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Ausgang – Gangrene

Publié par le 5 mars 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Ausgang – Gangrene

(A-Parte, 6 mars 2020) Au niveau fusion rock-rap, l’année 2020 semblait devoir être marquée surtout par le retour triomphal (et/ou sonnant et trébuchant selon l’angle choisi) de Rage Against The Machine. Pas si sûr… … Car voilà, Casey a aussi « La Rage » ! Et depuis qu’elle l’appelle, l’appelle, (cf le refrain), elle déboule avec un projet hybride répondant au nom d’Ausgang mêlant aussi rap et rock. Après tout, Casey, son flow précis et tranchant comme un scalpel, et la guitare aventureuse de Marc Sens, ça vaut bien Tom Morello et Zack De La Rocha, non ? À ce casting, déjà aperçu dans l’excellente Zone Libre, s’ajoutent Sonny Troupé à la batterie et Manusound aux machines. Autant dire que l’excitation était au rendez-vous des dix titres de ce Gangrène. D’autant que les 2 titres lancés en éclaireurs (avec 2 beaux clips) pour teaser cette sortie se sont d’ores et déjà placés bien haut dans ma playlist de 2020. D’abord le furieux « Chuck Berry », où Casey rappelle avec rage et justesse une vérité historique. Le Rock est Noir, héritier du rythm’n blues afro-américain. “Ma race a mis dans la musique sa dignité de peur qu’on lui prenneA fait du blues, du jazz, du reggae, du rap pour lutter et garder forme humaineEt l’Occident qui avait honte a inventé le punk s’est haï lui-même x2Tu as le cuir, la coupe, les clopes, les bottes et la FenderLes anecdotes, Les Enfants du Rock, la collection de vinyles de ton pèreJe l’ai dans la chair, je l’ai dans les veines, qu’est-c’que tu crois ? Cette histoire est la mienne” Riff addictif, flow chirurgical, plume de compétition, grosse puissance. C’est du Rock ! C’est du Rap ! Avec « Aidez-moi », changement d’ambiance pour un titre tout aussi imparable. À l’image de l’incroyable « La chanson du mort vivant » sur l’album L’Angle Mort de Zone Libre (m’en suis toujours pas remis), Casey égrène, avec son brio habituel, la lente descente aux enfers des oubliés de la République sur une musique sombre. Magistral ! “Quel goût a l’existence quand tout n’a aucun sensJ’envie ceux qui connaissent les caresses j’ai des carencesPlus rien à déclarer j’ai des carnets j’ai des cahiersOù j’ai déjà tout détaillé de la tristesse et la souffrance (…)[Refrain] Mais où est ma bouée si vous pouvez me la trouverBalancez-la dans l’égout où je suis en train d’coulerLa folie va m’avaler j’suis harcelée par mes doutesIls me retiennent par le cou et la corde est nouée x2” Elle confirme (une fois de plus) la puissance de sa plume. Loin devant toute concurrence. La bonne surprise (mais avait-on seulement des doutes vu la présence de Marc Sens), c’est que l’album est résolument rock (le brûlot « Bonne Conduite », le frondeur et bien nommé « La Rage », « Crapule », l’explosif « Bâtard »). Et diablement efficace. Tout en se ménageant quelques mid-tempos plus sombres parfois teintés de quelques bribes d’électroniques (« Gangrène », « Elite », « Aidez-moi », « Comme une ombre »). L’alchimie entre les rythmiques frondeuses et les riffs experts de Marc Sens, la section rythmique au cordeau et le flow de Casey impressionne. En bon fan de Zone Libre et La Canaille, on n’est pas déçu ! RATM revient ? So what ! AUSGANG EST LÀ ! Casey n’hésite pas non plus à sortir de son registre habituel pour s’essayer parfois au chant (la fin de «...

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Big Thief @ Cabaret Sauvage (Paris), 25/02/20

Publié par le 1 mars 2020 dans Live reports, Notre sélection | 0 commentaire

Big Thief @ Cabaret Sauvage (Paris), 25/02/20

Je suis en nage dans un Cabaret Sauvage plein à craquer à proximité du bar et des journalistes musicaux. Je ne vois la scène que par intermittence. J’ai passé les deux dernières heures à courir pour attraper le Transilien, le RER E, le métro. Puis j’ai couru de la Porte de la Villette jusqu’au Canal de l’Ourcq pour arriver sur place avant le début du set de Big Thief. Existe-t-il salle plus loin de tout à Paris ? Je ne suis pas le seul à m’être fait surprendre par les derniers mètres, à en juger par la petite queue à l’entrée du chapiteau. Je reconnais un couple d’amis juste devant moi mais je n’arriverai jamais à remettre la main dessus au milieu de la foule. Après quelques tentatives infructueuses de me glisser au milieu de la masse des spectateurs pour m’approcher un peu, je finis par me poser derrière les consoles, un cameraman qui filmera les deux tiers du set me cachant occasionnellement la vue. Ces conditions, ainsi qu’une foutue sciatique qui me fait traîner de la jambe depuis près d’un mois, auraient pu me ruiner le concert de la dernière sensation du rock indépendant. Cerise sur le gâteau (façon de parler), j’ai vu passer la setlist, confiée aux ingénieurs son et lumière ainsi qu’à l’équipe de tournage et je vois donc le plaisir qu’apporte l’attente d’une chanson préférée me passer sous le nez. C’était compter sans la force de persuasion d’Adrianne Lenker et ses comparses. Dès les premiers accords de « Masterpiece », je sais que je vais assister à un concert énorme. Déjà, il faut rendre hommage à la salle. Le champ de vision est certes limité sous ce chapiteau mais le son est parfait. La voix d’Adrianne, tour à tour fragile, autoritaire, éraillée, ressort magnifiquement ainsi que le son de sa guitare électrique demi-caisse, rond, plein, gorgé de saturation juteuse. On lit évidemment quantité de conneries sur les réseaux sociaux mais il faut quand même voir le nombre de fois où il y est écrit qu’elle chante ou joue faux. Alors, oui, c’est parfois faux, mais c’est faux comme du Neil Young. C’est donc faux en bien. On est d’ailleurs en territoire « crazyhorsesque » en début de set, celui-ci faisant la part belle aux deux premiers albums du groupe. La dynamique de la formation, déjà impressionnante sur disque, fonctionne ici à plein régime : basse précise, batterie en apesanteur. Ce n’est pas insulter Buck Meek que d’affirmer que son rôle est relativement limité par rapport à ses deux camarades. Sa guitare est un élément additif mais les textures qu’il tricote sont superbes. Visuellement, le groupe, spécialisé dans les excès en tous genres – le bassiste porte quand même un sarouel sur la pochette d’U.F.O.F., bordel – mais ce soir, ça va. Il y a des chemises à fleur pour Meek et James Krichvenia mais pour le reste, c’est sobre. Max Oleartchik a opté pour le noir et Lenker est superbe dans un style années 30 – pantalon et t-shirt larges. Rien ne se mettra donc sur le chemin de la musique, et quelle musique ! Je pourrais écrire deux paragraphes sur le plaisir qu’il y a à regarder Krichvenia, l’élégance de ses mouvements sur les fûts, son regard empathique sur chacun de ses camarades, la...

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Slift – Ummon

Publié par le 29 février 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Slift – Ummon

(Vicious Circle, 28 février 2020) Tout d’abord : quelle pochette ! Étant aussi fin connaisseur en BD/comics qu’en biathlon, j’apprends qu’elle est signée de la main de CAZA, collaborateur de Metal Hurlant. Un univers (et un nom) qui collent on ne peut mieux avec cette bande-son de l’espace assez ébouriffante. Après avoir exploré les moindres recoins de La Planète Inexplorée en 2018, nous voilà propulsés sur Ummon qui démarre en trombe et se dévore d’une traite, non sans craindre l’indigestion tant le menu est copieux. Riffs dégoulinants de fuzz, basse matraquant un groove insidieux, grands cris scandés. On se demande souvent comment trois mecs parviennent à foutre un tel boucan, ce qui a bien pu leur passer par la tête… et comment on va bien pouvoir tenir le choc. Fort heureusement, entre les décollages à la vitesse de la lumière, les réacteurs en fusion au bord de l’implosion, les slaloms entre les météorites, l’équipage de Slift nous octroie quelques reprises de souffle ô combien vitales pour ne pas succomber (« It’s Coming… » épopée cosmique trépidante mais point trop pétaradante). Le jeu se calme ainsi sur quelques boucles basse-batterie hypnotiques chères à tant de groupes teutons des 70s et quelques parties de guitares en arpège où chacun se jauge, attendant le moment opportun pour faire feu (la pièce imposante « Citadel On A Satellite » qui offre de longues accalmies et renvoie aux grandes heures de Pink Floyd mais dégueule aussi sa toute-puissance, faisant vrombir une basse heavy as fuck). Trimballés comme une portée de chatons dans le cockpit d’une F1, l’hystérie nous guette en permanence, les répétitions nous laissent hagards, à la merci de coups de semonce assassins, portés par des guitares qui semblent innombrables et déversent des pluies de notes acides sur nos pauvres caboches (la démente « Altitude Lake » qui alterne les atermoiements hallucinés, le doom le plus massif qui soit et les hurlements possédés d’une six-cordes aux abois). Il vous viendra parfois à l’idée d’aller sauter gaiement d’un cratère à l’autre, le cœur léger (« Dark Was Space, Cold Were The Stars » et son chant pour une fois réconfortant, ou l’onirique « Aurore Aux Confins ») mais mieux vaut ne pas baisser la garde sous peine de se faire pourchasser 13 minutes durant par des « Lions, Tigers And Bears » en furie. L’ambition était grande, le résultat se montre à la hauteur. Lancé à la conquête de Mars, Ummon salue en chemin les satellites Hawkwind et Pink Floyd, en orbite depuis des lustres, et s’impose en alternative crédible au colossal Murder of the Universe de King Gizzard. Si ce dernier puisait davantage dans un univers heroic fantasy, leurs caractéristiques demeuraient fort semblables. Même folie, même cauchemar éveillé, souvent éreintant, mais surtout terriblement exaltant. Jonathan Lopez Tous nos articles sur...

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Mondo Generator – Fuck It

Publié par le 26 février 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Mondo Generator – Fuck It

(Heavy Psych Sounds, 21/02/20) S’il est compliqué de chroniquer un groupe qui officie dans le rock 90s en 2020 sans citer ses illustres prédécesseurs, il l’est tout autant de parler de Nick Oliveri ou de son groupe Mondo Generator sans citer son impressionnant CV. Mais l’erreur de beaucoup de gens est de penser que Mondo Generator est le projet par défaut d’Oliveri, celui auquel il se consacre quand il n’est plus dans un groupe culte ou mythique. Car, mine de rien, le projet roule sa bosse depuis 1997 (officiellement) et trouve même son origine dans un morceau de Blues For The Red Sun, alors qu’Oliveri faisait encore partie d’un groupe pionnier du desert rock. Ainsi, on peut dire que Mondo Generator ne s’est pas construit en dépit des expériences de son frontman mais en parallèle, glanant à chaque nouveau groupe un ou plusieurs éléments pour enrichir sa musique. Mais c’est également un Oliveri libre de tout autre compositeur, or on sait qu’il était toujours entouré de personnalités assez fortes en la matière, et donc libre de s’exprimer de la façon la plus personnelle. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que si cet album représente la personnalité de son compositeur principal, elle ne doit pas être bien facile à cerner ! Car si la musique de Mondo Generator peut sembler rugueuse au premier abord, voire bourrine, ce qu’elle est indubitablement par moments, elle se révèle souvent plus subtile et complexe qu’elle n’y parait. Alors certes, ce n’est pas la subtilité qui transpire de titres comme “Up Against The Void” qui navigue entre punk hardcore et metal extrême, la flippante “S.V.E.T.L.A.N.A.S.”, avec le groupe éponyme, ou “It’s You I Don’t Believe”, le morceau le plus court de l’album. Mais quand on écoute un peu plus attentivement, on constate que même les morceaux qui semblent les plus linéaires ont des éléments qui leur permettent de se distinguer, comme le break du très accrocheur “Turboner”, le passage blues de “Fuck It” ou l’excellente (et très drôle) outro à tiroirs de “When Death Comes”. L’album, aussi brut et immédiat qu’il semble être, ne manque donc pas de surprises et de paradoxes. Ainsi, “Silver Tequila” est doté d’une intro technique assez complexe avant d’enchainer sur un morceau rentre-dedans relativement primal, et même “S.V.E.T.L.A.N.A.S” a un pont qui rappelle “Get It On”, l’un des morceaux de Death Punk les plus catchy au monde. “Death Van Trip”, pour sa part, alterne entre les riffs qui évoquent clairement le désert californien et ceux qui feraient plutôt penser à la banlieue d’Oslo, et est peut-être ainsi à lui seule une belle allégorie du disque et du groupe. Celui-ci nous avait habitué à son syncrétisme stylistique, mais il est toujours parfaitement maitrisé ici. En revanche, plus présente à mon sens que sur les précédents, ce nouvel album possède une touche stoner indéniable, dès le riff fuzzy du “Nowhere Man” d’ouverture ou avec le groove de “There’s Nothing Wrong”, mais du stoner à la Oliveri, où le punk n’est jamais très loin. Le morceau qui semble le plus entériner cet aspect stoner est sans doute “Kyuss Dies”, fausse blague ou vraie manière de tourner la page ou vice et versa, je n’en sais rien, mais vrai bon morceau, assurément. Dans l’ensemble, hormis le presque Spoken Word/Metal “Option Four” dont je...

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RIP David Roback, cofondateur de Mazzy Star

Publié par le 26 février 2020 dans News | 0 commentaire

RIP David Roback, cofondateur de Mazzy Star

Après Andy Gill (Gang Of Four) au début du mois et Andrew Weatherall la semaine dernière, c’est avec une grande tristesse que nous avons appris hier soir le décès de cause inconnue à l’âge de 61 ans de David Roback, guitariste et cofondateur du brillant groupe dream pop Mazzy Star. Après des débuts dans la scène psyché californienne/Paisley Underground (Rain Parade, Rainy Day) au début des années 80, Roback avait formé Opal avec Kendra Smith, de Dream Syndicate. Après un seul album et en pleine tournée avec les Jesus & Mary Chain, Smith quitta le groupe et fut alors remplacé par une certaine Hope Sandoval, merveilleuse chanteuse de ce qui allait devenir Mazzy Star. Mazzy Star a publié quatre albums dont les classiques She Hangs Brightly (1990) et So Tonight As I Might See (1993). En 2017, c’est le batteur du groupe, Keith Mitchell, qui avait perdu la vie. RIP David & thanks for the...

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Interview – The Guru Guru

Publié par le 25 février 2020 dans Interviews, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – The Guru Guru

Après avoir vu leurs potes de label It It Anita prendre une autre dimension en 2018 et leurs amis de longue date Brutus (avec qui ils ont enregistré un split EP il y a quatre ans) prendre leur envol l’an passé, The Guru Guru se disent que 2020 est peut-être leur année. Et on serait tentés également de mettre une pièce sur eux (d’ailleurs on l’a un peu fait puisqu’on les fait jouer ce samedi avec Zarboth et Coude à l’Espace B !). Si le quintette belge a dû faire face au départ de son bassiste, il a conservé son amour du grand écart et son talent pour construire des morceaux aussi alambiqués que diablement accrocheurs. Tout porte ainsi à croire que Point Fingers, successeur d’un Pchew déjà remarqué en 2017, devrait faire grand bruit. Le contraire serait fort injuste (mais on n’est pas à une désillusion près dans ce domaine…). En tout cas, Tom Adriaenssens, chanteur impressionnant d’intensité capable d’endosser plusieurs personnalités au sein d’un même morceau, n’a pas ménagé ses efforts. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir à l’autre bout du fil que ce leader si excentrique et charismatique sur scène est en fait un garçon extrêmement posé et réservé. “Si on emploie le terme de rock borderline, c’est aussi parce que l’un de nos membres a souffert de troubles de la personnalité limite. Il passait d’une émotion à l’autre en quelques secondes, et c’est ce que nous voulons retranscrire en musique.” Le communiqué de presse qui accompagne votre nouvel album évoque des influences de METZ, Deerhoof, Pere Ubu, Jesus Lizard, The Mars Volta… et Andy Kaufman ! Grand n’importe quoi ou assez bon résumé ? Il y a certainement quelque-unes de nos influences là-dedans. On a tous des influences différentes. Personnellement, je n’écoute pas beaucoup Deerhoof ou METZ mais c’est le cas de notre guitariste (Jan Viggria, ndr). J’écoute toutes sortes de musique et je suis un très grand fan d’Andy Kaufman. On a chacun nos trucs qu’on adore et on rassemble le tout dans notre propre groupe. Je te dis ça parce qu’en écoutant votre nouvel album et le précédent, je me suis dit que ça ne devait pas être évident pour votre attaché de presse de faire la promotion du disque en évoquant des ressemblances avec d’autres groupes… Ce n’est vraiment pas simple de vous catégoriser. C’est vrai, on a tout un tas d’inspirations différentes, on essaie de construire quelque chose de nouveau, c’est donc peu évident de trouver des comparaisons avec d’autres groupes. Vous vous considérez comme un groupe de « rock borderline », c’est peut-être ça la définition qui vous sied le mieux car votre musique est assez instable et un peu « folle » par moments. Comment parvenez-vous à faire évoluer vos morceaux dans plein de directions différentes et souvent inattendues lorsque vous composez ? Si on emploie le terme de rock borderline, c’est aussi parce que l’un de nos membres a souffert de troubles de la personnalité limite (aussi appelés “TPB”, TPL” ou “états-limites”, ndr). Il passait d’une émotion à l’autre en quelques secondes, et c’est ce que nous voulons retranscrire en musique. C’était notre objectif de départ. Cette musique un peu « folle », résultent donc avant tout de la volonté de musicaliser ce que pouvait ressentir notre guitariste Jan. Il...

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GéNéRiQ Festival @ Belfort (90), 07/02/20

Publié par le 24 février 2020 dans Live reports, Notre sélection | 0 commentaire

GéNéRiQ Festival @ Belfort (90), 07/02/20

Gros programme ce vendredi 7 février du côté de Belfort avec une double dose de live dans le cadre du GéNéRiQ Festival. Direction la Tour 41 tout d’abord en fin d’après-midi. Dans ce musée des Beaux-Arts au sein d’une des fortifications de Vauban dans la vieille ville de Belfort (#StéphaneBern), on avait posé entre deux salles du musée, une scène de fortune. Une batterie, quelques amplis Fender, les retours derrière lesquels les plus curieux se sont assis pour assister aux prestations de Shannon Lay et Mikal Cronin. Pas encore remis de la belle prestation folk d’Emily Jane White la veille, Shannon Lay nous a offert une belle transition avec son indie pop délicate et sensible. Seule à la guitare, on a apprécié sa douce mélancolie, sa voix suave, ses tentatives de dialoguer avec un public de curieux pour la plupart venus pour le côté original du concert. Visiter un musée des Beaux-Arts et se faire un concert de rock dans la foulée : bonne initiative. Dans les standards du GéNéRiQ qui allie depuis longtemps une belle programmation musicale et le lien avec les institutions locales pour offrir une expérience live souvent inédite aux spectateurs. Shannon Lay et ses petits « Thank You » aigus charmants a joué le jeu avec décontraction avant de céder la place à un trio mené par Mikal Cronin qui présentait son dernier album Seeker (7 titres sur la douzaine présentés). Pas encore trop au fait de sa carrière, je venais en curieux seulement averti par le combo interview–chronique de Jonathan sur votre site préféré. Même dans le cadre inhabituel de ce musée, avec un public devant ET derrière le trio, et sous des lights roses un peu trop flashy, j’ai apprécié le live du trio entre garage efficace (« I’ve Got Reason » – coucou Ty Segall ! -, « Caravan ») et rock élégant qui n’est pas sans évoquer les 70’s ou le bon vieux Neil Young (la doublette d’entrée « Shelter » – « Show Me », « Guardian Well »). Un peu trop nerveux quand même pour une partie des curieux qui ont déserté le show pourtant impeccable des 3 compères plutôt ravis de se produire au milieu d’œuvres d’art. Petite incursion de Shannon Lay sur un des derniers titres pour ficeler ce bon petit live et nous voilà parti en direction de La Poudrière. Setlist Mikal Cronin : Shelter – Show Me – Apathy – Get Along – Say – Sold – Fire – I’ve Got Reason – Caravan – Guardian well – Weight – Change Retour ensuite sur des planches plus familières à La Poudrière avec un programme bien copieux. Trois groupes, trois ambiances, mais trois belles réussites. Conçu comme un laboratoire des Eurockéennes, le GéNéRiQ programme souvent des groupes en devenir, ou des futures têtes d’affiches du rendez-vous estival du Malsaucy. Ce sera le cas pour Squid, déjà annoncé début juillet, et qui fermait le bal. Peut-être pour Bandit Bandit ou Otoboke Beaver ? En tout cas, on milite pour, vu les prestations furieuses offertes par les 2 premiers groupes. Faut dire qu’entre tout ces concerts, on a eu droit à la totale rétro Idles qui tournait en boucle en fond (très) sonore. Ce qui a eu le don d’énerver tout ce beau monde ! Otoboke Beaver, qui...

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LE COIN BD // Hexed Omnibus (Michael Alan Nelson, Dan Nora & Emma Rios)

Publié par le 23 février 2020 dans Le coin BD, Notre sélection, Rubriques à brac | 0 commentaire

LE COIN BD // Hexed Omnibus (Michael Alan Nelson, Dan Nora & Emma Rios)

(Glénat, 3 octobre 2018) Initialement publié chez Boom! Studios, Glénat propose un bel omnibus de plus de 400 pages – à tirage unique – qui regroupe l’intégrale des deux séries qui composent Hexed. L’occasion de suivre les pérégrinations de Lucifer, voleuse de l’occulte, dans un trip entre Buffy, Constantine et Arsène Lupin. Deux séries donc pour deux parties qui ne se valent clairement pas. La première pose les bases de l’univers et des personnages mais laisse la sensation d’être réalisée à tâtons, comme si l’auteur Michael Alan Nelson ne savait pas encore où il allait. Le lecteur est certes mis en appétit par de chouettes idées mais il manque quelque chose pour vraiment accrocher. Et la prestation graphique d’Emma Rios, assez désastreuse, n’aide pas à s’impliquer. On est encore loin de son travail sur Pretty Deadly, publié cinq ans plus tard. Mise en page insipide, décors brouillons, personnages statiques, visages ratés, perspective hasardeuse… Le tout, certainement réalisé avec honnêteté, sent très fort le boulot de jeunesse proche de l’amateurisme. © Michael Alan Nelson, Dan Nora & Emma Rios / Glénat Il faut néanmoins s’accrocher car la suite apparaît alors comme un enchantement (ou plutôt en l’espèce, une malédiction) relatif et absolu. L’arrivée aux dessins de Dan Mora fait entrer le récit dans une autre dimension. L’artiste costaricain livre une prestation de très haute volée dans un style ultra expressif, proche de l’animation. On pense à Blacksad, Zombillenium ou Special Branch, l’aspect comics en plus. Ses personnages sont magnifiques, son bestiaire inventif, ses scènes d’action parfaitement lisibles, son découpage efficace… Un trait racé et diablement dynamique dont se dégage une forte personnalité, récompensé par un Eisner pour son boulot sur le Klaus de Grant Morrison. Michael Alan Nelson semble se servir de ce nouvel attelage pour tirer son récit vers le haut. Le rythme se fait plus soutenu et d’une étonnante densité pour ce type de format relativement court. L’auteur jongle avec les codes du genre (artefacts dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom, nécromancie, sorcellerie, mondes parallèles…) pour délivrer une histoire haletante, parfois épique, dans laquelle les alliances se font et se défont. Il parvient d’autant plus à y insuffler beaucoup de vie au travers de son casting, presque à 100% féminin. L’auteur prend le parti de jongler avec peu de personnages et leur apporte une vraie densité. Lucifer est une héroïne solide, franchement attachante et le duo qu’elle forme avec Raina, la stagiaire, est digne des meilleurs buddy movies. Outre son design hallucinant, La Catin est un exemple de personnage qui se révèle au fil du récit, bien aidée par une origin story touchante et éclairante. La grosse introduction que constituent les quatre premiers numéros passée, Hexed se révèle être une excellente surprise, portée par un très grand Dan Mora. Ses influences bien digérées, Michael Alan Nelson propose un boulot dense, original et accrocheur. Glénat offre depuis quelques temps des séries qui sortent des sentiers battus à des tarifs franchement intéressants. On en redemande !...

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PLAYLIST – Hommage à Andrew Weatherall

Publié par le 23 février 2020 dans Best of artistes, Notre sélection, Playlists | 0 commentaire

PLAYLIST – Hommage à Andrew Weatherall

DJ émérite, remixeur star, producteur inspiré (Screamadelica, faut-il le rappeler ?), Andrew Weatherall a eu de multiples vies (quitte à brouiller les pistes et perdre ses fans en chemin) mais il obéissait toujours au même credo : marier les musiques, mélanger les cultures et dynamiter les conventions. C’était un inlassable pourfendeur d’œillères, l’un des meilleurs représentants d’une approche culturelle purement anglaise qui consiste à casser toute barrière, chapelle ou convenance propre à un genre musical, et embrasser le vaste éventail des possibilités pour imaginer une nouvelle voie. À travers vingt morceaux de choix, nous avons souhaité célébrer cette grande figure de la musique anglaise depuis le début des années 90, et explorer ses multiples entités (The Sabres of Paradise au sein de Warp, Two Lone Swordsmen, The Asphodells, etc.), sa carrière solo et quelques-uns de ses remix les plus habiles. En toute fin, l’un des derniers « coups » d’éclat récents de Jah Wobble, avec des membres de Public Image Limited, Killing Joke et The Pop Group, un titre directement inspiré par le Brexit sur lequel a collaboré Andrew. Il est largement préférable de lire cette playlist via youtube, la plupart des morceaux n’étant pas disponibles sur les autres lecteurs. Julien...

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Lee Ranaldo and Raül Refree – Names Of North End Women

Publié par le 20 février 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Lee Ranaldo and Raül Refree – Names Of North End Women

(Mute / [PIAS], 21 février 2020) Le temps passe. Presque une décennie (!) que Sonic Youth a splitté suite à la séparation d’un couple rock des plus emblématiques : Kim Gordon et Thurston Moore. Membres de l’amicale du souvenir de Sonic Youth, si vous cherchez quelques réminiscences du défunt, merci de vous orienter vers les (plus que recommandables) derniers essais solos de Thurston Moore… …Lee Ranaldo joue la rupture et surprend son petit monde. Accompagné du réputé producteur et compositeur espagnol Raül Refree, et plus encore que le dernier disque de Kim Gordon, il se démarque totalement de l’encombrant héritage de la jeunesse sonique. Et voyage léger. Point de guitares furieuses et dissonantes. De titres noisy à tiroirs, alambiqués et de crescendos épiques. On joue l’épure. On dégage (presque) carrément les guitares. On lorgne vers la musique concrète ou l’expérimental. On peut ainsi entendre un vieil enregistrement de Lee fracassant une chaise contre un mur ! On fait du spoken word comme sur l’inaugural « Alice, etc », pas le meilleur des 8 titres pour commencer. Et forcément, à la première écoute, la petite déception. Mais bon, naïf que nous sommes, on attendait (encore) un Lee Ranaldo expert ès larsens et dissonances, et son art subtil d’injecter de la pop dans le chaos noisy. Reset complet. On se remet le disque. Et on l’écoute pour ce qu’il est finalement. La collaboration de deux artistes qui expérimentent, (plus ou moins) loin de leurs univers respectifs. Alors, est-ce qu’on pouvait s’attendre à mieux vu le pedigree prestigieux des artistes présents ? Certainement. On sent le travail de studio, ça bidouille parfois avec réussite (« The Art Of Losing »), parfois moins… Le spoken word, pourquoi pas… mais quand on a la voix de Lee Ranaldo, loin d’être dégueulasse, autant jouer la carte à fond. Il suffit d’écouter le refrain très réussi et épuré de « Humps », le final et apaisant « At The forks » ou même la world music inattendue et addictive de « Name Of North End Women » pour s’en convaincre. Parfois, on n’est même pas loin d’être emballé comme sur ce « Light Years Out » assez bluffant sur ces 3 dernières minutes avec sa basse groovy et… des guitares ! On est ainsi presque frustré quand on entend surgir quelques bribes d’électricité au détour de « Words Out Of The Haze ». Je t’aurais bien perverti tout ça avec quelques fender jazzmaster dissonantes. Ah jeunesse sonique, quand tu nous tiens ! Bon, parfois, ça se perd un peu en chemin, comme sur « Alice, etc » ou « New Brain Trajectory ». Résultat, avec seulement 8 titres et quelques (petites) longueurs, on reste un poil sur sa faim. Mais on se console en se disant, que c’est quand même cool d’écouter Lee Ranaldo en 2020 (!) et de ne toujours pas être un vieux con en mode “c’était mieux avant”. Lee is free! Hé, si je faisais mon hipster, et allais me réécouter le dernier Kim Gordon ! Sonicdragao Tous nos articles sur Lee Ranaldo (chroniques, interview) Tous nos articles sur Thurson Moore Tous nos articles sur Sonic...

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