Foals – Holy Fire (Transgressive Records)

Publié par le 11 février 2013 dans Chroniques | 0 commentaire

Holy_Fire_IIFoals est un de ces groupes qui montent. Suivi de près après deux premiers opus remarqués, il paraissait évident que le troisième album constituerait un tournant dans leur carrière : dans le bon ou le mauvais sens.
Très vite, on réalise que ça part plutôt bien. Les singles « Inhaler » et « My Number » sont des tubes instantanés qui ne vont pas tarder à enflammer les dancefloors. Tous les ingrédients qui avaient déjà fait la réputation de Foals sont là : groove d’enfer, section rythmique au taquet, mélodie hyper accrocheuse, refrain imparable (presque trop sur « Inhaler »…). On sent la machine bien huilée mais on pourrait déplorer un manque d’audace sur ces deux titres qui, s’ils séduisent instantanément, peinent à surprendre.

Mais rassurez-vous, l’album recèle aussi de vraies compositions originales au-delà des hits très facilement accessibles. Et c’est ce savant mélange qui fait sa force. Le groupe a confié récemment avoir fumé beaucoup d’herbe pendant l’enregistrement. Visiblement cela n’a pas entamé leur créativité, bien au contraire.

Alternant entre morceaux pop remuants remarquablement troussés (l’épique « Milk and Black Spiders », « Out Of The Woods ») et morceaux progressifs impressionnants de subtilité et de maitrise (la quasi instrumentale « Prelude » qui ouvre brillamment l’album, « Providence » et son finish bruitiste post-punk ahurissant), ce Holy Fire a définitivement plus d’un tour dans son sac.

Citons également « Late Night », magnifique ballade dream pop, dans la veine de la prodigieuse « Spanish Sahara » de l’album précédent. Très inspiré, Yannis Philippakis fait parler ses talents de songwriter. Et le solo bluesy final est un enchantement. « Stepson » est aussi un morceau très puissant émotionnellement.

Même s’il souffre de quelques coups de mou regrettables (« Bad Habit » et « Everytime », sans grand relief), Holy Fire est suffisamment dense et équilibré pour passer outre.
Il y a fort à parier que ce groupe-là en a encore sous la semelle et deviendra très vite énorme. Il n’y a qu’à voir les scènes qu’ils font à Paris : le Point Ephémère fin 2012, l’Olympia en mars (déjà complet) et le Zénith en novembre prochain…

Une ascension irrésistible, comparable à celle des Black Keys, leur semble promise, et de nombreux pièges à éviter dans les années à venir. Voilà un nouveau défi des plus excitants pour le quintette d’Oxford. Et on suivra l’affaire de près.

 

JL

 

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