Don’t look back #5 : X Japan – Blue Blood

Publié par le 2 août 2019 dans Don't Look Back, Non classé | 0 commentaire

On a tous des albums qu’on a rayés à force de trop les écouter, des disques de chevet qui nous ont suivis intensément pendant des années (ou des mois, ou des semaines) et qu’on a fini par laisser de côté, soit par lassitude, soit parce qu’on est passé à autre chose. C’est la vie. Que se passe-t-il quand on ressort ces albums dix ou quinze ans après ? Exercice complémentaire du bac d’occaz, BCG se plonge dans des albums qu’il connait parfois sur le bout des doigts… mais qu’il n’a pas réécoutés depuis une éternité.

Au début

À la fin des années 90, j’ai eu une grosse période rock japonais et metal. Une obsession étrange et qui est finalement assez vite passée, mais qui fut vraiment intense. Rien d’étonnant, du coup, à ce que X Japan* le groupe japonais qui avait ma préférence à l’époque, peut-être aussi parce que c’était un des plus facile à trouver en France, soit un groupe de metal.

De heavy metal, en l’occurrence. Avec un gros délire glam pour les tenues et une voix suraigüe. Toute la panoplie du hard fm craignos. Mais étant jeune et ignorant, je me contentais d’accrocher à l’esthétique romantico-morbide et aux refrains à reprendre en chœur. Et, même s’ils expérimentent et prennent un virage plus rock alternatif par la suite, mon album préféré du groupe, Blue Blood, est le point d’orgue de cette période Heavy.

J’ai commencé la guitare à la même époque et je me suis vite découragé en essayant de jouer leurs morceaux beaucoup trop techniques et rapides pour un débutant. Il n’empêche que mon rêve d’alors était de réussir à placer un des solos de hide, leur guitariste, sans faire de fausse note.

J’aimais surtout leurs deux premiers albums en major, Blue Blood et Jealousy, j’adorais les morceaux à 100 à l’heure autant que les titres épiques et même les power ballads. Pour moi, rien n’était à jeter et je connaissais tous leurs refrains par cœur en yaourt.

Après

Comme je le disais, cette période metal a été fugace, et si j’ai gardé du goût pour certains groupes japonais (dont je reparlerai peut-être ici un jour), j’ai forcément pris mes distances avec X Japan. Je n’ai jamais renié ce groupe, je l’ai trop aimé pour ça, mais j’avais bien conscience que sa musique s’éloignait de plus en plus de mes goûts, ou plutôt l’inverse.

Du coup, je préférais ne pas me confronter à leurs albums de peur d’être déçu. Bien sûr, je gardais sous la main certains de leurs morceaux dont j’étais sûr qu’ils me plaisaient, comme “Kurenai” dont le refrain est super accrocheur, mais je n’osais pas écouter leurs disques en entier.

Je les ai quand même vus, en souvenir du bon vieux temps, lors de leur premier concert à Paris (avec hide en hologramme, puisque le guitariste est mort prématurément) et si la prestation était impeccable, certains morceaux m’ont paru complètement indigestes.

Maintenant

Je réécoute donc Blue Blood pour la première fois depuis très longtemps et, passée l’intro qui fait son office, je me rends très vite compte de ce qui ne va pas. Le batteur Yoshiki bourrine, certes, comme un diable (c’est sa marque de fabrique avec son amour pour les symphonies et ses solos de piano), mais la rythmique est ultra-linéaire. Pour ce qui est de la voix, il faut aimer. Toshi officie dans un registre archi Heavy, avec du coffre et de la maitrise, mais c’est très crispant quand on n’est pas amateur du style.
Enfin, la power ballad “Endless Rain” ne passe pas du tout, mais pas moins que n’importe quelle power ballad. C’est insupportable de mièvrerie.
Pour le reste, il faut évidemment aimer le hard rock au sens large pour rentrer dans le délire, mais ça fonctionne plutôt bien : les morceaux sont trop longs mais bien construits, les mélodies sont accrocheuses, les lignes de basses sont intéressantes et les riffs souvent bien trouvés. Cependant, dès que la batterie part dans la linéarité la plus totale, un peu comme une version heavy metal du skate-punk, on se lasse extrêmement vite… Heureusement, on trouve aussi des rythmes plus classiques, comme sur “Weekend”, et même des choses un peu bizarres avec des percussions orientales (“Xclamation”) qui montrent déjà l’univers barré du guitariste hide. Et même le morceau symphonique “Rose Of Pain” passe dans son style, ainsi que la ballade finale “Unfinished”.
Dans l’ensemble, je m’attendais franchement à pire.

Bilan

Avec plus de connaissances musicales que je n’en avais à l’époque où j’écoutais X, je comprends beaucoup mieux ce qui a fait le succès du groupe. Car s’il s’agit purement de Heavy Metal, ils développent une identité marquée et propre, avec des signes d’influences musicales plus larges ; certes discrets, mais bien présents. Au final, je me dis qu’avec le temps, ce disque n’est peut-être pas celui que j’apprécierai le plus, puisqu’il n’est pas le plus varié. Du coup, ça m’a vraiment donné envie de ressortir les autres, donc on peut plutôt conclure à un retour positif.

En revanche, la power ballad, non. Jamais plus.

Blackcondorguy

*X est le nom original du groupe, qu’ils ont changé dans les années 90 en se rendant compte qu’il y avait déjà un groupe de punk californien plus connus qu’eux à l’internationale. Ils se sont donc rebaptisés X Japan à partir de 92 ou 93. Les albums précédents ne sont sortis à ma connaissance que sous le nom de X.

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