Dilly Dally – Heaven

Publié par le 17 décembre 2018 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

(PTKF, 14 septembre 2018)

Alors que leur premier album, qui a trois ans cette année, squatte encore régulièrement ma platine, Dilly Dally se décide à sortir un nouveau disque. Certes, on pouvait très bien se satisfaire du premier, mais quand un groupe dont on a aimé le travail sort de nouvelles choses, on a envie d’y jeter une oreille.

Malheureusement, les ardeurs sont vites freinées par un visuel très moche fleurant bon les années 80 et un premier titre lent et déroutant “I Feel Free”. De quoi vraiment nous prendre à rebrousse poil. Le “Paradis”, ça ? Espérons tout de même que Dilly Dally n’est pas allé rejoindre les 172 groupes qui rendent hommage à la décennie maudite à coups de Post-Punk ou de Synthpop…
Heureusement, à l’écoute de Heaven dans son intégralité, ce doute est vite levé : le son rappelle toujours beaucoup plus les années 90, et personnellement, je préfère. Reste que le tempo ralenti d'”I Feel Free” semble donner le ton de l’album. Et la voix de Katie Monks, sur ces morceaux moins agressifs, prend parfois des allures de miaulement plaintifs. De quoi franchement partir du mauvais pied avec ce nouveau disque.

Au premier abord, donc, un son qui plait, mais des éléments qui déroutent et dérangent. On pourrait se contenter de ça pour laisser l’album au placard et se contenter d’écouter Sore. Sauf que ce serait bien dommage de s’arrêter à ça, et c’est là que va se jouer toute l’opinion sur ce disque : au fil des écoutes, l’ensemble se révèle beaucoup plus subtil que l’on croyait, laissant apparaitre une qualité de composition, une maitrise et une identité renforcée. La formule reste similaire, un chant rageur (car si les titres sont moins agressifs, la rage reste bien présente) porté par des guitares lancinantes et une session rythmique qui bourrine en arrière-plan, mais elle s’étoffe et on ne peut plus vraiment aligner les références pour décrire la musique du groupe. Dilly Dally a grandi et s’affirme, et c’est fabuleux à écouter.

Au final, il aura fallu sacrifier les tubes immédiats (encore que “Pretty Cold” reste bien dans la tête) pour des titres plus subtils (“Marijuana”, “I Feel Free” qui se révèle avec le temps, “Sober Motel”…) et un groupe qui semble trouver sa propre voix. À suivre… (notamment le 1er février 2019 à l’Olympic Café)

Blackcondorguy

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