Enter The Wu-Tang (36 Chambers) du Wu-Tang Clan a 25 ans. Chronique

Publié par le 26 janvier 2019 dans Chroniques, Incontournables, Non classé, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(RCA, 9 novembre 1993)

Fin 93, le Wu-Tang fait son entrée dans le monde du hip hop par la porte de derrière, qui cède sous les grands coups de lattes d’une armada de shaolins. Le monde n’est pas prêt. Il va en prendre pour son grade.

Le monde n’est déjà pas prêt à ces looks. Bandanas, regards de tueurs, le Wu-Tang fait peur. Pas de doute, si on croise ces gars-là dans un tunnel sombre, on se chie dans le ben. Un coup de sabre est vite arrivé.
Musicalement, l’impression est toute autre. Encore que… Si on ne ressent aucune envie de prendre les jambes à notre cou (nos oreilles aiment tant se faire maltraiter), l’agression est permanente. BRING DA MOTHERFUCKING RUCKUS!

Les beats sont violents, le son brut et radical. RZA, génie du sampling, confectionneur hors pair d’instrus sombres, a pondu du très lourd pour sa bande d’excités du micro. Le monde n’est pas prêt. Il n’en a rien à foutre. Le monde devra s’y faire.

Il y avait eu NWA avant eux mais on n’avait jamais entendu autant de killers au micro se succéder pour conter les belles histoires du ghetto.
Tous les DJ vendraient leur couille gauche pour avoir un MC de ce niveau, le Wu-Tang en avait huit. Huit, putain ! Life’s a bitch, comme disait l’autre. Résultat des courses : agression permanente mais agression variée. ODB déclenche l’uppercut, Method Man y ajoute une balayette, GZA vous colle une beigne, Raekwon vise vos bollocks… Si besoin, il reste du renfort, prêt à porter le coup de grâce. WU-TANG CLAN AIN’T NUTHIN’ TA FUCK WIT!

L’ambiance est unique. Les bas-fonds new-yorkais croisent des maitres shaolins, et une pincée de standards soul vient “””adoucir””””le tout (trois guillemets s’avèrent-ils suffisants ?). L’album croule sous les classiques, à tel point qu’aujourd’hui un best of du Wu-Tang est encore squatté par la moitié de Enter The Wu-Tang. “Bring Da Ruckus”, “Shame On A Nigga”, “Clan In Da Front”, “C.R.E.A.M.”, “Method Man”, “Protect Ya Neck”… C’est beaucoup trop, c’est n’importe quoi. Le monde n’était pas prêt mais il n’avait qu’à fermer sa grande gueule, écouter et encaisser.
Car une affaire aussi rondement menée s’avère forcément lucrative. CASH RULES EVERYTHING AROUND ME. CREAM GETS THE MONEY, DOLLAR, DOLLAR BILL YA. La punchline est restée culte, les 36 Chambers n’ont plus aucun secret pour nous et tous les amateurs de hip hop vénèrent aujourd’hui le Wu-Tang Clan comme il se doit. Car personne n’était prêt mais tout le monde a retenu la leçon. 

Jonathan Lopez

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