The Chemical Brothers – Exit Planet Dust (Virgin)

Publié par le 13 décembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

 

chemicalbrosPlutôt branché rock (comment ça, ça se voit un peu ?), j’avais froidement accueilli une remarque d’un ami sur « les Chemical » par un sec « ouais c’est d’la techno c’est naze… » Pas ouvert pour un sou le gars.

Mais j’ai toujours eu en moi cette curiosité naturelle, qui musicalement est presque devenue obsessionnelle (genre faut que j’écoute tout, que je connaisse tout, que je possède tout…). Et un beau jour, parmi tant d’autres, passé à surfer sur la toile jusqu’à pas d’heure, je me suis laissé aller à rentrer ces trois mots qui allaient remettre en question pas mal de mes certitudes musicales solidement ancrées : THE CHEMICAL BROTHERS.

Là, je tombe sur un live du morceau « Out Of Control » et me prends une beigne aussi soudaine qu’inattendue. Un peu comme si je suis Jean-Marie Le Pen tu vois (beurk) et ma fille Marine (double beurk) vient me présenter son jules et celui-ci s’appelle Abdelkader. Je suis un peu surpris quoi tu vois ? Sauf qu’à la différence du borgne, je n’ai pas de fille, je suis pas facho et j’aime beaucoup la surprise.

Ça, c’était il y a quelques années. Depuis j’ai dû les voir 4 fois sur scène (Chemical hein, pas les Le Pen), j’ai tous leurs disques, je suis un expert en Big Beat (non pas comme Clara Morgane…) et les différentes facettes de l’electro n’ont pas de secret pour moi. Bref je peux me la raconter et c’est d’ailleurs ce que je fais.

Enfin, c’est surtout pour dire que maintenant que je suis vieux et sage je suis habilité à chroniquer ce groupe qui m’a bien fait kiffer ma race quand j’étais jeune et con.

Assez raconté ma vie, place à celles des frangins chimiques (presque aussi intéressante, z’allez voir). Tom Rowlands et Ed Simons se recontrent en 1989 sur les bancs de leur fac d’histoire à Manchester. Et là, perspicace comme vous êtes, vous vous dites que ces deux-là n’ont pas dû devenir des historiens renommés. Et vous avez raison. Non, les deux acolytes préfèrent la vie nocturne et mixent dans des clubs sous le nom de The Dust Brothers.

Voyant l’effet qu’ils produisent sur le public qui se déchaine à l’écoute de leurs morceaux, ils se disent que ce serait ptet pas con de passer par la case studio.
D’août à Novembre 1994, ils enregistrent donc leur premier album qui sera Exit Planet Dust, référence à leur ancien patronyme délaissé au profit de The Chemical Brothers.

Les sirènes retentissent, le sample répète un drôle de message en boucle. On sent que ça va partir d’un coup et que ça va faire mal. La basse nous chope au passage et nous embarque dans un trip irrésistible. Le titre c’est « Leave Home », pas choisi au hasard. Ça groove méchamment. Les frères chimiques ajoutent un beat bien rock très percutant et saupoudrent le tout de sons electro pour faire monter la sauce. OK c’est ça la recette ? Vous m’en mettrez 10 autres comme celle-ci. Pas de problème.

Savant mélange de Rock et d’electro, les Chemical s’inscrivent d’emblée dans la lignée de Prodigy. Fatboy Slim ne va pas tarder à suivre.

Les Brothers ont le chic pour nous rendre accro comme sur « Song to the Siren » et son chant obsédant qui nous attire inexorablement, appuyé par une rythmique d’enfer.

Ils démontrent également un vrai talent pour faire vivre leurs chansons. On est loin du morceau electro simpliste à la structure classique et aux variations prévisibles « j’enlève la basse, je ralentis le beat, je rajoute des petits effets par ci par-là » et en voiture Simone. Non, les frérots ne se reposent pas sur leurs lauriers, rien n’est figé, l’évolution est constante, les breaks fulgurants, les montées ahurissantes.

Le duo a également convié deux chanteurs : Tim Burgess des Charlatans (sur « Life is Sweet ») et Beth Orthon (sur « Alive Alone »). Une bien bonne idée qu’ils réitèreront régulièrement par la suite.
Le résultat est très efficace, la formule fonctionne parfaitement.

Le tout s’écoute d’une traite, les morceaux s’enchainent comme dans un mix. Et les Chemical savent alterner les plaisirs entre tubes dancefloor irrésistibles (« Three Little Birdies Down Beats » où la folie s’emparera de vous) et atmosphères planantes (les merveilleuses « Chico’s Groove » et « One Too Many Mornings »). Chemical sample aussi bien les Beastie (« In Dust We Trust ») ou Kraftwerk (« Leave Home ») que des sons de guitares stridents ou des sirènes hurlantes…

En 1995, les Chemical Brothers frappaient fort avec ce premier album percutant révélant un indéniable savoir-faire des deux alchimistes. Ils confirmeront ensuite avec les excellents Dig Your Own Hole et Surrender (dont les deux singles « Hey Boy Hey Girl » et « Out of Control » continuent de mettre le feu à n’importe quelle soirée), avant de commencer à tourner un peu en rond ressassant une recette quelque peu éculée.

Cela ne les empêchera pas de continuer de nous abreuver de ci de là de hits mémorables (« Star Guitar », « Galvanize », « Escape Velocity »…) et de livrer des prestations scéniques de haute volée qui les maintiennent tout en haut de l’échiquier de la musique électronique.

 

JL

 

Écoutez « One Too Many Mornings »

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