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Come – Eleven : Eleven

Publié par le 3 août 2017 dans Chroniques, Incontournables, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Come – Eleven : Eleven

Les années 90 ont leur lot de groupes mythiques, de destins tragiques… et de grands groupes restés dans l’ombre. Come est de ceux-là. En 1992, le quatuor de Boston sort son premier disque, petit bijou de noirceur, dans un relatif anonymat. Et pourtant… Pourtant, dès les premières notes de « Submerge », nous voilà happés par ce disque, sombre au possible, qui ne desserre jamais l’étreinte. Maintenant que vous êtes au parfum, Eleven:Eleven est un disque qui va faire de votre vie un enfer, développant très vite une grandissante obsession. Come déploie un blues rêche, animé par des guitares tendues et le chant habité, profondément sincère, de Thalia Zedek. Le jeu toujours très juste d’Arthur Johnson à la batterie souligne parfaitement les instants d’accalmie en eaux marécageuses. « Just relax, just relax » insiste Thalia sur le refrain qui hausse le ton, mais le couperet n’est jamais loin. Le couperet c’est parfois un bon gros riff bien lourd comme celui qui ouvre « Dead Molly » avant de sortir de sa botte un pont anesthésié (on pense aux Pixies quand ils bluffent). Et d’envoyer tout cela valser gaiement (on pense aux Pixies quand ils envoient tout valser). On cite les Pixies mais Come partage finalement peu de points commun avec le groupe légendaire, si ce n’est sa provenance de Boston et un goût pour l’indie rock dissonant. Pour le reste, il faut plutôt creuser du côté de groupes moins pop, plus mélancoliques. Mais s’il est vrai que Come évoque de ci de là quelques groupes qui lui sont contemporains (ajoutons Screaming Trees ou Mad Season dont l’unique – magistral – album est toutefois sorti après), et satisfait ainsi notre besoin de filer des points de repère aux badauds qui passeraient par là innocemment, le groupe réussit finalement la prouesse de se démarquer en imposant un son qui n’appartient qu’à lui. Grâce notamment à la présence de tous les instants de Zedek, entre rage à peine contenue et fragilité désarmante, incarnant à merveille l’univers tourmenté de Come. Mais Zedek sait aussi s’effacer pour laisser les guitares faire la conversation. Comme lorsque la sienne et celle de Chris Brokaw (également batteur au sein de Codeine, groupe slowcore non moins indispensable) dialoguent à propos des ténèbres dans une intro instrumentale de 3 minutes avant de mettre les voiles en territoire grungy (« Off To One Side »). On frise l’excellence une fois de plus mais difficile cependant de sortir un morceau plutôt qu’un autre tant l’album cumule avec indécence les titres essentiels (ajoutons aux précédents la lente déchéance implacable de « Brand New Vein », « Orbit » et son refrain vénéneux ou encore la bombe à fragmentation « William »). L’album fait l’effet d’un bloc très compact, cohérent qui embarque l’auditeur dans un récit diaboliquement addictif. D’abord difficile à encaisser mais surtout dur à oublier. Les grands musiciens ont souvent plutôt bon goût et de savoir ce groupe adoubé par des bonhommes comme J Mascis, Bob Mould ou Kurt Cobain en dit long. Il n’y a pas de hasard en ce bas monde. A l’occasion des 20 ans de ce disque, une bien belle réédition avait vu le jour avec deux titres bonus (dont une reprise poisseuse et inspirée du « I Got The Blues » des Stones) et un enregistrement live. On n’ira pas jusqu’à dire que vous vous devez de la posséder… Oh, et puis...

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Godspeed You! Black Emperor annonce un album et une tournée

Publié par le 3 août 2017 dans News | 0 commentaire

Godspeed You! Black Emperor annonce un album et une tournée

  Après un dernier disque (Asunder, Sweet and Other Distress) mi-figue mi-raisin sorti il y a 2 ans, Godspeed You! Black Emperor (GY!BE pour les intimes) reviendra le 22 septembre avec Luciferian Towers chez Constellation. Un album simple (plutôt rare chez eux) de 4 titres seulement, qu’on imagine très longs. Cette sortie sera accompagnée d’une tournée européenne avec de nombreuses dates françaises que voici : Le 16 Octobre à Toulouse, Le Bikini Le 17 Octobre à Bordeaux, Krakatoa Le 18 Octobre à Rennes, Théâtre National de Bretagne Le 19 Octobre à Rouen, Le 106 Le 20 Octobre à Lyon, Le Tobogan Le 21 Octobre à Strasbourg, La Laiterie Le 07 Novembre à Paris, L’Elysée Montmartre   A défaut d’un premier morceau, voici un teaser du package (oui, oui) : Godspeed You! Black Emperor • Luciferian Towers • LP package from Constellation Records on Vimeo.  ...

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Arcade Fire – Everything Now

Publié par le 31 juillet 2017 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Arcade Fire – Everything Now

Tout, tout de suite. Comme des sales gosses entêtés les canadiens d’Arcade Fire exigent de tout rafler sans plus attendre et, au vu de l’orientation prise par leur musique, il ne serait guère étonnant qu’ils y parviennent. Alors voilà, après un Reflektor très attiré par le dancefloor, Everything Now pousse le vice encore plus loin. Trop loin malheureusement. Autant les délires de Reflektor, souvent osés pour un groupe « indie », demeuraient respectables si ce n’est enthousiasmants pour la plupart, autant là il n’y a plus grand chose à sauver. Le plus malheureux dans tout ça, c’est que « Everything Now » est un des meilleurs titres alors qu’il a tout du single prémâché, à ingurgiter (et surtout dégurgiter) entre deux bouchées de « Get Lucky » et « Happy ». Bref, c’est assez moche. Il est clair que la mélodie reste en tête indéniablement, l’envie de se trémousser (à l’abri des regards de préférence) est bien là aussi mais ce n’est pas bien glorieux. Pour amateurs d’Abba uniquement. Les choeurs du stade sont même déjà inclus dans le morceau. Ça promet un grand moment d’émotion au Stade de France. La bonne nouvelle, c’est que vos amis incultes musicalement qui ne passent que des bouses en soirée passeront désormais du Arcade Fire. La mauvaise, c’est qu’ils passeront les bouses du groupe. Des bouses qui sont très majoritairement compilées sur ce disque (une ou deux étaient annonciatrices sur le prédécesseur). Beaucoup trouvent formidable l’absence de limites du groupe, son ouverture d’esprit, son « audace »… La seule audace incontestable ici c’est qu’Arcade Fire n’a visiblement pas peur de se couvrir de ridicule. Car des morceaux ridicules, il y en a un bon petit paquet sur cet Everything Now. Des morceaux qui passent complètement bourrés, avec des potes. Et encore, faut vraiment que ce soit de bons potes. Arcade Fire ne s’embarrasse d’aucune pincette, il prend ses énormes sabots et se jette à pieds joints dans un grand bassin de soupe nauséabond. La nuance a disparu des radars. Arcade Fire fait dans l’outrancier (« Signs Of Life » qui fait frémir d’effroi), l’extravagant, la boule à facette, le refrain qui fouette (« Chemistry », « Electric Blue » qui s’en sortirait avec les honneurs sans son chant exaspérant). Pour la blague, les canadiens ont glissé des petites intros ou vibes dub (« Peter Pan », « Chemistry »). Sans le moindre intérêt toutefois. Dans notre infinie générosité, on sauvera « Good God Damn » qui nous invite à une soirée discretos et nous dit de suivre cette basse so cool qui avance à pas feutrés, sans nous prévenir qu’il faudra très vite rebrousser chemin. Et éventuellement « Infinite Content » qui ressemble vaguement à un truc rock. On a vu plus inspiré mais on n’est pas à ça près. De deux choses l’une, Arcade Fire veut tout tout de suite. Et surtout, un bon paquet de fric. Arcade Fire s’en contrefout du jugement, forcément mitigé qu’ils recevra (encore que, beaucoup crient au génie…). Les titres cyniques, et sans doute ironiques, en attestent (« Put Your Money On Me », « We Don’t Deserve Love » ou le « All your money is already spent » de « Infinite Content »…). Comme s’ils étaient (déjà) les maitres du monde et pouvaient tout se permettre en nous toisant fièrement. Voire en nous crachant à la gueule, nous pauvres pouilleux. Le deuxième morceau « Infinite Content » (qui ne prend même pas la peine de se trouver...

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Oceansize – Everyone Into Position

Publié par le 31 juillet 2017 dans Chroniques, Incontournables, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Oceansize – Everyone Into Position

Comme le disait la mère d’un célèbre philosophe du 20ème siècle : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. » Cet adage désormais culte peut aussi être appliqué à la découverte d’un album. Certains ont un goût fade et ne méritent même pas d’être terminés, d’autres nous explosent les sens dès la première bouchée et il y a ceux qu’il faut prendre le temps de déguster afin d’en saisir toutes les saveurs et subtilités. Everyone Into Position d’Oceansize fait partie de cette dernière catégorie de délices auditifs. Sorti en 2005 après un très bon premier album (Effloresce) et l’EP Music For Nurses, Everyone Into Position s’est imposé au fil des écoutes comme l’un de mes albums de chevet. Oceansize y rend hommage à leurs différentes influences (Tool, Pink Floyd jusqu’au post-rock) tout en formant un album cohérent à la fois rageur, planant, mélancolique et mystique. Dès le 1er titre, « The Charm Offensive », la batterie tribale toolienne nous envoûte dans ce discours anti-establishment avec une explosion finale dénonçant à l’époque Tony Blair et sa guerre en Irak (« They’ve sold us out again and thrown us in the fire / They say we’re all the same / Well, yeah… but we’re not liars.. »). « Heaven Alive », single de l’album, peut être assimilé à de la pop progressive avec ses choeurs omniprésents mais elle est loin d’être la meilleure composition de l’album. Nous entrons ensuite dans le vif du sujet avec « A Hommage To A Shame » et son intro d’une violence inouïe alliant métal et rock progressif. C’est le morceau le plus rageur et le plus proche de leur premier album. Suit l’apaisement et la mélancolie avec le coeur post-rock de l’album « Meredith »/ »Music For A Nurse »/ »New Pin ». Les mancuniens se montrent à la hauteur de Mogwai et Sigur Rós. Une fois rentrés dans ce trio post-rock, vous serez emportés et en lévitation et ne pourrez plus atterrir avant le retour à un rock progressif avec « No Tomorrow », « Mine Host » et « You Can’t Keep A Bad Man Down ». Ces trois dernières nous conduisent vers la conclusion mystique et planante de l’album (« Ornament/The Last Wrongs »). Initialement prévue comme b-side, c’est le joyau de l’album. Le riff de guitare et les choeurs nous hypnotisent pour nous emmener vers la mélancolie avant de nous offrir un brin d’espoir avec l’arrivée du chant de Mike Vennart. Parfaite conclusion pour un disque brillant. Le groupe a ensuite sorti deux autres albums avant l’annonce de leur séparation le 25 février 2011 sur leur facebook. S’il n’y a qu’un disque d’Oceansize à retenir, c’est sans contestation celui-ci. Il faut toutefois faire preuve de patience, plusieurs écoutes sont nécessaires pour se rendre compte de la richesse et de la complexité de ce bijou qui ne cessera de vous envoûter....

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Pawz One – Pick Your Poison

Publié par le 29 juillet 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Pawz One – Pick Your Poison

Vous cherchiez le disque idéal à écouter dans votre bolide pour le trajet des vacances, celui qui vous aide à ne pas piquer du nez et à garder le sourire dans les interminables bouchons, avec les gamins qui braillent à l’arrière (« c’est quand qu’on arrive papaaa ?« ) ? Il se pourrait bien que le deuxième opus de Pawz One soit la solution. La nouvelle figure du rap underground venu tout droit de la cité des anges, poursuit son petit bonhomme de chemin, et ce n’est pas pour nous déplaire. Vous zappez l’introduction pour passer dans le vif du sujet et la vous êtes sublimé d’entrée avec « Front to Black », cette instru qui sans tarder vous fera bouger la tête, toute cette fraîcheur qui s’en dégage, de quoi oublier tous vos soucis le temps d’une chanson. Vous vous imaginez déjà dans votre transat sirotant un Malibu Coco, devant un défilé de belles jeunes femmes en bikini qui courent cheveux aux vents sur la plage. Eh bien non, il vous reste trois quarts d’heure de route et votre dulcinée ronfle à côté de vous. Ce que vous ne réalisez pas encore, c’est que vous être en train d’écouter l’une des meilleures sorties hip hop de ce début d’année. Pick Your Poison réserve son lot de bonnes surprises, de quoi satisfaire un public assez large mais avec un certain degré d’exigence tout de même. L’enchaînement « Keep It Low »/ »Built To Destroy »/ »Frequent Fliers » ravira les amoureux de la face la plus obscure du hip hop new yorkais des années 90, on ne s’étonne pas que Gang Starr y soit samplé. Mais ce qui fait le charme réel de cet album, c’est cette légèreté qui s’en dégage, cette facilité à passer d’une ambiance à une autre. Pawz One a un sacré bon flow, les quelques featurings (Talib Kweli, El Da Sensei, Masta Ace…) apportent leur pierre à l’édifice, juste ce qu’il faut pour varier les plaisirs. Joie et mélancolie se côtoient avec brio sur ce disque qui mériterait bien plus d’exposition, tellement il est réussi. On promet d’ores et déjà un bel avenir à Pawz One, vu le très haut niveau que nous propose Pick Your Poison. JR Pick Your Poison by PAWZ...

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Un album live pour La Colonie De Vacances et Greg Saunier

Publié par le 28 juillet 2017 dans News | 0 commentaire

Un album live pour La Colonie De Vacances et Greg Saunier

  Quoi de plus normal pour ce concept live détonnant que de sortir un disque qui retranscrit cette expérience hors norme ? La Colonie De Vacances c’est un live quadriphonique regroupant les groupes Papier Tigre, Electric Electric, Pneu et Marvin. Les 4 ensemble, dans une joyeuse colo, qui fait du bruit en harmonie. Un concept des plus ambitieux au résultat épatant. Il y a de ça deux bonnes années, le Confort Moderne invitait Grégory Saunier (Deerhoof) à composer pour La Colonie De Vacances une pièce originale qu’ils allaient appeler « Les 26 sauces de Maître Saucier ». Le 4 juin 2015, la joyeuse troupe jouait cette pièce en ouverture du festival Less Playboy is More Cowboy​. L’enregistrement de ce concert sortira le 1er septembre chez Murailles Music. L’artwork a été dévoilé :       Et pour les plus impatients, l’album vinyle est en précommande ici....

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Interview – The Coathangers

Publié par le 27 juillet 2017 dans Interviews, Non classé, Toutes les interviews | 0 commentaire

Interview – The Coathangers

The Coathangers, trio féminin garage-punk, vient de sortir Parasite, nouvel EP des plus chaotiques chez Suicide Squeeze Records – un pur label de Seattle, sans compromis, sur lequel on trouve aussi Audacity. Pour défendre cette nouvelle sortie, elles étaient de retour en France pour quelques dates dont une à TINALS où nous étions. L’occasion de constater qu’elles sont toujours aussi douées pour la scène et de vérifier si elles ont toujours des choses à dire après plus de 10 ans de carrière. L’interview se déroule pendant le ravitaillement nourriture et alcool du groupe, qui a donc souhaité rester en backstage… ce qui ne fut pas du goût de tout le monde. Interview express. // ENGLISH VERSION BELOW “On n’a pas à craindre la réaction des gens, ça ne plaira pas à tout le monde de toute façon donc on n’en a rien à foutre, on fait ce qu’on a à faire »   Première question, parce que je suis curieuse à ce propos, j’ai lu que votre groupe s’est formé comme une blague. Comment ça a fini par se produire ?  Julia Kugel (guitare/chant) : Bon ce n’était pas vraiment une blague non plus, mais ce n’était pas très sérieux… On avait l’habitude de prendre des cuites ensemble. Meredith Franco (basse/chant) : et simplement de trainer ensemble. Julia : on allait aux Margarita mondays (tradition consistant à s’enfiler des litres de margaritas pour oublier qu’on est le lundi, pire jour de la semaine, ndr), et on rentrait chez moi, Stephanie avait une batterie, et on a commencé à jouer de la musique. On s’amusait, on se soulait la gueule, et on s’est retrouvé à jouer des concerts. La première fois qu’on a joué les gens nous disaient « vous devriez faire d’autres concerts » et on leur disait « non, non, non merci !« . Meredith : oui, on répétait chez Julia. Julia : et puis Mark (de Suicide Squeeze Records) nous a fait « vous voulez sortir un disque ?« , puis quelqu’un d’autre « vous voulez sortir un autre disque ? » et je me suis dit… Et merde déjà le deuxième album !   Ça s’est fait tout à fait naturellement, tout s’est passé comme sur des roulettes. Meredith : oui et on n’aurait jamais pensé que ça puisse durer. Stephanie Luke (batterie/chant) : « on n’y arrivera jamais ! » (rires)   C’est peut-être ça la clé. Stephanie : oui parfois, peut-être. Ne pas se prendre trop au sérieux.   Et qui écrit les paroles ? Vous faites ça ensemble ? Julia : ça dépend des chansons, de l’humeur et du moment… Quelqu’un a une idée et on se met à travailler dessus ensemble.   Un travail d’équipe, donc. A propos de vos paroles justement elles sont très directes, vont à l’essentiel. Dans l’industrie du disque évidemment il y a d’autres groupes de filles mais pas tant que ça et ça fait du bien d’avoir des filles badass qui y vont franchement. Vous pensez que vous pouvez être une source d’inspiration pour des gamines ? Julia : oui bien sûr, filles et garçons j’espère. Parce qu’on a été inspirées par des musiciens, la musique n’a pas de genre. Pour des jeunes, vieux, hommes ou femmes parce qu’on est juste honnêtes et sincères. Parfois on fait de la merde, parfois on fait des choses bien, ça devrait être une...

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Public Enemy – Nothing Is Quick In The Desert

Publié par le 27 juillet 2017 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Public Enemy – Nothing Is Quick In The Desert

Pour fêter l’anniversaire d’un groupe ou d’un disque, certains se contentent de nous balancer des rééditions à n’en plus finir, avec son lot de remixes, inédits, souvent plus que dispensables et vendues qui plus est à prix d’or, histoire de marquer l’événement et surtout de renflouer les caisses sans trop se prendre la tête. Public Enemy ne mange pas de ce pain-là et on ne peut que les saluer pour ça. Pour fêter ses 30 ans de carrière, le groupe nous a pondu un nouvel album intitulé Nothing Is Quick In The Desert et cerise sur le gâteau, ce disque était offert en téléchargement gratuit sur leur Bandcamp avant sa sortie officielle*. Chuck D et sa bande n’ont pas vu le temps passer, une quinzaine d’albums à leur actif, une tripotée de tournées dans le monde entier, et toujours ce discours hautement politisé et engagé qui ne s’est pas non plus atténué avec le temps. Véritable machine de guerre inusable, constituée de vétérans qui n’ont jamais lâché leurs armes ; platines et microphones en main, P.E. continue sa belle aventure dans le rap. Le timbre de voix de Chuck D est moins tonique, son flow est rocailleux comme encombré d’un gros rhume, les apparitions de Flav se font rares… Mais ça s’écoute comme on déguste un bon vin qui a patiemment vieilli dans la cave et qu’on sort pour la grande occasion. Nothing Is Quick In The Desert comporte son lot de fraîcheur, grâce notamment à des instrus taillées sur mesure pour les deux MC’s. Les grattes sont partie prenante de ce disque, à coup de riffs rageurs sur « Yesterday Man » ou de solos démentiels comme à la fin de la très réussie « sPEak! » et sur « Rest In Beats ». L’influence rock a toujours eu sa place dans la discographie de Public Enemy. À l’aise dans tout les domaines Dj Lord nous propose une bonne touche d’électro sur « Sells Like Teens Hear It » et son côté très Kool Keith, puis sur la sombre et envoûtante « Terrorwrist ». Deux interludes pas vraiment nécessaires viennent toutefois gâcher toutes ses ondes positives (« Exit Your Mind » et l’inaudible « If You Can’t Join Em Beat Em »). Niveau déception ça se passe exclusivement à mi parcours de l’album avec « Beat Them All » et « Smash The Crowd » qui manquent clairement d’inspiration. Dans un style plus classique  » So Be It »  fait son petit effet tout comme le morceau-titre qui ouvre l’album. On notera le bel hommage rendu en guise de conclusion aux représentants du Hip Hop partis trop tôt (« Rest In Beats (Part 1&2) »). Public Enemy n’en a pas fini de gouverner la planète Rap, trois décennies à prêcher la bonne parole, celle qui ferait froncer les sourcils d’un certain Donald s’il venait à l’entendre. Le look est moins excentrique qu’au début, les membres de P.E. se sont biens assagis, mais ils ont su garder cette ligne de conduite, cette rage et cette volonté de militer sans relâche contre le pouvoir, les inégalités, le racisme et j’en passe. Cette maturité et cette longévité leur donnent encore plus de crédit aujourd’hui. Alors oui on peut encore sortir des bons disques de Rap après 30 ans de carrière, ce sont probablement  les premiers à le faire, espérons que d’autres suivront l’exemple.  Merci pour tout Public Enemy et keep Fighting The Power! JR *mais c’était jusqu’au...

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Nine Inch Nails – Add Violence EP

Publié par le 25 juillet 2017 dans Chroniques, Notre Sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Nine Inch Nails – Add Violence EP

Alors qu’il avait mis en sommeil pendant quelques temps l’entité Nine Inch Nails, préférant s’adonner aux plaisirs moins exposés de la bande originale avec son ami Atticus Ross (ou même avec Mogwai sur le documentaire de Di Caprio, Avant le déluge), Trent Reznor a depuis la fin de l’année dernière décidé de donner une suite à la carrière de son groupe mythique. Une nouvelle enthousiasmante pour un résultat bien mitigé. L’EP Not The Actual Events renouait avec des chansons certes plus torturées que sur Hesitation Marks mais oubliait de nous inviter dans son univers. Il n’y avait rien de foncièrement mauvais là-dedans, mais trop peu qui nous incitait à la réécoute, le tout demeurant très impénétrable. Add Violence étant annoncé comme la deuxième partie d’une trilogie (bouclée en principe à la fin de l’année) on était en droit de nourrir des inquiétudes légitimes. Atticus Ross est toujours de la partie et on peut aisément l’imaginer en partie responsable de ces chansons qui oublient d’en être, lui le tisseur d’ambiances, dont la musique est davantage faite pour accompagner des images. Le premier morceau de cet EP balaie d’entrée de jeu cet état de fait. « Less Than » ressemble à du pur NIN : synthé tapageur, guitares en arrière-plan avant de reprendre leurs droits sur un refrain destiné à être scandé (un peu trop peut-être). Indéniablement efficace, ce single pêche toutefois par son manque d’audace tant il sonne comme du « vieux NIN ». Mais du vieux NIN plutôt bien foutu est toujours mieux à prendre que du faux NIN. « The Lovers », lente complainte de Trent sur fond de bidouillages synthétiques, fait retomber notre niveau d’excitation. Rien d’infamant mais il ne s’y passe pas grand chose. La vraie perle de cet EP, et sans doute le meilleur morceau depuis quelques temps, se nomme « This Isn’t The Place ». Un décor qui se plante lentement mais sûrement, un univers captivant et la voix de Reznor, délicate et touchante. De la belle ouvrage, vraiment. Un morceau qui porte bien son nom puisqu’il aurait très bien pu figurer sur The Fragile par exemple, où il n’aurait pas dépareillé et aurait été bien mieux accompagné. A côté de ça, « Not Anymore » renoue avec un univers indus mais ressemble à du « vite écrit, vite plié », quand « The Background World » parait tout aussi paresseux et dérive sur un final bruitiste de près de 7 minutes parfaitement inutile. Moins avare en mélodie que le trop rustre Not The Actual Events, Add Violence ajoute surtout un peu d’intérêt à ce Nine Inch Nails qui se cherche encore mais qu’on finira peut-être par retrouver totalement sur le troisième EP....

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Jason Loewenstein – Spooky Action

Publié par le 24 juillet 2017 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Jason Loewenstein – Spooky Action

Dans la famille Sebadoh, je demande le petit frère, celui qui est arrivé après, qui a appris avec les deux grands et qui mine de rien a fini par apporter sa touche et composer certains des meilleurs morceaux du groupe (on citera au moins « Careful »). Visiblement enthousiasmé par les retours sur sa contribution au dernier album du groupe, Jason Loewenstein s’est remotivé à composer pour lui-même et nous offre donc un nouveau disque solo. Quatre ans plus tard, certes, mais on peut quasiment être certain que celui qui a les mêmes initiales que notre rédac chef a tout peaufiné ou presque de ses petites mains, délicatement, comme un humble artisan, pour nous offrir ces 12 titres + 1 intro. À l’instar de son partenaire, la musique de J-Loe est très personnelle, et on reconnait sa patte dès les premières notes de « The One ». Et de fait, les chansons de Spooky Action sont dans la parfaite lignée de ce qu’il fait avec Sebadoh : le pendant plus punk et écorché du groupe, des petits brûlots pliés en 3 minutes, jamais dénués de mélodies subtiles ni de maitrise de la guitare. Le problème qui en découle, c’est qu’on pourra facilement en déduire que Loewenstein ne prend aucun risque, reste dans sa zone de confort et se contente de reproduire 12 fois la même formule. Pour ma part, mais c’est peut-être le fan qui parle, proposer un disque entier de titres aussi cool que ceux qui agrémentaient Defend Yourself, c’est déjà énorme. Et il faudrait vraiment jouer les fines bouches pour snober un plaisir pareil. Pire, une grande force que partagent les deux compères de Sebadoh, c’est que leurs chansons marchent encore mieux à rebours. Vous écoutez le dernier Sebadoh, vous laissez reposer et, un peu plus tard, vous vous rendez compte que vous avez encore pas mal de morceaux dans la tête. Quelque mois après, vous vous rendez compte que c’est un des meilleurs albums de l’année. Quelques années après, vous êtes forcé d’admettre que le groupe a encore lâché un classique qui vous suit au fil du temps. Aujourd’hui, Spooky Action n’est qu’un album très sympa que je prends un grand plaisir à écouter. Depuis quelques temps, je me rends compte que « Machinery », « Superstitious » ou « Hey Hey » me trottent inlassablement dans le crâne. D’ici décembre, il est fort possible qu’il se retrouve dans mon top 3 !...

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