaient pas assez sur les phases où le groupe fait chanter le public). Je découvre donc des gens qui étaient déjà là à mon premier concert de Cake, en 1999 (“il portait un t-shirt petit chat !” “Moi, je me souviens surtout de son bob“), d’autres qui n’étaient même pas nés en 99 et qui ont découvert le groupe par leurs parents, certains viennent de très loin, comme une berlinoise qui a fait le déplacement pour l’occasion… c’est un peu un festival à petite échelle.

Quand le groupe reprend, c’est pour donner un arbre à celui du public qui saura deviner quel type d’arbre est sur la scène (un cerisier cœur de pigeon ce soir-là). L’idée est louable, et l’engagement écologique vécu à fond, vu qu’il s’agit ensuite de le planter et de poster des photos de l’arbre tout au long de sa vie sur le site du groupe, mais c’est encore un temps d’attente assez long pour la majorité du public. Quelqu’un exprimera même oralement son mécontentement et aura droit à une vanne du chanteur. La vanne est drôle, mais on le comprend un peu…

Après ça, le show repart avec “Love You Madly” (putain de tube), “Walk On By” (déterrée depuis peu), “Meanwhile, Rick James” (parfaite à chanter en public) avant d’enchainer sur “I Will Survive” et les premiers (et seuls) morceaux du premier album de la soirée, dont “Jolene”, jusque-là très rare, et absolument parfaite même si elle dure bien 8 minutes sur scène (ça peut sembler long à certains, mais “fuck les haineux” comme disait Einstein). On est à fond, on est bien parti pour un concert de folie, sauf que John McCrea annonce la dernière avant le rappel. Quoi, déjà ? Petite douche froide…

Bon, le rappel fut honorable, même si un peu convenu (reprise de “War Pigs” et les deux tubes les plus connus du groupe), et chanter en chœur sur “Short Skirt/Long Jacket” est assez jouissif bien que ce ne soit pas leur meilleur morceau. La prestation, dans l’ensemble, était solide comme promis, et on a bien eu droit à quelques morceaux inédits, mais peu car il faut admettre que la setlist ressemblait quand même à celle de 2011. Surtout, si ce dernier concert avait été écourté par les circonstances, ils avaient joué un morceau… de plus ! (et c’était le concert le plus court de la tournée !). En repensant à tout ça, on ne peut s’empêcher d’être un peu frustré, surtout qu’on ne reverra peut-être pas le groupe avant 5 ou 6 ans, si ce n’est plus.

Parfois, ça tient à peu de choses. 2 ou 3 chansons de plus, et on aurait fait passer ce concert objectivement bon à une étape supérieure, quelque chose de rare qui ne se produit qu’une ou deux fois par décennie, un évènement qui nous aurait fait oublier l’annulation de janvier qui nous a fait louper Thalia Zedek et qui nous aurait fait pointer du doigt ceux qui ont préféré aller aux Pixies ce soir-là en leur disant qu’on avait raison de ne pas y aller. Au lieu de ça, on a eu un moment très agréable, un groupe en forme et une bonne setlist, ce qui est déjà pas mal, mais qui nous fait quand même repartir avec un petit goût de frustration. Espérons ne pas avoir aussi longtemps à attendre pour être frustrés la prochaine fois !

Blackcondorguy

Setlist : Frank Sinatra – Long Time – Perhaps, Perhaps, Perhaps (Osvaldo Farrès) – Sinking Ship – Stickshifts And Safetybelts – Shadow Stabbing – Mexico – Sick Of You – Tree Giveaway Intermission – Love You Madly – Walk On By – Meanwhile, Rick James… – I Will Survive (Gloria Gaynor) – Pentagram – Jolene – Never There
Rappel : War Pigs (Black Sabbath) – Short Skirt Long Jacket – The Distance

Lire notre article fleuve sur la discographie de CAKE

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