We Insist! – We Insist! (Vicious Circle)

Publié par le 4 mars 2014 dans Chroniques | 1 commentaire

we-instist-my-friends-lonely-mate Comme leur nom l’indique, les gars de We Insist! ne sont pas du genre à capituler quand les vents sont contraires. Par rapport à sa formation initiale, le groupe a perdu pas moins de quatre membres (deux par rapport au disque précédent) et abandonné en route ses cuivres. De quoi en décourager plus d’un. Eux ont pris le problème à l’envers et l’ont converti en avantage : à trois il est bien plus simple de trouver la cohésion.

Cet album est donc tout sauf un aveu d’impuissance, c’est un véritable coup de massue.

Le message est désormais plus limpide que jamais, moins dispersé, plus compact. « While The West Is Falling » sonne déjà comme un tube en puissance, sa boucle guitare-basse introductive marque d’entrée son territoire et on comprend vite qu’il sera difficile de se sortir cette rengaine de la tête.

Le chant d’Etienne Gaillochet se fait toujours plus aventureux, jouant avec les variations d’intonation, de rythme, apportant une vraie dynamique aux morceaux. On croirait entendre les coups de folie de Serj Tankian par moments (notamment sur les tueries instantanées « First Draft », « Elijah’s Spell » et « White Fleet » qui font ressurgir le System Of A Down des grandes heures). Il faut rappeler que ce monsieur officie également derrière les fûts et à voir la complexité de ses rythmiques flirtant parfois avec le math-rock, on comprend son goût pour les variations incessantes.

Amputé de son second guitariste, We Insist! n’est pourtant pas avare en riffs tranchants et agressifs qui font trembler des genoux (« Black Post White Ghost »). Et le groupe a beau avoir abandonné les cuivres, il n’en demeure pas moins adepte de surprises du chef comme ce banjo en furie qui ouvre « Grinding Down The Pole » ou l’accordéon (!) doucereux de « Four Nights In August ».

Les mélodies sont toujours au centre du jeu, preuve en est avec la superbe « My Friend’s Lonely Mate », portée par le chant habité de Gaillochet et qui s’autorise bridges et finish math-rock noisy de haute volée pour terminer en trombe. Terminer en trombe c’est précisément ce que fait ce disque avec un « Another Era » alternant à merveille moments de tension et accalmies passagères.

Quand on énumère quasiment tous les titres avec un certain enthousiasme, c’est que ça commence à ressembler à un album plus que solide. Alors qu’on aurait pu craindre le pire, cette formation resserrée va finalement comme un gant au groupe parisien qui frappe très fort avec ce 6e album forcément synonyme de nouveau départ.

JL

1 commentaire

  1. Sympa cette chronique. Ça donne envie de découvrir les albums précédents

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :