Heron Oblivion – Heron Oblivion (Sub Pop)

Publié par le 1 avril 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

HeronOblivion_9001Aujourd’hui, je vais vous parler d’un supergroup. Pas un super groupe, mais un supergroup, comme dans les 60s, quand les musiciens de plusieurs formations reconnues faisaient un groupe ensemble.
– Ah, c’est qui ? Des mecs de Mudhoney, Dinosaur Jr et les Pixies ?
Euh non, on va plutôt taper dans les années 2000. Comets On Fire, Six Organs Of Admittance et Sic Alps, qui figuraient parmi les meilleurs groupes de l’époque. Enfin, il parait. Je ne les ai jamais écouté, personnellement.
– Et ça ressemble à quoi ?
Je dirais que c’est de la musique hautement psychédélique, et pas le qualificatif qu’on colle aujourd’hui à tous les groupes qui mettent des effets sur leurs guitares ou qui rajoutent des instruments improbables, non, le vrai psyché de la côte ouest qui te plonge directement dans le summer of love, les pieds nus dans un champs avec des fleurs dans les cheveux. Mais avec des guitares bien noisy.
– Ah ouais, un truc bien bourrin, quoi.
Non non, noisy mais planantes, elles participent à porter l’ambiance onirique de l’ensemble en accompagnant la voix. Ah oui, c’est une voix féminine aussi.
– Je vois, une voix bien punk qui tâche, genre la punkette qui crache ses ovaires dans le micro, c’est ça ?
Pas du tout, plutôt une voix haut perchée, juste et bien chantée.
– Ah ouais… Mais pourquoi t’écoutes ça, toi?
Bah…

Oui, moi aussi, je me demande parfois ce que le bourrin que je suis trouve à ce Heron Oblivion. Pourquoi cette voix envolée et un poil maniérée m’accroche alors que celles des Cranberries ou de Nightwish m’horripilent. Pourquoi l’intégriste des morceaux courts que je suis apprécie des morceaux qui durent entre cinq et dix minutes. Oui, même le « Rama » de dix minutes qui est même peut-être mon titre préféré de l’album ! Pourquoi  je me retrouve à porter de l’intérêt à ces groupes des années 2000 que j’ai royalement ignoré pendant près de 10 ans. Et je pense que la guitare y est vraiment pour quelque chose.

Le paradoxe entre ces atmosphères planantes, la voix haut perchée et les guitares bruitistes, toute en violence contenue, ce paradoxe qui porte le disque de bout en bout à travers ses différentes ambiances, c’est vraiment la force de Heron Oblivion. Ce qui nous tient définitivement éloigné de la pop FM des Cranberries et du metal pour midinettes de Nightwish, évidemment, mais aussi d’une folk hippie dont on ne souhaite pas vraiment le retour et même de la myriade d’autres groupes qu’on qualifie aujourd’hui de psychédéliques.

Après tout, pourquoi se prendre la tête à chercher à comprendre des choses qui tiennent surtout du ressenti ? Ce premier album d’Heron Oblivion est riche, envoutant, à la fois simple et complexe, enchanteur, éblouissant. Alors même s’il s’éloigne de ce que je peux écouter d’habitude, pourquoi m’en priver ? Ça doit être ça, la maturité…

BCG

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