5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

  Nous avons eu l’immense plaisir d’interviewer Lee Ranaldo à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Electric Trim. En plus de pouvoir laisser libre cours au fan qui sommeille en nous, ce à quoi l’artiste s’est plié avec beaucoup de sympathie, il s’est prêté au jeu de notre interview 5 chansons 5 disques. Par manque de temps, malheureusement, journée promo oblige, nous n’avons pas pu parler de disques de son choix. Néanmoins, il n’a pas été avare en anecdotes sur les morceaux que nous avions choisis. D’après lui-même : « Oh, c’est vous qui choisissez les chansons ? C’est encore mieux, ça rend la chose super facile pour moi ! »   Lee Ranaldo – From Here To Infinity (1987) Je n’ai pas vraiment pu choisir un morceau sur ce disque, on va donc commencer avec un album complet. Vous comprenez pourquoi ? Oui (rires). Je m’en rappelle très bien. C’était une période où j’expérimentais beaucoup avec des boucles de cassette. On était chez Blast First, on devait faire Sister, à l’époque, on avait déjà sorti Bad Moon Rising et Evol et je disais au mec du label, en Angleterre, que j’expérimentais avec des enregistrements bizarres et que je ne savais pas quoi en faire. Il m’a répondu : « Pourquoi on n’en ferait pas un disque ? ». Je venais de New York, et en Angleterre c’était beaucoup plus facile de sortir un disque, du coup je lui ai répondu « Vraiment ? On peut faire ça ? » et lui « Oui, ramène tes cassettes et on va en faire un album solo. » Ça s’est monté ainsi. Je voulais vraiment garder l’idée de boucles de cassettes, donc chaque piste finit sur un locked groove, de manière à ce qu’elle soit potentiellement de durée infinie (NDR : un locked groove est un enregistrement sur le sillon qui sert à bloquer le bras, en général à la fin d’une face, ce qui crée une boucle de moins de 2 secondes qui se répète tant qu’on ne relève pas le diamant). J’ai fait les enregistrements à New York et quelques-uns dans les deux semaines où j’étais en Angleterre, et d’une certaine manière, c’était juste un projet expérimental. D’abord pour présenter mes enregistrements sonores, et en faisant des boucles. Pour faire ces boucles sur un vinyle, tu es en studio et le type doit appuyer sur le bouton qui crée la boucle, et tu ne sais jamais comment ça va sonner avant d’avoir écouté le pressage final, car tu ne peux rien changer une fois qu’il a fait ça. C’est vraiment tout ou rien. Du coup, c’était un projet vraiment sympa. Un des morceaux, « Lathe Speaks », a été fait pendant qu’ils gravaient la matrice du vinyle, je bougeais la bande entre les têtes de...

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Dans le bac d’occaz #19 : Hüsker Dü, Chokebore, Kanye West

Dans le bac d’occaz #19 : Hüsker Dü, Chokebore, Kanye West

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz #19 : les années en 5   1985 : Hüsker Dü – Flip Your Wig Très difficile d’aborder le bac d’occaz de ce mois-ci, avec trois albums qui m’ont globalement plu, pourtant. Mais avec l’annonce du décès de Grant Hart, j’ai eu un peu du mal à trouver les mots pour parler d’Hüsker Dü, et de là la motivation à développer le reste. Je m’excuse donc pour ce bac à occaz en retard, et un peu expéditif. Faisons simple, pour une fois. Difficile de dire dans une telle période que, malgré tout le respect que j’ai pour la démarche du groupe et les musiciens qui le composent, Hüsker Dü n’a jamais pénétré l’anti-chambre des groupes que j’adore. Le problème, concluais-je, venais d’une séparation trop marquée entre des morceaux trop purement hardcore et d’autres trop pop. Et peut-être une production un peu datée. Évidemment, Flip Your Wig était un des albums que je n’avais jamais écouté, et c’est pourtant celui qui réussit le mieux à faire coexister les deux aspects du groupe. De ce fait, c’est peut-être leur meilleur, même s’il est moins ambitieux et reconnu que Zen Arcade. En revanche, je me rends malheureusement compte que mes freins avec le groupe ne sont pas que formels, même si l’album m’est agréable et que j’accroche en général plus avec les compos de Hart que celles de Mould, j’aime bien ce disque mais je ne l’adore pas. Difficile à expliquer. En tout cas, pour les amateurs du groupe, c’est à raison un grand disque, et mon point de vue purement subjectif ne retire rien aux hommages que méritent Hart, mais également Mould et monsieur Moustache même s’ils restent bien vivants.    1995 : Chokebore – Anything Near Water Encore un disque qui me plait globalement mais dont je ne sais pas trop quoi dire. On est en plein boom du rock alternatif, au début des années 90, avec un groupe qui allie gros son électrique, chant hargneux et émotion, et qui le fait bien. Ce qui différencie Chokebore des autres, au-delà de compositions de qualité, c’est son chanteur Troy Balthazar, qui n’avait pas encore de Von à l’époque. Le problème, c’est que quand on fait le chemin inverse, c’est à dire qu’on a découvert l’artiste en solo avant de...

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Interview – The Richmond Sluts

Interview – The Richmond Sluts

Manu démarre: « Ok guys, my friend Marlon is gonna… » « …fuck us !! », m’interrompt un Sluts. Gros rire gras backstage. S’ensuit une discussion inédite sur les penis de scorpions qui se trouveraient à la base de leur dard, etc. Bonne intro ! Comment va la tournée jusqu’à présent ? (John Tyree, batteur, passe une tête et les autres lui disent de rappliquer pour l’interview. John semble dans un état second, ca promet… Back to the questions.) Excellent ! Ça se passe très bien. On revient d’Italie où on était pour la première fois. On a fait beaucoup de petits clubs avec toujours une très bonne interaction . Et après on débarque en France et là, c’est l’explosion ! » Pourquoi en France ? Je ne sais pas ! A toi de me le dire ! Peut-être avec notre premier LP dans les meilleurs albums selon Rock and Folk. Mais vous vous attendiez à cette popularité en Europe? Non pas du tout. On ne fait rien de nouveau en fait mais la seule différence est qu’en 2001, personne ne faisait ce qu’on faisait. Mais tout le monde s’en foutait. Nous, on répétait 3 fois par semaine. Et… on n’a fait qu’un album (rires). (Shea précise qu’il est batteur à la base mais qu’il s’est mis au chant et à la gratte après qu’on lui ait montré 2 accords de Chuck Berry, accords qu’ il joue tout le long du mythique premier album. Chris le vanne en expliquant que Shea est maintenant un incroyable guitariste. Ambiance bon enfant…) Que pouvez-vous dire du nouvel album ? Quand on est rentrés d’Europe il y a 3 ans, on a réalisé qu’on avait des fans et qu’on pourrait faire un nouveau LP (NDLR : 12 ans après le premier). On avait quelques chansons mais ça a mis du temps, avec des membres du groupe à L.A. et d’autres à San Francisco… En plus, ce n’est pas comme si on avait un label qui nous poussait. (Shea explique qu’il a monté son label pour l’occasion, que Mauvaise Foi Records allait aider et donc que les choses se sont mises en place.) Ce n’est pas trop difficile en concert de placer les nouveaux morceaux alors que tout le monde attend ceux de 2001 ? Les Sluts confirment que c’est un vrai sujet mais qu’avec 2 albums (et même 3 en comptant Big Midnight, version des Sluts avec juste Shea et Chris, ils peuvent maintenant jongler avec la setlist et jouer plus longtemps. Une conversation sur Big Midnight plus loin, ils expliquent que leur premier batteur résume la discographie des Sluts ainsi : « Le premier album était du sexe, le second de l’héroïne et le troisième, un bon gros joint ». (rires) On...

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Nick Cave & The Bad Seeds @ Zénith (Paris), 03/10/2017

Nick Cave & The Bad Seeds @ Zénith (Paris), 03/10/2017

A quoi peut-on s’attendre quand on n’a jamais vu Nick Cave en concert et qu’on connait le contexte très douloureux dans lequel fut écrit son dernier album ? A un concert très intimiste, émouvant, où tout le monde reste assis sagement à écouter religieusement les complaintes du vieux crooner australien. C’est bien mal connaitre Nick Cave qui n’est pas du genre à se contenter d’un cadre feutré et policé. Nick Cave aime la scène, il vit pour ses moments et semble jouer chaque concert comme si c’était le dernier, comme s’il avait tout à prouver, tout à offrir à un public qu’il connait personnellement. Je n’avais jamais vu Nick Cave sur scène, mais j’en suis désormais persuadé : le bonhomme fonctionne comme ça. Cette soirée du 3 octobre restera gravée comme un moment privilégié avec un artiste immense. Un artiste blessé dans sa chair l’année dernière et qui avait offert en guise de testament à son fils un album superbe empli d’émotion. Il a donc régulièrement été question de poils hérissés en ce début de soirée avec d’emblée une intensité incroyable et des interprétations habitées (« Jesus Alone », « Magneto »). Il nous a même semblé faire face à un gourou avec toute une salle à ses pieds, buvant chacun de ses mots et épiant le moindre de ses mouvements alors qu’il se dandinait avec une classe inouïe dans son costard cintré. C’était « Higgs Boson Blues » et c’était déjà l’assurance d’une prestation mémorable et le doute de pouvoir vivre de nouveau des moments aussi forts que lorsque le messie empoignait les mains des spectateurs pour leur faire sentir son coeur battre tout en hurlant, comme possédé « can you feel my heart beat? ». La salle entière sentait alors son coeur battre la chamade, et en réclamait davantage. S’en est suivi une version explosive de « From Her To Eternity » avec un Warren Ellis en chef d’orchestre hystérique maltraitant son violon comme s’il s’agissait d’une gratte un peu trop capricieuse. Comme un retour aux sources, quand Nick Cave & The Bad Seeds rimait avec sauvagerie. Ses mauvaises graines qui, après s’être fait touts petites sur la première moitié de « Jubilee Street » (une des dernières merveilles générées par la plume du grand Nick), ont grandi, grandi jusqu’à l’explosion irréelle d’un morceau qu’on ne pensait pas capable de nous emmener si haut, si vite, si fort. Nick parviendra à tenir un peu plus en place derrière son piano sur « Into My Arms », pas loin de nous arracher une larmichette. Et c’est lui qui semblait au bord de la rupture sur les bouleversantes « Girl In Amber » et « I Need You » du dernier album. Il serait injuste d’oublier l’immense « Red Right Hand » et son fameux gong qui nous laisse...

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5 chansons, 5 disques par François Corbier

5 chansons, 5 disques par François Corbier

À l’occasion de la sortie du documentaire « Des Traces Dans La Mémoire Des Masses » le 18 octobre et avant de pouvoir enfin revoir l’artiste à Paris (à la Sorbonne) le 24 du même mois, nous avons encore eu le plaisir d’échanger par téléphone avec Corbier sur 5 de ses chansons et 5 chansons d’artistes qu’il aime.     1 – Sans Ma Barbe (single, 1988) Cette chanson est partie d’un gag. Je cherchais des idées de chansons et celle-ci est venue facilement. J’avais envie de dire des âneries et ce thème s’y prêtait assez bien. À partir du moment où je n’ai plus de barbe, le monde est différent, c’était une blague. J’étais persuadé que quand j’allais montrer cette chanson au producteur Jean-Luc Azoulay, il allait la mettre de côté car elle ne voulait rien dire et qu’il prendrait plutôt les autres. Pas du tout, c’est l’inverse qui s’est produit. Il m’a dit « celle-là est vraiment rigolote, on va l’enregistrer. » Je suis tombé des nues, j’avais écrit une chanson pour déconner et c’est celle-là qui a été gardée. Il parait que ça arrive assez régulièrement qu’une chanson écrite sans conviction soit retenue par rapport aux autres. C’est assez cocasse.   Il y a un nombre de jeux de mots phénoménal dans cette chanson. J’aime bien faire des calembours, sans être un grand spécialiste. Pour cette chanson, je voulais surtout jouer sur les prépositions et les verbes, là où il devrait y avoir une préposition, j’ai mis un verbe ce qui crée un décalage un peu bizarre. C’était pas très compliqué à faire, c’était juste pour s’amuser. C’était l’idée de créer quelque chose d’assez surréaliste. Il n’y a pas de sens profond, mais ce qui est assez rigolo, c’est qu’il m’est arrivé de me faire engueuler par des gens qui me reprochaient un sens caché dans la chanson, de dire par exemple « il n’y a plus de consensus » en voulant dire « con sans suce », ce qui était tout à fait voulu. On me disait « vous devriez avoir honte de dire ça dans une chansons pour enfants ! », mais les gens qui me disaient ça sont des gens qui n’ont aucune connaissance du folklore, qui ne savent pas que les enfantines historiques sont 9 fois sur 10 destinées à des adultes. Il y a toujours eu et il y aura toujours des chansons destinées aux adultes qui tomberont dans les oreilles des enfants, qui s’ils sont bien élevés ne comprendront pas. Si les enfants comprennent, les parents ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.   J’avoue que le « Cuba sans cacao » m’a laissé perplexe pendant longtemps. Tu veux dire que ça te faisait rire ? Ah non, tu ne comprenais pas. Et bien, tu vois....

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5 ans d’Exit Musik – Birth Of Joy, Wonderflu, The Blind Suns le 10 novembre au Petit Bain !

5 ans d’Exit Musik – Birth Of Joy, Wonderflu, The Blind Suns le 10 novembre au Petit Bain !

  Putain 5 ans ! 5 ans qu’on s’est lancé dans cette drôle d’aventure, juste pour le fun et sans la moindre idée de comment ça pourrait évoluer. Aujourd’hui on peut le dire : ça valait le coup. On s’amuse toujours autant à parler musique avec passion, entre mauvaise foi assumée et cris d’amour déraisonnés. Et si ça se trouve, on sera encore là dans 10 ans… En attendant, pour fêter cette première étape importante, on a pensé se faire une petite sauterie dans une de nos salles parisiennes préférées, avec la fine fleur de l’indie rock français et des bataves qui, parait-il, se débrouillent pas trop mal sur scène…   Vendredi 10 novembre au Petit Bain… Exit Musik fête ses 5 ans !   Birth Of Joy (NL)   En 2005, les Birth of Joy ont gobé une pilule datée approximativement de la fin des 60s-début 70s et ne sont jamais vraiment redescendus. Héritiers des Doors pour le côté blues psychédélique (et pour la formation guitare/orgue/batterie), ils cultivent également le goût pour les éruptions sauvages plutôt familières du garage et du punk. Un an après l’acclamé Get Well, les Birth Of Joy nous font l’honneur d’une date unique à Paris en 2017, et on n’est pas peu fier de les avoir. Gare au mal de mer, la péniche du Petit Bain va sérieusement tanguer !   Wonderflu (FR) Leur venue s’imposait comme une évidence. Voilà un groupe qu’on a découvert peu de temps après les débuts d’Exit Musik, qui nous a accordé l’une de nos premières interviews, et qu’on n’a jamais perdu de vue depuis. On a bien fait puisqu’après avoir empilé les EP, ils viennent de sortir cette année un copieux premier album de 30 titres, se payant même le luxe d’y inviter Troy Von Balthazar. TvB qui se sent comme un poisson dans l’eau aux côtés d’un groupe perpétuant avec talent la tradition des grandes formations indie rock. Comme au temps béni des années 90.   The Blind Suns (FR) Adoubés par Clive Martin (The Cure, Nick Cave, Queen…) qui a produit leur dernier EP, programmés au SXSW d’Austin, qualifiés par Jim Rose (du Jim Rose Circus) de « Jesus & Mary Chain avec un vagin », la dream pop éthérée aux accents shoegaze des angevins ne laisse personne insensible. Un sens de la mélodie raffinée, un amour pour la saturation et, plus surprenant, une légèreté très surf music (qui, pour le coup, évoque plutôt Allah-Las), voilà de quoi nous apporter à coup sûr le soleil en plein mois de novembre.     Billetterie : Weezevent / Digitick Evènement Facebook Teaser vidéo (by Alain Dutertre) : Venez, ça va être le pied bordel !...

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Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Voir Thurston Moore pour moins de 15 euros à Paris, ça paraissait peu probable. Et pourtant, c’est ce que nous a proposé Gonzaï ce soir-là, et crevards comme nous sommes chez Exitmusik, un peu nostalgiques, aussi, on n’a pas su dire non. Allez, me disais-je, au pire je m’emmerderais sec pendant une heure et je me rattraperais sur un petit « Ono Soul », comme quand il a fait la première partie de Dinosaur Jr à l’Élysée Montmartre, voire un « Psychic Hearts », qui sait. Je ne suis pas difficile, je me serais contenté de n’importe quel morceau de ses deux premiers albums en échange de ses trop longs morceaux récents. Et puis c’est Thurston Moore, quand même, un mec sympa ! On sait bien qu’il aura des bons mots, et son attitude à la cool. Et puis, malgré tout, le son de guitare, la voix, le petit côté madeleine de Proust… Il y a effectivement de quoi craquer. Bon, déjà, on sait que quand l’annonceur nous promet « une soirée exceptionnelle« , semblant surpris que Thurston Moore nous propose de l’acoustique à la douze cordes et une revisite de sa carrière, il n’en sera rien : l’artiste a adopté cette disposition depuis maintenant quelques années et s’acharne à ne piocher que dans son répertoire récent ; j’ignore si c’est une erreur honnête de leur part ou un pipeautage parfaitement assumé, dans tous les cas on frise la publicité mensongère et j’espère que personne ne se sera laissé convaincre par cet argument de vente fallacieux. Une fois que c’est dit, et bien, que dire sur la soirée ? Pas grand chose, malheureusement. Thurston Moore a fait exactement ce qu’on attendait, joué des morceaux de The Best Day et de l’album à venir, rien de désagréable mais que du Sonic Youth-like qui n’a pas la saveur des vieux morceaux (sachant qu’au moins, on connait les vieux morceaux), fait 2-3 blagounettes sympas, imité Lemmy 2 secondes (le clou de la soirée), proposé une impro bruitiste en milieu de set que tes voisins viendraient gueuler si tu faisais ça chez toi mais là, c’est Thurston donc tout le monde mouille sa culotte, tenu un discours politique d’une naïveté confondante, le genre qui te met limite mal à l’aise alors que pourtant tu partages la même couleur, et est parti sans même jouer un vieux morceau (même pas de « Ono Soul », qu’il joue à chaque fois ces derniers temps) après un set paradoxalement trop court mais composé uniquement de morceaux beaucoup trop longs. Voilà, pas de quoi se plaindre parce qu’on n’a pas payé cher, mais à se demander quand même si ça valait le coup. C’est un peu comme voir ton oncle sympa, celui qui t’a fait...

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« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

J’ai essayé de retourner cette chronique dans tous les sens pour voir comment j’allais la présenter, si bien qu’au bout de 2 semaines, Gimme Danger est sur le point de ne plus être à l’affiche et je ne suis pas plus avancé. Alors rendons hommage au rock viscéral des Stooges et faisons simple. Au fond, vous voulez simplement savoir si ça vaut le coup d’aller voir le film. J’imagine que si vous l’avez déjà vu, vous vous êtes fait votre propre avis et n’avez donc pas besoin du mien. Alors allons à l’essentiel : oui. Allez le voir sans hésiter si vous en avez l’occasion. La réalisation : je n’ai rien à en dire vu la faiblesse de mes compétences techniques en matière de cinéma, mais Jarmusch connait son affaire et ça m’étonnerait donc qu’on ait beaucoup de reproches à lui faire de ce point de vue. Du mien, le découpage est clair, l’histoire se suit sans difficulté et on rentre vite dedans. Les extraits inédits et bandes d’époque sont très maigres et de qualité variable, il n’est pas forcément très juste de s’en servir comme argument promotionnel. Iggy Pop est forcément très mis en avant et ressort avec une aura de sympathie phénoménale. A côté de ça, les déboires relationnels au sein du groupe, même si on aborde beaucoup le sujet de la drogue, semblent être accessoires, discrètement évoqués, si bien que la période Raw Power, notamment le transfert réputé forcé et douloureux de Ron Asheton à la basse, reste évoquée de façon assez superficielle. Qu’apprend-on quand on suit le groupe depuis de nombreuses années, qu’on connait bien leurs disques et leur histoire dans les grandes lignes ? Pas grand chose. Et on n’a même pas le droit d’écouter le morceau titre en entier (spoiler : ils passent bien « Gimme Danger » au générique de fin mais coupent après la partie calme ! Sacrilège !). Et ils écorchent le nom de J Mascis dans les sous-titres ! (Double sacrilège !!). Mais une fois qu’on a dit ça, on doit bien reconnaitre que c’est déjà génial de pouvoir aller voir un film sur les Stooges au cinéma, qu’ils méritaient d’être présentés au grand public pour leur apport indéniable à la musique, ne serait-ce qu’après un coup de brosse à reluire et des petits ratés finalement vite pardonnés. Car le fond de ce film, et finalement celui de la musique des Stooges, c’est simplement le plaisir fort, viscéral, primaire qu’il procure. Alors rien que pour saluer l’existence d’un documentaire sur ce groupe, aussi grand public soit-il, ne ratez pas une occasion de le voir. BCG...

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Tops albums 2016 par Edam Edam, Frustration et Johnny Mafia

Tops albums 2016 par Edam Edam, Frustration et Johnny Mafia

Comme tous les ans, après les tops albums des rédacteurs, on donne la parole à des artistes que nous avons plébiscités cette année. Place aux tops d’Edam Edam (auteur du remarquable ❤), Frustration (auteur de l’excellentissime – comme d’hab – Empires Of Shame) et Johnny Mafia (auteur du très prometteur Michel-Michel Michel). Le tout justifié par des petits commentaires, puisque nos trois protagonistes se sont prêtés au jeu jusqu’au bout, un grand merci à eux !     Le top de Shyle Zalewski, l’homme caché derrière le nom Edam Edam           Kim Jong 4 – Welcome To Pyongyang (Birthplace of the Great Leader Of Rock’n Roll) EP (notre chronique) On commence avec les potes de KJ4 et leur « garage punk glitter ». Avec ce premier EP qui a mis environ 32 ans à débarquer dans les bacs (le décalage de corée, dirons-nous), le quatuor livre un EP sans fioritures, punk, aux sonorités 1977 qui sent le cuir et la bière tiède. Tout sent bon la bande de potes qui s’éclatent sur des riffs dansants. Mais pas comme un vieux « Let’s Dance » de Bowie, non, dansant comme purent l’être les Ramones. A noter que pour les avoir vus en live, ça vaut le détour !   Welcome to Pyongyang (Birthplace of the Great Leader of Rock'n'Roll) by Kim Jong 4           Tacocat – Lost Time (notre chronique) Tacocat est ce genre de groupe power pop qu’on retrouve sans altération depuis les 90’s. Guitares électriques bordéliques, rythmiques binaires et chant de fille(s) cute, on a tous les ans depuis maintenant deux décennies des flopées de ces albums bubble-gum qui pleuvent sur le marché. On pourrait s’en lasser ou être écœuré.e à force, mais personnellement, tel l’addiction en sucre, j’en redemande tous les ans, m’amusant à déceler quel bonbon sera dégueulasse, lequel sera un plagiat pur, lequel encore saura gracieusement ravir mon côté sugar-junkie. Communication rose bonbon, nom de groupe rigolo et clips vidéos en carton papier mâché, c’est donc Tacocat qui remporte la palme cette année avec Lost Time. Rien d’innovant en soi, mais si vous êtes un tant soit peu friand de friandises, préparez vos papilles.             SWMRS – Drive North SWMRS, malgré un nom de groupe digne d’un forum 12-25 ans fans de snapchat, représente peut-être l’album le plus intéressant de 2016 à mon sens. Pas tant musicalement, car même si la fraîcheur et l’énergie sont au rendez-vous, on n’est pas sur du prix Nobel de l’innovation. Non, là où c’est intéressant, c’est qu’ils emboîtent le pas de peut-être un nouveau courant, déjà amorcé par les sales gosses de FIDLAR. Une culture pop revendiquée allant des Ramones à Miley...

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Tops albums 2016

Tops albums 2016

Et voilà, c’est l’heure d’honorer la tradition. Les bons vieux tops albums dont tout le monde se fout mais que tout le monde lit quand même. Comme d’habitude ces « choix » n’engagent que leurs auteurs donc inutile de hurler au scandale. Il n’y a rien de plus subjectif. Après les tops par rédacteurs, vous trouverez celui de la rédaction (fruit d’un calcul savant) et deux-trois conneries. A la vôtre et que 2017 soit aussi riche en bons albums (et moins en décès d’artistes majeurs, s’il vous plait…) !   Le top de JL         25/ Aesop Rock – The Impossible Kid Certainement pas le meilleur album d’Aesop Rock, mais bien au dessus des rappeurs ricains à la mode qu’on nous vend comme des génies… LA CHRONIQUE             24/ Kim Jong 4 – Welcome To Pyongyang (Birthplace of The Great Leader Of Rock’n Roll) EP Chez ExitMusik, on est les rois du copinage. Alors quand deux membres de l’équipe sortent un imparable EP punk, on le met bien en avant. Il ne leur reste plus qu’à percer en dehors de la Corée Du Nord. LA CHRONIQUE   Welcome to Pyongyang (Birthplace of the Great Leader of Rock'n'Roll) by Kim Jong 4           23/ Johnny Mafia – Michel-Michel Michel Non seulement ils ont le meilleur titre d’album de l’année mais en plus ils l’ont gorgé de tubes pas prises de tête et bien rentre dans le chou. A vous réconcilier du revival garage ! LA CHRONIQUE             22/ Burnside – Blue Ruins EP Grunge is dead, mais il frétille encore. Dans les 90s Burnside aurait signé direct chez Sub Pop, aujourd’hui tout le monde s’en fout. C’est bien dommage. LA CHRONIQUE   BLUE RUINS EP by BURNSIDE           21/ Car Seat Headrest – Teens Of Denial On a sans doute fait un peu trop de bruit au sujet de ce Will Toledo. Mais il faut reconnaître qu’il sait écrire des chansons. La prochaine fois t’en fais des plus courtes, garçon, et on sera comblé. LA CHRONIQUE             20/ Dinosaur Jr – Give A Glimpse Of What Yer Not Un album moyen de Dino reste un album largement au-dessus de la moyenne. Mais quand même pas au-dessus de tout, faut pas déconner BCG. LA CHRONIQUE             19/ Nothing – Tired Of Tomorrow Entre rêverie shoegaze et violence grunge. La déprime est parfois si belle. LA CHRONIQUE             18/ Explosions In The Sky – The Wilderness  Album assez déroutant, ce qui est déjà une prouesse quand on parle...

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