Christian Löffler – A Forest (Ki)

Publié par le 8 novembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

kicd02-a_forestTiens je vais un peu vous raconter ma vie pour une fois. Allez faites pas cette tête, je suis sûr que ça va vous passionner. Cet été, j’ai accompli un rêve de gosse en allant visiter Seattle, ville qui a vu naître le mouvement grunge dont on vous a déjà pas mal rebattu les oreilles (et c’est pas fini).

Lors de ce périple sur les terres de mes idoles musicales, j’ai eu l’occasion, au grand dam de ma chère et tendre, de « visiter » bon nombre de disquaires de folie et de faire de belles emplettes. Un peu de tout mais surtout du rock, forcément.

Et un beau jour dans le quartier de Capitol Hill, je rentre dans un magasin appelé « wall of sound », un nom qui donne envie. Loin d’être le plus grand disquaire (par la taille s’entend), celui-ci a la particularité de proposer une majorité d’albums très peu connus du grand public.

Je vagabonde donc de bacs en bacs à la recherche de la perle rare, pendant que ma chère et tendre trépigne d’impatience, et là soudain mon oreille est séduite par un son venu d’ailleurs. « Oh my god what is that ? » (oui je parle un anglais quasi parfait). « That », c’est Christian Löffler, pas le genre de nom qui fait rêver à première vue mais il suffit d’entendre sa musique pour tomber sous le charme illico presto.

Cet album, le premier de ce jeune allemand que l’on espère prolifique, est un voyage en apesanteur. Tout est limpide, d’une pureté absolue. Les sonorités s’enchainent comme dans un rêve, aucun son superflu ne vient alourdir l’ensemble. Tout est minutieusement réfléchi pour nous faire planer.

Ça parait simple, quelques notes de synthé étouffées, un beat entraînant et relaxant à la fois, des cliquetis, des bruits de pluie (« A Forest »). Les quelques notes de piano qui s’égrènent en introduction sur « Pale Skin » sont d’une splendeur saisissante, puis vient cette basse qui nous enveloppe et nous voilà emplis d’un bonheur nostalgique.

Comme si ça ne suffisait pas, Löffler a convié des chanteuses aux voix envoûtantes pour sublimer sa musique. Le chant mélancolique de Mohna nous transporte sur « Eleven », un morceau absolument sidérant de beauté. La danoise Gry participe elle aussi à cette démonstration d’élégance (« Feelharmonia »).

Parfois le beat se veut plus entrainant, comme sur « Signals » ou « field » mais jamais au détriment de la mélodie, les sons électroniques sont toujours profonds et pleins de chaleur.

Pour son premier disque, Löffler démontre une grande maturité qui force le respect. On navigue entre techno minimale, deep house et ambient, un peu à l’image du DJ danois Trentemöller. Les harmonies cotonneuses sont toujours utilisés avec parcimonie et une précision d’horloger pour servir cette musique d’une rare finesse. L’album, qui ne s’appelle pas A Forest pour rien, est une incitation au voyage en plein nature, là où l’air est pur, loin du tumulte citadin. Et avec une telle bande originale, on n’a qu’une envie c’est de multiplier les expéditions. À Seattle ou ailleurs.

JL

 

Écoutez Eleven (au casque c’est mieux)

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