Évènements à venir

Weezer – The Teal Album

Publié par le 3 mars 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Weezer – The Teal Album

(Crush Music/Atlantic, 24 janvier 2019) Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures, et Weezer s’est mis en tête de nous le démontrer. Après un album blanc qui pouvait redonner espoir et un Pacific Daydream assez mitigé qui contrariait fortement les espoirs en question, le groupe s’est fait happer par les pires côtés improbables d’internet. On pourrait se contenter de cette phrase : Weezer a repris “Africa”. Mais ce serait passer à côté du plus important : cette reprise, partie d’une petite blagounette sans intérêt, est le fruit d’une vague qui a déferlé de twitter et submergé les différents réseaux sociaux jusqu’à pousser le groupe à s’exécuter, mais surtout à mettre en avant ce fait comme un évènement. Le tout aurait pu s’arrêter à un clip avec Weird Al parodiant celui de Toto, mais non. Car non content d’avoir fait une reprise presque copiée-collée d’un morceau dont personne ne voudrait entendre une reprise, Weezer a décidé de faire un album complet sur le même principe. Ainsi s’enchainent les tubes 80s dégueulasses et kitschissimes (“Africa” de Toto donc, “Sweet Dreams” d’Eurythmics, “Take On Me” de A-Ha), et les poncifs du groupe de musique générique qui ne sait pas trop ce qu’il veut jouer (“Paranoid” de Sabbath, “Billie Jean” de Michael Jackson, “Stand By Me” de Ben E. King). Les versions dont la modification va au-delà d’une guitare un peu plus distordue se comptent sur les doigts de la main d’un estropié (“Happy Together” des Turtles, “Stand By Me” et “No Scrubs” de TLC, qui reste néanmoins très pop pute) et on se fait vite un avis sur les autres : les bons morceaux restent bons, mais on préférera toujours écouter les originaux, les mauvais morceaux restent nuls à chier et on n’a déjà pas envie d’écouter les originaux… Un clip supplémentaire parodiant celui d’A-ha est sorti, et l’album complet, avec pochette pastiche, est sorti sous le nom de Weezer, l’album bleu canard.  Voilà à quel point le groupe de Rivers Cuomo ne se prend pas au sérieux. Et sur le principe, c’est super. Sauf que le disque est une purge qui sortira en physique pour le record store day et bénéficie d’une visibilité énorme pour ce que c’est. La preuve, on en parle même sur ce webzine tenu par un weezerophobe… On aimerait bien que des artistes qui ont des choses intéressantes à faire et partager aient les mêmes moyens. J’espère que tous les bénéfices qu’engendrera cette blague seront reversés à des artistes qui galèrent....

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The Lemonheads – Varshons 2

Publié par le 2 mars 2019 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

The Lemonheads – Varshons 2

Fire, 8 février 2019 Evan Dando mesure 1m92, il ne serait donc pas aisé de le mettre dans sa poche. Je ne suis pas certain que beaucoup aient émis le souhait de le faire, pourtant il semblerait que le groupe se soit décidé à offrir une solution tout à fait convenable à tous ceux qui souhaiteraient transporter le chanteur-compositeur-guitariste des Lemonheads partout avec eux. En effet, plus qu’une suite à un album de reprises assez quelconque sorti 10 ans plus tôt, et à l’opposé du best of de reprises jouées depuis de nombreuses années qu’on aurait pu imaginer, Varshons 2 est sans doute ce qui se rapproche le plus d’un prestation live d’Evan Dando à laquelle on aurait retiré tous les titres des Lemonheads : un choix de reprises disparates complètement réappropriées, donc jouées avec une totale cohérence. S’ajoute l’ambiance chaleureuse et intimiste que même le choix de jouer un reggae (“Unfamiliar” des GiveGoods) ne vient pas gâcher. Du punk de “TAQN” (The Eyes) à la country de “Take It Easy” (Eagles) en passant par la pop-folk lumineuse de “Round Here” (Florida Georgia Line), la mélancolie électrique de “Straight To You” (Nick Cave & The Bad Seeds) et “Abandoned” (Lucinda Williams) ou celle acoustique de “Speed Of The Sound Of Loneliness” (John Prine), ce recueil de morceaux est peut-être aussi efficace pour explorer l’univers musical des Lemonheads qu’un nouvel album. On ne cracherait pas sur un nouvel album s’il est de cette qualité ou de celle du dernier en date, ceci dit. En conclusion, un disque qui restera certainement confidentiel, qui ne révolutionnera rien, mais totalement honnête et sincère, et qui offre un vrai plaisir d’écoute pour ceux qui apprécieraient la musique d’Evan Dando et des Lemonheads. Vu que c’est mon cas, je suis parfaitement conquis. PS : Je vous conseille vivement, si vous êtes dans mon cas, ou simplement curieux, d’aller vérifier ce que vaut le groupe sur scène ce dimanche 10 mars au Gibus Café....

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Sebadoh revient et ça fait du bien

Publié par le 1 mars 2019 dans News | 0 commentaire

Sebadoh revient et ça fait du bien

Six ans déjà après Defend Yourself, Sebadoh effectuera son retour dans les bacs avec Act Surprised le 24 mai prochain chez Fire Records. Lou Barlow avait entre temps sorti un album solo Brace The Wave (2015) et un EP, Apocalypse Fetish (2016). L’avenir nous dira si le groupe nous fera l’honneur d’une tournée européenne et d’un passage par chez nous. Voici en attendant “Celebrate The Void”, premier extrait et la tracklist du disque ci-dessous. 1/ Phantom2/ Celebrate The Void3/ Follow The Breath4/ Medicate5/ See-saw6/ Vacation7/ Stunned8/ Fool9/ Raging River10/ Sunshine11/ Act Surprised12/ Battery13/ Belief14/ Leap Year15/ Reykjavik LIRE LA CHRONIQUE DE BAKESALE LIRE LA CHRONIQUE DE JASON LOEWENSTEIN – SPOOKY ACTION LIRE LA DISCOGRAPHIE DE DINOSAUR JR. PARTIE 1 LIRE LA DISCOGRAPHIE DE DINOSAUR JR. PARTIE 2 LIRE LA CHRONIQUE DE DINOSAUR JR. – I BET ON SKY LIRE LA CHRONIQUE DE DINOSAUR JR. – GIVE A GLIMPSE OF WHAT YER...

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LANE – A Shiny Day

Publié par le 26 février 2019 dans Chroniques, Incontournables, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

LANE – A Shiny Day

(Twenty Something, 8 mars 2019) Ça leur avait manqué aux frères Sourice. S’enfermer dans un studio pour faire du bruit, partir en quête de la mélodie imparable, enregistrer, se planter, se marrer, recommencer. On ne doute pas que l’expérience a dû être ô combien stimulante en compagnie de deux jeunots (les frères Belin, du groupe Daria) et d’un très jeunot (Felix Sourice, fils de Pierre-Yves) ! Comme un nouveau départ en somme. Ça nous avait manqué à nous aussi, sevrés d’albums des Thugs depuis près de 20 ans. La première ration de 4 titres l’été dernier avait suffi pour raviver la flamme. Ici, le plaisir est prolongé sur 10 titres. Mais ne nous méprenons pas, ceci n’est pas le retour des Thugs. Il s’agit bien d’un nouveau groupe. Un groupe à trois guitares, de quoi foutre un bon bordel, et potentiellement se marcher sur les cordes. Il n’en est rien, et la basse de Pierre-Yves n’a peut-être jamais été si présente. L’osmose entre chacun est ici évidente. L’urgence est là, elle les guide, elle nous exalte. LANE semble avoir un train à prendre, et nous, on le prend en pleine face. La moitié des morceaux n’excède pas les trois minutes mais les mélodies sont omniprésentes, elles sautent aux oreilles dès les premières écoutes, les riffs marquent les esprits (“A Free Man” qui sonne comme un hymne) et les refrains collent aux neurones (“Clouds Are Coming”, “Winnipeg”). Même quand LANE calme le jeu, invite la mélancolie à la fête, l’émotion nous prend à la gorge, la réussite est totale (“Red Light”). En deux mots comme en 100 : ÇA TUE. Le tempo ralentit également en fin d’album (“Down The River”), la section rythmique relâche enfin l’étreinte avant d’offrir un crescendo qui, on l’imagine déjà aisément, donnera sa pleine mesure lors de fins de sets endiablés. Mais nous n’en sommes pas là. Nous voilà déjà comblés. Les frères Sourice détiennent toujours la formule, elle se marie merveilleusement bien avec celles des frères Belin. Cette union était une brillante idée, ce retour aux affaires est une bénédiction. C’était long toutes ces années, ne nous faites plus jamais ce coup-là. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DES THUGS – IABF Chronique à retrouver également dans le New Noise #47 Février-Mars...

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La programmation du This Is Not A Love Song est connue, et elle est excellente !

Publié par le 25 février 2019 dans News | 0 commentaire

La programmation du This Is Not A Love Song est connue, et elle est excellente !

On a l’habitude, tous les ans, le This Is Not A Love Song (TINALS pour les intimes) nous réserve une programmation aux petits soins avec bon nombre d’artistes indie rock incontournables. Cette année, l’équipe s’était jurée de revenir aux bases, de ne pas courir après une coûteuse tête d’affiche, de fonctionner aux coups de cœur. L’affiche ne manque pas de valeurs sûres pour autant avec les présences ds géniaux Built To Spill, des bruyants et mythiques (et habitués) Shellac, de l’icône indie Stephen Malkmus (ex-leader de Pavement pour ceux qui n’auraient pas suivi), des envoûtants et passionnants Low. A leurs côtés, quelques pointures comme Kurt Vile, Courtney Barnett ou Shame et quelques-uns qui promettent de mettre un beau bordel : nos chouchous belges It It Anita, les gentiment timbrés Fat White Family, les (post) punkeux Fontaines DC, les noiseux de Poutre, les punk nippones Shonen Knife qui rendaient dingues Kurt Cobain ou encore The Messthetics qui rassemblent ni plus ni moins que Brendan Canty et Joe Lally (anciens batteur et bassiste de Fugazi). Excusez du peu ! Bref, il y aura de quoi s’amuser du côté de Nîmes du 30 mai au 1er juin prochains. La programmation complète est ici, la billetterie par là. Jonathan Lopez LIRE NOTRE REPORT DE L’EDITION 2015 LIRE NOTRE REPORT DE L’EDITION 2016 LIRE NOTRE REPORT DE L’EDITION...

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Kraftwerk, Thom Yorke, Cat Power au Days Off Festival

Publié par le 21 février 2019 dans News | 0 commentaire

Kraftwerk, Thom Yorke, Cat Power au Days Off Festival

La 10e édition du festival Days Off se tiendra du 4 au 13 juillet prochain à la Philharmonie de Paris, et il y a de quoi se réjouir de la programmation ! Cat Power, auteur d’un excellent dernier album (Wanderer) l’an passé, ouvrira le bal. Les légendaires pionniers de l’électro Kraftwerk seront présents trois soirs (du 11 au 13 juillet) pour des DJ sets 3D, le leader de Radiohead, Thom Yorke jouera lui les 7 et 8 juillet. Notons également la présence de Jonsi, leader de Sigur Rós, qui offrira avec Alex Somer et Paul Corley le “liminal soundbath”, une expérience multi sensorielle et audiovisuelle. Tout un programme, donc. Le reste de la programmation est ici. La billetterie sera ouverte le 28 février à 12h. Jonathan...

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Interview – Thalia Zedek

Publié par le 20 février 2019 dans Interviews, Notre Sélection, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Thalia Zedek

Beaucoup ne connaissent Thalia Zedek qu’en tant qu’ancienne chanteuse de Come. Ou, pire encore, ne la connaissent pas du tout. Un manque de reconnaissance profondément injuste compte tenu de la longévité et productivité de la dame, active sur plusieurs fronts, et toujours incapable de décevoir. L’an passé, c’est rien de moins que deux albums de très grande qualité qu’elle nous a offerts. D’abord avec son (super)groupe qu’on appelle E puis avec « son band », et quelques invités de choix. La tentation était donc grande de la rencontrer et de la cuisiner comme il se doit avant un concert de grande classe devant quelques privilégiés, pressés dans la minuscule salle de la Cantine de Belleville, à Paris… “Fighting Season est clairement un disque anti-guerre, anti fascisme, anti génocide, en réaction aux montées du nationalisme, à ces gens qui essaient de séparer tout le monde. On connait bien ça aux Etats-Unis en ce moment.” © Naomi Yang J’ai lu que tu avais eu une approche très personnelle sur ce disque et quasiment tout écrit toute seule avant de le présenter aux autres membres. Pourquoi as-tu travaillé de cette manière, spécifiquement sur ce disque ? J’ai été très occupée avec E, avec mon album « solo » précédent donc c’était tout simplement compliqué de réunir tout le monde. Désormais Gavin (McCarthy, ndr) de E est avec nous sur cette tournée, mais Jonathan (Ulman, ndr), le batteur qui a enregistré le disque, était très occupé et de manière générale réunir cinq personnes dans la même pièce au même moment est très difficile. J’ai répété avec des personnes différentes, de groupes différents… De toutes façons, j’ai l’habitude d’écrire la plupart des chansons presque entièrement puis de laisser un peu d’espace aux autres pour qu’ils ajoutent leurs idées. Nous nous occupons des arrangements ensemble, généralement. Mais cette fois j’ai dû également m’impliquer davantage dans les arrangements, en veillant à ce que les configurations soient différentes d’un morceau à l’autre. Il y a des chansons avec de la guitare, de l’alto, du violoncelle, certaines avec du piano, de l’alto et de la guitare, d’autres basse, guitare, batterie… Ça a bien fonctionné parce qu’on a ainsi pu faire des répétitions pour chaque chanson particulière. C’était donc davantage une question d’agenda qu’une réelle volonté de faire un disque plus personnel. C’était un peu des deux. C’est parfois difficile d’apprendre une chanson à cinq personnes différentes. J’ai aussi fait l’effort sur ce disque d’être un peu plus engagée et consciencieuse sur les arrangements. Et j’avais travaillé avec le même producteur sur les trois derniers albums, Andy Hong et il m’a encouragé à faire ça « tu devrais vraiment décider de ce que tu veux, pas simplement dire ‘voici les morceaux, faites-en ce que vous voulez’, essayer de les construire davantage », donc j’ai fait cet effort. Dans tes textes, notamment sur ce disque, on retrouve a un mélange d’intimité personnelle et de thèmes universels, comment parviens-tu à concilier ces deux aspects ? Il y a eu beaucoup de conflits, de combats, de colère dans le monde ces dernières années. Et pendant ce temps, la vie continue et on peut faire le parallèle, car c’est presque comme dans des relations. La façon dont nous interagissons les uns les autres et dont les nations interagissent entre elles. Le racisme, les appartenances ethniques… C’est clairement un disque...

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Interview – Shea Roberts (The Richmond Sluts)

Publié par le 17 février 2019 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – Shea Roberts (The Richmond Sluts)

On dit que les interviews organisées en dernière minute et non préparées sont les meilleures, voyons ce qu’il en est en cette soirée du 7 février 2019 où j’ai la chance de revoir Shea Roberts, chanteur des Richmond Sluts (pour rappel, même Rock & Folk classe le premier album des Sluts parmi les 500 meilleurs de tous les temps). Nous sommes chez lui, dans le centre de San Francisco, dans le quartier de “Tendernob” (contraction intentée par Shea entre Tenderloin et Nob Hill). Il estime que ce quartier résistera à la gentrification car il y a trop de SDF et de tox autour des centres sociaux du coin. Il vit ici depuis plus de 10 ans. Son chez-lui lui ressemble. Avant l’interview, on écoute des oldies du Pérou, des soundtracks de films soft porn des 70’s, du psychédélique de Turquie… Et on s’y met ! Shea a eu une année assez dense avec une participation croissante dans le groupe Natural Pear de son ami de toujours, Jérémie. Ensuite son album solo dont nous allons reparler en détail. Enfin, plusieurs nouveaux morceaux pour un futur album des Sluts prévu cette année. Pour ce dernier, Chris Beltran et lui ont recommencé à composer ensemble. Idem avec Jessie Nichols et Justin. Le groupe fera quelques shows au printemps afin de tester les morceaux et l’enregistrement se fera dans le nouveau studio de Jessie à Oakland. Comme toujours, me dit Shea, les premières prises sont les meilleures, quand personne du groupe ne connait les morceaux. Shea a écrit l’essentiel du dernier LP des Sluts mais il souhaite revenir à beaucoup plus de contributions de chacun, dans l’esprit Richmond Sluts. Le prochain sera un retour aux sources “garage”, sans aucun doute.  On parle ensuite de son nouvel album solo, disponible sur Bandcamp et dont le pitch mentionne un style Americana. J’avoue que, comme beaucoup d’européens sans doute, je ne vois pas bien ce qu’est l’Americana. Non, ce n’est pas exactement de la country, genre tout à fait respectable s’il date d’avant 1978, me glisse Shea avec cette étrange précision. Non, au départ, c’est la musique des pionniers, les hymnes entonnées par les marins ou les aventuriers au coin du feu. Shea a toujours composé des tracks dans le genre, mais jamais avec l’intention de sortir quoi que ce soit. En fait, son ami Chris Beltran a forcé le destin en annonçant largement cette sortie qui n’en était pas une au départ. Les paroles parlent de son histoire ou racontent des histoires du coin, comme cette prostituée qui raconte à Shea qu’un type venait la payer régulièrement, sans que rien ne se passe, simplement pour la soustraire à la vie de trottoir pour quelques heures. L’ultime histoire d’amour urbain à la sauce Tenderloin. Maintenant que l’album est sorti grâce à Chris (“accidentellement, ha ha“), Shea ne refuserait pas des propositions de concerts. L’Europe lui plairait parce que “les gens y sont plus fun et plus ouverts à entendre de nouvelles choses” mais rien n’est encore décidé. On enchaîne sur un festival au Pérou, “fucking Peru and Machu Pichu kinda shit” dixit Shea.  La soirée avançant, on parle de l’évolution du rock’n roll. Je fais part à Shea de mon impression, initialement évoquée par Johnny Witmer des Stitches lors de leur passage à Paris, que le...

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The Young Gods – Data Mirage Tangram

Publié par le 14 février 2019 dans Chroniques, Incontournables, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

The Young Gods – Data Mirage Tangram

(Two Gentlemen / Differ-Ant, 22 février 2019) Ils sont nombreux, et pas que des tocards, à avoir appris la vie en ponçant les premiers albums des Young Gods, à s’être passionnés pour leurs évolutions stylistiques au gré des années et s’être demandés à quelle sauce ils allaient bien pouvoir être bouffés lors du retour des (plus si) jeunes dieux suisses. Ils ne s’attendaient sans doute pas à être cuisinés de la sorte par une électro propice à l’évasion, qui prend son temps, instaure tranquillement d’étranges climats. Le retour de Cesare Pizzi (claviériste, programmateur), absent des débats depuis les deux premiers albums d’humeur explosives, n’aura donc pas eu l’effet escompté. Les Young Gods n’éprouvent ici nul besoin de faire parler la poudre, ils se “contentent” de ramener leur science. Leur science de l’expérimentation, leur maitrise du son.Les guitares se font discrètes, elles ne se révèlent que lorsque la marmite explose, lorsque la tension devient intenable (les colossales “Tear Up The Red Sky” et “All My Skin Standing”, proprement fascinantes). La violence couve, mais elle est maîtrisée. Ce disque n’offre que sept titres, c’est peu après huit ans d’attente, mais il en impose, tant il brille par sa cohérence et son homogénéité. Et en dehors des deux singles “Figure Sans Nom” (divine escapade électro rock poétique) et “Tear Up The Red Sky” qui marquent les esprits immédiatement et durablement, le reste s’offre à qui veut bien l’attendre. Car il faut prendre son mal en patience pour pénétrer “Moon Above” où un Franz Treichler cerné par une rythmique déstructurée, un fracas de bruitages incessants et une absence notable de véritable mélodie (exception faite d’un harmonica bien saugrenu qui déboule sans coup férir), se demande fort légitimement “is this the blues i’m singing?”. Ça y ressemble en effet mais qu’est ce que ça fout là ? C’est une autre histoire. Les Dieux sont tombés sur la tête et c’est bien là le meilleur moyen de nous donner la foi. De son côté, “You Gave Me A Name” dégaine de sa poche une mélodie simpliste et efficace. Les Young Gods pourraient s’en contenter. Pas vraiment le genre de la maison. Ils préfèrent répéter inlassablement ce motif, avant que soudainement l’agitation les gagne et nous embarque ailleurs, où les sonorités affluent de toutes parts. Le piège se referme alors. L’égarement est donc fréquent mais il est savoureux. Combien de disques très accrocheurs de prime abord ont rapidement pris la poussière ? Combien se sont imposés peu à peu pour devenir incontournables ? Beaucoup, dans les deux cas. Les Young Gods ont depuis bien longtemps choisi leur camp, et ce n’est pas maintenant qu’ils vont en changer. Ils ne font pas dans l’aguicheur, ils séduisent par petites touches, ils nous cernent pour mieux nous captiver. Pour mieux nous capturer. C’est indubitablement chose faite avec ce Data Mirage Tangram qui se fraie une place de choix dans la discographie des Young Gods et risque bien d’en faire de même dans votre discothèque, et y trôner fièrement. Jonathan...

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Hélice Island – Hélice Island

Publié par le 13 février 2019 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Hélice Island – Hélice Island

(Zéro égal petit intérieur, 25 janvier 2019) On l’avait connu plus énervé. Lorsqu’il chantait pour feu Sons Of Frida, Benoit prenait un malin plaisir à nous malmener. Avec ses collègues turbulents, il avait pris pour habitude de fracasser des riffs sur nos pauvres têtes, de pondre des lignes de basses tendues comme des strings, de nous gueuler dessus comme si on avait commis l’irréparable. Sur sa petite île, accompagné d’Aurore et Florence, Benoit a trouvé l’apaisement. Après un “Anytime” un rien trompeur, tout en énergie contenue, le chant devient murmure, les sons s’étirent, la délicatesse vient supplanter la violence. Je vous vois venir, bande de gros bourrins, vous vous dites “ça y est il est devenu mou du genou, on va s’emmerder sec“. Nullement. Il faut simplement aborder l’œuvre différemment. Pas de choc frontal ici mais une séduction progressive, à mesure que l’on s’immerge dans cet univers envoûtant. Plus de superposition de guitares sursaturées (malgré quelques percées), des cuivres, des cordes et de douces mélopées chantées par deux voix complémentaires (la magnifique et poignante “Back In The Room” et son violoncelle qui diffuse une terrible mélancolie). Se réclamant davantage de Low que de Fugazi, Hélice Island lorgne il est vrai sur les terres du slowcore. Mais ce sont d’autres pensées furtives qui nous traversent : “The Queen Of The River”, armé d’une trompette désabusée, se situe non loin des belles ballades folk lo-fi d’un Lou Barlow. Et c’est plutôt à Arab Strap qu’on pensera avec ce texte déclamé sans la moindre émotion apparente mais empli de vague à l’âme, ce rythme lancinant, et ce violoncelle, toujours lui, qui vient nous saper le moral  (“Wrong”). Sur le final, la tension monte d’un cran, les cordes sont malmenées et gémissent. Nos esgourdes égoïstes ne trouvent, elles, rien à redire. Si ce n’est en réclamer davantage car comme avec tout bon EP, on n’est pas rassasié. En plus d’être le roi du calembour douteux, Hélice Island fait donc preuve d’une belle maitrise et d’une certaine sagesse. Certains appellent ça la maturité. Plutôt que d’employer des gros mots, on parlera simplement de talent. Jonathan Lopez https://heliceisland.bandcamp.com/album/h-lice-island LIRE LA CHRONIQUE DE SONS OF FRIDA – TORTUGA LIRE L’INTERVIEW DE SONS OF...

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