Evan Dando @ La flèche d’or (Paris), 28/02/15

Publié par le 9 mars 2015 dans Live reports | 0 commentaire

La popularité des Lemonheads en 2015 peut se mesurer à l’intérêt de la « communauté indie » et la mobilisation du public pour ce concert d’Evan Dando en solo. Autant dire quasiment nul.

D’un côté, c’est vrai que les Lemonheads n’ont pas été sous le feu des projecteurs depuis un moment et que leur actualité depuis les années 90 n’est pas très agitée. Résultat, le groupe est souvent méconnu, et c’est dommage vu la qualité de son dernier album en 2006. De l’autre, dans une période revivaliste où on a tendance à scruter tout ce qui a été fait par les plus obscurs groupes d’une période, le manque de curiosité pour les Lemonheads, pourtant une des têtes d’affiche de leur époque, est assez surprenant.

En tout cas, si la présence de monsieur Dando à Paris ce soir-là a été discrètement annoncée (rendez-vous compte que c’est sur un flyer distribué au concert des Afghan Whigs que j’ai eu vent de l’évènement), on ne prend pas beaucoup de risque à parier que les quelques personnes présentes ce soir-là n’ont pas du tout regretté le déplacement.

Déjà, la première partie assurée par Sara Johnston, ancienne du collectif canadien Bran Van 3000. Oui, les canadiens n’ont pas de groupes, ils ont des collectifs. Et bien, même pour quelqu’un de plutôt réfractaire aux collectifs canadiens, ce qui est parfaitement justifiable depuis les affreux Arcade Fire, il y avait de quoi être conquis. La demoiselle nous a rappelé qu’il n’y a en fait pas besoin de grand chose pour susciter l’émotion. Des petites compos touchantes, une guitare acoustique, une voix, et le tour est joué. De quoi passer un moment fort agréable et patienter sans souci.

Quant à Dando, il est arrivé seul avec sa Gibson SG, à peine le temps de s’accorder pour nous balancer « Being Around » suivi d’une sélection de titres des Lemonheads du plus bel effet. Une guitare, une voix (et quelle voix !), et là encore c’est dans la simplicité que se révèlent les morceaux. Tout au long de la soirée, on a pu se rendre compte, si besoin était, que ces morceaux sont bien parmi ce qui s’est fait de mieux en matière de pop rock. Et que tous tiennent la route dans des versions dépouillées, plus calmes, presque acoustique (même si la guitare était électrique, on ne va pas chipoter).

La setlist a été parfaite, faisant étonnamment la part belle aux titres du Come On Feel The Lemonheads (les évidents « The Great Big No » ou « It’s About Time » autant que les inespérés « Style », « Paid To Smile » ou « Dawn Can’t Decide »), ce qui rappelle au passage que c’est un grand album souvent oublié, tout en incluant les grands titres du groupe (« Mallo Cup », « No Backbone », « The Outdoor Type » et les titres inévitables de It’s A Shame About Ray) le tout parsemé de reprises country ou folk. Tout ça, bien sûr, dans une cohérence totale, à tel point qu’on pourrait parfois se demander si on entend une reprise ou un morceau original. L’interprétation n’est pas sans faille, mais elle passe tellement bien qu’on pardonnera les quelques fausses notes, qui apportent au contraire un côté rock très plaisant. Entre les morceaux, Dando discute, lâche des petites blagues, parle de ses chansons. Et quand il les enchaîne, c’est tout bonnement  génial. Surtout qu’il semble soucieux de faire plaisir, nous disant même après 2 notes d’une reprise « Bon, ça c’est une reprise, mais vous ne connaissez peut-être pas. Vous, vous aimez les hits, non ? » et de jouer « The Great Big No ».

Le clou de la soirée, c’est quand après « It’s A Shame About Ray », on entend le riff de « Blowing It ». Evan Dando qui reprend Dinosaur Jr., c’est carrément irrésistible. Surtout qu’il ne peut s’empêcher d’enchainer sur le début d' »I Live For That Look ».

Après un rappel de 4 morceaux, dont une reprise de Melody Williamson (une gamine qui a posté sur Youtube un morceau qui critique la country commerciale), il remercie le public, discute avec une personne au premier rang. Puis remonte et nous joue un dernier « Ride With Me » sur demande.

Au final, ce sont 34 morceaux qui ont été joués en intégralité ce soir, presque autant que de personnes dans la salle comme le fera remarquer mon voisin. 34 morceaux qui ont de quoi donner l’envie de continuer à écouter Dando et les Lemonheads encore longtemps. Que demander de plus ? Un nouvel album aussi bon que celui de 2006, et plus de concerts comme celui-ci. Rien d’autre.

 

BCG

 

Setlist : Being Around – Down About It – All My Life (Evan Dando) – Hospital – Mallo Cup – Style – Pittsburgh – It’s About Time – No Backbone – Favorite T – Paid to Smile – Dawn Can’t Decide – The Great Big No – Look Back in Anger (Television Personalities, juste le début) – Bit Part – Hannah & Gabi – Rudderless – A Song For You (Gram Parsons) – Confetti – Snow Don’t Fall (Townes Van Zandt) – I’ll Be Here in the Morning (Townes Van Zandt) – Speed of the Sound of Loneliness (John Prine) – My Drug Buddy – Tenderfoot – The Turnpike Down -Stove – It’s a Shame About Ray – Blowing It (Dinosaur Jr.) – I Live for That Look (Dinosaur Jr., juste le début) – Left for Dead – The Highwayman (Phil Ochs).

Rappel 1 : Round Here (reprise de Florida Georgia Line, avec Sara Johnston) – There’s No Country Music Here (reprise de Melody Williamson), Hard Drive (de Dando en solo) – The Outdoor Type.

Rappel 2 : Ride With Me.

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