Ty Segall – Ty Segall

Ty Segall – Ty Segall

Vous vous souvenez de Manipulator ? Oui, forcément. C’est ce moment où Ty Segall avait décidé de s’accaparer une bonne partie des derniers qui, jusque-là, étaient parvenus à résister son charme. L’album proposait alors une synthèse parfaite du talent du bonhomme. Une énergie vorace, un sens affûté de la mélodie qui tue et une pointe de sensibilité déjà démontrée dans l’étonnamment apaisé Sleeper. Et puis, après être parvenu à concilier les fans de la première heure tout en séduisant de nouveaux adeptes, Ty avait décidé de tout balancer aux orties. Sur Emotional Mugger, il faisait plus de bruit que jamais pour la plus grande joie de certains vieux fidèles mais au grand dam d’autres (dont je suis) déplorant que l’excès d’énergie, la volonté d’en foutre partout avait nui à l’efficacité de ses compos. Un an après, Ty Segall revient, flanqué de son équipe habituelle (Mootheart, Cronin…), et délesté de King Tuff présent sur Emotional Mugger. Et après cette parenthèse désenchantée, le voilà qui nous pond la véritable suite de Manipulator. C’est à dire du garage tantôt versant punk tantôt versant folk, mais toujours délicieusement pop. Donc le Ty récite ses gammes. Et distribue des petites baffes. Petites, car il n’y a là rien d’aussi immédiatement fédérateur que sur Manipulator. Mais après l’ouverture classique et efficace (« Break A Guitar », bien fuzzy comme il faut), le menu se révèle bien copieux. « The Only One » et ses grattes indomptées qui n’en font qu’à leurs cordes, l’épique « Warm Hands (Freedom Returned) », véritable morceau de bravoure. 10 minutes sous le capot. La punkette « Thank You Mr. K », la folk « Orange Color Queen » qui sonnerait presque comme du Elliott Smith sur son refrain. La très pop « Papers », avec même du piano dedans ! Et quand ça lui chante, le père Segall se transforme en vieux briscard du blues (« Talkin »)… Il y aura toujours matière à pinailler, à dire que le Ty est ici parfaitement calé dans ses souliers faisant exactement ce en quoi il excelle (c’est à dire à peu près tout, vous l’aurez compris). A un moment donné, si on veut faire preuve d’un minimum d’objectivité, on signalera que son domaine de prédilection, ça reste de faire de sacrés bons albums. Et en voici un de plus. JL...

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Cloud Nothings – Life Without Sound

Cloud Nothings – Life Without Sound

Au final, donc, un album qui n’est pas complètement raté en dépit d’un début vraiment difficile mais qu’il vaut mieux écouter à l’envers. Grand bien m’en a pris, car une fois qu’on tente l’expérience de l’écoute inversée, le disque se révèle. Il se révèle même plutôt plaisant. Les premiers morceaux, donc les derniers, sont assez bons et reprennent là où Here And Nowhere Else nous avait laissé, dans un juste équilibre entre le bourrin noisy et un rock indé plus pop. « Realize My Fate » est même une introduction parfaite pour un album du groupe. La fin californienne de « Modern Act » devient alors un simple premier obstacle vite dépassé, et « Enter Entirely » et « Darkened Rings » reprennent leur juste valeur pour des oreilles qui ne sont pas encore usées par la bouillie FM qui suit. Mieux, « Up To The Surface » devient limite sympathique en tant que final apaisé après un « Things Are Right With You » qui finalement passe. Seule « Internal World » est imbuvable peu importe dans quel sens on l’écoute. Du genre acharné, malgré ma déception, je décide de persévérer. Peut-être, me dis-je, devrais-je prendre le problème à l’envers. Et si je laissais une dernière chance à Life Without Sound et que je l’écoutais en commençant par le dernier titre jusqu’à revenir au premier ? Là, je risque d’avoir du mal à défendre le disque, car même avec la meilleure volonté du monde, j’ai vraiment du mal à apprécier ce que j’entends. Ce n’est plus un « virage pop » qu’on peut leur reprocher, virage d’autant moins critiquable que cet aspect est là depuis le tout début des aventures musicales de Dylan Baldi, mais bel et bien une collision sans scrupule avec le mur FM. Collision si  éprouvante sur les trois premiers titres qu’elle anesthésie tout le reste. Pris dans ce marasme, le single « Modern Act » que j’avais pourtant cherché à défendre à la première écoute, devient vite insupportable avec son final émétique. Après ça, mes oreilles étaient trop endolories pour écouter quoi que ce soit et la fin du disque est donc passée sur elles comme un disque de brit-pop des années 90 : sans faire de mal, mais sans qu’on n’en retienne rien non plus. J’attendais tellement ce disque. Et j’avais vraiment un bon a priori. Je faisais partie des défenseurs de Here And Nowhere Else, que j’avais trouvé excellent et dont je pensais que l’approche plus pop que celle d’Attack On Memory était non seulement tout à fait justifiée, mais en plus une vraie réussite. Je partais donc très positif sur ce nouvel album de Cloud Nothings, et je tiens à préciser que ma première écoute était totalement bienveillante. Pire, j’étais même près à les défendre bec et ongles si...

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Vitalic – Voyager

Vitalic – Voyager

C’est le synthé buchla qui lance les festivités du nouvel album de Vitalic aka Pascal Arbez-Nicolas. « El viaje » c’est une belle introduction que nous offre l’artiste façon générique de série des années 70. Pas de doute la suite nous intrigue. Aux multiples surnoms ; Dima, Hustler Pornstar, Vital Ferox, l’artiste dijonais est connu pour nous avoir fait transpirer sur « Stamina », « Still » mais surtout « You Prefer Cocaine » de son premier EP Poney.  En guise de petite anecdote, ce nom d’EP n’est pas anodin puisqu’il traite de la maltraitance des poneys dans les fêtes foraines. Ouais plutôt original… Place à ce nouvel opus à la pochette rétro-futuriste clairement inspiré des années disco. On y retrouve de multiples guests comme Miss Kittin, David Shaw, Mark Kerr et bien d’autres… Pour re-contextualiser rapidement, Vitalic nous a habitué a de l’électro qui tape, très proche parfois de la techno de rave party. Souvent secoué à ses concerts, on en garde de bons souvenirs. .. comme sous la nef du Grand Palais, à la nuit SFR Live en septembre 2103, qui (même sous aucune substance) nous projetait sur une autre galaxie. Un concert orgasmique. Un premier album Ok Cowboy en 2005, qui nous a bien botté avec un premier titre psychédélique « Polkmatic », qui s’accélère de minute en minute pour ouvrir le bal. En 2009, place à Flashmob où la force de frappe est toutefois très lourde, saupoudrée de fines allusions disco. Et en 2012, Rave Age, un album bien différent, surement bourré d’ecsta avec un titre qui détruit tout sonotone : « Stamina ». En bref, « VITALIC ça donne la pêche », on pourrait penser au nouveau BION 3 sur le marché, ces vitamines et incontournable complément alimentaire pour renforcer les capacités fonctionnelles et défensives du corps. Où la composition tonique réveille les éléments nécessaires au maintien du métabolisme de l’adulte. Voyager est tout autant efficace qu’une boite de vitamine, mais beaucoup plus naturel. C’est l’heure de danser en apesanteur, de rêver en regardant les galaxies perdues dans l’immensité du cosmos, avec « Hans Is Driving » en fond. Après deux ans de boulot, l’artiste compose 10 titres quasi excellents. Disco cosmique futuriste certes, mais on ne peut pas nier qu’il frappe toujours aussi fort. « Eternity » en est un bel exemple, les premières sonorités peuvent nous faire penser à « Cold Song » de Klaus Nomi. Les hautbois et les clarinettes nous plongent dans une légère mélancolie, un univers féerique, mais à 3’13, quand on a l’impression que la chanson est terminée, c’est le moment de la décharge… suivie de « Nozomi », inspiré grandement de Jean-Michel Jarre, ce titre ne nous laissera pas de marbre en live, les détenteurs de pacemakers pourront sûrement survivre. Tout comme avec « Lightspeed », un nouveau « Stamina » qui enflamme le dancefloor… Plus...

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Interview – Frustration

Interview – Frustration

Frustration vient tout juste de sortir son troisième album, Empires Of Shame. Et toujours le même constat : une certaine constance dans l’excellence. Frustration a donc été très sollicité avant sa double release party à la maroquinerie de Paris. Qu’à cela ne tienne, à défaut de trouver un créneau avant, l’interview s’est donc déroulée après ces deux dates. Une interview avec Fabrice, le chanteur, qui me rejoint dans un bar du 18e à sa sortie du ciné. Pas spécialement pressé, Fabrice se montre très généreux sur tous les sujets, avec une personnalité très affirmée, à mille lieux de l’échange conventionnel et des réponses toutes faites…   « Ça m’embêterait que les gens pensent qu’on soit ouvertement nazis mais si ça peut faire chier les cons, ça m’amuserait qu’un instant ils le pensent »   Tu sors du ciné, tu peux me dire deux mots sur ce que tu viens de voir ? Je suis allé voir au centre Pompidou une séance unique d’un truc qui se nomme « Post Punk », qui est le vrai sens de post punk, c’est sur le mouvement anglais qui… commence en 72. Tout le début de la musique industrielle en Angleterre en 72, avec un film qui s’appelle In The Shadow Of The Sun de Derek Jarman et parle du mouvement industriel cinématographique, performance et musical entre 72 et 84 avec 23 Skidoo, Throbbing Gristle, Psychic TV, Test Dept, tous ces groupes-là… En extrapolant sur les Etats-Unis, The Residents, des choses comme ça. Mais c’est pas la musique dont je suis le plus spécialiste…   C’est ce que j’allais te demander. Tu n’es pas forcément familier avec cet univers ? C’était plus par curiosité ? Si, si. Je suis un peu curieux de tout. Y a certains groupes que je maitrise pas mal là-dedans. C’est pas ma musique préférée parce que j’ai quand même besoin de rythme. Dans Frustration on aime bien danser. On a des projets un peu « zou-zouille », de dance. Là c’est quand même très très dur, déstructuré, même pas déstructuré style free jazz. Là on est plus dans les nappes de son, c’est toujours très intéressant. Tout ce qui est mouvement subversif m’intéresse énormément. J’ai des côtés hyper réactionnaires dans la vie, genre dans Empires Of Shame où je dis que les gens ont des devoirs aussi…   Ce qui t’empêche pas d’avoir l’air plutôt engagé dans tes textes… Vos pochettes, où on sent qu’il y a un message… Oui, mais c’est pas le but premier de Frustration. Moi je me définis pour ma part, en tant qu’épicurien. J’aime bien les plaisirs de la vie, qui se comptent sur les doigts d’une main. Mais j’aime bien quand ces choses-là n’embêtent pas les autres ou quoique ce soit,...

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PJ Harvey @ Zénith (Paris), 21/10/16

PJ Harvey @ Zénith (Paris), 21/10/16

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’évolution récente de la carrière de PJ Harvey, un rappel des faits s’impose : depuis White Chalk (2007), la dame a amorcé un virage assez prononcé dans sa musique. La rage des débuts s’était déjà peu à peu atténuée, ces trois derniers albums sont clairement dans un registre nouveau. Depuis 2007 donc, pas loin de 10 ans tout de même (donc on n’a plus vraiment d’excuse pour tomber des nues aujourd’hui…), Polly Jean fait dans le maniéré, le chiadé, elle est en représentation. De quoi en rebuter plus d’un mais finalement ça lui va plutôt bien. Et si on se penche deux secondes sur sa carrière, on se rend compte que cette facette de sa personnalité artistique était déjà là, simplement distillée à (toutes) petites doses, là où elle a aujourd’hui pris le pas sur le reste. Alors plutôt que chouiner dans son coin, à réclamer de la sueur et du sang, il faut accepter de la voir dans un cadre strict, entourée de pléthore de musiciens (ô combien talentueux, on y reviendra), face à un public attentif à la moindre note. Il faut accepter car cette dame est tout de même impressionnante. Quand elle débarque de façon très cérémoniale entourée de ses tambours qui battent en rythme (« Chain Of Keys »), on se tait, on observe attentivement et on se laisse happer par sa grâce. La reine est là. La magie opère très vite, que l’on apprécie modérément (comme moi) ou de façon démesurée son Hope Six Demolition Project, il faut se rendre à l’évidence : ses morceaux prennent une ampleur considérable sur scène. Autour de Polly, le plateau est de choix : James Johnston (Gallon Drunk), John Parrish (ex-comparse de Nick Cave, producteur et acolyte de toujours de madame), Terry Edwards (Madness), Mick Harvey (autre ex-Bad Seed)… mais c’est elle que tout le monde dévore du regard, c’est d’elle que chacun boit les paroles. Dans sa longue robe noire échancrée, elle est d’une élégance rare. PJ hypnotise l’auditoire. Et sa voix nous transporte. « The Ministry Of Defence » et son riff d’ouverture redoutable rappelle qu’il s’agit bien d’un concert de rock même si le tout prend assez vite des allures de fanfare. Les mots de PJ résonnent comme des slogans, elle est en campagne et son armée de communicants confère à son discours un impact certain. « The Community Of Hope », si entraînant et communicatif, nous conforte dans ce sentiment qu’on vit un grand moment. Le tryptique Let England Shake (« Let England Shake »/ « The Words That Maketh Murder »/ « The Glorious Land ») vient enfoncer le clou et confirmer que cet album-là était un sommet dans son genre. Un sommet qu’il sera bien difficile d’égaler. « Oh America,...

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Interview – Archive

Interview – Archive

The False Foundation. Un titre évocateur de la mixité musicale du dernier album du collectif britannique Archive. Après 20 ans de carrière, ils arrivent encore à nous étonner avec leur 10ème album studio. À la fois antithèse de Restriction et, sur quelques titres, petit frère de The Controlling Crowds, il se présente comme une promesse subtile et conceptuelle dont seul Archive a le secret. On est invité à découvrir ce dernier album dans un studio, tous plongés dans l’obscurité musicale et visuelle. Situation inhabituelle qui finalement nous saisit assez vite. Les gens s’assoient au fur et à mesure, les yeux fermés, les mains jointes pour une écoute en toute intimité. Puis le showcase avec Pollard, Darius et David… « On n’a jamais vraiment fait de showcase en piano/voix devant si peu de monde. C’est une première ! Et ça nous a beaucoup plu. C’est à la fois très déstabilisant et très fort. Malgré tout, on appréhende toujours tous nos shows de la même manière. »   « C’est notre musique qui crée l’intimité » L’éclectisme de cet album reflète les différents styles empruntés par Archive tout au long de leur carrière. « Driving in Nails » est assez lente et métallique avec des répétitions de sons qui vous emportent vers une frénésie électronique. Vite oubliée avec la chanson d’après « Thousand Thoughts », ballade subtile aux harmonies idéalement composées. Mais quel est vraiment votre style musical Pollard, si vous deviez en choisir un ? [Après un long silence, soutenu par un regard interrogateur, l’homme au chapeau me répond] « C’est difficile de se ranger derrière un certain style de musique mais c’est aussi ce qui fait la particularité d’Archive. On essaie d’être toujours honnêtes avec ce qu’on ressent et en tant que collectif, on a évolué avec les valeurs et les qualités artistiques de chacun. »   « Évoluer en collectif a toujours été une force » C’est dans une constante évolution chargée d’influences variées qu’Archive impose son univers à un public qui, sans expectative, est toujours charmé. « On a vraiment de la chance d’avoir un public qui nous suit sans jamais rien attendre de précis. Ça nous donne la liberté d’essayer de nouvelles choses constamment. »   « On n’essaie pas de faire de la musique que les gens aiment. On fait ce qu’on aime en espérant que ça plaise. »  Justement qu’est-ce que vous aimez comme musique ? C’est Pollard, qui très simplement, me dit son amour, non pas pour moi, mais pour Berlin et son électro ! Puis, la minute fierté française : « On a eu la chance de rencontrer Sébastien Tellier et on adore ce qu’il fait, son univers est si particulier, on se comprend ! Mais, vous...

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Pone – Radiant

Pone – Radiant

Champion d’Europe en solo et du monde en équipe en 2000 au DMC (Disco Mix Club), ex-Birdy Nam Nam et ex-membre du groupe Sarh, Thomas Parent alias DJ Pone, sort son premier album en solo, Radiant. L’amuse bouche de début septembre Physical Element, était plutôt plaisant et nous emportait doucement dans un monde virtuel. Seule envie : découvrir le reste. Scratcheur professionnel à tendance hip hop, Pone nous livre un album éclectique. Des morceaux à l’électro envoûtante comme « Physical Element », « Renewal », « Discontinuity », et d’autres plus lascifs, comme « Ingenue » (parfait pour un slow ceci dit), qui peuvent décevoir les habitués du rythme qui tabasse des Birdy Nam Nam ou de ses solos dans les clubs parisiens. Différents featuring orchestrent les treize morceaux de cet album produit par son label Ponar, réalisé par Superpoze et mixé par Boogie Vice, l’amoureux des synthés. Que ça soit Jaw, Sage, Louisahhh!!! ou Isles, ils apportent tous de la douceur et canalisent l’artiste meldois. Mais a t-on vraiment envie de douceur quand on parle de DJ Pone ? Pas sûr… DJ Pone c’est pour nous tous, et au départ, le gars des Birdy Nam Nam qui balance du hip hop, des beats, des samples, et qui laisse nos entrailles en sang. Même pendant ses sets en solo, on transpire toutes les pintes imbibées. Pourtant son premier EP en solo en 2014 mélangeait bien les genres, du hip-hop old school avec de l’électro rétro futuriste. On y retrouvait même un titre « Errotic Impulses », en collaboration avec Arnaud Rebotini, qui nous mettait en forme pour la nuit entière. Bref, ce nouvel album est à mon sens beaucoup trop langoureux. Certains y voient un sans faute, j’ai plutôt le sentiment d’un scratcheur qui a oublié une partie de sa platine. Sa tournée qui débute à la fin de l’année va peut-être me redonner confiance en lui… Rendez-vous au mois de décembre pour en avoir le cœur net. A.B Pone sera en tournée un peu partout en France à partir de fin octobre : le 31 au Noumatrouff (Mulhouse), le 18 novembre à La Belle Electrique (Grenoble), le 18 décembre au Connexion Live (Toulouse), le 2 à l’Atabal (Biarritz), le 3 au Rock School Barbey (Bordeaux), le 9 à La Nef (Angoulême), le 14 à La Gaîté Lyrique (Paris), le 15 à La Chapelle (Metz), le 20 janvier  à La Nouvelle Vague (St...

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Frustration – Empires Of Shame

Frustration – Empires Of Shame

Le voilà le Frustration, troisième du nom. Un troisième album en… 14 ans ! Ça fait pas bezef. Alors évidemment, à l’heure de débouler entre nos mains impatientes, le petit Empires Of Shame est un peu comme le pauvre gars sur la pochette, attendu au tournant par des juges impartiaux et sans pitié. Et pour sa défense… il choisit l’attaque ! Frontale l’attaque. Un plaidoyer riche en riffs infernaux et en palabres rageuses d’entrée de jeu (« Dreams Laws Rights And Duties », « Excess »). Voilà qui est convaincant ! Mais le bougre est roublard. Sachant pertinemment que s’il joue la carte de l’agressivité non stop, il va droit dans le mur, il choisit d’alterner entre véhémence et apitoiement (« Just Wanna Hide », « Empires Of Shame »). Et lorsqu’il déclenche contre toute attente « Arrows Of Arrogance », le petit Empires Of Shame voit la larme perler à l’oeil du jury. Il sait qu’il a fait le plus dur, que la partie est presque gagnée. Il va désormais pouvoir se permettre davantage d’excentricités. Comme de partir dans une allocution explosive, que d’aucuns jugeraient suicidaire, avec une imitation schizophrénique d’Alan Vega à la clé (« Mother Earth In Rags »). Le jury, impressionné alors par la personnalité du prévenu, se dit qu’il n’a pas grand chose à lui reprocher. Et le coup de grâce est porté lorsque le petit Empires Of Shame sort de sa manche sa botte secrète : il appelle alors des témoins à la barre, des amis de toujours… Peter Murphy et Ian Curtis (que tout le monde croyait mort) ! Vague de froid dans l’auditoire, plus personne n’ose la ramener et préfère s’incliner (« Cause You Ran Away »). Le petit relâchement sur la fin n’y changera rien, le plus dur est fait : Empires Of Shame s’en sort haut la main face au jugement sans pitié qui l’attendait… Vivement qu’on puisse juger son successeur !...

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Interview – Woods

Interview – Woods

Cela fait désormais quelques temps que Woods s’est emparé du titre de fournisseur officiel de petites douceurs à savourer l’été. Le dernier album, City Sun Eater In The River Of Light, ne déroge pas à la règle. Le mois dernier, Woods tenait à nous prouver qu’il n’a rien perdu de son penchant pour le psychédélisme, partageant avec Psychic Ills, Night Beats et Jacco Gardner la superbe affiche du Paris Psych Fest. L’occasion pour nous, après nous être extirpés des pogos provoqués par le concert – encore une fois enflammé – des Night Beats, d’échanger longuement avec Jarvis Taveniere, guitariste de Woods. Lequel s’est inquiété de trop partir dans de longs blabla. Mais nous on aime bien le blabla.   « Refaire un album comme With Light And With Love, ça aurait simplement été ennuyeux, on se serait senti trop restreints et je ne pouvais pas imaginer un futur pour le groupe. »   Je trouve qu’il y a beaucoup d’influences reggae sur votre dernier album. D’où ça vient, vous en avez écoutez beaucoup durant la période où vous enregistriez ? Pas plus que d’habitude. On voulait simplement prendre du plaisir en jouant, ça a toujours été notre mission chez Woods. Ne pas s’arrêter à quelque chose en particulier, essayer ce qu’on veut. Il n’y a jamais de discussion sur quel genre de chansons on veut essayer de faire, avec une décision ferme à la clé. Chaque idée qu’on a, que ce soit du reggae ou un truc un peu jazzy… On voulait simplement s’amuser, se montrer créatifs. Mais ça fait partie de nos influences. On a aussi beaucoup joué notre album précédent, With Light And With Love, pendant deux ans d’affilée. On voulait sortir de ce type de morceaux, on se disait « wow je ne veux pas jouer de morceaux similaires le reste de ma vie ou le reste de la carrière du groupe ». Donc on a surtout cherché à se démarquer de ça.   Et en l’occurrence je trouve que ce genre de musique colle très bien avec la voix de Jeremy Earle. Oui moi aussi !   Mais ce n’était pas calculé pour autant, c’est simplement ce qui est arrivé. Non. On voulait simplement élargir notre champ des possibles. On ne se limite pas à des éléments folk, beaucoup de groupes n’explorent pas suffisamment les différents styles de musique. On voulait simplement déployer nos ailes. C’est aussi simple que ça. Et personnellement j’ai été un peu influencé par d’autres groupes que j’ai vu qui étaient un peu dans la même catégorie que Woods. Je n’ai pas vraiment écouté ou joué d’autres genres de musique, mais ça aurait simplement été ennuyeux, on se serait senti trop restreint et je ne pouvais...

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Interview – Dilly Dally

Interview – Dilly Dally

Deux femmes, deux mecs, tous canadiens. Un premier album qui rentre bien dans le chou et dans les têtes. Ils nous plaisent bien les Dilly Dally. Début juin, ils étaient parmi les premiers à ouvrir le festival This Is Not A Love Song. Peu de temps avant, on les a rencontrés durant un petit quart d’heure. Le temps d’une interview totalement immature.   Vous avez jeté un œil à la programmation du festival ? Il y a d’excellents groupes ! Katie Monks (guitare, chant) : oui, on adore la programmation de ce festival. Vraiment à part. Liz Ball (guitare) : oui et on connait quelques personnes.   Comme les mecs de METZ ? Liz : oui METZ et Weaves sont de Toronto. Ce sont des amis.   Vous allez avoir le temps de profiter du festival ou ce sera juste « vous jouez, vous rentrez » ? Katie : Oui on va pouvoir profiter de tout le festival et c’est vraiment bien et spécial parce que généralement quand tu joues dans un festival, c’est super rapide, t’y vas, tu fais un peu de presse, tu joues et tu repars. Parce que t’es en tournée ou je ne sais quoi… Là c’est vraiment particulier, on va pouvoir passer les prochains jours ici, sauf Ben qui doit aller à un mariage, ou qui est excité d’aller à un mariage…   Alors Ben t’es content d’y aller ? Ben Reinhartz (batterie) (l’air blasé) : ouais mec, le mariage ! (pouces en l’air)   Pas tant que ça (rires) ! Ben : ouais tu sais ce que c’est. Je suis content pour tout ceux qui sont concernés. Mes amis et mon groupe vont voir de supers groupes, mon pote va épouser l’amour de sa vie. Tout le monde est content !   Ouais ! Ben : sauf moi, je ne serai jamais heureux. (Les autres se marrent) Katie : il pleure…   Ne pleure pas tout de suite, après le concert ! Ben : oui je pleurerai après le concert (rires).   Garde des forces ! Katie (pleurnichant et imitant Ben) : pourquoi ça m’arrive à moi ?   Katie et Liz, vous vous connaissez depuis que vous avez 14 ans. J’imagine que vous avez toutes les deux beaucoup changé depuis, même vos goûts musicaux ont dû bien évoluer… Liz : j’espère !   Comment c’est de se connaître depuis si longtemps et d’être toujours ensemble aujourd’hui ? Liz : c’est comme la famille ! Katie : oh, maintenant c’est moi qui vais pleurer…   Quand je vois vos posts sur Instagram (d’ailleurs vous avez plein de chats fans de votre groupe !)… Katie : ouiiii, plein de chats fans.   … ou le clip de...

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