Emily Jane White @ La Laiterie (Strasbourg), 06/02/20

Publié par le 17 février 2020 dans Live reports, Non classé | 0 commentaire

Premier concert de 2020 pour ma part ce jeudi 6 février à La Laiterie avec la venue de la californienne Emily Jane White qui venait présenter son dernier album. L’excellent Immanent Fire, sorti en novembre dernier, m’avait permis de découvrir l’œuvre de cette chanteuse dans la grande tradition folk. Grand album de 2019, grand album tout court d’où une grande attente à l’heure de découvrir ces chansons sur la petite scène du club de La Laiterie. En première partie, et pour ne pas rompre avec l’ambiance plutôt intimiste de la soirée, Hicks and Figuri, projet solo porté par Spide (inconnu pour ma part), qui proposa un folk fragile porté par une belle voix grave. Tellement en sourdine que l’on entendait le barman ranger les pièces dans sa caisse ou les portes des toilettes s’ouvrir (!). Au moins, le public a joué le jeu sans dialoguer pendant les morceaux.

Mais voici que s’avance alors Emily Jane White, seulement accompagnée d’un batteur et d’un musicien qui alternera basse et guitare au fil des morceaux. Et c’est peu dire que le charme a opéré. I put a spell on you. La californienne, humble et souriante à chaque fin de morceau pour remercier le public, a « magnétisé » l’assistance. Grâce à son art délicat du songwriting folk soit l’épure au service de chansons subtiles et de sa voix de sirène inquiète mais néanmoins bienveillante. Son dernier album avec en toile de fond l’urgence climatique sera joué en intégralité. Ça tombe bien vu que son caractère anxiogène mais musicalement majestueux apportera un contraste intéressant avec le reste des titres folk plus dans la veine d’une Alela Diane. Entamé par l’impeccable mais sombre « Washed Away », Emily Jane White dégaine ensuite le puissant « Infernal » où une guitare sourde et frondeuse annonce une fin de monde dans les flammes. Titre impressionnant. Où elle peut regarder dans les yeux une PJ Harvey. A l’image de « Metamorphosis », « Drowned » ou « The Gates at the End », on se prendrait même à rêver ces titres accompagnés d’un orchestre symphonique. La californienne parviendra aussi à instaurer une intimité fragile avec le public. Comme lorsqu’elle s’installe au clavier pour le sublime « Dew », où l’on n’est pas loin de verser sa larme devant tant de beauté. Parfois seule sur scène, à la guitare, dans le crépuscule d’un spot mourant, on touche alors à la quintessence de la folk-song. Et on mesure le délicat talent de son interprète. Sublime ! Loin de connaître toute sa discographie (elle a pioché beaucoup dans son déjà ancien premier album), on pouvait noter toutefois l’ampleur des titres du dernier album, aux arrangements élégants et aux instrumentations riches. Et souligner le côté plus léger voire enjoué des autres titres (« Stairs », « Dagger », « The Cliff », « Hole In The Middle »). Le temps passa forcément trop vite. 1h30 de haute volée. Et quelques instants de grâce suspendus un soir froid de février.

Et après 2 rappels, c’est (toujours) sous le charme, que j’allais gratter une petite signature sur mon vinyle d’Immanent Fire. Emily Jane White, disponible, souriante, était là, humble, à accueillir les fans au merch. Et c’est aussi courageux qu’un amoureux transi à son first date (smiley cœur) que je recevais un étrange “thank you very much”. Me remercier, moi, modeste mélomane, venu découvrir votre précieux artisanat folk ? Mais c’est plutôt le public ce soir-là qui doit vous remerciez. Et espérer vous revoir très bientôt…

Thank you very much, Miss White.

Sonicdragao

Setlist : Washed Away – Infernal – Light – Stairs – Dagger – Drowned – Shroud – Surrender – Sleeping dead – The Cliff – Metamorphosis – Dew – The Black Dove – The Gates At The End
Rappel : Victorian America – Entity – Hole In The Middle – Wild Tigers I Have Known

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