Dans le bac d’occaz #19 : Hüsker Dü, Chokebore, Kanye West

Publié par le 16 octobre 2017 dans Le bac d'occaz | 0 commentaire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*

Dans le bac d’occaz #19 : les années en 5

 

1985 : Hüsker Dü – Flip Your Wig

Très difficile d’aborder le bac d’occaz de ce mois-ci, avec trois albums qui m’ont globalement plu, pourtant. Mais avec l’annonce du décès de Grant Hart, j’ai eu un peu du mal à trouver les mots pour parler d’Hüsker Dü, et de là la motivation à développer le reste. Je m’excuse donc pour ce bac à occaz en retard, et un peu expéditif. Faisons simple, pour une fois.
Difficile de dire dans une telle période que, malgré tout le respect que j’ai pour la démarche du groupe et les musiciens qui le composent, Hüsker Dü n’a jamais pénétré l’anti-chambre des groupes que j’adore. Le problème, concluais-je, venais d’une séparation trop marquée entre des morceaux trop purement hardcore et d’autres trop pop. Et peut-être une production un peu datée. Évidemment, Flip Your Wig était un des albums que je n’avais jamais écouté, et c’est pourtant celui qui réussit le mieux à faire coexister les deux aspects du groupe. De ce fait, c’est peut-être leur meilleur, même s’il est moins ambitieux et reconnu que Zen Arcade.

En revanche, je me rends malheureusement compte que mes freins avec le groupe ne sont pas que formels, même si l’album m’est agréable et que j’accroche en général plus avec les compos de Hart que celles de Mould, j’aime bien ce disque mais je ne l’adore pas. Difficile à expliquer. En tout cas, pour les amateurs du groupe, c’est à raison un grand disque, et mon point de vue purement subjectif ne retire rien aux hommages que méritent Hart, mais également Mould et monsieur Moustache même s’ils restent bien vivants.

 

 1995 : Chokebore – Anything Near Water

Encore un disque qui me plait globalement mais dont je ne sais pas trop quoi dire. On est en plein boom du rock alternatif, au début des années 90, avec un groupe qui allie gros son électrique, chant hargneux et émotion, et qui le fait bien. Ce qui différencie Chokebore des autres, au-delà de compositions de qualité, c’est son chanteur Troy Balthazar, qui n’avait pas encore de Von à l’époque. Le problème, c’est que quand on fait le chemin inverse, c’est à dire qu’on a découvert l’artiste en solo avant de s’intéresser à son groupe, on a du mal à ne pas se dire que le chanteur est beaucoup plus intéressant dans son registre actuel qu’il ne l’était sur de la musique plus heavy. Un peu comme quand on découvre Heatmiser après les travaux solos d’Elliott Smith.

Ce bémol mis à part, Chokebore maitrise son style et plaira sans aucun doute aux amateurs du genre. Le plus, c’est qu’on constate très vite l’influence qu’ils ont pu avoir sur Wonderflu, au niveau des plans de guitare, notamment. Vu que le groupe parisien est un de ceux que j’apprécie le plus ces dernières années, c’est un vrai plaisir de décortiquer davantage leurs influences et de se rendre compte que, définitivement, ils ont bon goût.

 

2005 : Kanye West – Late Registration

Choix surprenant, mais je ne trouvais rien de bien intéressant à me mettre sous l’oreille pour l’année 2005. L’écoute de ce disque a presque commencé comme une blague, une volonté de comprendre la passion d’un ami aux goûts totalement différents des miens et qui adule Kanye West. Pour moi, hormis les parodies que South Park en a fait, Kanye West était surtout synonyme de gros rnb commercial noyé de vocoder.

Étonnamment, même si je ne suis pas expert en hip hop, j’ai plutôt accroché à ce Late Registration. Déjà, il n’y a pas de vocoder, ce qui est un gros plus, mais les productions sont plutôt bien foutues, et le flow tout à fait correct. Les paroles, pour ce que j’en comprends, sont assez bien écrites et ne sombrent ni dans le gangsta shit, ni dans l’ego trip simpliste. Il y a bien des skits qui remplissent inutilement l’album, mais c’est le cas sur tellement de disques du genre que je ne pourrais pas vraiment en vouloir à West pour ça. Le seul vrai reproche que je peux lui faire, qui reste quand même très subjectif, c’est qu’une fois passé le soulagement de ne pas entendre de la grosse bouse commerciale noyée de vocoder, ce qui m’a laissé une excellente impression, je n’ai jamais repris autant de plaisir à écouter le disque en entier.

Ça vaut ce que ça vaut, pour moi c’est un bon album dans son style, mais peut-être pas de quoi faire une légende non plus.

BCG

*Rendons à César ce qui lui appartient, cette rubrique a été fortement inspirée – ou littéralement pompée, c’est selon – par l’initiative d’un certain Machete83 sur le passionnant forum de l’indispensable site/bible du rock indé xsilence.

 

LIRE LA CHRONIQUE DE CHOKEBORE – ANYTHING NEAR WATER

LIRE L’INTERVIEW DE TROY VON BALTHAZAR

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