Interview – Cloud Nothings

Interview – Cloud Nothings

Jusque-là, Cloud Nothings c’était un peu le groupe maudit en interview pour nous. Après quelques annulations de dernière minute ces dernières années, on avait fini par ne plus trop y croire, et par se dire que ce groupe-là, au fond, ne goûtait guère l’exercice. Il a le droit après tout. Mais cette année, alors qu’on s’était déjà réconciliés avec eux musicalement grâce à Last Building Burning qui revient à un son bien plus brut que Life Without Sound, ils ont accepté, sans aucun signe avant-coureur d’une possible annulation… jusqu’au jour J. Alors qu’ils se produisaient au Point Ephémère (Paris), que tout était calé pour une interview avant le concert, ils ont essayé de se débiner à plusieurs reprises. Mais c’était sans compter sur la persévérance de Chloé, attachée de presse chez PIAS, qui s’est démenée (autant qu’elle s’est arrachée les cheveux) pour trouver une solution, pas aidée par une manageuse peu arrangeante… Finalement, nous l’avons faite cette interview, mais pas avec Dylan Baldi, chanteur-guitariste et principal compositeur du groupe, comme prévu mais Chris Brown, second guitariste et récente recrue du groupe, pas forcément très à l’aise dans l’exercice mais fort sympathique au demeurant. Résultat : une interview semi préparée semi improvisée et beaucoup d’énergie gaspillée. © Daniel Topete Quand as-tu rejoint le groupe et comment ça s’est fait ? J’ai commencé à jouer avec le groupe en juin 2016, après l’enregistrement de Life Without Sound. Ils ont réalisé qu’ils avaient besoin d’un guitariste pour la tournée parce que certains passages de l’album sonneraient bizarrement avec une seule guitare. Je les connaissais depuis très longtemps, Jason (Gerycz) le batteur et moi, on a grandi ensemble. J’ai ensuite connu TJ (Duke, bassiste) et Dylan (Baldi, chanteur-guitariste) en jouant à Cleveland et dans les parages. Donc ils m’ont demandé de les rejoindre et j’ai accepté. C’était une décision très facile à prendre. Tu es donc arrivé après Life Without Sound qui était un album assez surprenant de la part de Cloud Nothings, beaucoup plus pop et moins énervé, moins tendu, moins noisy. L’avais-tu écouté avant de les rejoindre et que pensais-tu de cet album ?Oui, Dylan m’a montré tous les morceaux, comment les jouer… C’était clairement un changement par rapport aux albums précédents mais ça ne me semblait pas non plus inapproprié, c’était l’étape suivante. Faire grandir et évoluer le son du groupe. J’ai trouvé ça différent mais je me suis dit que c’était la bonne direction à prendre. Pourquoi être revenu à un son beaucoup plus agressif sur ce nouvel album, Last Building Burning ? Ça avait quelque chose à voir avec ton arrivée ?(Rires) Non, je ne vais pas assumer cette responsabilité ! Ce n’était pas vraiment une décision réfléchie, on ne s’est pas...

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Weezer – The Teal Album

Weezer – The Teal Album

(Crush Music/Atlantic, 24 janvier 2019) Les plaisanteries les plus courtes sont toujours les meilleures, et Weezer s’est mis en tête de nous le démontrer. Après un album blanc qui pouvait redonner espoir et un Pacific Daydream assez mitigé qui contrariait fortement les espoirs en question, le groupe s’est fait happer par les pires côtés improbables d’internet. On pourrait se contenter de cette phrase : Weezer a repris “Africa”. Mais ce serait passer à côté du plus important : cette reprise, partie d’une petite blagounette sans intérêt, est le fruit d’une vague qui a déferlé de twitter et submergé les différents réseaux sociaux jusqu’à pousser le groupe à s’exécuter, mais surtout à mettre en avant ce fait comme un évènement. Le tout aurait pu s’arrêter à un clip avec Weird Al parodiant celui de Toto, mais non. Car non content d’avoir fait une reprise presque copiée-collée d’un morceau dont personne ne voudrait entendre une reprise, Weezer a décidé de faire un album complet sur le même principe. Ainsi s’enchainent les tubes 80s dégueulasses et kitschissimes (“Africa” de Toto donc, “Sweet Dreams” d’Eurythmics, “Take On Me” de A-Ha), et les poncifs du groupe de musique générique qui ne sait pas trop ce qu’il veut jouer (“Paranoid” de Sabbath, “Billie Jean” de Michael Jackson, “Stand By Me” de Ben E. King). Les versions dont la modification va au-delà d’une guitare un peu plus distordue se comptent sur les doigts de la main d’un estropié (“Happy Together” des Turtles, “Stand By Me” et “No Scrubs” de TLC, qui reste néanmoins très pop pute) et on se fait vite un avis sur les autres : les bons morceaux restent bons, mais on préférera toujours écouter les originaux, les mauvais morceaux restent nuls à chier et on n’a déjà pas envie d’écouter les originaux… Un clip supplémentaire parodiant celui d’A-ha est sorti, et l’album complet, avec pochette pastiche, est sorti sous le nom de Weezer, l’album bleu canard.  Voilà à quel point le groupe de Rivers Cuomo ne se prend pas au sérieux. Et sur le principe, c’est super. Sauf que le disque est une purge qui sortira en physique pour le record store day et bénéficie d’une visibilité énorme pour ce que c’est. La preuve, on en parle même sur ce webzine tenu par un weezerophobe… On aimerait bien que des artistes qui ont des choses intéressantes à faire et partager aient les mêmes moyens. J’espère que tous les bénéfices qu’engendrera cette blague seront reversés à des artistes qui galèrent....

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LANE – A Shiny Day

LANE – A Shiny Day

(Twenty Something, 8 mars 2019) Ça leur avait manqué aux frères Sourice. S’enfermer dans un studio pour faire du bruit, partir en quête de la mélodie imparable, enregistrer, se planter, se marrer, recommencer. On ne doute pas que l’expérience a dû être ô combien stimulante en compagnie de deux jeunots (les frères Belin, du groupe Daria) et d’un très jeunot (Felix Sourice, fils de Pierre-Yves) ! Comme un nouveau départ en somme. Ça nous avait manqué à nous aussi, sevrés d’albums des Thugs depuis près de 20 ans. La première ration de 4 titres l’été dernier avait suffi pour raviver la flamme. Ici, le plaisir est prolongé sur 10 titres. Mais ne nous méprenons pas, ceci n’est pas le retour des Thugs. Il s’agit bien d’un nouveau groupe. Un groupe à trois guitares, de quoi foutre un bon bordel, et potentiellement se marcher sur les cordes. Il n’en est rien, et la basse de Pierre-Yves n’a peut-être jamais été si présente. L’osmose entre chacun est ici évidente. L’urgence est là, elle les guide, elle nous exalte. LANE semble avoir un train à prendre, et nous, on le prend en pleine face. La moitié des morceaux n’excède pas les trois minutes mais les mélodies sont omniprésentes, elles sautent aux oreilles dès les premières écoutes, les riffs marquent les esprits (“A Free Man” qui sonne comme un hymne) et les refrains collent aux neurones (“Clouds Are Coming”, “Winnipeg”). Même quand LANE calme le jeu, invite la mélancolie à la fête, l’émotion nous prend à la gorge, la réussite est totale (“Red Light”). En deux mots comme en 100 : ÇA TUE. Le tempo ralentit également en fin d’album (“Down The River”), la section rythmique relâche enfin l’étreinte avant d’offrir un crescendo qui, on l’imagine déjà aisément, donnera sa pleine mesure lors de fins de sets endiablés. Mais nous n’en sommes pas là. Nous voilà déjà comblés. Les frères Sourice détiennent toujours la formule, elle se marie merveilleusement bien avec celles des frères Belin. Cette union était une brillante idée, ce retour aux affaires est une bénédiction. C’était long toutes ces années, ne nous faites plus jamais ce coup-là. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DES THUGS – IABF Chronique à retrouver également dans le New Noise #47 Février-Mars...

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Interview – Thalia Zedek

Interview – Thalia Zedek

Beaucoup ne connaissent Thalia Zedek qu’en tant qu’ancienne chanteuse de Come. Ou, pire encore, ne la connaissent pas du tout. Un manque de reconnaissance profondément injuste compte tenu de la longévité et productivité de la dame, active sur plusieurs fronts, et toujours incapable de décevoir. L’an passé, c’est rien de moins que deux albums de très grande qualité qu’elle nous a offerts. D’abord avec son (super)groupe qu’on appelle E puis avec « son band », et quelques invités de choix. La tentation était donc grande de la rencontrer et de la cuisiner comme il se doit avant un concert de grande classe devant quelques privilégiés, pressés dans la minuscule salle de la Cantine de Belleville, à Paris… “Fighting Season est clairement un disque anti-guerre, anti fascisme, anti génocide, en réaction aux montées du nationalisme, à ces gens qui essaient de séparer tout le monde. On connait bien ça aux Etats-Unis en ce moment.” © Naomi Yang J’ai lu que tu avais eu une approche très personnelle sur ce disque et quasiment tout écrit toute seule avant de le présenter aux autres membres. Pourquoi as-tu travaillé de cette manière, spécifiquement sur ce disque ? J’ai été très occupée avec E, avec mon album « solo » précédent donc c’était tout simplement compliqué de réunir tout le monde. Désormais Gavin (McCarthy, ndr) de E est avec nous sur cette tournée, mais Jonathan (Ulman, ndr), le batteur qui a enregistré le disque, était très occupé et de manière générale réunir cinq personnes dans la même pièce au même moment est très difficile. J’ai répété avec des personnes différentes, de groupes différents… De toutes façons, j’ai l’habitude d’écrire la plupart des chansons presque entièrement puis de laisser un peu d’espace aux autres pour qu’ils ajoutent leurs idées. Nous nous occupons des arrangements ensemble, généralement. Mais cette fois j’ai dû également m’impliquer davantage dans les arrangements, en veillant à ce que les configurations soient différentes d’un morceau à l’autre. Il y a des chansons avec de la guitare, de l’alto, du violoncelle, certaines avec du piano, de l’alto et de la guitare, d’autres basse, guitare, batterie… Ça a bien fonctionné parce qu’on a ainsi pu faire des répétitions pour chaque chanson particulière. C’était donc davantage une question d’agenda qu’une réelle volonté de faire un disque plus personnel. C’était un peu des deux. C’est parfois difficile d’apprendre une chanson à cinq personnes différentes. J’ai aussi fait l’effort sur ce disque d’être un peu plus engagée et consciencieuse sur les arrangements. Et j’avais travaillé avec le même producteur sur les trois derniers albums, Andy Hong et il m’a encouragé à faire ça « tu devrais vraiment décider de ce que tu veux, pas simplement dire ‘voici les morceaux, faites-en ce que...

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The Young Gods – Data Mirage Tangram

The Young Gods – Data Mirage Tangram

(Two Gentlemen / Differ-Ant, 22 février 2019) Ils sont nombreux, et pas que des tocards, à avoir appris la vie en ponçant les premiers albums des Young Gods, à s’être passionnés pour leurs évolutions stylistiques au gré des années et s’être demandés à quelle sauce ils allaient bien pouvoir être bouffés lors du retour des (plus si) jeunes dieux suisses. Ils ne s’attendaient sans doute pas à être cuisinés de la sorte par une électro propice à l’évasion, qui prend son temps, instaure tranquillement d’étranges climats. Le retour de Cesare Pizzi (claviériste, programmateur), absent des débats depuis les deux premiers albums d’humeur explosives, n’aura donc pas eu l’effet escompté. Les Young Gods n’éprouvent ici nul besoin de faire parler la poudre, ils se “contentent” de ramener leur science. Leur science de l’expérimentation, leur maitrise du son.Les guitares se font discrètes, elles ne se révèlent que lorsque la marmite explose, lorsque la tension devient intenable (les colossales “Tear Up The Red Sky” et “All My Skin Standing”, proprement fascinantes). La violence couve, mais elle est maîtrisée. Ce disque n’offre que sept titres, c’est peu après huit ans d’attente, mais il en impose, tant il brille par sa cohérence et son homogénéité. Et en dehors des deux singles “Figure Sans Nom” (divine escapade électro rock poétique) et “Tear Up The Red Sky” qui marquent les esprits immédiatement et durablement, le reste s’offre à qui veut bien l’attendre. Car il faut prendre son mal en patience pour pénétrer “Moon Above” où un Franz Treichler cerné par une rythmique déstructurée, un fracas de bruitages incessants et une absence notable de véritable mélodie (exception faite d’un harmonica bien saugrenu qui déboule sans coup férir), se demande fort légitimement “is this the blues i’m singing?”. Ça y ressemble en effet mais qu’est ce que ça fout là ? C’est une autre histoire. Les Dieux sont tombés sur la tête et c’est bien là le meilleur moyen de nous donner la foi. De son côté, “You Gave Me A Name” dégaine de sa poche une mélodie simpliste et efficace. Les Young Gods pourraient s’en contenter. Pas vraiment le genre de la maison. Ils préfèrent répéter inlassablement ce motif, avant que soudainement l’agitation les gagne et nous embarque ailleurs, où les sonorités affluent de toutes parts. Le piège se referme alors. L’égarement est donc fréquent mais il est savoureux. Combien de disques très accrocheurs de prime abord ont rapidement pris la poussière ? Combien se sont imposés peu à peu pour devenir incontournables ? Beaucoup, dans les deux cas. Les Young Gods ont depuis bien longtemps choisi leur camp, et ce n’est pas maintenant qu’ils vont en changer. Ils ne font pas dans l’aguicheur, ils séduisent par...

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Interview – Mick Harvey

Interview – Mick Harvey

Multi-instrumentiste, collaborateur et producteur de premier choix (PJ Harvey, Anita Lane), Mick Harvey est un homme aux multiples talents. Celui qui a été l’un des compagnons de route les plus fidèles et fameux de Nick Cave au sein des Bad Seeds, de Birthday Party et même des Boys Next Door, a amorcé depuis longtemps un virage solo, entre songwriting habité, bandes originales de films australiens et adaptations savoureuses de l’œuvre de Gainsbourg. A l’occasion d’une mini tournée consacrée à ses chansons revisitées de “L’homme à tête de chou”, l’intéressé a répondu à quelques-unes de nos questions. “L’allemand est presque perçu comme l’opposé du français en termes de sensualité dans les sons et les possibilités érotiques. (Chanter “Je t’aime… moi non plus” en allemand) était donc un choix pervers, mais aussi un choix avec lequel je voulais me démarquer d’idées préconçues.” © Lyndelle Jayne Spruyt Pour votre dernière sortie en date, l’album concept The Fall And Rise Of Edgar Bourchier And The Horrors Of War, vous avez travaillé avec l’écrivain Christopher Richard Barker, pouvez-vous nous en dire plus sur la naissance de ce projet ?Chris m’a contacté il y a environ deux ans avec l’idée d’adapter en chansons certains des poèmes de guerre de son personnage de fiction Edgar Bourchier, issu d’un roman qu’il a écrit (ndlr : The Melancholy Haunting Of Nicholas Parkes). J’ai réfléchi pendant un moment à ce qu’il m’avait envoyé, puis un jour, j’ai attrapé une guitare, transformé deux de ces poèmes en chansons et en ai fait une démo. Chris était très content du résultat et je dois avouer que le processus m’a énormément plu. Cela me rappelait la manière dont j’ai souvent fonctionné au cours de ma carrière musicale, à savoir travailler avec des paroliers pour les aider à adapter leurs mots au format chanson. Au début, je lui ai simplement envoyé les démos et je les ai laissés là sans trop vouloir m’impliquer, mais avec le temps, j’ai essayé avec quelques autres poèmes et j’ai continué d’apprécier la mise en œuvre. Le projet a commencé alors à prendre forme comme une vraie collaboration. De plus, je porte depuis longtemps un intérêt constant à la Première Guerre mondiale. La poésie de Bourchier a créé un lien immédiat avec moi et il m’a été facile de développer un point de vue et des sentiments à ce sujet. Pour interpréter ces chansons, vous avez fait appel à plusieurs proches collaborateurs comme J.P. Shilo, Alain Johannes, Simon Breed ou encore Jade Imagine, comment s’est opéré cet alléchant « casting » ? Les chanteurs du projet ont tous été choisis parce que je sentais que leur style vocal conviendrait à la chanson sur laquelle je les pressentais. Je connais énormément de chanteurs,...

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5 chansons, 5 disques par Mudhoney

5 chansons, 5 disques par Mudhoney

Il y a trois ans, l’un d’entre nous rencontrait Mudhoney pour la première fois, au cours d’un échange vif et passionné. Une expérience restée gravée. Car rencontrer Mudhoney pour une interview, c’est un vrai rêve de fan. Non pas que le groupe soit particulièrement inaccessible, on ne compte pas les photos de gens qui ont pu les croiser aux abords de leurs concerts, mais ils ne passent pas si souvent par chez nous et quand on n’a jamais vraiment eu l’occasion de discuter avec eux, c’est un moment assez énorme. Surtout quand, l’interview ayant un peu de retard, on a l’occasion de profiter des balances, quasiment seuls dans la salle. Seule petite déception, le chanteur Mark Arm ne sera pas de la partie, laissant la corvée des relations publiques au guitariste Steve Turner et au bassiste Guy Maddison. Déception vite envolée quand les deux répondent avec franchise, humour et sympathie (et un accent australien pas toujours facile à comprendre pour nous pauvres frenchies, en ce qui concerne Maddison) à nos questions sur 5 de leurs chansons.  © Emily Rieman Mudride (Superfuzz Bigmuff EP, 1988) Steve Turner : C’est une de nos plus vieilles chansons. On l’a écrite assez tôt. Il y avait carrément du Spacemen 3 et du 13th Floor Elevators dans nos inspirations pour ce morceau, je dirais.Guy Maddison : C’est comme ça que ça sonne ! (rires)ST : C’était marrant d’avoir un morceau plus lent pour se lâcher au début du groupe. On la fait encore, parfois, mais ça prend du temps pour l’amener à sonner comme il faut. Je pense qu’il faut la jouer souvent pour qu’elle sonne bien. GM : Oui, elle a un groove particulier sur lequel il faut qu’on se cale pour qu’elle sonne comme elle devrait. Je trouve qu’elle ressort de l’EP. C’était voulu ?ST : Non…C’est sur Superfuzz ? (Je confirme) Ben, on avait déjà « If I Think » qui était plus lente. Oui, mais sur celle-ci on sent du Black Sabbath sur les bords.ST : Nous, on pensait faire du psychédélique. Mais bon, j’en sais rien. On avait plus de chansons que les 6 qu’on a sorties sur Superfuzz. On a choisi un groupe de chansons variées, tu vois. Selon nous ! (rires) Cette question était plutôt destinée à Mark Arm, puisque c’est lui qui écrit les paroles, mais ça parlait de quelque chose en particulier ?ST : Il ne saurait pas répondre non plus à cette question ! (rires)Non, je crois qu’il ne parlait pas de quelque chose en particulier, il cherchait à évoquer des images. Nos plus vieilles chansons sont un peu plus brutes. Je n’ai jamais vraiment eu une idée précise de ce dont parlait ce morceau. GM : Souvent, Mark écrit des choses et il...

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The Beatles – The Beatles

The Beatles – The Beatles

Noël approche à grands pas et avec lui sa cohorte de rééditions, compilations, nouveaux packaging en tous genres pour nous faire cracher une fois de plus au bassinet. Et dans ce grand déballage mercantile, une perle, un pur chef d’œuvre des sixties élaboré par LE PLUS GRAND GROUPE POP de l’histoire de la musique contemporaine. Pas besoin de le citer, vous l’avez deviné il s’agit bien entendu des Beatles et la réédition qui fracasse tout est celle de The Beatles ou White Album ou Double Blanc chez nous les Frenchies. Pour ses 50 ans, le disque s’est offert un toilettage de première classe. Mené par Giles Martin, fils du producteur historique des Beatles, Georges Martin, décédé il y a quelques années. Et en cette période propice aux cadeaux, la nouvelle livraison de ce très fameux album blanc est quasi simultanée avec le concert donné par Sir Paul McCartney à Paris, dans le cadre de la tournée « Freshen Up », rafraichissante et nostalgique prestation d’un jeune homme de 76 ans entouré de fines lames. Mais j’y reviendrai plus tard. Concentrons-nous plutôt sur The Beatles. Ce disque donc, que contient-il ? Vous le trouverez dans de multiples versions incluant DVD, inédits, chutes de studio, version acoustiques, indispensables ou superfétatoires, c’est selon et votre point de vue sur les bonus est bien entendu subjectif et très personnel. Mais THE record itself, ce génial fourre-tout dans lequel on retrouve des chansons écrites par Lennon/Macca bien sûr, mais aussi quelques merveilles de Georges Harrison (“While My Guitar Gently Weeps”), et l’unique (et pas inoubliable) composition de Ringo « Don’t Pass Me By », il est comment vous demandez-vous. Et bien loin d’être une vulgaire compilation des chansons de chacun, comme cela est colporté depuis un demi-siècle, il s’agit d’un feu d’artifice, dont certaines fusées sont sidérantes de modernité. Le travail au niveau du son qui a été fait ici contribue à sa modernité farouche. Les guitares fusent, la basse claque, les cymbales frissonnent et nous avec. Et les voix ! Chant soit apaisé, murmuré ou rugissement de fauve, renforcé par les chœurs des trois autres. C’est juste hallucinant. On ne l’a peut-être pas assez dit, alors je l’écris ! Aujourd’hui les Beatles font partie du patrimoine de l’humanité et ont écrit un paquet de chansons gigantesques. On y va. Décryptage d’un patchwork de trente titres écrits durant leur séjour en Inde. Début de la fête avec l’atterrissage d’un Boeing (à l’époque Airbus n’existe pas encore…). Moteurs hurlants relayés par la batterie épileptique de Ringo, les guitares en fête et le piano bastringue martelé par Paul. Vous avez reconnu « Back In The USSR », mélodie démente, chant et harmonies vocales à tomber. 2’44 de bonheur, et l’avion se pose pour laisser John déclamer « Dear...

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Interview – Cypress Hill

Interview – Cypress Hill

Pour être tout à fait honnêtes, on n’y croyait plus vraiment. On ne croyait plus Cypress Hill capable de nous offrir un album aussi consistant alors que Rise Up sorti il y a huit ans déjà, partait dans toutes les directions et rarement dans la bonne. Pour faire du bon Cypress, il fallait forcément que DJ Muggs soit de retour aux affaires, lui qui a façonné le son du groupe latino-américain et nous a gratifiés au fil des années d’instrus intemporelles. Quatorze ans plus tard, le voilà qui reprend enfin SA place, il nous tardait donc d’échanger avec lui à propos de ses retrouvailles avec Sen Dog et B-Real. Mais pour être tout à fait honnête là encore, on a bien cru que cette interview n’allait jamais se faire tant elle fut compliqué à mettre en place. Finalement, après des semaines de relance et d’échanges de mails infructueux pour caler un rendez-vous, Muggs a décroché le téléphone depuis sa demeure californienne. Et ce ne fut pas qu’une partie de plaisir avec un Muggs très peu coopératif rendant l’échange très tendu par moments. Entre deux réponses laconiques et remises en place, il a tout de même livré quelques réponses non dénuées d’intérêt. En toute honnêteté, c’était assez inespéré… “Le rock était bon jusqu’à Led Zeppelin, après ça tout est pourri. J’ai fait « (Rock) Superstar » pour me foutre de la gueule de tous ceux qui essayaient de rapper sur du rock, qui sont mauvais, pour leur montrer que c’est facile. Genre « qu’est ce que vous foutez, à part lécher des culs ? ».”   Vous avez tous été très occupés par vos différents projets ces dernières années, ça a dû te manquer de bosser avec B-Real et Sen Dog ! Oui c’est clair, j’étais vraiment très content de les retrouver pour de nouveau faire du Cypress Hill ! Comment ça s’est passé en studio ? Vous avez rapidement retrouvé vos marques ? C’était bien, c’était très bien. Vous êtes parvenus à vous montrer immédiatement productifs ? Je t’ai dit que c’était très bien. Bon… Il parait que le concept de l’album Elephants On Acid provient d’un de tes rêves. Tu peux nous en dire plus à ce sujet ? Je n’en serais pas capable… Mais si tu écoutes l’album, tu comprendras tout à propos de ce rêve. Mais tu te souviens toujours de tes rêves et il t’arrive souvent de t’en inspirer pour faire de la musique ? Oui je me souviens de tous mes rêves et parfois je m’en sers pour composer, parfois non. Ça dépend. Il y a beaucoup d’inspirations orientales sur ce disque. Comment as-tu développé cet intérêt pour ce type de musique ? Premièrement, ce sont des inspirations...

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Interview – Kurt Vile

Interview – Kurt Vile

Mine de rien, depuis qu’il a quitté les War On Drugs et s’est consacré à son aventure en solo, rejoignant Matador au passage, Kurt Vile s’est imposé comme l’un des noms qui comptent de la scène indie rock actuelle. Auteur d’un septième album extrêmement généreux et varié, le philadelphien semble plus épanoui que jamais et en maitrise totale de son sujet. On imaginait rencontrer un homme posé, réservé et passionné et c’est exactement comme cela qu’il nous est apparu. Une réserve naturelle qui, entre deux confidences sur Bottle It In et sur ses angoisses, n’a pas empêché son visage de s’illuminer à l’évocation de sa ville de toujours ou de ses vieilles idoles…   “Je sais que c’est un album bizarre mais ça me va, je suis un mec bizarre (rires).”   Bottle It In est un album très long avec trois chansons autour des 10 minutes. A quoi est-ce dû ? Tu te sens plus libre que jamais dans ta façon de composer aujourd’hui ? Oui, d’une certaine manière. Mais ce n’était pas une grosse surprise pour le label, j’avais déjà fait de longs morceaux sur Wakin On A Pretty Daze. C’est vrai que je m’autorise à ne pas toujours trop structurer mes morceaux. C’est une liberté mais c’est aussi tout simplement un des aspects de ma musique. Quand tu as commencé à composer, c’était déjà planifié dans ton esprit ou c’est simplement ce qui t’est venu naturellement ? Non, j’avais vraiment le truc en tête. J’avais déjà les chansons. Je ne suis pas allé en studio pour jammer et voir ce que ça donnerait. J’avais déjà écrit les paroles aussi. Il y a des moments où j’ai pu me laisser aller, notamment sur les longs passages instrumentaux, les solos de guitare qui ont rendu certains morceaux plus longs. Mon amie Mary Lattimore a joué de la harpe sur « Bottle It In », donc je suis un peu revenu sur ce morceau. C’est mon préféré parmi ceux de 10 minutes. Je pensais le réduire, ce fut le cas pour chacun d’entre eux d’ailleurs, « Bassackwards », « Bottle It In », « Skinny Mimi ». Je pensais les réduire mais je me suis attaché à chaque partie donc j’ai tout gardé ! Et même si toi tu savais ce que tu faisais, le label (Matador) ne t’a pas dit « oooh c’est trop long, gardons des chansons pour le prochain album ! » ? Non, honnêtement je m’attendais à ce qu’ils me disent ça mais je pense qu’ils se sont habitués maintenant. C’est très cool qu’ils me laissent faire ce que je veux ! Oui, parce que tu es un artiste confirmé maintenant ! Il y a beaucoup de sentiments contraires sur ce disque : des morceaux...

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