This Is Not A Love Song (Nîmes), du 09 au 11/06/17

This Is Not A Love Song (Nîmes), du 09 au 11/06/17

5e édition. 5 scènes. 52 groupes. 47 heures de live.   Cette édition 2017 du This Is Not A Love Song (Tinals pour les intimes) commence de la meilleure des façons : pas de grèves de la SNCF. Il y a un an, c’était la première fois que j’y allais, ce fut le coup de foudre. Tinals ressemble à une famille. Nous y trouvons des bars, des concerts, des gens cool et du soleil. On est donc prêt pour trois jours de bonheur à l’état pur.     Vendredi 9 juin   Après avoir pris le train à 8h du mat’, je réalise que j’ai pas fait mes 7h de sommeil… fuck it. On commence avec The Coathangers (interview à lire prochainement). Le trio d’Atlanta assure grave en live. Elles commencent par jouer mon morceau préféré (« Squeeki Tiki »), ce qui n’est jamais mauvais signe. Fureur et mélodie, le son est violent, dynamique et efficace. Grand final sur scène… une guitare sera donnée à un fille du public. Et ce n’est pas n’importe quelle gratte… mais celle volée aux Growlers ! Et ouais… YOU DON’T FUCK WITH THE COATHANGERS… Trop cool ces trois filles ! Live 9/10   Je file voir The GROWLERS. Quatuor de rock pop psyché californien, les Growlers sont aussi trés connus pour leur festival annuel Beach Goth – super festoche que je recommande au passage. Sur leur 5eme Album, City Club (Cult Records), moins surf que les précédents et avec un penchant plus prononcé pour les synthés, on retrouve  de façon notable la touche de Julian Casablancas (The Strokes), dans le plus pur style New Yorkais made in Cult Rds. Et, dans la douceur d’un coucher de soleil et forts d’une nouvelle gratte, commence leur show… qui se révèlera excellent. Le morceau « City Club » me tue en live. Je reste bloqué dessus. J’ai hâte de les voir à nouveau sur scène. Live 8/10   A 22h30 déboule Flying Lotus. De l’art. De la musique. Un concept. La dernière fois que j’ai vu FlyLo remonte à 2009 ou 2010 à Los Angeles, juste après la sortie de son album bien nommé Los Angeles (Warp RDS- 2008). Le concert était complètement dingue et ce fut le cas à nouveau à TINALS. Tout est dans le personnage et son style, assez uniques, tout autant que les visuels qui l’accompagnent sur scène. Voilà quelqu’un qui s’efforce de faire preuve d’originalité et de contenance, ne se contentant pas seulement de produire des beats cool. Un artiste à part entière, tout simplement. Le concert de FlyLo fait tripper tout le monde, avec ou sans drogue. Live 8/10   Avec tout ça j’ai loupé Shame. Il parait que c’est bien… Mais il reste deux gros morceaux, respectivement électro et punk (ou deathpunk pour les spécialistes) : Moderat et Turbonegro. Malheureusement programmés en même temps. Le set des premiers est impeccable. Son parfaitement berlinois et avec la pleine lune, ça le fait....

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Wonderflu – Wonderflu

Wonderflu – Wonderflu

Depuis ses débuts, il y a 10 ans, Wonderflu fait ses trucs dans son coin, comme ça lui chante. Généralement un groupe met toutes ses forces pour sortir le plus tôt possible un premier album et capitaliser dessus, les parisiens, eux, ont préféré sortir… 6 EP avant (dont un double qui aurait très bien pu faire office d’album mais non, il ne fallait surtout pas le considérer comme tel). Et quand le grand jour arrive, plutôt que de sortir un bête album, ils nous sortent un gros double de bourrin. Un menu double best of gavé à ras bord de 30 titres. 1h15 dans nos petites quenottes. Avouons-le, au départ on s’est dit « bon ils sont gentils ils ont foutu dedans 12 démos rafistolées qui trainaient au fond d’un tiroir (les fameux Bastard Tracks), rajouté 4, 5 nouvelles compos (destinées initialement à l’EP annuel), une belle pochette signée Halfbob et roulez nénesse : opération marketing bien ficelée ». Sauf que non, ça ne tient pas. Déjà Wonderflu et le marketing ça fait 12. Tu veux leur acheter un cd, tu repars avec 5 et des autocollants à distribuer à toute ta famille. Pour le même prix. Et puis, si vous savez un peu compter vous noterez que 12+4 ou 5, on est encore loin des 30 morceaux. Non ces 30 morceaux, ils se sont enfermés pendant de longues semaines pour les pondre. Ça devait sentir le phoque, il devait y avoir de la Kro renversée aux quatre coins du studio, ils ont dû partager quelques fous rires et engueulades mais au final ils les ont chié leurs 30 morceaux. Certains d’entre eux retiennent immédiatement l’attention, d’autres s’imposent au fil des écoutes, en tout cas nulle trace de remplissage. Le seul défaut qu’on pourrait trouver à ce disque est d’être un foutoir sans nom. Ça, c’est indéniable. Mais c’est aussi ce qui fait son charme. Au rayon des réjouissances, un « Yodel » so Nirvano-Pixien, les ultra efficaces « Turbulence », « Goods » ou « Accelerate » qu’on te met au défi de ne pas chanter à tue tête au bout d’une demi écoute, des mignardises folk lo-fi (« Is It Real? », « Matter Of Choice », « Driving No More »), des rasades punky/grungy (« Recently Seen », « Tease You »), des sifflotements et du banjo à rendre jaloux les Minutemen (« Barbecue »), une chanson pour saloon (« Are You Right? »)… La tourmentée « Second Floor », bardée d’effets et flanquée d’un motif de gratte qui vous colle aux basques. Sans oublier une « Radio Edit » qui démarre comme un bon vieux tube habituellement torché en 2’30 chrono et qui finalement fait un peu ce qu’elle veut, et après bien des soubresauts s’offre un break basse-batterie qui nous renvoie à l’âge béni où Kim Deal avait encore les faveurs de Frank Black. Et cette petite...

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Thurston Moore – Rock’n Roll Consciousness

Thurston Moore – Rock’n Roll Consciousness

La dernière fois que j’ai vu tonton Thurston, j’ai été clairement déçu. Faire le déplacement pour écouter du sous-Sonic Youth sans grande saveur à la guitare acoustique 12 cordes, ça ne m’avait pas franchement ravi. Surtout qu’avec le temps, je m’étais quand même rendu compte que son Best Day de 2014, qui m’avait pourtant plu à sa sortie, ne se contentait en fait que de faire vibrer une corde nostalgique profonde à base d’artifices quasiment dénués de substance. Pour faire court, tonton Thurston s’était contenté de nous filer quelques memberberries à manger, en suivant la très pertinente métaphore de South Park. Du coup, on ne peut pas dire que j’attendais ce Rock’n Roll Consciousness, ou alors vraiment au tournant pour lui mettre un petit croche-patte mesquin au passage histoire de passer ma frustration de critique amateur aigri. Donc je l’ai écouté d’une oreille, à moitié désintéressé, à moitié mal-intentionné et putain, je ne m’attendais pas à ça. Alors certes, vous vous doutez bien qu’on n’a pas droit à un virage complètement inattendu et improbable du genre « tonton Thurston se met au synthpunk pour faire comme tout le monde« , et je me sens d’autant plus con de ne pas l’avoir vu venir en suivant plusieurs dates de la tournée tonton Thurston et sa 12 cordes, mais déjà, on sent la guitare acoustique. Ça donne une saveur à certaines compos, « Exalted » ou « Smoke Of Dreams », qui bien que déjà vu dans sa carrière solo, nous détache d’emblée du précédent disque.  Surtout, tonton Thurston ne fait pas du sous-Sonic Youth ! Et ça, mine de rien, ça faisait un moment qu’on n’y croyait plus, car depuis la séparation de son groupe, qu’il le fasse mal (avec Chelsea Light Moving) ou plutôt bien (avec The Best Day), il semblait avoir beaucoup de mal à s’en détacher. Alors certes, les morceaux sont encore beaucoup trop longs à mon goût, et ne m’accrochent pas forcément, mais on a vraiment l’impression que tonton s’aventure hors de sa zone de confort, voire tente des choses presque inédites avec le très shoegaze « Cusp », et le fait malgré tout avec sa marque de fabrique. Bref, on pourrait dire que tonton Thurston trace son bonhomme de chemin en emmerdant au passage tous ceux qui pourraient y trouver quelque chose à redire, moi le premier. Beau joueur, je ne peux que reconnaitre qu’il le fait plutôt très bien cette fois-ci, et je lui tire mon chapeau. Bien joué, tonton Thurston, tu sais nous rappeler pourquoi on t’aime !...

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The Afghan Whigs – In Spades

The Afghan Whigs – In Spades

Vous êtes tout excité aujourd’hui, vous allez revoir tonton Greg ! Vous l’adorez Tonton Greg, vous le surnommez même affectueusement Dudul (va savoir pourquoi). Dudul c’était toute votre jeunesse, quelqu’un qui comptait pour vous, avec qui vous aviez fait les 400 coups. Et puis, suite à des conflits familiaux, vous l’aviez perdu de vue pendant 16 ans. C’est long, 16 ans. Alors, à vos retrouvailles, il y a trois ans de cela, l’émotion était grande et la joie profonde. Et s’il avait un peu changé, assagi avec l’âge, forcément, Dudul était resté le même au fond. Et donc aujourd’hui vous allez le revoir et vous trépignez en sonnant à la porte. Mais quand il vous ouvre, stupeur ! Tonton Greg a changé. Il arbore un look jeunot, se donne des airs de chanteur RnB (« Birdland »), et vous détestez le RnB. Il le sait pourtant ! Mais finalement, passé la surprise, en passant du temps avec lui, vous réalisez qu’il est toujours aussi attachant. Et puis, Dudul a toujours des goûts musicaux très raffinés. Pour vous le prouver, il vous joue quelques morceaux. Comme à la belle époque. Il n’empoigne plus sa guitare avec la même férocité qu’auparavant, préférant s’installer tranquillement au piano mais il est toujours capable de vous émouvoir quand il se montre entier et touchant (« Demon In Profile »). S’il vous prend parfois un peu pour une bille en usant d’artifices grossiers (« Light As A Feather »), Dudul a le mérite de se montrer tout à fait cohérent, s’éparpillant un peu moins que lors de vos précédentes retrouvailles, et vous offre quelques moments privilégiés, empreints de classe (« The Spell », « Arabian Heights »). Sans être tout à fait mémorable, cette nouvelle visite vous conforte dans l’idée que, même en prenant de l’âge, Dudul est toujours digne de confiance et d’intérêt. Et, vous avez déjà hâte de le revoir !...

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Chris Cornell, just like suicide…

Chris Cornell, just like suicide…

  Il y a deux ans, j’écrivais un long papier sur la discographie de Soundgarden, groupe ô combien essentiel à mes yeux. Je ne vais donc pas reparler ici de morceaux incroyables comme « Jesus Christ Pose », de titres déchirants comme « Fell On Black Days » ou de duo légendaire comme « Hunger Strike », j’ai simplement l’envie et le besoin de rendre hommage à Chris Cornell pour tout ce qu’il représente à mes yeux.    Donc voilà ça semble vrai. Tout ce qu’il y a de plus vrai. Chris Cornell est mort. On l’écrit pour en prendre un peu plus conscience. Pour nommer l’indicible. Chris Cornell est mort. Il se serait même suicidé. Lui, le Chris Cornell qui a vécu comme un traumatisme la mort par overdose d’Andy Wood (Mother Love Bone), son colocataire, avant de lui rendre un hommage majestueux sur Temple of the Dog, lui qui s’est forcément pris de plein fouet le suicide de Kurt Cobain et la déchéance de Layne Staley, à huit ans d’intervalle. Lui qui, aux côtés d’Eddie Vedder, incarnait brillamment les voix du « big four » du grunge. Celles qui restaient. Il est parti. Sans qu’on ne voit rien venir. Et ça fait mal. Bien sûr c’est toujours con de pleurer quelqu’un qu’on n’a pas connu. C’était peut-être « juste » un immense chanteur. Une voix incroyable. Juste l’un de ceux qui m’a transmis un amour profond pour le rock. Le rock à guitares, le rock qui fait du bruit. Le rock de Seattle. Le « grunge », comme ils disent. C’est déjà beaucoup. Soundgarden aura donc été un de mes premiers émois musicaux, avec Nirvana, Pearl Jam, Alice In Chains. J’étais trop jeune pour les vivre « en direct ». Mais j’avais un grand frère, qui m’a transmis le tout en léger différé. Je me souviens de parties de backgammon dans sa chambre en écoutant « le big 4 », je me souviens de la compil Soundgarden que je m’étais faite sur K7 et je me souviens d’ailleurs très bien qu’au moment de passer un à un tous les titres de Superunknown, je me disais que ça devenait compliqué de choisir, et que ça faisait quand même bien chier de pas mettre « Spoonman » dessus. Je me souviens que mon frère enregistrait les clips de M6 qui passait à des heures indues, à l’époque où il y avait encore de la bonne musique à la télé (à des heures indues, certes) et qu’on trippait sur le clip de « Black Hole Sun » avec cette glace qui fond au ralenti. Je me souviens très bien de la sortie du dernier album Down On The Upside, je n’avais que 11 ans, mais j’avais déjà bien chopé le virus. Un disque en-dessous des deux monuments précédents mais excellent...

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Interview – Slowdive

Interview – Slowdive

Slowdive respire le bonheur : deux décennies après avoir servi de punching ball à l’odieuse presse britannique, trois ans après s’être reformés à la demande générale, ils sortent le 5 mai prochain un quatrième album éponyme, très fluide et un chouia plus accessible que ses lointains prédécesseurs, et le baromètre semble au beau fixe. Votre serviteur a rencontré le très érudit Neil Halstead, chanteur et guitariste, dans le petit salon rouge (orné de couvertures du magazine Lui) d’un discret hôtel parisien.     NH : ça fait vraiment tôt pour moi ! (NdR : l’interview se passe à 9h30) Oui, pour moi aussi ! Tu as pu écouter le nouvel album ? Oui, il y a deux jours, et j’ai entendu certains des nouveaux morceaux lors du concert au Trabendo. Ils sonnent vraiment bien. Merci !   Certains morceaux sont plus rapides que sur les vieux albums, « Star Roving » notamment. Ah tiens ? Oui, c’est vrai, il y a quelques morceaux plus rapides. Je n’y avais pas vraiment pensé. Effectivement, « Star roving » est un peu plus rapide, mais il y en a des plus lents aussi, comme « Slomo », « Falling ashes », « Go Get It »… Je le perçois comme un disque assez classique de Slowdive. Il ne me semble pas qu’il y ait un gros changement au niveau de l’atmosphère ou de la manière de faire. Il fait référence à ce qu’on faisait à l’époque aussi bien qu’à quelque chose de renouvelé.   Vous avez fait des choses très différentes dans le passé. Pygmalion était différent. Oui, tous les disques ont été différents. Pour moi, celui-ci a des éléments de Pygmalion, des éléments de Souvlaki, et des éléments de quelque chose d’autre. Alors oui, peut-être que certains morceaux sont un peu plus rapides… (rires)   Votre son sur scène est plus agressif, la basse notamment, un peu comme du Mogwai ou Explosions in the Sky. Je ne sais pas, on a toujours été un groupe bruyant, c’est notre truc. Je crois qu’on a toujours sonné comme ça sur scène. J’ai rencontré Mogwai pour la première fois en 2014, et ils nous ont dit qu’ils faisaient partie de ces gamins au premier rang des concerts de Slowdive, qui essayaient de comprendre comment on créait notre son. Ils ont clairement été inspirés par Slowdive.   À partir de quand vous êtes vous rendus compte que des groupes avaient été influencés par Slowdive ? Je pense que c’est quand Morr Music a sorti cette compilation, au début des années 2000 [Blue Skied an’ Clear, un double album de reprises de Slowdive par des artistes de ce label allemand de musique électronique, ndr]. Quand elle est sortie, avec ces artistes qui reprenaient des chansons de Slowdive, ça nous a familiarisés avec l’idée que Slowdive...

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5 chansons, 5 disques par Ventura

5 chansons, 5 disques par Ventura

Quatre ans après Ultima Necat, son monumental troisième album, Ventura nous manque. Notre première rencontre peu de temps après la sortie dudit monument laissait entrevoir que ces messieurs étaient dotés d’une vaste culture musicale, il nous semblait donc fort légitime (et potentiellement intéressant) de discuter de nouveau longuement avec eux, de 5 de leurs morceaux puis de 5 albums de leur choix. Et on y tenait tellement que, faute de mieux, on l’a fait par Skype.   1 – I Keep Starting (Pa Capona – 2006)   Pa Capona by Ventura C’est un disque que je maitrise un peu moins que les autres. Je trouve que sur cet album, et notamment ce morceau, il y a un côté assez indie rock slacker plus prononcé que par la suite où la prod a pris plus d’importance. Là je trouve que dans l’esprit on est assez proche de Pavement par exemple. C’est ce que vous ressentez aussi ?  Diego (basse) : moi ce dont je me rappelle de l’enregistrement de ce disque, c’est qu’on a fait ça un peu à l’arrache par rapport aux suivants.   En 4 jours c’est ça ? Diego : Ouais, 4 jours. Dans ce disque on a vraiment mis tous les morceaux qu’on avait, sans trop réfléchir. Aujourd’hui il y en a quelques-uns que j’enlèverais je pense. Cet effet que tu dis, slacker ouais peut-être. C’était un snapshot de cette période-là, on a voulu enregistrer tout ce qu’on avait. Philippe (guitare, chant) : j’oserais pas spontanément nous comparer à Pavement, mais c’est un groupe qui m’a beaucoup marqué et qui m’a fait comprendre qu’il y avait pas besoin d’être technique. Dans ce sens-là c’est un groupe totalement essentiel pour moi, parce qu’ils avaient des mélodies incroyables, sans être techniques et tout en étant hyper drôles. J’ai toujours trouvé qu’ils avaient des textes très drôles. C’est un groupe qui personnellement m’a beaucoup marqué. J’ai réécouté ça l’autre jour ça faisait longtemps, et j’ai tendance à oublier que ce groupe a existé et c’est bête parce que c’est vraiment un groupe assez génial.   Et les travaux de Malkmus vous suivez encore ? Philippe : J’ai pas réussi à accrocher sur ce que fait Malkmus tout seul. Mais peut-être que je devrais réessayer. Mes goûts changent aussi, peut-être que ça passerait mieux maintenant. Je relisais l’autre jour sur wikipedia la biographie de Pavement et il semblerait que l’essentiel de la biographie de ce groupe repose sur Malkmus lui-même alors que je trouve que sans les autres il est moins intéressant. Mais j’ai jamais vraiment creusé non plus.   Et pour en revenir un peu à ce morceau et l’album, vous dites que vous avez tout mis c’est à dire...

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Pile – A Hairshirt Of Purpose

Pile – A Hairshirt Of Purpose

J’aurais dû savoir, entre leurs disques et la découverte de Tennis Bafra l’année dernière, que les mecs d’Influenza Records connaissaient leur affaire en matière de rock indé inspiration 90s. N’empêche, j’avais écouté plusieurs morceaux de Pile et c’était un poil bourrin à mon goût, ce n’est pas ma faute, je suis un sensible. Du coup, je ne me suis pas empressé d’écouter ce nouveau disque, le premier américain à sortir sur le label, et encore moins d’en faire la promotion. Mea maxima culpa. Je n’avais certainement pas écouté les bons titres pour me planter sur Pile à ce point-là ! Puissants, ils le sont certainement, il y a bien des titres comme « Hissing For Peace », « Texas » ou « Hairshirt »  pour le prouver. Mais bourrins, allons donc ! Déjà, A Hairshirt Of Purpose s’ouvre sur une ballade, et les morceaux downtempo sont quasiment omniprésents. Surtout, ils sont particulièrement réussis qu’ils soient de vrais titres calmes (« I Don’t Want To Do This Anymore », « Making Eyes »), dans le crescendo contenu (la très jolie « Milkshake »,  « Rope’s Lengths », « Dogs ») ou même dans l’explosion finale (« Slippery »). Au bout du compte, on a un disque très réussi, dans lequel on sent un gros travail de composition sans jamais être dans la surenchère, de la complexité sans jamais être dans le grandiloquent, de l’émotion sans jamais tomber dans le sentimentalisme… une vraie réussite, pour peu qu’on aime ce style de musique. Sans tergiverser, ce qui ne semble pas être le genre de Pile, Influenza Records a su nous dénicher un excellent album, et un groupe à découvrir assurément. Et puis, comment pourrais-je résister à des musiciens du Massachusetts qui appellent un de leurs morceaux « No Bone » ?...

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IAM – L’École Du Micro D’Argent

IAM – L’École Du Micro D’Argent

Dans quelques années quand on parlera de rap français à nos gosses, ils auront peut-être du mal à croire qu’auparavant les rappeurs déblatéraient dans le micro avec leur vraie voix sans avoir recours à des artifices dégueulasses, que ce qui les animait était de dépeindre la vie telle qu’ils la percevaient et telle qu’elle était vécue par des milliers de banlieusards n’ayant pas accès à la même exposition qu’eux. D’être la voix des sans voix comme le veut l’expression consacrée. Ils nous regarderont peut-être les yeux écarquillés quand on leur dira que ces mêmes rappeurs étaient médiatisés uniquement pour la qualité de leurs textes et non pas pour leurs frasques ou marques de sapes. On ne sera alors pas peu fier de leur dire que nous étions là il y a 20 ans pour vivre l’arrivée d’un monument du rap francophone. On leur foutra « Demain, C’est Loin » dans les oreilles et ils comprendront que tout est vrai. En 1997, IAM, étendard du rap marseillais sort donc ce qui reste à ce jour son chef-d’œuvre inégalé. Jusque-là il était respecté pour son statut de pionnier, justifié par deux premiers albums de qualité et un tube pour faire les cons en soirée (« Le Mia »). Les promesses sont là mais on ne s’attend quand même pas à un tel coup de maître. Avec L’école Du Micro D’argent, IAM déploie l’artillerie lourde. Tout pour plaire. Des instrus travaillées comme jamais, Imhotep et Kheops partent en quête du sample qui tue sillonnant les films, disques soul, funk et nous pondent des instrus comme on n’en avait jamais entendues de ce côté-là de l’Atlantique. C’est d’ailleurs en partant enregistrer une partie du disque à New York, mecque du rap underground, que les marseillais vont chercher l’inspiration. Dès le morceau titre en ouverture et son instru terriblement entrainante, on s’en prend plein la face. Parés pour la bataille. Les amateurs du Wu-Tang Clan ou de Mobb Deep auront droit à leur petite hallucination se disant qu’on n’est pas si mal en France. Au niveau des textes on n’est pas si mal non plus. Les MCs déploient un style tout terrain avec une plume aussi à l’aise dans l’égotrip pur et simple (« Un Bon Son Brut Pour Les Truands ») que dans le fait divers glaçant dépeint avec un réalisme froid (« Un Cri Court Dans La Nuit »). Le grand public découvre que le rap n’est pas qu’un truc de banlieusards pour les banlieusards. Une science de la rime, des textes d’une intelligence rare à même de parler à chacun de nous. Pas aussi intello qu’un MC Solaar, pas aussi radical que NTM ou Assassin, les marseillais ont leur créneau et livrent là « une musique pas faite pour 5...

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Grandaddy – Last Place

Grandaddy – Last Place

Notre grand-père préféré est de retour ! Ça fait 11 ans qu’on l’attendait, ses petites histoires nous avaient manquées. Bien sûr il avait continué de nous en conter mais il ne voulait plus qu’on l’appelle grand-père, il préférait qu’on l’appelle par son vrai nom, Jason Lytle. C’était chouette mais ça n’avait pas tout à fait la même saveur. On a beau avoir fait un long break, quand il entame son histoire on a le sentiment qu’il ne nous a jamais quitté. Le voilà qui fait plein de bruitages, au début on se dit qu’il se paie un peu notre tête mais finalement il faut reconnaître qu’ils sont sympas et rigolos ses bruitages. Et l’histoire est super chouette (« Way We Won’t »). Parfois on a un peu l’impression qu’il nous a déjà raconté certaines d’entre elles (« I Don’t Wanna Live Here Anymore ») mais on l’aime bien alors même s’il est un peu gâteux on lui pardonne… Et puis il est attachant ce Grandaddy, il nous tirerait presque les larmes (« The Boat Is In The Barn ») avec cette mélancolie qu’il se traine depuis des années (« That’s What You Get For Gettin’ Outta Bed », This Is The Part »). De temps à autre, il nous prend même sur les genoux, nous fait rebondir (« Chek Injin ») et on lui demande de ne pas s’arrêter (« please keep going, please keep going« ). Sur la fin, papy a l’air vraiment triste, il radote un peu ses vieilles rengaines (sa crainte du digital qui prend de plus en plus de place dans nos vies, notamment), on l’écoute par compassion mais on s’ennuie un peu par moments. Et puis, finalement, à force d’y mettre tellement du sien il parvient à nous convaincre totalement (« A Lost Machine »). Ne boudons pas notre plaisir, les moments passés avec ce grand-père adoré demeurent privilégiés. Il est de retour c’est le principal, et il a encore toute sa tête. Ses plus belles années sont sans doute derrière lui, mais vu l’amour et les super moments qu’il arrive encore à nous transmettre on l’imagine mal finir à l’hospice le vieux....

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