Deftones – Gore (Reprise)

Publié par le 14 avril 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

goreSur le vol Gore8416 au départ de Sacramento, Deftones vous accueille à son bord, et vous souhaite un agréable voyage. Leur dernier vol ensemble sur le KNY (Koi no Yokan) remonte à 4 ans, la prestation de première classe nous avait parfaitement comblés.

Le premier single dévoilé avant la sortie de Gore, « Prayers/Triangles », ouvre le bal, et permet de prendre notre envol sans encombre et en toute sérénité, dans la légèreté la plus totale. S’il a laissé une bonne impression au premier abord, il devient un peu lassant à la longue. Sans être stupéfiant, « Acid Hologram » se veut plus ardu et audacieux.

Au sein du cockpit des disputes semblent éclater entre les deux commandants de bord, Stephen veut mettre pleins gaz, muni de sa gratte 7 cordes, hors de question pour lui de jouer des arpèges pendant toute la durée du vol. Chino, lui, préfère maintenir la cadence et opter pour une atmosphère plus planante, les autres membres de l’équipage comptent les points. Le radar indique qu’une tempête est imminente, « Doomed User » retentit. M. Carpenter reprend l’avantage, un morceau assez surprenant à la première écoute, avec son riff tout droit inspiré du Heavy Metal, intense et bourré d’énergie. Il trouvera à coup sûr sa place sur les prochaines setlists du groupe, où pogos et slams seront au rendez-vous. En guise de réconciliation « Geometric Headdress » permet à chacun d’y trouver son compte. Si le titre débute tambour battant, la tension redescend au moment du refrain.

La tempête est maintenant loin derrière eux. On profite de ce moment d’accalmie avec « Hearts/Wires ». Une fois le souffle repris durant l’introduction, on savoure la montée en puissance et la progression du morceau, dont la structure n’est pas sans rappeler l’excellent « Rosemary » de Koi no Yokan. Le résultat est somptueux.
On sera plus mitigé sur le trio suivant. Si « Pittura Infamente » maintient notre attention et se veut efficace, « Xenon » elle, sent un peu le réchauffé. On peine à entrer dans l’univers de « (L)MIRL » qui finit tout de même à mi-parcours par nous redonner de l’espoir, avec un final endiablé. Les turbulences se font sentir sur « Gore », Chino s’arrache les cordes vocales, Stephen est dans son élément, Abe et Sergio ne sont pas peu fiers de pouvoir se lâcher… On passe de l’harmonie au chaos le plus total. Tout simplement génial.

Parmi les passagers, un certain Jerry Cantrell est convié par les membres de l’équipage à les rejoindre. La fonction pilote automatique est enclenchée, le guitariste d’Alice in Chains vient poser sa patte sur l’un des grands moments de cet album « Phantom Bride ». L’alchimie est parfaite, l’apport considérable, un solo sublime, et quand les riffs puissants de Stephen s’y mêlent, des frissons nous envahissent. Un peu avant la fin de notre voyage, la tour de contrôle signale au pilote la présence d’un vol de flamands roses en pleine migration, qui sera évité de justesse. « Rubicon » qui clôture Gore, assure un atterrissage en grande pompe, salué par l’ensemble des passagers.

La satisfaction n’est pas totale, et ce vol n’a pas été de tout repos. Deftones s’en tire en offrant quelques excellents morceaux. L’expérience a joué en leur faveur et permis de régler les tensions qui régnaient. Les fans de la première heure peuvent être rassurés, ils auront leur dose d’adrénaline, et s’il est difficile de se renouveler constamment, Gore réserve son lot de bonnes surprises.

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