Faith No More – The Real Thing

Faith No More – The Real Thing

(Slash, 20 juin 1989) C’est bien connu (et ça fera plaisir à nos amis musiciens), le bassiste ou – pire encore – le batteur n’est souvent que la douzième roue du carrosse au sein d’un groupe. Personne ne connait leur nom, personne ne retient leur visage, ils peuvent changer cinq fois au cours d’une discographie : on n’y voit que du feu. Chez Faith No More, groupe qui ne fait rien comme personne, ce sont eux les piliers, Billy Gould (4 cordes) et Mike Bordin (fûts et baguettes), alors que les chanteurs et guitaristes ont tellement défilé que personne n’est capable de tenir les comptes (tout le monde se contentant de citer Courtney Love, parce que c’est vrai que c’est rigolo). C’est en la personne de Chuck Mosley que le groupe pensait avoir trouvé la stabilité. Mais le dreadlocké n’était pas tout à fait l’incarnation du bon père de famille posé et mature… Et après deux albums (We Care A Lot, Introduce Yourself), 427 embrouilles et 612 gueules de bois, Gould s’est senti obligé de lui indiquer le chemin de la sortie. Certains groupes ne se seraient jamais remis de la perte d’un chanteur aussi déluré et charismatique, Faith No More a choisi de le remplacer par un autre, bien plus timbré encore. Mais timbré différemment ; un esprit créatif sans limites, une folie maitrisée. Des conneries à la pelle, mais pas d’excès. Et un véritable bourreau de travail. Deux semaines après avoir rejoint le groupe, Patton a torché tous les textes de The Real Thing. Jim Martin (le gratteux alors titulaire… pour peu de temps) connait l’énergumène, il a écouté des démos de Mr Bungle, groupe le plus barge de Patton, il ne pourra pas dire qu’il ne savait pas. Non, il est même allé le chercher pour ça. Sous l’impulsion de Patton, Faith No More qui est déjà un bon groupe, s’apprête à basculer dans le profondément génial. Le vrai truc semble débarquer de nulle part (“From Out Of Nowhere”). Des synthés hystériques, une session rythmique qui tabasse en groovant, une guitare qui cisaille tout ce qui bouge. Patton, emporté par la tornade, y ajoute un chant habité qui transcende le tout. Celui qui ne bouge pas là-dessus est probablement mort. Le refrain est connu par cœur au bout de trois écoutes et au bout de 100, il fait partie de votre famille. Le son est au max, les voisins ont tous déménagé, votre femme vous a quitté… mais vous êtes heureux. Car vous avez toujours ce disque. Un disque qui ne faiblit pas, et qui semble même monter crescendo, à l’écoute de “Epic” (un des plus gros tubes du groupe, bien plus gros encore que «...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Fishing For Fishies

King Gizzard & The Lizard Wizard – Fishing For Fishies

(Flightless/ATO, 26 avril 2019) Après avoir réussi haut la main l’exploit de sortir 5 albums en 2017, suivis d’une tournée interminable dans les contrées lointaines au-delà des océans et divers murs de son Australie natale, le roi Gésier revient, avec son magicien lézard, plus apaisé. Il nous propose un boogie/blues délaissant les multiples pédales d’effets pour s’appuyer principalement sur harmonica, flûtes, piano et autres guitares acoustiques, le tout pour mieux nous ramener à une atmosphère psychédélique dont ils sont actuellement les plus éminents représentants. L’éponyme « Fishing For Fishies » et la bien nommée « Boggieman Sam » donnent le ton avec leur groove boogie en ouverture de ce 14ème album. Le décor est planté, nous sommes au fin fond du bush australien et nous n’en ressortirons pas indemne. Pendant l’intégralité de Fishing For Fishes le “trio” guitares/batteries/harmonica nous entraîne du blues boogie classique vers le psyché sans donner d’impression de répétition, grâce notamment à la superposition de divers instruments (piano, harpe, flûte traversière)… A noter l’énormissime “This Thing” et son intro so groovy qui vire au psychédélisme envoûtant à mesure que le morceau progresse. C’est la pépite de l’album et elle risque de vous rester longtemps en tête. Elle est d’ores et déjà en pôle position pour être la chanson la plus “cool” de l’année après “C” des Oh Sees l’année précédente (NALADNCRC* : oui je sais, je n’ai pas pu m’empêcher de citer la bande de Dwyer mais je jure que ce n’est pas pour atteindre un nombre de lignes minimum. Vu nos tarifs élevés, la question aurait pu légitimement se poser… ou pas). Revenons à l’essentiel et à la conclusion de cet album. Stu Mackenzie y invente avec brio le boogie futuriste avec “Cyboogie”. Belle manière de clôturer les débats avec originalité. Nous trépignons déjà d’impatience à l’idée de retrouver ces morceaux sur scène le 14 Octobre prochain à l’Olympia ! Quelques semaines après la sortie de cet album, Roky Erickson s’est éteint. C’est sans feu ni sang que King Gizzard & The Lizard Wizard prend sa place sur son trône pour régner sur le royaume du psychédélisme. Alain Dutertre *Note à l’attention de notre cher “réd’chef” LIRE LA CHRONIQUE DE QUARTERS! LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MÂCHÉ DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE FLYING MICROTONAL BANANA LIRE LA CHRONIQUE DE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK EAST LIRE LA CHRONIQUE DE POLYGONDWANALAND LIRE LA CHRONIQUE DE GUMBOOT SOUP LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD...

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Pile – Green And Gray

Pile – Green And Gray

(Exploding In Sound, 3 mai 2019) Cela fait bien longtemps qu’on a cessé de chercher des explications à la popularité de certains groupes de rock indé en France, il y aurait de quoi devenir timbré. Notre beau pays, capable de porter aux nues les affreux La Femme, de s’extasier devant les Limiñanas, persiste à ignorer superbement certains des meilleurs groupes du genre qui sévissent outre Atlantique, à l’image de Pile. On aimerait beaucoup que ça change mais on n’y croit guère. Et pourtant.. Pourtant, ce Green And Gray nous en fait voir des vertes, des pas mûres, des jolies, des violentes, des délicates, des saisissantes (on va s’arrêter là, vous avez compris l’idée). Comme à l’accoutumée, Rick Maguire impressionne de par son talent protéiforme, multipliant les grands écarts vocaux, excellant dans son chant mélodique parfois très touchant (la perle mélancolique “Other Moons” expédiée en 1’25, “Hair” qui invite des cordes au banquet) et se fusillant les cordes vocales quand le ton se durcit et qu’il semble tout à coup saisi de convulsions éPileptiques (l’explosive “On A Bigger Screen” qu’on meurt d’envie d’écouter sur de bigger speakers). Comme à l’accoutumée, son groupe fait mieux que l’accompagner et se met au diapason jonglant entre ballades rêveuses et sévères mises au point nous laissant au bord de l’apoplexie, lorgnant autant du côté du post rock et du slowcore (“No Hands”) que de la noise la plus saignante (“A Labyrinth With No Center”, “The Soft Hand Of Stephen Miller”), parfois même au sein du même morceau (“Firewood” ou la colossale “Hiding Places”). Les plus exigeants auront du mal à trouver à redire devant un disque affichant une telle cohérence malgré la grande variété des ambiances déclinées. Même les plus prudes auront de quoi se réfugier derrière “Bruxist Grin”, tube évident avec son riff en forme de gimmick imparable. Bref, tout le monde pourrait bien y trouver son compte mais comme à l’accoutumée, seule une poignée d’irréductibles répondront présents. Les ignorants ont toujours tort. Jonathan Lopez Green and Gray by Pile LIRE LA CHRONIQUE DE A HAIRSHIRT OF...

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Interview – Olivier Drago (New Noise)

Interview – Olivier Drago (New Noise)

Les 14 et 15 juin prochains, le magazine new Noise (anciennement Velvet, Versus et Noise) fêtera ses 15 ans d’existence avec deux belles soirées au Trabendo (Paris). 15 ans, une éternité pour un titre qui a connu des débuts tumultueux, n’a presque jamais pu compter sur le moindre soutien, mais qui continue, vaille que vaille avec les moyens du bord, à faire la part belle aux musiques qui ne vendent pas (ou si peu). Rencontre avec Olivier Drago, rédacteur en chef passionné et homme à presque-tout faire de new Noise, dont la détermination ne faiblit pas.* “Je crois n’avoir jamais fantasmé ce métier. Voilà 15 ans qu’on me dit que les CD et la presse papier, c’est fini. Je n’ai connu que ça, donc ma vision n’a finalement pas vraiment changé.” © William Lacalmontie Quand as-tu commencé à écrire au sujet de la musique ?Vers 1999. Je venais d’obtenir un DEUST “métiers de la culture” et de refuser un poste de directeur du centre culturel de la commune où j’habitais – autant dire une salle des fêtes. Mes parents n’étaient pas enchantés : j’avais toujours été un élève plutôt médiocre, on me proposait un CDI assez bien payé à peine mes études terminées, et je le refusais. J’ai donc rapidement enchainé sur un autre DEUST, “technologies de l’information et de la communication” cette fois.  L’intitulé me paraissait assez flou et le programme suffisamment expérimental – la formation n’existait que depuis peu – pour que je puisse pas mal glander. C’était le début de la démocratisation d’Internet, que j’avais découvert un an auparavant. C’était la dèche niveau presse musicale mais sur Internet, j’étais tombé sur de nombreux webzines américains. Dans le cadre du DEUST, on nous a alors demandé de mettre en ligne une “page perso”, sur un thème librement choisi. J’ai donc commencé à écrire des chroniques de disques sur cette page. Un ami avec qui j’animais une émission de radio depuis plusieurs années et qui suivait la même formation que moi a commencé à me filer un coup de main, puis peu de temps après un autre pote graphiste nous a également aidés. On a fait de cette page un webzine du même nom que l’émission de radio : No Brain No Headache. On a commencé à être pas mal lu, de nouveaux contributeurs se sont greffés à l’histoire, et assez rapidement je me suis retrouvé à “devoir” m’en occuper tous les jours, en plus de mes études et d’un boulot de guichetier/comptable remplaçant à La Poste. Je recevais de plus en plus de promos, j’avais de plus en plus de contacts avec les labels et les groupes, en France et à l’étranger. Je voulais m’y consacrer pleinement,...

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Camilla Sparksss – Brutal

Camilla Sparksss – Brutal

(On The Camper, 5 avril 2019) Peter Kernel n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe prévisible. Vraiment pas. Malgré des comparaisons insistantes (et encombrantes) avec Sonic Youth (surtout au début de leur carrière), le groupe excelle dans la remise en question et l’effet de surprise permanent grâce aux personnalités bien marquées de ses deux têtes pensantes : Barbara Lehnoff et Aris Bassetti. Beaucoup se contenteraient donc de cela mais visiblement cela ne suffit pas à Barbara. Barbara se doit de satisfaire sa créativité bouillonnante. Pour cela, elle enfile parfois son costume de Camilla Sparksss et s’éclate. Brutal est le deuxième album de Camilla/Barbara (même si Aris y a grandement contribué). Brutal il l’est, indéniablement. Mais sans oublier d’être subtil, heureusement. L’intro (“Forget”) est contemplative et intrigante, perturbée par d’étranges sons électro venus brouiller les pistes. Les interrogations affluent, on est encore au round d’observation. Et puis, nous voilà largués en plein Orient, et sacrément désorientés (“Are You OK?”). L’Orient ou l’Afrique d’ailleurs ? Les darboukas sèment le trouble. Peu importe, nous voilà au milieu d’une foule en liesse, dansant et oubliant le reste. C’est aussi ça qui lui plait à Camilla, nous laisser errer le regard perdu, ne sachant bien si ce sont nos neurones qui sont sollicités (la rêveuse “Messing With You”, l’étrange “She’s A Dream” qui évoque parfois une BO de film noir) ou nos jambes qui doivent s’agiter (aucun doute sur la très dancefloor “So What”, sa basse intenable et sa punchline “I died once, i can die twice“). Dès lors qu’on cesse de se poser des questions, qu’on se laisse aller sans calcul à cette musique finalement bien plus primitive qu’elle peut en avoir l’air, l’écoute devient jubilatoire et addictive (le single “Womanized”, sacrément captivant). Si on se sent un peu moins concernés par la deuxième partie du disque, à mesure que l’aspect noisy de Camilla Sparksss reprend le dessus sur les mélodies (la rude “Walt Deathney” qui ne nous ménage guère), cet amoncellement de morceaux bigarrés parvient à faire étonnamment sens. Le charisme vocal de Barbara s’occupe du reste et nos tripes sont bien remuées sur la puissante “Sorry”, conclusion de l’album où les derniers mots sont scandés avec une intensité qui va crescendo… Rideau. Une fin brutale. Et un peu triste aussi car vite arrivée alors qu’on s’amusait bien. Camilla, Barbara, Aris, Peter… Revenez quand vous voulez ! Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE PETER KERNEL – THRILL...

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Interview – Swervedriver

Interview – Swervedriver

Rapide court d’histoire : au début des années 90, Swervedriver sortait deux grands albums toutes guitares dehors, Raise et Mezcal Head, toujours indispensables aujourd’hui. Jamais reconnu à sa juste valeur, jamais bien stable en termes de line-up, le groupe opérait sur les deux albums suivants un virage pop, plutôt bien négocié mais à l’issue aussi malheureuse que prévisible : le split. Il y a onze ans, ils étaient les premiers à se reformer parmi tous ces groupes shoegaze qui vivent aujourd’hui une seconde jeunesse. Shoegaze, Swervedriver ? La question s’est toujours posée. Tant qu’à faire, autant demander directement au principal intéressé, Adam Franklin, chanteur-guitariste particulièrement loquace à l’autre bout du fil, notamment quand il s’agit d’évoquer ses deux albums post-reformation, dont le petit dernier, Future Ruins, tient encore très bien la route. “Nous étions associés à Creation, My Bloody Valentine et tous ces groupes shoegaze. Certains n’ont pas dû aimer Swervedriver après avoir lu que c’était un groupe shoegaze puisque ce n’est pas vraiment le cas… Mais ça a forcément dû aider à élargir notre base de fans.” © Steve Gullick Future Ruins me semble être une progression logique par rapport à I Wasn’t Born To Lose You. Deux disques plus calmes, plus pop, moins chargés de gros riffs que vos deux premiers albums (Raise et Mezcal Head) tout en étant assez différents des deux albums suivants (Ejector Seat Reservation et 99th Dream). Tu es d’accord avec ça ? Etait-ce votre volonté au moment d’entrer en studio ? Oui, il va de pair avec le précédent. Ils sont effectivement assez différents des disques antérieurs, ne serait-ce que parce que ce sont nos premiers disques depuis longtemps et la technologie, les techniques d’enregistrement ont beaucoup évoluées. Nos deux premiers disques avaient ce côté heavy mais aussi, déjà, des morceaux plus calmes. Et il y a aussi des morceaux rapides et énervés sur ce nouveau disque, la principale différence c’est sans doute qu’il y a plus d’espace qu’auparavant, les morceaux respirent plus. Oui c’est quelque chose dont tu parlais déjà au moment de 99th Dream, tu disais avoir appris à laisser plus de champ libre aux morceaux, à ne pas vouloir systématiquement tout « remplir » comme à vos débuts. Oui, notre son a toujours été assez frénétique. Mais le « vieux Swervedriver » était sans doute un groupe plus punk. On continue à jouer des morceaux très rapides mais parfois quand j’écoute nos premiers albums, je suis stupéfait par la vitesse de certains morceaux. C’est une évolution assez naturelle, on ne s’est pas spécialement concertés pour se dire « on devrait faire ceci ou cela ». On s’est juste mis au boulot pour voir ce qui sortait. Mais je suis d’accord, c’est plus pop. La voix...

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Pamplemousse – High Strung

Pamplemousse – High Strung

(A Tant Rêver Du Roi, 19 avril 2019) Ne pas tergiverser, foncer dans le tas. Telle pourrait être la devise de Pamplemousse. On serait tentés de ricaner à la simple évocation de leur nom, mais on est calmés d’emblée par “High Strung”, déferlante noisy punk monstrueuse d’efficacité, jouée couteau entre les dents. Plus personne ne moufte alors. Pour collecter tout son jus (premier et dernier jeu de mots douteux), Pamplemousse est passé entre les mains de Peter Deimel, expert ès administrations de torgnoles qui a prodigué ses services à des poètes comme Shellac, Chokebore, Cows ou We Insist!, plus près de chez nous. En résulte un album particulièrement massif et généreux en dissonances jouissives. On ne peut décemment pas rester de marbre face à ces réunionnais qui prennent parfois l’accent de Chicago ou Washington (“Space Out” et son break Fugazien, dont la basse nous fait boire le calice jusqu’à Lally). Fabuleux exutoire, “Losing Control” porte remarquablement son nom. Le chanteur aime bien nous gueuler dessus et le fait avec un certain aplomb, quand il n’évolue pas aux confins de l’hystérie (“Porcelain” où l’assaut des guitares est tel qu’on comprend aisément qu’il puisse y perdre son latin). Les amplis en chient, les guitares sont au supplice, les fûts martelés jusqu’à plus soif, mais cela ne nous prive pas de subtilités (la basse bluesy vicelarde de “Heebie Jeebies” où des records de vitesse sont pourtant battus, “Back In LA” qui nous amadoue habilement avec son intro sur la retenue… seuls les plus naïfs n’auront pas vu venir la dérouillée qui suit). High Strung constitue un formidable cocktail de rage et puissance, comme on l’affectionne du côté de Metz (les canadiens, pas les lorrains). Du bruit, beaucoup de bruit mais jamais pour rien puisque les mélodies ne manquent pas à l’appel, pêché parfois pas si mignon de ces mêmes canadiens. Une fois les 33 minutes défilées vitesse grand v, nous voilà cul par terre, langue pendue et yeux hébétés. On dit alors 33 et on quémande la prochaine raclée. Jonathan Lopez Chronique à retrouver également dans New Noise #48...

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FACS – Lifelike

FACS – Lifelike

(Trouble In Mind, 29 mars 2019) Décidément entre le nouvel album (très bon mais très sombre) de Psychotic Monks et celui de Facs (qui fait suite au très bon mais très sombre premier album Negative Houses), on ne se fend pas vraiment la poire en écoutant des disques en ce moment. C’est pas le but non plus me direz-vous, d’autant que généralement “disques où on se fend la poire” rime avec “merde en barre”. Pour ceux qui auraient manqué l’épisode précédent, FACS est le nouveau projet de Brian Case et Noah Leger, anciens membres de Disappears (accompagnés de Alianna Kalaba à la basse), un groupe dont on pleurait à chaudes larmes la disparition et qui nous est réapparu sous une autre forme. Lifelike ne se sera guère fait attendre, un an seulement après son prédécesseur et opérant dans une parfaite continuité. On n’osera pas parler d’EP pour ce disque car les 6 titres qui le composent s’étendent sur près de 30 minutes. 30 minutes d’un rock fiévreux et intimidant, sans le moindre compromis où se côtoient gaiement chant habité et angoissant, guitares grinçantes et basses caverneuses. On rase les murs mais on se souvient qu’il n’y a rien à craindre avec ces gars-là, si ce n’est se faire happer par des mélodies pernicieuses, et elles sont encore là, jaillissant des ténèbres (“Another Country”, “In Time”, “XUXA”). Ceux en quête d’une utopique éclaircie attendront le déluge et encaisseront plutôt en guise de représailles une “Loom State” glaciale d’une lenteur effroyable. Moins rébarbative, “Total History” conclut l’expérience (c’est toujours une expérience d’écouter FACS ou Disappears) en s’enfonçant peu à peu dans un inexorable crescendo noisy, procurant à ceux qui ont les nerfs solides un certain goût de l’apocalypse. Noir c’est noir, mais l’espoir est bien là. L’espoir que l’aventure FACS se révèle aussi passionnante que celle de Disappears. Il reste du chemin à parcourir mais ça démarre bien. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE DISAPPEARS –...

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PLAYLIST – Nirvana, l’anti best of

PLAYLIST – Nirvana, l’anti best of

© Charles Peterson Voilà 25 ans qu’on nous rebat les oreilles avec le suicide de Kurt Cobain et il est fort probable, du moins si vous avez de la chance et un minimum de bon goût, que vous ayez écouté au moins 25 fois les 4 albums de Nirvana (on n’est pas radin chez Exitmusik, on considère Incesticide comme un album). Il n’empêche que, trop entendus ou non, Kurt Cobain a composé de son vivant un nombre impressionnant de titres pas piqués des hannetons (on n’est pas radin chez Exitmusik, on ressort les expressions de mémé pour tous ceux qui les aiment ou qui voudraient les remettre à la mode). On vous a donc concocté une petite playlist des titres de Nirvana que vous avez peut-être moins écoutés que les autres mais qui défoncent tout quand même. Et c’est cadeau, on n’est pas radin chez Exitmusik… (Vous connaissez SoundsGood ? Non ? On vous explique*) Blackcondorguy *Vous pouvez choisir le lecteur de votre choix pour écouter les morceaux, donc si vous n’êtes inscrit sur aucun d’entre eux, préférez Youtube ou Sound Cloud. Certains morceaux ne sont présents que sur Youtube donc si vous optez pour un autre lecteur, il zappera directement au suivant. ÉCOUTEZ LA PLAYLIST DES 30 ANS DE SUB POP ÉCOUTEZ LA PLAYLIST SUR LE SEATTLE SOUND LIRE LA CHRONIQUE DE NEVERMIND LIRE LA CHRONIQUE DE IN UTERO LIRE LA CHRONIQUE DU MTV...

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PLAYLIST – Le Seattle Sound en 20 morceaux

PLAYLIST – Le Seattle Sound en 20 morceaux

Jour funeste de l’histoire du grunge, le 5 avril a vu la mort de deux icônes du genre, Kurt Cobain, il y a 25 ans de cela puis Layne Staley, merveilleuse voix d’Alice In Chains, parti huit ans plus tard. Ces tristes anniversaires constituent une (énième) occasion de se replonger dans l’incroyable scène de Seattle (et ses environs, on n’oublie pas que Nirvana est un groupe d’Aberdeen) des 90s. Nous avons donc choisi 20 morceaux de groupes, du plus fameux au plus confidentiel, à qui on a accolé l’étiquette grunge lorsque c’était hype, avant tout en raison de leur provenance géographique. Des groupes, au sein desquelles les connexions étaient multiples (nombreux sont les membres que l’on retrouve dans deux ou trois groupes différents) mais dont le son était parfois très éloigné (difficile de trouver des points communs entre Nirvana et Alice In Chains ou entre Melvins et Temple Of The Dog). Il ne tient qu’à vous de le vérifier. (Vous connaissez Sounds Good ? Non ? On vous explique*) On n’oublie pas Shawn Smith, chanteur de Brad (où officie également Stone Gossard de Pearl Jam), Satchel et Pigeonhed (avec Steve Fisk) qui nous a quitté vendredi dernier. Le 5 avril, donc. Un de plus. RIP Jonathan Lopez *Vous pouvez choisir le lecteur de votre choix pour écouter les morceaux, donc si vous n’êtes inscrit sur aucun d’entre eux, préférez Youtube ou Sound Cloud. Certains morceaux (ceux de My Sister’s Machine et Blood Circus) ne sont présents que sur Youtube donc si vous optez pour un autre lecteur, il zappera directement au suivant. ÉCOUTEZ LA PLAYLIST DES 30 ANS DE SUB POP LIRE L’ARTICLE SUR LA DISCOGRAPHIE DE SOUNDGARDEN LIRE LA CHRONIQUE DE TRULY – FAST STORIES… FROM KID COMA LIRE LA CHRONIQUE DE PEARL JAM – VS. LIRE LA CHRONIQUE DE PEARL JAM – VITALOGY LIRE LA CHRONIQUE DE NIRVANA – NEVERMIND LIRE LA CHRONIQUE DE NIRVANA – INCESTICIDE LIRE LA CHRONIQUE DE NIRVANA – IN UTERO LIRE LA CHRONIQUE DE NIRVANA – MTV UNPLUGGED LIRE LA CHRONIQUE DE GREEN RIVER – DRY AS A BONE/REHAB...

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