Chinese Man – Racing With The Sun (Chinese Man Records)

Publié par le 17 janvier 2013 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

chinese-man-racing-with-the-sunAh un groupe venu d’Orient, ça change un peu, marre de ces anglo-saxons qui s’accaparent les trois-quarts des chroniques du site… Halte là, vous faites fausse route. Les Chinese Man ne viennent pas d’Asie, non ce sont des ptits frenchies, des marseillais même pour être plus précis (en même temps des chinois qui se prénomment Chinese man ils auraient eu l’air fin…).

Les Chinese Man donc, c’est un collectif de trois DJ : Zé Mateo, High Ku et Sly. Leur musique est un mélange d’influences diverses (hip hop, funk, dub, reggae, sonorités orientales…) qui les rend difficile à cataloguer. Cette singularité leur permet de se démarquer des nombreuses (et talentueuses) formations trip hop françaises plus « classiques ».

Formé en 2004, le groupe connaît son premier succès grâce au morceau « I’ve Got That Tune », repris dans une pub par une célèbre marque de belles bagnoles allemandes. Ça aide à boucler les fins de mois et à se faire un nom.

Le morceau sera repris sur leur premier album The Groove Sessions publié en 2007 sur leur label Chinese Man Records. Deux ans plus tard, paraît le volume 2 qui poursuit dans la même veine rythmée, enjouée et, évidemment groooovy.

Mais jusque-là, Chinese Man n’était « qu’un » groupe sympa, capable de créer des titres diablement efficaces à l’énergie contagieuse. Il manquait quand même une petite étincelle pour que leurs albums soient plus que des bons moments. Du potentiel indéniablement mais une identité encore à affirmer, un juste milieu à trouver…

Et là, vous me voyez venir toute en finesse avec mes gros sabots : oui, ce cap ils l’ont franchi avec leur 3ème, et premier véritable, album, Racing With The Sun, publié en avril 2011. Car cet album est incontestablement un tournant dans la discographie du groupe, la touche Chinese Man est toujours là, ça ne fait aucun doute mais il y a cette fois une vraie homogénéité et ce « truc » en plus qui fait toute la différence.

Dès le départ, on se dit qu’on ne va pas être déçu du voyage avec cette intro tout en douceur (contenant, comme de par hasard, les samples de « l’invitation au voyage » de Charles Beaudelaire) puis ce merveilleux « One Past » qui nous transporte loin, loin… Et on en a très vite la confirmation.

Que ce soit sur l’instrumental « If You Please » (et ce son « so Chinese » qui semble directement venu d’un marché à Bombay, bien appuyé par des percus et une basse vrombissante) ou « Miss Chang », morceau dub-rap où sévissent les excellents Taiwan MC et Cyph 4, il y a là de quoi ambiancer une maison de retraite et envoyer les vioques pour un trip chez les bridés.

Et quand le tempo redescend (« Saudade », « Ta Bom » ou le dubbesque « Racing With The Sun »), nous on reste au top sur l’échelle du gros kif auditif. Les Chinese ont trouvé la voie pour de bon, et on les suit avec bonheur dans cette virée aux quatre coins du monde où l’émerveillement est quasi constant.

Comme toujours, on se délecte de samples fort bien trouvés qui viennent s’imprégner à merveille sur les compos des trois DJ; qu’il s’agisse d’instruments traditionnels (on a cité « If You Please », ajoutons « Stand ! » et « J.O.G.J.A. ») ou de samples vocaux : dialogues de films en veux-tu en voilà, voix zarbi sur « In My Room », Sir Jim Morrison sur « One Past » (« Jumped, humped, born to suffer. Made to undress in the wilderness. ») ou le couplet révolutionnaire de « Stand ! », déjà entendu sur « Can’t Hold Us Back » de Public Enemy et « Come Together » de Primal Scream. Tout y passe et toujours à bon escient.

Si on veut faire la fine bouche on peut regretter une seconde moitié d’album un poil moins réussie que la première qui s’apparente à un sans-faute. Mais ne boudons pas notre plaisir, l’ensemble est d’une grande richesse et s’apprécie sans modération.

Cette fois-ci c’est sûr les Chinese Man ne sont plus là pour rigoler, ils se placent en référence dans le milieu de l’electro/hip-hop instrumental français, avec toujours dans leur besace le gros atout de posséder un son qui leur est propre. Et en frappant aussi fort nul doute qu’ils seront attendus au tournant lors de leur prochaine livraison.

 

JL

 

Écoutez « If You Please »

 

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