PLAYLIST – Rage Against The Machine en 20 morceaux

PLAYLIST – Rage Against The Machine en 20 morceaux

Après avoir canardé les 90’s avec un son révolutionnaire, fusion rap rock maintes fois imitée mais jamais égalée, Rage Against The Machine revient pour une série de concerts. Au fond, peu importe la motivation, qu’elle soit purement financière (on n’a pas envie d’y croire mais on n’est pas totalement crédules…) ou bien pour réveiller un peu notre âme contestataire (on y croit) à l’heure où les politiques ruinent notre planète, sans que ça émeuve outre mesure… Le plus important, c’est de pouvoir vibrer à nouveau aux riffs jouissifs de Morello, au groove dantesque de Wilk/Commerford et au flow survolté de De La Rocha. Rendez-vous est donc fixé au 1er septembre à Saint Cloud (92) pour le Festival Rock En Seine. Et pour vous y préparer au mieux, retour en 20 morceaux sur les titres les plus marquants de leur discographie. Tous nos articles sur Rage Against The Machine Toutes nos playlists best...

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Pinegrove – Marigold

Pinegrove – Marigold

(Rough Trade, 17 janvier 2020) Il est bien difficile de parler de ce quatrième album du groupe de Montclair, New Jersey, sans évoquer son contexte de production. Le 21 novembre 2017, Evan Stephens Hall, le chanteur-guitariste et tête pensante du groupe publiait sur le Facebook du groupe un message affirmant qu’il venait d’être accusé d’avoir exercé une forme de coercition sexuelle à l’égard d’une femme avec laquelle il pensait avoir une liaison librement consentie. Il annonçait que le groupe interromprait sa tournée et ferait une pause pour réfléchir à la situation. À ce jour, aucune plainte officielle ne semble avoir été déposée par la jeune femme en question. Un récent article du New Yorker, sans indiquer le nom de la personne, affirmait qu’il s’agissait d’un membre de l’équipe de tournée du groupe. Il était question de pressions psychologiques plutôt que physiques. Par ailleurs, Hall affirmait avoir eu à l’égard de certains des fans des envies qu’il considérait lui-même comme déplacées. En d’autres termes, rien qui, du point de vue du public européen, ne serait considéré comme contraire à la morale – ceux qui pensaient assister à une affaire Matzneff du milieu de l’indie pop n’auront pu qu’être déçu. Seulement, cette nouvelle tomba quelques semaines seulement après les témoignages accablants de fans harcelées par l’ex-guitariste de Real Estate Matt Mondanile et quelques mois après le scandale Pwr Bttm, qui effaça en quelques heures ce nouveau venu sur la scène indie de la surface de la planète. Pinegrove se trouva donc emporté par la spirale #MeToo, même s’il semblait clair que la situation était bien différente de celle des deux artistes sus-cités. A ce moment là, le troisième album de la formation, Skylight (2018), bien qu’enregistré, n’était pas encore sorti et le groupe ne tourna pas pour le promouvoir. Vous me direz : quel rapport cela a-t-il avec la musique ? Et bien, je vous répondrai : un rapport étroit. Si les stars des années 70 comme Led Zeppelin avaient fait du rock machiste un fond de commerce, leurs scandales sexuels, aussi choquants furent-ils, ne faisant qu’ajouter à la légende, Pinegrove est arrivé au début de la décennie dernière avec une musique bien plus inoffensive, tentant de véhiculer une culture de la sincérité et de la bienveillance. S’inspirant, tant par son discours que par son énergie, de la scène « emo » mais empruntant également au country rock alternatif, Pinegrove créa un chaînon manquant entre Death Cab For Cutie, Band of Horses et The Decemberists où se mêlent songwriting introspectif, arpèges délicats et mélodies entêtantes. Le public s’identifia fortement au groupe, ce qui créa immédiatement un culte autour de lui. On dit même que l’actrice Kirtsten Stewart porterait un tatouage du...

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The Guru Guru – Point Fingers

The Guru Guru – Point Fingers

(Luik/Grabuge, 31 janvier 2020) Que feriez-vous à notre place ? Une bande de barjots belges qui vous pointent du doigt et se ruent vers vous pour vous présenter leur nouveau bébé braillard. Vous prendriez vos jambes à votre cou, évidemment. Peu téméraires que vous êtes. Nous, on choisit de s’accrocher. Car s’ils foutent un peu les jetons de prime abord, si notre boussole ne répond plus face aux revirements incessants du quintet, on retrouve vite quelques éléments communs auxquels se raccrocher. Une basse indomptable qui mène la danse, une guitare à laquelle on soutire des grognements aigus, un chant mi-parlé mi-rappé, un refrain pop en diable, des cris de damnés en option. C’est parfois violent, souvent accrocheur et finalement toujours totalement instable. N’est-ce pas là le plus excitant ? Dès « Mache », on croit se raccrocher à un riff de brutasse et on se dit qu’on va se contenter de headbanger béatement pendant trois minutes et puis la basse nous prend par la main, nous dit que ce n’est pas par là, qu’il faut suivre ce drôle de bonhomme avant un refrain plus-aigu-tu-meurs qui déboussole d’abord et colle aux basques ensuite. Etonnant, mais bien vu. Tom Adriaenssens qu’on imagine gesticuler dans tous les sens, pris de sursauts épileptiques ou du syndrome de la Tourette (« FIRE! PEPPER! TURMOIL! » sur la démentielle « Chramer ») guide sa troupe comme un gourou gourou gentiment timbré timbré mais sacrément charismatique. Et quand chacun souhaite faire plus de boucan que lui, il va s’isoler avec sa guitare acoustique et s’évade dans une chouette ballade, en toute quiétude, se demandant à juste titre si c’est bien lui qui a enfilé le costume du songwriter mature (« And I’m Singing, Aren’t I »). Et finalement, nul besoin d’une quinzaine d’écoutes pour succomber au trip math/indie/noisy un brin crazy – qu’il convient d’appeler borderline rock – proposé par The Guru Guru. Quand au bout de trois tours de platine, on sifflote des refrains tout seul dans son coin, c’est que l’affaire est bien engagée, non ? Quand on considère initialement que les compos sont alambiquées avant de les trouver totalement limpides, c’est que les gars ont un truc, n’est-ce pas ? Point Fingers dégage cette très plaisante (et trop rare) impression d’un groupe qui a laissé libre cours à sa créativité, sans calcul, ne s’est rien refusé et est parvenu à accoucher d’un résultat totalement instinctif, finalement à même de parler à chacun d’entre nous. Pas étonnant qu’ils aient tapé dans l’oreille de Lysistrata qui les a accueillis sur leur label. À présent, démerdez-vous pour vous dépêtrer des soubresauts diaboliques entre douces mélodies et coups de sang hargneux de « Delaware », « Mache », « Chramer », « Origamiwise », des arpèges innocents de « Know No », de « Skidoo » et...

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Baston – Primates

Baston – Primates

(Howlin Banana, 29 novembre 2019) Souvenez-vous. Baston, c’est ce groupe auteur d’un chouette premier EP bien péchu (Gesture) il y a déjà 4 ans chez le label Howlin Banana, fer de lance 2010’s du “garage à la française” (et un peu à la californienne, avouons). Un genre quelque peu encombré quand le revival battait son plein et eux-mêmes ont semble-t-il songé qu’il valait mieux tracer une route nouvelle pour continuer à se faire entendre et se détacher un peu de la meute constamment grandissante. Une meute qui en a semé quelques-uns en route, et non des moindres (on pense notamment aux Madcaps et à Kaviar Special, deux membres éminents du label). Baston a donc pris son temps pour repenser sa musique, recruté un nouveau membre aux synthés pour former désormais un quatuor et considérablement ralenti le tempo pour mieux lorgner aujourd’hui vers un univers shoegaze/krautrock (avec lequel il flirtait déjà sur l’EP mais plus timidement). Et figurez-vous que ça lui va comme un gant. J’en veux pour preuve “Primates” qui n’a rien de primitif. Basse-batterie cavalent main dans la main, de la reverb, un air de guitare piqué à Robert Smith, un peu plus de reverb, des voix lointaines, et encore un soupçon de reverb. Dans la foulée “Transept” se déguste les yeux écarquillés, la bouche ouverte prête à gober les acides qui tombent.  Psyché donc, Baston l’est toujours (“Achilles” confirme). Pop également parce que sans belles mélodies (“Arnhem” on pense à toi), on s’en foutrait pas mal de ces autoroutes motorik et guitares aigrelettes (“K2” semble emprunter cette direction avant de prendre son envol). Ce n’est pas forcément plus innovant qu’auparavant mais c’est probablement ce qui leur correspond le mieux. Et ça sonne rudement bien. Les compos sont là, on l’a dit, mais la prod très soignée les met également en valeur comme il se doit.  En fin d’album, surgit un guest pour le moins inattendu : Christophe Hondelatte et ses fameux récits sordides sur un petit air musique du monde (darboukas, ambiance orientale). On ne peut s’empêcher d’esquisser quelques sourires malsains (“à aucun moment, vous ne vous êtes dit que cette femme dans le frigo pouvait être votre mère ?“) et “Viande” constitue ainsi une divertissante ballade au pays des tarés. Divertissante et essentielle car des morceaux qui jouent sur la répétition à terme… Ça peut donner un disque répétitif.  Ceux qui ont lu jusque-là ont compris la sentence mais pour ceux qui sautent directement à la conclusion, faisons clair et limpide (même si vous ne le méritez pas) : Baston a gagné en finesse mélodique, en précision dans l’élaboration de ses morceaux ce qu’il a perdu en énergie pure. En ce qui nous concerne, le pari...

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PLAYLIST – David Bowie, l’anti best of

PLAYLIST – David Bowie, l’anti best of

Quatre ans déjà que le roi David nous a quittés et plus aucun nouveau son à se mettre dans les oreilles (simplement quelques nouvelles versions à l’intérêt variable qui ressurgissent comme par magie). Pas de livraison majeure d’inédits fantastiques en dehors d’un concert historique à Glastonbury en 2000. Retour gagnant du monstre Bowie dans un festival qu’il n’avait plus fréquenté depuis des décennies. Ce concert fut l’interprétation d’un best of, en mode festival. J’ai envie ce soir de m’envoyer du Bowie plein la tête, mais pas les titres les plus connus, sortir des sentiers battus (pour les non-initiés s’entend). Fermez les yeux, mettez un casque, c’est parti pour une virée magique. Laissez-vous guider, je vous emmène à la découverte de titres plus confidentiels et néanmoins géniaux. Aucun classement, aucune chronologie ni cohérence juste des chansons que j’adore… Let’s Dance! UN. “Time” tiré de Aladdin Sane, géniale balade, piano bastringue et Bowie en mode pute de cabaret, sommet de son époque Glam, composition fabuleuse, et les Spiders from Mars au sommet de leur art. DEUX. “Black Tie White Noise” tiré de l’album éponyme paru en 1993. Funk, Soul, chant sirupeux, dragueur, Bowie adorait la musique Black et savait s’y mettre aussi. Un régal. TROIS. “Jump They Say” tiré du même album. Drum’n Bass, cuivres, envie de se bouger le popotin, Bowie aborde ici un sujet très personnel et traumatisant : la schizophrénie de son frère qui mourra tragiquement (suicide). Tout est dit dans le titre. QUATRE (voire CINQ ET SIX) “Sweet Thing, Candidate et Sweet Thing Reprise”. Enchainement monstrueux de trois titres démentiels. Compos de folie. Bowie qui se lâche. Chant, cuivres, chœurs, claviers…. Derniers délires des Spiders sur l’album Diamong Dogs. Encore une fois un sommet. Et ces titres précédaient « Rebel Rebel » sur l’album. A l’époque c’est le roi du monde ! CINQ. “Telling Lies” Tiré de l’album Earthling, livraison monumentale des années 90 et retour au sommet (un de plus). Sublime morceau. Bowie chante comme si sa vie en dépendait. C’est juste bouleversant.SIX. “I’m Afraid Of Americans” tiré du même album. Il le disait en 1995. On continue de le penser. Ce titre est énorme. Influence Nine Inch Nails (pas étonnant avec Reznor à la prod… et c’est même lui qui pourchasse Bowie dans les rues de New York dans le clip !) SEPT. “Cactus” tiré de l’album Heathen (que j’adore). Reprise de Pixies. Bowie se l’approprie bien sûr mais comme souvent chez lui c’est un hommage. HUIT. “I Have Been Waiting For You” Autre reprise tirée du même album. Cette fois Bowie reprend un titre magnifique du Loner et le magnifie. On pensait leurs univers éloignés (mais pas antinomiques), pas tant que ça.NEUF. “Joe The...

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Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Last Train sur ses terres pour sa dernière date de 2019. L’affiche avait de l’allure avec Bandit Bandit en ouverture et sur scène dès… un trop précoce 20 heures (un vendredi soir !). Autant dire qu’à 4 jours de Noël, avec une circulation strasbourgeoise dense, l’habituelle chasse à la place de parking autour de la Laiterie et un concert sold out, il aurait fallu… que je parte plus tôt pour ne pas rater à peu près tout le set de Bandit Bandit. Shame on me, vu que le peu de la performance entrevue m’a bien plu. Pas tous les jours que des groupes rock frenchies pratiquent leur art dans la langue de Molière en plus. A revoir… 21h00 précises (on est ponctuel à La Laiterie, ça fait peur), bière de Noël à peine sirotée, Last Train déboule sur scène. Troisième rencontre avec eux pour ma part mais première en salle d’où une grosse attente et excitation non dissimulée. On parle quand même d’un groupe de ma région qui peut prétendre à une place sur le podium très officieux de meilleur groupe rock français en activité. Assertion totalement gratuite et scandaleusement subjective ok. Mais The Big Picture, leur deuxième album, a quand même marqué la scène rock hexagonale en 2019. Et l’aura du groupe, sorte de « dream come true » de copains qui montent leur band puis se propulsent jusque sur les scènes internationales au gré de centaines de dates en à peine quelques années a de quoi faire fondre le cœur endurci de n’importe quel indie rock critique sceptique. En terre promise, le groupe a démarré tambour battant avec une doublette puissante et imparable : l’impeccable « All Alone », toutes guitares dehors et le tubesque « Way Out » qui a fait monter la température très vite dans les premiers rangs totalement acquis à la cause des alsaciens. Le groupe a choisi une setlist en montagnes russes alternant titres enragés et plages plus contemplatives proches du post-rock comme sur un « On Our Knees » où le silence quasi religieux de La Laiterie avait de quoi foutre le frisson. Quel titre ! Beau travail sur les lights au passage avec de belles ambiances en clair-obscur sur les passages instrumentaux paisibles. Le groupe a de la bouteille (plus de 400 dates au compteur) et leur complicité est visible. Des titres classiques comme « House On The Moon » ou « Fire » ont retourné la Laiterie. On est pourtant pas loin d’un post-rock assez lent qui peut rebuter les non-initiés. Mais la patte mélodique du groupe, le chant assuré de Jean-Noel Scherrer et la capacité du groupe a « électrifier » cette belle mélancolie a fait fondre le...

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The Rolling Stones – Sticky Fingers

The Rolling Stones – Sticky Fingers

(Rolling Stones Records, 23 avril 1971) Fêtes de fin d’année obligent, quand le boss d’Exitmusik m’a parlé de célébrer les 50 ans de Sticky Fingers, je me suis lancé sans réfléchir… Avec donc plus d’un an d’avance… Et tant pis pour Let It Bleed !  C’est à peu près là que ma vie rock’n roll a réellement commencé. Sticky f*** fingers. Le LP de 71. Mon préféré de toute la disco des Stones. Celui que je redécouvre tous les 5 ou 10 ans. Que je rachète sous différents formats. On parle beaucoup de la cover pic qui est en effet un coup de génie mais ce qui est un souvenir d’enfance pour moi est plutôt la pochette intérieure. D’un côté, on a une belle langue, le tout nouveau logo des Stones, affiché en pleine page. Business deal. De l’autre, une photo de famille. Les 5 Stones. Mick est un peu dans son coin et baille aux corneilles. Les mains dans ses poches de blazer trop grand sont gravées à jamais dans mon cerveau reptilien. Keith, un poil trop gros pour ce collant moyen-âgeux joue au chef de bande. Bill mime une descente de poudreuse et Charlie et Mick (Taylor) font un sourire de photo de classe. Par son geste, Bill résume bien l’esprit de cet album. Upper. Downer. Les “produits”. La vie est amusante mais fatigante. Jouissons mais avec un Mother’s Little Helper en support. On dirait que les enfants de 66 ont farfouillé dans le vanity case de maman et ont trouvé de quoi il s’agissait. Il n’y a pas que maman qui a besoin d’un boost pour supporter le quotidien.  Cet album devrait être interdit aux moins de 12 ans. Je ne serais peut-être pas tout à fait le même aujourd’hui si cet album n’avait pas existé. On a affaire à une roche ciselée, une opération à cœur ouvert, un pont bringuebalant, un vieux matelas puant. Ça apprend la vie. On se dit que ce n’est que de la musique mais on se dit la même chose quand on est petit et qu’on regarde un film d’horreur. Ce n’est que du cinéma. Quand j’étais petit et mort de trouille devant un film, je pensais aux acteurs qui rigolaient entre eux, une fois la prise finie. Ici, c’est pareil. On se dit que c’est un délire de musiciens riches et surdoués. Mais non, c’est la vraie vie. Six ans plus tard, Keith n’est pas loin du trou (canadien). Et puis, Brian a fait le grand plongeon depuis deux ans déjà. La mort est là, elle rôde. Comment les protagonistes de Sticky Fingers sont encore tous vivants en 2020 malgré l’appel du vide d’un coup de génie évident et...

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Idles – A Beautiful Thing: Idles Live at Le Bataclan

Idles – A Beautiful Thing: Idles Live at Le Bataclan

(Partisan, 6 Décembre 2019) Comme pour le chasseur, il y a le bon et le mauvais groupe de rock. Pour le mauvais, je vous laisse le soin d’apposer le nom qui convient derrière cette sentence gratuite. Le bon groupe de rock, lui, réussit à transcender sur scène ses compos, à embarquer son public avec énergie et envie pour parfois l’emmener vers l’instant de grâce. Bon on va pas se mentir. De grâce, il ne sera pas trop question sur ce live brut de décoffrage des anglais de Idles capté au Bataclan le 3 décembre 2018. Quand on appelle un de ces albums Brutalism, et qu’on pratique un (post)-punk assez furieux, c’est plutôt de sueur dont il sera question. Si l’on peut déplorer le manque de subtilité de leur musique, un poil braillarde à mon goût, et moins élégante que leurs voisins dublinois (Fontaines D.C., The Murder Capital), ce live rend bien justice à ce qu’est Idles sur scène. Un groupe de petites frappes, qui te vomit un punk joué pied au plancher, idéal pour enflammer les fosses et déclencher moult pogos et autres slams. C’est ce que j’avais observé sur la scène du chapiteau des Eurocks l’été dernier. Le chanteur, Joe Talbot, avec son look de repris de justice à peine sorti de taule, impressionne par sa présence physique, et sa voix rauque poussée à la limite. Les guitaristes montés sur ressort n’hésitaient pas à slammer au milieu de la fosse. On ne s’économisait pas ! Avec 19 titres, bien répartis entre leurs 2 albums (Brutalism et Joy As An Act Of Resistance), ce live ne convaincra toujours pas les réfractaires au punk binaire de 3 minutes joué à cent à l’heure (les pas oufs « Television », « Great Live », « Gram Rock »). Bon, c’est pas du punk à roulettes non plus et quelques titres aux intonations « pop » lorgneraient presque vers les Pixies (les refrains de « Danny Nedelko », « Samaritans », le riff distordu de « l’m Scum ») ! Reste un son puissant, sale, la basse bien en avant, des guitares parfois aventureuses (le riff addictif de « Never Fight A Man With A Perm », « 1049 Gotho », « Love Song » et son « lalalala » jouissif, «White Privilege », « Benzocaine »). Dès que le rythme ralentit ou les compos s’allongent, c’est ainsi bien plus convaincant comme sur l’inaugural et énorme « Colossus », « Divide Conquer », « Exeter » où le groupe fait chanter des spectateurs, « Cry To Me »… Ou les 10 minutes finales et furieuses de « l’anti-fascist song » « Rottweiller ». Le groupe mouille la chemise, le public est bouillant...

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The Folk Implosion – One Part Lullaby

The Folk Implosion – One Part Lullaby

(Interscope, 7 septembre 1999) Si vous n’avez jamais écouté One Part Lullaby, sachez en guise de préambule qu’il s’agit peut-être du disque le plus déroutant auquel ait jamais participé Lou Barlow. N’allez pas pour autant vous imaginer que le musicien pousse à l’extrême les excentricités électriques ou acoustiques déjà tentées avec Sebadoh ou au début de Dinosaur Jr ; non, il n’y a sur ce disque que de la pure pop. Mais de la pop dont tout rappelle les productions les plus radiophoniques des années 90. On y retrouve même une talk box sur « E.Z.L.A. » (pensez « California Love », si vous ne voyez pas de quoi je parle…ou autotune, si vous êtes trop jeune pour connaitre « California Love » !), de quoi se demander si Lou Barlow n’a pas décidé de vendre ses fesses, ou au minimum retourner sa veste pour vendre des disques. Du coup, quand on lit comme sur la page Wikipedia de l’album que Barlow le considère comme « un désastre », on serait tenté de penser qu’il a honte de cette sortie assez improbable sur le papier. Mais n’allez surtout pas croire ça, puisque lui-même vous répondra « Bon dieu non, c’est un de mes disques préférés ! ». Car ne l’oublions pas, c’est de Lou Barlow et John Davis qu’il s’agit, deux musiciens qui ont prouvé au moins avec les deux précédents disques, mais aussi tout le long de leurs carrières respectives qu’ils avaient du talent et qu’ils faisaient à peu près ce qu’ils voulaient artistiquement. Ainsi, on peut très bien imaginer que cet étonnant choix de production est totalement volontaire, une manière d’explorer et d’essayer d’autres choses que les grosses guitares ou les grattes acoustiques aux accordages improbables. Et surtout, même quelqu’un de globalement hermétique aux musiques électroniques tel que moi peut succomber à la beauté des compositions. Je dirais même plus, le traitement sonore ne se contente pas d’être un choix esthétique qui pourrait être accepté par défaut sur des titres qui bénéficieraient d’être rejoués dans une formation guitare-basse-batterie classique, c’est un choix artistique qui sert complètement les titres en question et leur donne une teinte, un ton qu’ils n’auraient pas eus autrement. Pour cela, on appréciera sous cette forme l’ambiance qui se dégage de morceaux comme « Kingdom Of Lies », « My Ritual », « Back To The Sunrise » ou « Mechanical Man ». Et on sera même tenté de dire que le talent des deux compères les rend imperméables à la ringardise, tout rattachés qu’ils soient à la fin des années 90. « E.Z.L.A. » est sans doute le morceau le plus marqué par le passage du temps, et donc le plus difficile à...

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Top albums et playlist 2019

Top albums et playlist 2019

Avant de mettre votre foie à rude épreuve, voici déjà de quoi vous gaver de bonne musique avec le top albums 2019 de la rédaction ainsi qu’une playlist de plus de 5 heures pour votre nouvel an (quand les beaufs dormiront après avoir tout donné sur “Les lacs du Connemara”). Le top détaillé des rédacteurs à suivre très prochainement. 20/ Pile – Green And Gray (chronique) 20/ Cave In – Final Transmission (chronique) 19/ Pamplemousse – High Strung (chronique) 18/ Big Thief – Two Hands (chronique) 17/ Cult of Luna – A Dawn To Fear 16/ Mark Lanegan Band – Somebody’s Knocking (chronique) 15/ Sebadoh – Act Surprised (chronique) 14/ Big Thief – U.F.O.F. (chronique) 13/ Last Train – The Big Picture (chronique) 11/ Fontaines D.C. – Dogrel (chronique) 11/ DIIV – Deceiver (chronique) 10/ Kate Tempest – The Book Of Traps And Lessons (chronique) 9/ The Young Gods – Data Mirage Tangram (chronique) 8/ The Psychotic Monks – Private Meaning First (chronique) 7/ LANE – A Shiny Day (chronique) 6/ Chelsea Wolfe – Birth Of Violence (chronique) 5/ Thom Yorke – Anima (chronique) 4/ Mikal Cronin – Seeker (chronique) 3/ Tool – Fear Inoculum (chronique) 2/ Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen (chronique) 1/ Ventura – Ad Matres (chronique) Et voilà du son : Tous nos tops albums depuis 2013 Les tops albums de la...

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