Dans le bac d’occaz’ #28 : Prince, Guided By Voices, Arcade Fire

Dans le bac d’occaz’ #28 : Prince, Guided By Voices, Arcade Fire

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).* Dans le bac d’occaz’ #28 : suggestions pour les années en 4   Prince And The Revolution – Purple Rain (1984) : suggéré par PC Cher PC, Comment dire… je suis un peu partagé. Déjà, je connais évidemment Prince depuis un moment et j’en ai entendu pas mal de titres qui m’ont tous déplu. Ensuite, tu connais mon aversion pour les années 80 et leurs sons synthétiques qui ont très, très mal vieilli. Du coup, je me suis demandé si cette proposition n’était pas un acte sadique de ta part. Ou alors, c’est que ce qu’il y a sur le disque dépasse les frontières du mauvais goût pour arriver à faire quelque chose de génial avec plein de choses que je n’aime pas. Difficile de savoir à quoi m’attendre. Au final, donc, je suis un peu partagé. En fait, il y a un peu des deux, dessus. On y trouve à foison de synthés dégueux et de plan archi clichés de l’époque et ce dès l’ouverture du disque. Mais en même temps, les morceaux sont globalement plutôt bien foutus et on y trouve souvent au minimum une mélodie accrocheuse ou un plan intéressant. Il y a même des morceaux que j’apprécie, et pour du Prince, c’est assez exceptionnel. D’une part, donc, c’est la première fois que j’écoute un truc de Prince et que je ne trouve pas ça éprouvant auditivement. D’autre part, il y a quand même les aspects 80s qui viennent plomber mon délire, et la face B du disque me laisse assez froid (les trois compos avant “Purple Rain” se mélangent un peu dans ma tête, et cette dernière est quand même un summum de mièvrerie power ballad). Je pourrais presque dire que c’est une belle surprise, mais disons que c’est déjà une surprise pas trop moche.   Guided By Voices – Bee Thousand (1994) : suggéré par Santiago de Wonderflu Cher Santiago, Comme toujours, sauf la fois où tu m’as conseillé du Iron Maiden, tu sais trouver des choses qui me plaisent. Pourquoi n’avais-je jamais écouté Guided By Voices avec attention avant alors qu’ils ont été repris par les Breeders et que le backing band de Robert Pollard compose Cobra Verde et donc la moitié de Sweet Apple, trois groupes pour qui j’ai beaucoup d’affection ? Je crois que ce qui...

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Don’t Look Back #3 : Oasis – Definitely Maybe

Don’t Look Back #3 : Oasis – Definitely Maybe

On a tous des albums qu’on a rayés à force de trop les écouter, des disques de chevet qui nous ont suivis intensément pendant des années (ou des mois, ou des semaines) et qu’on a fini par laisser de côté, soit par lassitude, soit parce qu’on est passé à autre chose. C’est la vie. Que se passe-t-il quand on ressort ces albums dix ou quinze ans après ? Exercice complémentaire du bac d’occaz, BCG se plonge dans des albums qu’il connait parfois sur le bout des doigts… mais qu’il n’a pas réécoutés depuis une éternité. Au début : Je découvre Oasis avec leur album suivant, (What’s The Story) Morning Glory?, avant même que “Wonderwall” ne se mette à squatter toutes les radios et toutes les soirées par l’intermédiaire du mec qui cherche à serrer avec les 4 accords de guitare qu’il connait, et c’est immédiatement la grosse claque. Le rock’n roll classique saupoudré de l’énergie punk avec un peu de désabusion et une production plus typique des années 90, ça change de l’eurodance et du rap français, et ça a de quoi chambouler un gamin d’une dizaine d’années. Résultat, Oasis devient mon groupe préféré en quelques jours et le restera quelques trimestres. Je prends même une décision qui aura un certain impact : ma musique, maintenant, c’est le rock ! J’arrête donc tout le reste plus ou moins d’un coup, j’arrête la radio (qui n’en passe quasiment plus), et je vais tourner avec les quelques CDs et cassettes sur lesquelles je peux mettre la main. Du coup, je découvre vite le premier album d’Oasis, Definitely Maybe, qui me plait autant que le suivant. Après : Si les frères têtes à claques ont réussi à me mettre pour de bon sur le chemin de la musique à guitare, celui-ci est resté semé d’embûches jusqu’à atteindre au final une zone de goûts qui parait enfin me correspondre, et ils ont été plus ou moins abandonnés sur la route. Je ne dis pas que je ne réécoute pas deux ou trois morceaux à l’occasion avec un réel plaisir, mais l’excitation à entendre la voix de Liam ou les chansons de Noel a elle bel et bien disparu. Il faut dire qu’au passage, j’ai découvert toutes leurs illustres influences qui m’échappaient à l’époque (hormis l’intro d'”Imagine” que j’avais quand même reconnue au début de “Don’t Look Back In Anger”), et que celles-ci sont tout de même un cran au-dessus à tous les niveaux. Du coup, j’ai rangé leurs disques et les quelques écoutes que j’ai pu en faire à l’occasion ne m’ont pas vraiment motivé à les ressortir. Maintenant : J’écoute donc Definitely Maybe pour la première fois depuis très longtemps, sans appréhension...

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L7 @ La Cigale (Paris), 13/06/18

L7 @ La Cigale (Paris), 13/06/18

C’est dur de vieillir. Quand on se rend compte qu’on loupe les premières parties non pas parce qu’on est resté avec ses potes boire des bières, comme certains sont coutumiers du fait, mais pour de sombres histoires de boulot ou de bain à donner, on doit se rendre à l’évidence. Quand on doit se faire violence pour sortir le mercredi soir, alors que c’est L7 qu’on va voir, aussi. Je ne peux donc malheureusement pas vous parler de Black Moth qui ouvrait ce soir, arrivé juste après leur prestation, mais je peux vous expliquer pourquoi je ne regrette absolument pas d’avoir fait le déplacement malgré le poids des années. Car même si le temps d’installation aura été un peu long, même si le concert aura commencé avec une musique hip-hop dancefloor assez improbable dans le contexte, quand les L7 commencent à jouer, il y a de quoi mettre tout le monde d’accord. Déjà, elles commencent très fort : “Andres”, “Fast And Frightening” et “Everglade”, sans vraiment laisser le temps de souffler. À peine trois morceaux et que du matériel à rappel ! Alors que Suzy Gardner entame son tour de chant, Donita Sparks et Jennifer Finch mettent déjà l’ambiance en bougeant partout avec leurs instruments. Dee Plakas, elle, est devenue blonde et barbue, mais tape toujours avec entrain sur ses fûts. Trois bonnes claques d’entrée de jeu, où chacune chante tour à tour, et déjà le public qui s’est amassé à la Cigale est conquis : ça danse, ça chante, ça saute partout. Après nous avoir mis dans le bain, Donita nous fait un petit topo. 12 heures avant leur départ pour l’Europe, Dee Plakas s’est cassée le bras. Elle est donc remplacée par un certain Joey, ce qui explique son changement d’apparence manifeste. Pour couronner le tout, elles ont perdu leur bannière et on dû faire avec les moyens du bord, en l’occurrence du scotch vert fluo pour décorer la scène d’un gigantesque L7. “On déchire ou pas ?” nous demande-t-elle avant que Jennifer ne réponde “on a tellement de clito qu’on n’a pas besoin de couilles” en référence à un vers de “Fast And Frightening”. Puis elles enchaînent les vieux titres, les blagues, les moments forts. Oui, elles déchirent, c’est sûr ! Si la formule du groupe selon Donita elle-même, c’est le mélange d’hymnes de colère et d’humour, on a été bien servis ce soir. Niveau humour, on a eu par exemple cet échange après une bière, où elle nous explique que Suzy est plutôt à l’eau, qu’elle a besoin de bière et que Jennifer tourne à l’héroïne. “Oui, donnez-moi de l’héroïne. Quoique, vu la mode, je devrais plutôt me mettre aux meths“. Et Suzy de renchérir...

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Villette Sonique (Paris), 25 & 26/05/18

Villette Sonique (Paris), 25 & 26/05/18

25 mai 2018 Faites des gosses qu’ils disaient ! Et ouais, mais des gosses c’est toute une organisation. Ça vous fait cavaler partout à la sortie du taf et ça vous fait louper le début d’une soirée Villette Sonique. Résultat des courses : pas de James Holden et moins de Mogwai que prévu. Me voilà trempé quand j’arrive à la Grande Halle de la Villette (oui parce que quand il fait un peu trop chaud à Paris, on se prend un orage pour compenser c’est la règle). Le temps de prendre une bière, de me faufiler dans les premiers rangs et de voir la fin de “Rano Pano”. Dommage, j’aime bien “Rano Pano”. Le son est propre, c’est joli mais la setlist fait la part belle aux morceaux atmosphériques (“I’m Jim Morrison, I’m Dead”, “New Path To Helicon, Pt 1”, “Ithica 27o9”). Donc on regarde, on apprécie et on applaudit poliment. Mais on n’est pas transcendé non plus. On l’a dit, le son est propre mais il manque un peu d’amplitude et on retrouve ce sentiment frustrant déjà vécu dans cette (trop grande) salle : une certaine froideur, une distance entre le public et le groupe. Un public qui ne semble pas complètement concerné, qui plus est : certains papotent et ne prêtent que peu d’attention au concert, sans doute venus pour voir Jon Hopkins (on avait quelques doutes sur la cohérence de l’affiche, ils sont confirmés). Malgré ces désagréments, le groupe réalise une bonne prestation et la fin de concert va prendre une toute autre tournure. Après quelques frissons sur les arpèges délicieux de “Every Country’s Sun” qui clôturait de façon épique l’album du même nom, l’excellent “Remurdered” – bien plus remuant que sur disque (et bénéficiant contrairement aux autres titres d’un lightshow très poussé) – chauffera le dancefloor comme il faut avant Jon Hopkins. De quoi réconcilier les amateurs des ambiances cinématographiques propres aux écossais et les fans d’électro venus remuer leur popotin. Ces derniers vont toutefois vite déchanter avec un coup de grâce inattendu dont les trois mots font toujours vibrer les amateurs de post rock : “MOGWAI FEAR SATAN”. Lors de la longue plage contemplative à mi morceau, beaucoup tapent la discute tranquille, sans se douter de la déflagration à venir. Je ricane en silence. L’explosion est soudaine et sonne comme un énorme “VOS GUEUUULES” que je mourrai d’envie de leur envoyer dans les gencives. Mogwai le fait mieux que moi. Les réserves évoquées précédemment sont balayées, “Mogwai Fear Satan” est plus fort que tout. Dans la continuité, “Old Poisons” maintient les décibels à haut niveau avec une puissance et une explosivité qui auront parfois manqué dans la première partie du show. De quoi alimenter...

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Interview – L7

Interview – L7

Actives depuis le milieu des années 80, les L7 se sont vite imposées comme un groupe de référence de ce qu’on allait regrouper sous l’étiquette grunge. En six albums et 15 ans de carrière, elles ont marqué leur époque avec leur musique singulière, mélange d’agressivité et d’humour, énergique et rentre-dedans, reconnaissable entre mille. Depuis quatre ans qu’elles ont repris les affaires, elles semblent ne pas avoir oublié la formule et prévoient de nous le prouver en enregistrant cet été un nouveau disque. Le 7ème. C’est par téléphone, alors qu’elle est en plein déménagement, que nous avons eu le plaisir d’interviewer Donita Sparks. L’artiste nous a parlé de musique, évidemment, de leur nouvelles sorties, de ce qui l’énerve, et en a profité pour nous rappeler qu’il ne faudrait pas réduire L7 à un groupe de filles !   “Nous ne sommes pas un groupe politique. On a fait des œuvres de charité et on a monté des associations, mais on est un groupe de rock’n roll.”   Vous avez été le premier groupe féminin à signer chez Epitaph. Était-ce difficile d’être un groupe de filles dans un milieu majoritairement masculin ? Donita Sparks (chant-guitare) : On ne faisait pas partie de cette scène. On venait de la scène Art Punk de Los Angeles, pas de la scène Epitaph. On connaissait Brett Gurewitz, qui tenait le label, et il nous a signés parce qu’il aimait ce qu’on faisait. Mais nous n’avons jamais eu de problèmes avec les autres groupes, masculins ou féminins, qu’ils fassent du punk, du hard rock ou du métal. Ils nous aimaient bien, pour la plupart. Nous n’avons eu de problème avec personne à part les squares (NdT : les gens coincés, conformistes). C’est pour ça que vous vous appelez L7 (NdT : L7 est une manière argotique de désigner les squares) ? Non, en tout cas ça n’a rien à voir avec la réaction au fait qu’on soit un groupe de filles. Donc vous ne faisiez pas partie de la scène punk. Vous vous considériez comme punk ? Ou juste comme un groupe de rock’n roll ? Non, on faisait carrément partie de la scène punk, mais la scène Epitaph est venue après. Oh, pardon. Je veux dire, ils ont eu le vent en poupe à la fin des années 80, alors qu’on était plus un groupe punk de la fin des années 70, début 80. Notre disque chez Epitaph est sorti en 1987, ce qui est tard, pour du punk ! Le punk rock, c’est en 1977 ! Oui, on est complètement des punk rockeurs, du fond de nos cœurs. On aime les Ramones, X-Ray Spex, les Sex Pistols, la première vague du punk. Donc vous ne vous identifiez pas aux groupes Epitaph...

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NTM @ AccorHotels Arena (Paris), 09/03/18

NTM @ AccorHotels Arena (Paris), 09/03/18

Je ne faisais pas tout à fait le fanfaron quelques heures avant de me rendre au feu POPB (devenu l’Accor machin chouette) pour assister au concert de reformation de NTM. Déjà, les gars ne sont plus de première fraîcheur (même si les exemples de groupes en âges plus avancés qui assurent toujours sont légions). Ensuite ils n’ont rien sorti depuis belle lurette (à part 32 best of, remixes et autres futilités seulement prompts à remplir les caisses). Enfin, les échos que j’avais eus de leur précédent retour sur scène ne m’enthousiasmaient qu’à moitié. Du genre “content de les avoir vus mais pas non plus inoubliable“. Je restais donc mesuré espérant qu’ils me mettent la fièvre du vendredi soir, mais craignant quelques sueurs froides face à des choix douteux. Et bien, mettons fin au suspense d’emblée, à part “La Fièvre” (le morceau), j’ai eu un peu de tout ça. Il est environ 21h quand Kool Shen et Joey/Jaguar Starr/Gorgone déboulent (pour nous mettre l’enfer). Aux deux extrémités de la scène, sous les DJ, un grand 9 et 3 en jaune éclatant. 9-3 connexion, time time for some action. Sans grande surprise, le public est majoritairement composé de trentenaires et quarantenaires (que voulez-vous les jeunes préfèrent PNL). Sans grande surprise, le son est globalement à chier (voix très en avant, instrus parfois à la limite de l’inaudible). Bercy a une réputation à tenir à ce niveau-là et quand on ne s’appelle pas Radiohead ou Neil Young, bah on a un son de merde dans cette salle. On ne va pas se mentir, les gros classiques font très plaisir. Et démarrer un concert par “On Est Encore Là” et “Qu’est-ce Qu’on Attend ?” permet d’emblée de se mettre le public dans la poche. La nostalgie fonctionne évidemment à pleins tubes et gomme le léger manque d’explosivité (et surtout de vraie complicité) du duo. Finalement la plus grosse plaie de ce concert aura été les (trop nombreux) guests. Non, parce qu’autant réciter mot pour mot “Paris Sous Les Bombes”, “Pass Pass Le Oinj” ou “Pose Ton Gun” (fidèlement interprétés) comme quand il y a 15 ans c’est le pied, autant revoir des gars comme Big Red ou Busta Flex qu’on avait (plus ou moins volontairement) oubliés c’était pas vraiment nécessaire. Parce qu’avec la maturité (lol) on constate que “Laisse Pas Traîner Ton Fils” sonne toujours très juste mais que “Aiguisé Comme Une Lame” (de Raggasonic) sonne bien gentillet. Je passe sur les intermèdes reggaeton et autres distractions bon enfant, je pourrais devenir grossier… Tous ces moments, hormis le fait de nous laisser le temps d’allers retours express pour chercher des bières, auront eu le malheur de casser le rythme. Et de nous faire...

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Damon & Naomi + Thalia Zedek + Rach Three @ Olympic Café (Paris), 21/02/18

Damon & Naomi + Thalia Zedek + Rach Three @ Olympic Café (Paris), 21/02/18

Le charme discret de la mélancolie Il est des jours comme ça où les astres s’alignent et où Orphée semble bien disposé. Celui au cours duquel Thalia Zedek et Damon & Naomi ont décidé de tourner ensemble est de ceux-là, tant chacun incarne à sa manière un bout de l’histoire du rock indépendant américain. Les adeptes de saturations mélancoliques et de belles mélodies se sont agglutinés le 21 février dernier, rue Léon à Paris, à l’Olympic Café, pour assister fébrilement à cette communion rock inespérée ! En guise de mise en bouche, GTOK? GTKO!, dealeurs de concerts pour le plus grand bien de nos oreilles, ont programmé Rach Three qui, seul en scène accompagné de sa guitare, nous offre un set intimiste, dépouillé et à fleur de peau. L’ambiant folk du français joue sur la corde sensible. Il convoque une certaine idée de la chanson française, poétique et minimaliste et fait preuve d’une appétence pour la noirceur et le mysticisme du néo folk anglo-saxon. L’exercice est racé, élégant, troublé malgré tout par quelques hésitations, mais qui ne demande qu’à se déployer avec plus d’ampleur. Bottines noires qui foulent la scène, style vestimentaire décontracté, guitare Hagstrom avec autocollant FCK NZS apparent, la reine de la saturation Thalia Zedek fait son entrée, et avec elle tout un pan du rock nineties se retrouve convié à la fête. Uzi, Live Skull, Come, Thalia traîne ses guêtres dans le rock depuis presque 40 ans et n’a jamais cessé d’apporter sa pierre à l’édifice, en témoignent ses récentes sorties discographiques, ainsi que le projet de supergroupe A Band Called E, monté avec des membres de Neptune et Karate. Avec l’habileté d’une équilibriste, Thalia alterne ce soir entre douce mélancolie et distorsion maîtrisée. Elle joue en solo plusieurs morceaux issus de son dernier album en date, Eve, dont les beaux “You Will Wake” et “By The Hand”, et le plus épique “Afloat” qui clôt le set. Une constante demeure, sa voix est unique, à la fois puissante, profonde et éraillée. Son chant traîne un spleen et une rage contenue, il sollicite à lui tout seul un vaste champ émotionnel. La guitare est tour à tour rêche et délicate, baignée par un son bluesy aux accents noise acérés. Rengaines dépressives, complaintes rock brutales, Thalia Zedek démontre une fois de plus – s’il fallait en douter – toute l’étendue de son talent. En prime, plusieurs nouveaux morceaux sont au programme, dont deux petites merveilles : “War Not Won” et “Fighting Season”.   Damon Krukowski et Naomi Yang, un duo discret qui n’a pas usurpé le culte qui l’entoure depuis la parution de More Sad Hits, en 1992. Anciens de Galaxie 500, icône de la dream pop au...

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Dans le bac d’occaz’ #24 : Cheap Trick, A Tribe Called Quest, At The Drive-In

Dans le bac d’occaz’ #24 : Cheap Trick, A Tribe Called Quest, At The Drive-In

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon des amis mélomanes et/ou des lecteurs d’Exitmusik. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz’ #24 : les années en 0 (suggestions de lecteurs)       Cheap Trick – All Shook Up (1980) : suggéré par Pierre/La Escoba Cher Pierre, Je ne sais pas si tu connais vraiment mes goûts ou si tu m’a proposé ce disque juste par amour de la power pop. Cheap Trick me faisait de l’ œil depuis longtemps et hormis “Surrender” et “Hello there”, deux excellents tubes, je ne connaissais rien d’eux et attendais une occasion comme celle-ci pour me plonger dans un de leurs disques. Je ne peux pas vraiment dire que je suis déçu, mais un peu mitigé quand même. Il y a certes de bons morceaux là-dessus, et l’on ne tombe jamais dans le mauvais goût hard rock années 80 que l’on aurait pu redouter avec cette immonde pochette. De plus, le côté très glam et sophistiqué des compositions m’évoque une sorte de compromis entre Queen (bof) et Alice Cooper (que j’adore, même si là, ça ressemble plutôt à Welcome To My Nightmare ou School’s Out qu’à Love It To Death). Dans l’ensemble, donc, ça me va plutôt bien. Ce qui me chagrine un peu, en revanche, c’est que si les morceaux sont plutôt pas mal, il n’y a pas non plus de tube irrésistible comme les deux que j’ai pu citer. Du coup j’ai un peu l’impression de m’être trompé d’album, surtout qu’il semblerait bien que c’est celui où le groupe se décide à expérimenter. Dommage. Si tu peux m’indiquer le disque vers lequel il faut me tourner pour trouver de la tuerie power pop à gogo, je t’en serai très reconnaissant. Merci d’avance.       A Tribe Called Quest – People’s Instinctive Travels And The Paths Of Rhythm (1990) : suggéré par Thebluegoose Cher TheBlueGoose, Si tu lis ne serait-ce que de loin cette rubrique, tu dois savoir que le hip-hop n’y est pas très représenté. Est-ce pour ça que tu m’as proposé ce disque ? Il est vrai que je ne suis pas expert en la matière, mais du coup c’est intéressant de varier un peu les styles. Mon manque d’expertise, même s’il ne me permet pas une analyse détaillée, m’offre la possibilité d’aborder ce disque de façon assez vierge. Je ne connaissais A Tribe Called Quest que de nom et...

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Tops albums 2017 par Margaret Catcher et Polarbird

Tops albums 2017 par Margaret Catcher et Polarbird

L’année 2017 fut chargée avec notamment l’organisation de la soirée pour nos 5 ans (avec Birth Of Joy, Wonderflu et les Blind Suns) et on s’y est un peu pris au dernier moment pour demander aux groupes qu’on a plébiscités leurs propres tops albums de l’année. Nous voilà donc, un tout petit peu à la bourre et quelques temps après le top album de la rédac’ et celui de chacun des rédacteurs, avec les tops albums de Margaret Catcher et de Polarbird. Parce qu’ils ont tous deux sorti de remarquables disques (Singularity et Burst) et parce qu’ils ont bien bossé… Le top de Margaret Catcher Xavier (chant-basse) : En 2017, je me suis plus laissé toucher par des albums avec des démarches originales que par des groupes et musiciens que j’ai l’habitude de suivre. Mon top ne présente pas des albums sans failles mais plutôt des propositions qui m’ont inspiré dans mon travail de compo et d’arrangement cette année…         1 – Noga Erez – Off The Radar J’aime comment la voix de Noga Erez sonne et est traitée au centre des arrangements ultra synthétiques et pourtant irrésistibles, je suis assez surpris par cet objet qui sonne à la fois “home made” et ultra produit, j’ai un coup de coeur pour “Pity” qui s’accroche à ma tête pour y rester généralement un certain temps !         2 – La Terre Tremble – Fauxbourdon Très intimiste avec des harmonies qui peuvent donner le vertige en un sens. Mélancolique à souhait, il m’a accompagné sur quelques trajets. Fauxbourdon by La Terre Tremble !!!       3 – Bargou 08 – Targ Cette année, j’ai passé plus de temps à dénicher des archives d’Inde et du Moyen-Orient à remixer pour un autre projet qu’à être à l’affut de la nouveauté mais j’ai été très surpris par cet album, mélange de musique traditionnelle tunisienne et de Moog, batterie, etc…! J’écoute régulièrement certains titres qui me mettent directement en transe. Targ by Bargou 08 4 – We Insist! – Wax and Wane (notre chronique) Vraiment bien peaufiné, un album qui surprend d’un titre à l’autre, qui se fait brut, puis orchestral, puis entêtant… C’est l’occasion de dire qu’Etienne Gaillochet, le batteur, a rejoint l’équipe de Margaret pour le live, et une nouvelle création live à quatre avec Pierre et Jocelyn Soler de Verlatour pour avril 2018 !         5 – King Gizzard and the Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana (notre chronique) La démarche est vraiment cool : faire du rock avec des quarts de tons sans s’engouffrer dans le Folk Rock orientalisant, c’est assez rare pour le remarquer, et ça sonne vraiment pas mal ! Flying Microtonal Banana by King...

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Interview – Shame

Interview – Shame

Shame, nouveau phénomène post punk venu d’outre Manche, vient de sortir Songs Of Praise, un premier album qui confirme tous les espoirs placés en lui. Fin novembre, la veille de leur premier concert en tête d’affiche à Paris (au Point Ephémère), nous avons eu la chance de pouvoir les interviewer. Les deux Charlie et Josh sirotent un verre de vin, il est environ 6h de l’après-midi. On se joint à eux pour un verre. Interview avec un des jeunes gens qui savent où ils vont et ne perdent pas de temps pour s’y rendre.   “L’album est très différent et contradictoire de ce que notre nom laisse supposer. On pourrait croire qu’on fait de l’emo-heavy metal, on essaie de créer un peu de détachement et d’humour.”   Salut les gars, c’est cool de vous rencontrer et merci pour le vin ! Charlie Steen (voix) / Josh (basse) / Charlie Forbes (batterie) : à la tienne !   Ça fait trois ans que vous avez commencé à jouer et tout semble s’être débloqué en 2017. Une année incroyable pour vous ! Charlie Steen : oui on n’a pas arrêté cette année. On a fait 47 festivals cet été mais on a aussi trouvé notre producteur et on a pu sortir des singles (“Concrete”, “Visa Vulture” et “One Rizla”, ndr). On n’a pas arrêté de bosser, avec la sortie de notre album qui arrive. On espère que ça va se poursuivre avec l’album l’année prochaine et revenir dans certaines salles où on a jouées. Josh : on a eu une progression graduelle. On a commencé il y a trois ans et on n’a rien sorti avant l’an dernier… Donc oui cette année 2017 a été un peu folle.   Cet été, j’ai dû vous voir au moins 4 fois et je me disais “ces 5 gamins ont tant de passion et d’excitation sur scène, ce n’est pas si courant de nos jours.” J’imagine que vous n’êtes pas seulement un groupe mais aussi une famille, je me trompe ? Charlie Steen : on se connait depuis qu’on est gosses, on était tous à l’école ensemble… Josh : des racines profondes. Charlie Steen : oui, beaucoup trop profondes ! Le groupe s’est formé de façon très naturelle et n’a jamais été quelque chose de programmé. On se connaissait depuis longtemps et au bout d’un moment on a décidé de commencer un groupe. Kiko (leur manager de tournée/ ami proche, donc également membre de la “famille Shame”) : désolé d’intervenir… Ce ne sont pas 5 mecs de Londres qui se disent “formons un groupe !“… Ils ont grandi ensemble, c’est ça le plus important. Josh : je pense que le fait de se connaitre...

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