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The Beths – Jump Rope Gazers

Publié par le 3 juillet 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

The Beths – Jump Rope Gazers

(Carpark, 10 juillet 2020) Chercher à découvrir de nouveaux groupes, c’est un peu comme rechercher une relation par internet. On peut aller sur des sites de rencontre énormes qui vont vous proposer régulièrement des artistes par petits bouts de morceaux noyés dans des playlists généralistes, ou par suggestions calquées sur l’algorithme de vos goûts. Ou alors, on peut se laisser guider par un entremetteur qui va vous présenter des groupes qui lui semblent susceptibles de vous plaire selon ce qu’il connait de vous. Réticent à spotify, deezer et compagnie, je suis plutôt dépendant des entremetteurs, dont le plus actif est sans nul doute le rédacteur en chef de ce webzine. Le problème, c’est que l’âge avançant, je deviens de plus en plus têtu, et les choux blancs qu’il a parfois pu faire me rendent plus hésitant à aller écouter les liens dans les mails qu’il m’envoie, à moins que la description proposée fasse totalement mouche. Ce fut le cas avec The Beths. Déjà, un groupe dont le nom évoque le plus beau morceau craignos de Kiss* ne peut qu’attirer mon attention favorablement. Mais aussi, il semble qu’en vieillissant, les critères de mes goûts se sont drastiquement simplifiés : quand on me propose du rock indé teinté d’une esthétique années 90 avec des arrangements vocaux à plusieurs voix, des paroles « introspectives et ironiques » (dixit le communiqué de presse) et des mélodies bien troussées, j’écoute. Si on ajoute à ça une voix féminine, je craque. Et si en plus, les chansons sont accrocheuses, je suis conquis. La technique d’accroche, parfois un peu insistante, a également son rôle à jouer. Là, on a essayé de m’appâter en me précisant que le groupe a déjà ouvert les hostilités pour les Breeders, Pixies, ou encore Weezer. Et pour le coup, j’avoue que ce genre de promotion assez lourde, où on essaie d’impressionner pour se montrer sous un jour plus séduisant, me laisse assez circonspect. Si tu es intéressant, peu importe ton CV, je t’écouterai pour toi-même et pas pour les groupes que j’aime que tu as déjà côtoyés. Reste donc maintenant l’épreuve de la rencontre. L’autre sera-t-il aussi charmant que son image le laisse paraitre ? Sera-t-il à la hauteur de ses promesses ? N’aura-t-il pas des défauts rédhibitoires imprévisibles qui vous feront ranger le disque aussi vite que vous l’avez sorti ? Heureusement, The Beths se révèlent aussi agréables que leur profil le laissait entendre. Accroche immédiate avec le punky « I’m Not Getting Excited », à croire qu’ils savent exactement comment m’aborder. Et s’ils se calment assez vite, ils restent dans un registre de power pop sautillante tout aussi plaisant (« Acrid », « Don’t Go Away »), basculant parfois dans la pop onirique (« Out Of Sight ») ou la jolie ballade (« You Are A Beam Of Light »). Les arguments principaux de ces charmantes personnes, ce sont évidemment la voix maitrisée d’Elizabeth Stokes appuyée par celles de ses trois comparses, et la guitare qui sait quand se faire discrète et quand renforcer la dynamique de la chanson, avec des solos qui peuvent parfois évoquer de très bonnes choses. Autant de bons côtés qui font qu’il y aura immanquablement de nouveaux rendez-vous. Comme pour un site de rencontre, on ne cherche pas toujours le grand amour, et on...

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Cloud Nothings sort un album surprise sur Bandcamp !

Publié par le 3 juillet 2020 dans News | 0 commentaire

Cloud Nothings sort un album surprise sur Bandcamp !

En ce nouveau Bandcamp day (100% des recettes du jour sont reversées aux artistes), Cloud Nothings… sort un nouvel album ! Enregistré durant la quarantaine, The Black Hole Understands comprend 10 titres et s’achète sur la plateforme (où vous pourrez écouter deux titres). Dylan Baldi, guitariste-chanteur du groupe, a indiqué avoir enregistré les instruments et le chants, précisant que des cordes sont présentes et que Jayson Gerycz a assuré les parties de batterie. Pour un disque “poppy et un peu triste“. Baldi annonce en outre que le groupe a lancé un service de souscription (à partir de 5$/mois) qui permet de recevoir un nouvel EP en digital chaque mois, de bénéficier de réductions sur le merch et, pour les “super subscribers” (comprendre probablement les plus généreux) deux vinyles par an. Une partie des recettes seront reversées à Play On Philly et Rainer Institute, deux organisations favorisant l’accès à l’éducation musicales pour les populations défavorisées de Philadelphie et Cleveland. Une initiative bien plus louable que tous ces artistes qui s’associent à Amazon pour des exclus… Le leader du groupe a enfin annoncé sur Twitter qu’un nouvel album avait également été enregistré en groupe, sans préciser de date de sortie prochaine. The Black Hole Understands by Cloud Nothings Tous nos articles sur Cloud Nothings (chroniques,...

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DISCO EXPRESS #1 : Sonic Youth

Publié par le 1 juillet 2020 dans Chroniques, Disco express, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

DISCO EXPRESS #1 : Sonic Youth

À l’opposé de notre rubrique sobrement intitulée « discographies » qui se veut objective, exhaustive et documentée, nous avons choisi ici de vous résumer chaque mois des discographies avec concision, après une seule réécoute (quand ce n’est pas la première !) de chacun des disques. Des avis tranchés, des écrits spontanés, plus ou moins argumentés avec une bonne dose de mauvaise foi et d’amateurisme. Cause hey, this is just music! Sonic Youth (1982) : je suis toujours surpris de me rappeler que les débuts du groupe sonnaient très post punk. Les lignes de basse de « The Good and The Bad », « Burning Spear » et « I Dreamed I Dream » (peut-être le meilleur morceau), on pourrait prendre ça pour du PIL ou du early Cure. À part ça, ça ne déborde pas de mélodies (doux euphémisme) et le chant est peu présent. Il y a un côté cauchemar hitchcockien sur « I Don’t Want To Push It » avec des grattes hyper intenses et anxiogènes qui passeraient volontiers pour des violons. Ça triture, ça divague, ça fait mumuse avec les tournevis, ça se paluche sur Glenn Branca et Andy Warhol… Intéressant, c’est le mot. Pas non plus captivant. L’album ne comporte que 5 morceaux mais j’ai écouté la version rallongée avec les lives et on ne va pas se mentir, j’ai eu un peu de mal à réfréner les bâillements. Confusion Is Sex (plus Kill Yr Idols EP) (1983) : « (She’s In A) Bad Mood » est d’emblée plus percutante, les guitares s’affirment davantage. « Protect Me You » est assez hypnotique avec une Kim qui chuchote. Ils arrivent aussi à faire plus crade que des enregistrements pirates de « I Wanna Be Your Dog » et Iggy passe pour Elvis à côté des vociférations de Kim. La basse de « Inhuman » matraque, le chant est sous-mixé comme pas possible. Ce n’est pas toujours une partie de plaisir (morceau-titre assez éprouvant). J’ai relevé la tête et l’ai agitée compulsivement sur « Brother James » (on est donc passé à l’EP Kill Yr Idols) mais il est probable que ce soit parce que j’ai poncé 1991, The year punk broke. En résumé, moi : « Je peux entrer ? » Le groupe : « non, mon petit, il va falloir encore patienter ». Bad Moon Rising (1985) : pas (encore) de révolution. Longs errements de Thurston pendant que les guitares tricotent autour de lui (« Society Is A Hole »), c’est toujours très expérimental et couvert de bruit, de la musique quasi hallucinogène sur « I Love Her All The Time ». Cela reste très arty mais on entrevoit des éclaircies mélodiques (« I’m Insane » bien qu’un brin sinistre avant de se perdre dans les larsens finaux, « Flower »). Et puis, il y a la géniale « Death Valley 69 » avec une Lydia Lunch remontée à bloc (et son pont qui va crescendo « Hit it, hit it, hit it, HIT IT! HIT IT! » ). Grand morceau ! « Satan Is Boring », so is Sonic Youth (a bit) but not for long! EVOL (1986) : c’est déjà beaucoup plus ma came. Les mélodies s’invitent, la formule s’affine et l’aspect bruitiste n’est pas délaissé pour autant. « Tom Violence », « Starpower », « Expressway...

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Jehnny Beth – To Love Is To Live

Publié par le 29 juin 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Jehnny Beth – To Love Is To Live

(12 juin 2020, Caroline) Il y a de cela quelques semaines, un de mes contacts sur les réseaux sociaux a fait un sondage pour savoir quel groupe ou artiste représentait le mieux le rock en 2020 ? Le nom qui est revenu le plus – peut-être celui auquel vous pensez en ce moment-même – fut Idles. D’autres groupes furent mentionnés, notamment The Murder Capital, Fontaines D.C. et Fat White Family. Pas étonnant que ces derniers se soient pris le chou avec le groupe de John Talbot : le rock est britannique, il s’abreuve à la source du post punk et a la gouaille de Mark E. Smith, et il est normal que dans la grande tradition anglaise, on se dispute un peu pour savoir qui est le meilleur. Qui, cependant, saura rappeler à ces coqs de concours, que le grand retour du rock nerveux et tendu fut initié par un groupe composé uniquement de femmes et mené (ô, l’affront !) par une Française. Véritable disque-manifeste, Silence Yourself, apporta un sentiment d’urgence salvateur dans une scène rock qui ronronnait un peu trop et il ne vola pas son 8.7 sur Pitchfork. Pourquoi n’a-t-on pas plus célébré le groupe de Jehnny Beth (Camille Berthomier à la ville) au moment de changer de décennie ? Peut-être est-ce juste parce que le groupe, actuellement en hiatus, n’a pas donné de nouvelles discographiques depuis 2016 ? Toujours est-il que Jehnny Beth, elle, ne s’est pas faite oublier entre temps, ayant présenté sur Arte, Echoes, l’émission rock la plus exigeante proposée depuis un bail à la télévision, la chanteuse faisant dans ce contexte une plus que convaincante Jools Holland. Dans la première émission, diffusée en septembre 2019, on la voyait aux côtés de Primal Scream et… Idles ! Beth ne s’est pourtant pas contentée de passer les dernières années à jouer les faire-valoir auprès d’artistes légendaires ou dans le vent. Elle a aussi collaboré avec eux. Le casting de ce premier album solo, To Love Is To Live, est quand même particulièrement impressionnant : Flood et Atticus Ross viennent rejoindre le compagnon de toujours Johnny Hostile, Talbot vient pousser la gueulante sur un morceau, Igor Cavalera fait un étonnant featuring (j’y reviendrai) et même l’acteur Cilian Murphy vient lire un texte. Un tel pédigrée peut néanmoins faire un peu peur. Va-t-on écouter un patchwork ou un véritable album personnel et bien construit ? To Love Is To Live n’est pas totalement dénué de défauts mais autant le dire tout de suite : ses réussites excèdent largement ses quelques errements.Tout d’abord, si le disque se place clairement dans le sillage esthétique de quelques grandes figures (Nine Inch Nails, bien sûr, mais aussi Angelo Badalementi pour une ambiance lynchienne garantie), il n’en reste pas moins que ce qui le domine, c’est la voix tour à tour autoritaire et fragile de Jehnny Beth. Cette voix donne son unité à l’album et à presque aucun moment on ne sent le défilé de stars. En fait, on a même parfois du mal à repérer leur présence, notamment celle d’Igor Cavalera sur une ballade au piano où le pourtant batteur de Sepultura se contente d’effleurer les balais en guise d’intro (en fait, si ce n’était pas inscrit dans le livret, je ne le verrais pas). Après une introduction sur laquelle la...

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Red Medicine de Fugazi a 25 ans. Chronique

Publié par le 26 juin 2020 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Red Medicine de Fugazi a 25 ans. Chronique

(Dischord, 12 juin 1995) Après une féroce intro noisy chargée de faire fuir les moins vaillants, on nous ressert un groove démoniaque. Fugazi’s back. « Do You Like Me » fait mine de s’interroger ce fripon de Picciotto qui connaît parfaitement la réponse, à moins qu’il ne souffre d’un complexe d’infériorité face à son pote au bonnet. WE DO LOVE YOU. ALL OF YOU. Amoureux transis même lorsque survient dans la foulée la fabuleuse « Bed For The Scraping ». Sa basse terrible, ses guitares hystériques (le retour de la boucle qui rend dingo) et Ian en mode pétage de plombs. On pourrait alors croire assister à l’acte 4 de la leçon mais ce début d’album n’est qu’un leurre et le public punk du groupe, probablement déjà un peu paumé par les trois premiers disques, ne va pas tarder à être semé pour de bon. Le quatuor ne se contente pas ici de réciter sa formule maîtrisée sur le bout des doigts, sur laquelle tout le monde se touche depuis maintenant cinq ans et cet incroyable Repeater. Parfaitement conscient d’être au-dessus de tout, le groupe se dit qu’il a désormais suffisamment de bouteille (pas n’importe quelles bouteilles, Ian veille au grain !), non seulement pour remettre la main sur la table de mixage en se passant de producteur (comme pour Steady Diet Of Nothing, le deuxième acte), mais aussi pour se permettre quelques excentricités. Fugazi invite ainsi une clarinette sur l’invraisemblable “Version”, portée par la basse de ce motherdubber de Lally. Parce que pourquoi pas. Qui se souvient alors que MacKaye est le type qui clouait tout le monde au mur en 1’30 quelques années plus tôt ? Dans un autre délire, sur « Birthday pony » on fait mumuse en intro avec des chaises qui crissent, des coups de cymbale hors de propos, trois notes de piano et des cris de demeurés, avant que Ian n’entonne son « This is a birthday pony » d’un air un rien débilos. C’est aussi foutraque qu’irrésistible. Sur l’instrumentale « Combination Lock », la section rythmique démentielle nous fait de nouveau frétiller les guiboles. Et Joe Lally a ensuite droit à son heure de gloire, s’emparant du micro sur « By You », tandis que les guitares dissonantes fusent d’une oreille à l’autre (au casque, c’est la guerre). Le tout s’achève dans un joyeux combat de larsens livré par les artilleurs en chef MacKaye-Picciotto. Mais Red Medicine, c’est aussi la très touchante et presque maladive « Forensic Scene » introduite par une basse rampante, suivie du chant sur le fil de Picciotto. Sommet d’EMOtion. Le gars Guy qu’on retrouve également à son meilleur sur « Long Distance Runner », non sans un petit coucou au préalable à la fanbase punk, déboussolée par tant de variété, mais pas tout à fait oubliée (les deux missiles « Back To Base » et « Downed City »). La radicalité est donc toujours de mise, elle est de toute façon inhérente à ce groupe. Mais il y a tellement plus, depuis toujours, et peut-être plus que jamais ici. Des idées qui s’entrechoquent en permanence, de la beauté derrière tout ce vacarme. Il suffit simplement de fouiller un peu. Et de laisser le temps faire son œuvre. 25 ans après, Red Medicine a eu tout le loisir d’infiltrer tous...

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CAFE BIZARRE – Don’t Swim Tonight My Love EP

Publié par le 24 juin 2020 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

CAFE BIZARRE – Don’t Swim Tonight My Love EP

(22 juin 2020) Bon, on ne va pas se mentir. Le revival nineties, c’est le seul contre lequel on ne se lève pas, ou alors très mollement. La nostalgie passéiste, le « c’était mieux avant », en général, ça a le don de m’énerver. Chaque époque réserve forcément son lot de belles découvertes musicales, pour peu que l’on ait conservé l’esprit ouvert et la curiosité insatiable du (jeune qu’on est de moins en moins, aïe) fan de musique. Alors forcément à l’écoute de cet EP de CAFE BIZARRE, indie groupe parisien, on va s’interroger sur un début de syndrome Marty McFly. Faille spatio-temporelle vers nos nineties chéries, qui ont forgé une grande partie de notre identité musicale ? Impression de « déjà vu » sonore ? Ce Don’t Swim Tonight My Love ne fait pas de mystères sur son ascendance, c’est un fait. La patte mélodique, les compositions immédiates à la coolitude soignée, et même ce chant emprunté mais touchant, tout nous ramène au Pavement brûlant sous le soleil radieux de Californie. Slacker Lo-Fi Rock. C’est donc avec un petit sourire aux lèvres que l’on va traverser, comme dans un rêve, les 7 titres de cet EP. Dès « I See A Green Light » (titre approuvé par la jeunesse sonique), c’est pourtant plutôt des lutins de Boston qui sont invoqués. C’est mélodique, c’est catchy, c’est électrique, welcome back to the golden 80’-90’s ! C’est au gré des vagues et de belles guitares que s’ouvre la pièce centrale de cet EP, qui lui donne son titre. Mélodico-mélancolique, ces plus de 6 minutes touchantes ressuscitent un rock imparable que n’aurait pas renié la bande à Malkmus. Alors, on a beau être (ex-)fan des nineties, petit indie boy, ces pop-songs catchy (« On My Side », « Beautiful Losers »), on n’y résiste pas. Comme ce riff d’entrée de « Losing My Time », titre qu’on jurerait échappé des sessions de Wowee Zowee, à l’outro qu’on aurait aimé encore plus aventureuse. Jamais trop énervée, la musique de CAFE BIZARRE se la coule douce, tranquille en terrasse, une petite bière à la main, sans forcer (« Because of you »). On n’aurait pas craché sur un peu plus d’électricité revêche ou de de dissonance à la manière de ce début de « Soft Power », un poil court pour renouer avec notre amour de la jeunesse sonique. Ou un peu de plus de folie dans les arrangements. Loin d’être un simple pastiche sonore lazy des 90’s, cet EP de CAFE BIZARRE, à la patte mélodique addictive et soignée, sera parfait pour un summer post-Covid. Solaire et cool, en terrasse. Et c’est déjà beaucoup !...

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Hum : nouvel album 22 ans après !

Publié par le 23 juin 2020 dans News | 0 commentaire

Hum : nouvel album 22 ans après !

On l’évoquait lors de notre chronique anniversaire du fantastique You’d Prefer An Astronaut, le nouvel album de Hum, annoncé à plusieurs reprises depuis leur reformation en 2015 tardait à se concrétiser, au point qu’on n’osait plus vraiment y croire. Et bien, à la surprise générale, le groupe de Champaign (Illinois) vient de sortir son cinquième album, Inlet, en digital (pochette ci-dessus). Ça s’écoute (et s’achète) ci-dessous via leur bandcamp. La sortie physique (en précommande ici) est, elle, prévue pour le 31 août chez Polyvinyl. Tous nos articles sur...

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Coriky – Coriky

Publié par le 23 juin 2020 dans Chroniques, Notre sélection, Toutes les chroniques | 0 commentaire

Coriky – Coriky

(Dischord, 12 juin 2020) Où sont-ils allés chercher ça ? Est-ce un défi envers eux-mêmes ? Un bâton sciemment mis dans leurs propres roues pour voir s’ils sont capables de réussir avec un nom aussi peu engageant ? On imagine mal quelqu’un succomber à l’achat compulsif, à l’aveugle, appâté par ce groupe répondant au nom de Coriky et cette pochette bien fadasse… En revanche, si un sticker y est apposé avec les mentions “with Ian MacKaye (Minor Threat, Fugazi, The Evens), Amy Farina (The Evens) & Joe Lally (Fugazi, The Messthetics…)“, il y a fort à parier que ça fasse son petit effet. Donnez leur le nom que vous voulez, on sera toujours curieux de voir de quoi il en retourne. Si vous êtes aussi bons que nous en maths, vous noterez qu’on a donc la formation de The Evens au complet contre la moitié du légendaire groupe post hardcore. Et si vous avez les oreilles aussi affûtées que les nôtres, vous constaterez que ça s’entend quelque peu. Forcément, ôtez le bondissant Guy Picciotto d’un groupe et vous perdrez du mordant. Associé à sa concubine, MacKaye se fait plus adouci. Et cette dernière, Amy Farina pour ceux qui sont totalement largués, n’a pas la force de frappe de l’imposant Brendan Canty (batteur de Fugazi pour ceux qui, décidément, sont fâchés avec l’histoire). Cocorikyky doit donc plus à The Evens qu’à Fugazi et les coups de sangs sont bien plus rares que chez ces derniers. Une fois qu’on s’y est fait et qu’on cesse de partir en quête du break assassin, du riff meurtrier ou du coup de gueule impitoyable, on se contente de ce qu’on a, soit un recueil d’excellentes chansons davantage baignées dans la sérénité que dans la furie maitrisée, auxquelles il faut laisser un peu de temps pour grandir. Ce qu’elles feront généreusement. De temps, “Clean Kill” n’a nul besoin puisqu’au bout de deux ou trois écoutes, ce refrain formidablement enthousiasmant ne cesse de vous coller aux basques. Pour le reste, il faut y aller tranquille et savourer l’osmose d’un trio formé il y a quatre ans, arrivé lentement et incontestablement à maturité. Se réjouir aussi de la présence de ce bassiste merveilleux qu’est Joe Lally qui fait dans la finesse et nous invite à reboire la tasse sans modération (“Have A Cup Of Tea”). Et puis, pour éviter que ce disque se range sagement dans la case « sympathique et distrayant », Kirikou n’oublie pas de placer quelques sprints. Ainsi, MacKaye, bien qu’apaisé, se laisse encore aller à triturer sa gratte frénétiquement entre deux chœurs avec ses comparses (“Say Yes”) et se tient toujours prêt à déclencher des incendies à partir de timides braises (“Inauguration Day” et “Shedileebop” dont le ton monte sans qu’on n’y voit rien venir). Amy Farina ne se fait pas prier pour prendre le lead à plusieurs reprises, notamment sur l’excellent “Too Many Husbands”, bien plus tendu que la moyenne, que sa voix grave dirige de main de maitre. Une fois confortablement installé dans le disque, on se laissera bercer avec délice par ce “Last Thing” (“… we ever wanted was a war” poursuit l’homme au bonnet rouge qu’on aura du mal à contredire), à la ligne de basse onctueuse hésitant entre blues et jazz et une ritournelle déroulée le plus simplement...

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The White Stripes – De Stijl

Publié par le 22 juin 2020 dans Chroniques, Incontournables, Notre sélection, Toutes les chroniques | 1 commentaire

The White Stripes – De Stijl

(Sympathy For The Record Industry, 19 juin 2000) Le 6 mars 2002, à la Laiterie à Strasbourg, j’assistais au concert d’un groupe US émergent qui avait remis l’électricité sur le devant de la scène. Pour la modique somme de 13,50 € de l’époque (#jerangemessouvenirspendantleconfinement). Les White Stripes (et non Sripes comme sur mon billet collector !) présentaient leur troisième album White Blood Cells, le premier à avoir traversé l’Atlantique. Dans la salle strasbourgeoise pleine comme un œuf, j’ai rapidement eu la certitude ce soir-là que ce Jack White à la guitare, il n’allait pas rester bien longtemps sur le circuit des petites salles. Album suivant, Elephant, « Seven Nation Army », po popopo po po po, le tube interplanétaire par accident etc… on connait la suite. Après ce concert, je suis tombé sur ce De Stijl, initialement sorti il y a 20 ans (et réédité en Europe en même temps que White Blood Cells en 2001). Et j’avoue avoir conservé un petit faible pour cet album dans leur discographie, encore plus que les suivants, largement acclamés. Avant d’exploiter souvent ses obsessions 70’s (coucou Led Zep) et d’avoir les moyens de ses ambitions, Jack White avait réussi sur ce disque le tour de force d’un garage rock minimaliste, à mi-chemin entre proto-punk de Détroit et Blues du Delta. L’album est d’ailleurs dédié à Blind Willie McTell, guitariste blues du début du 20e siècle (on trouve une cover de son titre « Your Southern Can Is Mine » en piste finale). Ainsi qu’au mouvement artistique hollandais De Stijl, qui servait magnifiquement de support à l’obsession chromatique (rouge, blanc, noir) de Jack et Meg (sa prétendue sœur, qui en fait était sa femme, #comdouteuse à l’époque). Jack White débutait sa légende de recycleur en chef de la musique US par le versant Blues canal historique. Harmonica, piano, violon, bottleneck, slide guitar, production roots (par Jack himself), les codes étaient là et seuls le tempo et la guitare semblaient être branchés sur les années 2000. En duo, avec la batterie préhistorique de Meg, Jack White épate et se dévoile déjà en futur songwriter. Si l’on trouve encore du blues-punk roots à 2 dollars (« Let’s Build A Home », « Jumble, Jumble »), Jack signe aussi une bonne poignée de folk songs old school intemporelles. « Apple Blossom », guitare en bois qui grince, piano de saloon, solo sur une corde, rudimentaire certes mais le charme opère toujours. « I’m Bound To Pack It Up » la joue même catchy avec sa rythmique slidée et son petit violon enjoué. L’économie de moyens et l’austérité des arrangements n’altèrent pas la qualité des titres. Comme ce « Truth Doesn’t Make A Noise » addictif et parfait. Mon petit préféré. Pas forcément le guitariste le plus talentueux de sa génération, Jack White déroule sa science naissante du riff obsédant (« Hello Operator »). « Why Can’t You Be Nicer To Me? », au final c’est quoi ? Un riff groovy, une batterie et un break que t’as entendu toute ta vie, un violon, et un power chord en suspension. Et bim ! Tu te vois revenir au « Ramble » séminal de Link Wray. Jack t’hypnotise aussi d’entrée avec de la pop de 2 minutes (« You’re Pretty Good Looking For A Girl ») qui préfigure...

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Thurston Moore de retour avec un nouvel album, extrait en écoute

Publié par le 20 juin 2020 dans News | 0 commentaire

Thurston Moore de retour avec un nouvel album, extrait en écoute

Thurston Moore reviendra à la rentrée avec un nouvel album. L’ancien guitariste de Sonic Youth vient d’annoncer le successeur de Rock’n Roll Consciousness, sorti en 2017. Sur ce disque intitulé By The Fire et prévu pour le 25 septembre chez Daydream Library Series (le label du monsieur), il sera accompagné de son “band” habituel, à savoir Steve Shelley aux fûts, ex-comparse de la jeunesse sonique, Deb Googe, bassiste de My Bloody Valentine et Phil Sedwards, le gars que personne ne connait en dehors de ses collaborations avec Moore. Un premier single, “Hashish”, a été dévoilé. En attendant la sortie de By The Fire, vous pouvez vous ruer sur les nombreux lives rendus disponibles par Sonic Youth sur leur bandcamp durant le confinement. Tous nos articles sur Thurston Moore sur Sonic...

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