DJ Shadow – The Mountain Will Fall (Mass Appeal)

Publié par le 26 juillet 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

shadowDu haut de sa montagne, solidement installé sur son trône de génie de l’abstract hip hop, DJ Shadow ne s’est pas foulé des masses depuis son culte Endtroducing, suivi du très bon The Private Press. Depuis c’est un peu le néant et c’est pas pour rien qu’on ne s’écoute qu’un mois après sa sortie son 5e et dernier album. Sans trop y croire.

Le morceau-titre se montre efficace, mais toutefois un brin trop tape-à-l’oreille avec son gros beat outrancier pour qu’on soit bel et bien certain que la montagne ne s’apprête pas à tomber.

En tout cas, du haut de sa montagne, Shadow s’est semble-t-il fait plaisir. D’abord, en invitant son pote Run The Jewels qui fait le boulot sur l’enjoué « Nobody Speak ». Un titre dont on ne reparlera peut-être pas dans 20 ans mais qui fait du bien par où il passe.

Shadow s’est aussi fait plaisir en ne lésinant pas sur les longues intros dispensables (« Three Ralphs » qui ne devient intéressante qu’au bout de deux minutes, « Ashes To Ashes » qui, avant de basculer en un très beau morceau planant jazzy à la Cinematic Orchestra, fait mumuse avec son beat, sans qu’on n’y trouve rien à retenir).

Shadow s’est fait plaisir, enfin, en conservant un morceau comme « Mambo ». Le genre de pièce totalement anecdotique dont l’auteur est sans doute capable d’en pondre 15 à la douzaine. Il n’avait vraiment rien de mieux pour remplir son tracklisting ? C’est déjà mieux que d’autres, remarquez. Beaucoup mieux que le dégueulasse « California » qui sent mauvais le dubstep.

Heureusement, Shadow nous a aussi fait plaisir avec l’enchainement « Bergshrund », « The Sideshow » (et sa méchante session scratches), « Depth Charge », un ton au-dessus du reste. Ou sur « Ghost Town » qui porte clairement sa griffe. Comme pour nous prouver qu’on aurait tort de l’enterrer avant l’heure, qu’il en a encore sous le sampling.

Du haut de sa montagne, son aura toujours bien intacte, peut-être un peu trop sûr de lui, DJ Shadow fait donc les choses à moitié. C’est déjà mieux que rien mais on aurait tant aimé avoir plus.

JL

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