PLAYLIST – David Bowie, l’anti best of

PLAYLIST – David Bowie, l’anti best of

Quatre ans déjà que le roi David nous a quittés et plus aucun nouveau son à se mettre dans les oreilles (simplement quelques nouvelles versions à l’intérêt variable qui ressurgissent comme par magie). Pas de livraison majeure d’inédits fantastiques en dehors d’un concert historique à Glastonbury en 2000. Retour gagnant du monstre Bowie dans un festival qu’il n’avait plus fréquenté depuis des décennies. Ce concert fut l’interprétation d’un best of, en mode festival. J’ai envie ce soir de m’envoyer du Bowie plein la tête, mais pas les titres les plus connus, sortir des sentiers battus (pour les non-initiés s’entend). Fermez les yeux, mettez un casque, c’est parti pour une virée magique. Laissez-vous guider, je vous emmène à la découverte de titres plus confidentiels et néanmoins géniaux. Aucun classement, aucune chronologie ni cohérence juste des chansons que j’adore… Let’s Dance! UN. “Time” tiré de Aladdin Sane, géniale balade, piano bastringue et Bowie en mode pute de cabaret, sommet de son époque Glam, composition fabuleuse, et les Spiders from Mars au sommet de leur art. DEUX. “Black Tie White Noise” tiré de l’album éponyme paru en 1993. Funk, Soul, chant sirupeux, dragueur, Bowie adorait la musique Black et savait s’y mettre aussi. Un régal. TROIS. “Jump They Say” tiré du même album. Drum’n Bass, cuivres, envie de se bouger le popotin, Bowie aborde ici un sujet très personnel et traumatisant : la schizophrénie de son frère qui mourra tragiquement (suicide). Tout est dit dans le titre. QUATRE (voire CINQ ET SIX) “Sweet Thing, Candidate et Sweet Thing Reprise”. Enchainement monstrueux de trois titres démentiels. Compos de folie. Bowie qui se lâche. Chant, cuivres, chœurs, claviers…. Derniers délires des Spiders sur l’album Diamong Dogs. Encore une fois un sommet. Et ces titres précédaient « Rebel Rebel » sur l’album. A l’époque c’est le roi du monde ! CINQ. “Telling Lies” Tiré de l’album Earthling, livraison monumentale des années 90 et retour au sommet (un de plus). Sublime morceau. Bowie chante comme si sa vie en dépendait. C’est juste bouleversant.SIX. “I’m Afraid Of Americans” tiré du même album. Il le disait en 1995. On continue de le penser. Ce titre est énorme. Influence Nine Inch Nails (pas étonnant avec Reznor à la prod… et c’est même lui qui pourchasse Bowie dans les rues de New York dans le clip !) SEPT. “Cactus” tiré de l’album Heathen (que j’adore). Reprise de Pixies. Bowie se l’approprie bien sûr mais comme souvent chez lui c’est un hommage. HUIT. “I Have Been Waiting For You” Autre reprise tirée du même album. Cette fois Bowie reprend un titre magnifique du Loner et le magnifie. On pensait leurs univers éloignés (mais pas antinomiques), pas tant que ça.NEUF. “Joe The...

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Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Last Train @ La Laiterie (Strasbourg), 20/12/19

Last Train sur ses terres pour sa dernière date de 2019. L’affiche avait de l’allure avec Bandit Bandit en ouverture et sur scène dès… un trop précoce 20 heures (un vendredi soir !). Autant dire qu’à 4 jours de Noël, avec une circulation strasbourgeoise dense, l’habituelle chasse à la place de parking autour de la Laiterie et un concert sold out, il aurait fallu… que je parte plus tôt pour ne pas rater à peu près tout le set de Bandit Bandit. Shame on me, vu que le peu de la performance entrevue m’a bien plu. Pas tous les jours que des groupes rock frenchies pratiquent leur art dans la langue de Molière en plus. A revoir… 21h00 précises (on est ponctuel à La Laiterie, ça fait peur), bière de Noël à peine sirotée, Last Train déboule sur scène. Troisième rencontre avec eux pour ma part mais première en salle d’où une grosse attente et excitation non dissimulée. On parle quand même d’un groupe de ma région qui peut prétendre à une place sur le podium très officieux de meilleur groupe rock français en activité. Assertion totalement gratuite et scandaleusement subjective ok. Mais The Big Picture, leur deuxième album, a quand même marqué la scène rock hexagonale en 2019. Et l’aura du groupe, sorte de « dream come true » de copains qui montent leur band puis se propulsent jusque sur les scènes internationales au gré de centaines de dates en à peine quelques années a de quoi faire fondre le cœur endurci de n’importe quel indie rock critique sceptique. En terre promise, le groupe a démarré tambour battant avec une doublette puissante et imparable : l’impeccable « All Alone », toutes guitares dehors et le tubesque « Way Out » qui a fait monter la température très vite dans les premiers rangs totalement acquis à la cause des alsaciens. Le groupe a choisi une setlist en montagnes russes alternant titres enragés et plages plus contemplatives proches du post-rock comme sur un « On Our Knees » où le silence quasi religieux de La Laiterie avait de quoi foutre le frisson. Quel titre ! Beau travail sur les lights au passage avec de belles ambiances en clair-obscur sur les passages instrumentaux paisibles. Le groupe a de la bouteille (plus de 400 dates au compteur) et leur complicité est visible. Des titres classiques comme « House On The Moon » ou « Fire » ont retourné la Laiterie. On est pourtant pas loin d’un post-rock assez lent qui peut rebuter les non-initiés. Mais la patte mélodique du groupe, le chant assuré de Jean-Noel Scherrer et la capacité du groupe a « électrifier » cette belle mélancolie a fait fondre le...

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Sticky Fingers des Rolling Stones aura 50 ans… en avril 2021. Chronique !

Sticky Fingers des Rolling Stones aura 50 ans… en avril 2021. Chronique !

(Rolling Stones Records, 23 avril 1971) Fêtes de fin d’année obligent, quand le boss d’Exitmusik m’a parlé de célébrer les 50 ans de Sticky Fingers, je me suis lancé sans réfléchir… Avec donc plus d’un an d’avance… Et tant pis pour Let It Bleed !  C’est à peu près là que ma vie rock’n roll a réellement commencé. Sticky f*** fingers. Le LP de 71. Mon préféré de toute la disco des Stones. Celui que je redécouvre tous les 5 ou 10 ans. Que je rachète sous différents formats. On parle beaucoup de la cover pic qui est en effet un coup de génie mais ce qui est un souvenir d’enfance pour moi est plutôt la pochette intérieure. D’un côté, on a une belle langue, le tout nouveau logo des Stones, affiché en pleine page. Business deal. De l’autre, une photo de famille. Les 5 Stones. Mick est un peu dans son coin et baille aux corneilles. Les mains dans ses poches de blazer trop grand sont gravées à jamais dans mon cerveau reptilien. Keith, un poil trop gros pour ce collant moyen-âgeux joue au chef de bande. Bill mime une descente de poudreuse et Charlie et Mick (Taylor) font un sourire de photo de classe. Par son geste, Bill résume bien l’esprit de cet album. Upper. Downer. Les “produits”. La vie est amusante mais fatigante. Jouissons mais avec un Mother’s Little Helper en support. On dirait que les enfants de 66 ont farfouillé dans le vanity case de maman et ont trouvé de quoi il s’agissait. Il n’y a pas que maman qui a besoin d’un boost pour supporter le quotidien.  Cet album devrait être interdit aux moins de 12 ans. Je ne serais peut-être pas tout à fait le même aujourd’hui si cet album n’avait pas existé. On a affaire à une roche ciselée, une opération à cœur ouvert, un pont bringuebalant, un vieux matelas puant. Ça apprend la vie. On se dit que ce n’est que de la musique mais on se dit la même chose quand on est petit et qu’on regarde un film d’horreur. Ce n’est que du cinéma. Quand j’étais petit et mort de trouille devant un film, je pensais aux acteurs qui rigolaient entre eux, une fois la prise finie. Ici, c’est pareil. On se dit que c’est un délire de musiciens riches et surdoués. Mais non, c’est la vraie vie. Six ans plus tard, Keith n’est pas loin du trou (canadien). Et puis, Brian a fait le grand plongeon depuis deux ans déjà. La mort est là, elle rôde. Comment les protagonistes de Sticky Fingers sont encore tous vivants en 2020 malgré l’appel du vide d’un coup de génie évident et...

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Tops albums 2019 par LANE, Pamplemousse, The Psychotic Monks et Ventura

Tops albums 2019 par LANE, Pamplemousse, The Psychotic Monks et Ventura

Chaque année, après les tops albums de la rédaction et ceux détaillés des rédacteurs, nous donnons la parole à des artistes dont les albums ont été plébiscités pour qu’ils évoquent à leur tour leurs disques de l’année. Pour 2019, place aux tops de LANE, auteurs d’un premier album terriblement accrocheur, les réunionnais de Pamplemousse responsables du très percutant High Strung, The Psychotic Monks qui nous aura fasciné avec Private Meaning First et Ventura dont le sublime Ad Matres n’est autre que notre album de l’année. Le top de LANE Camille Belin (batteur) Sebadoh – Act Surprised (chronique) 6 ans après le superbe Defend Yourself, ce très joli disque, peut-être plus inégal dans l’ensemble (15 titres en même temps…), mais qui transpire la sincérité. Ces mélodies avec ce son, c’est rare. Et oui, le dernier titre “Reykjavik” mérite à lui seul l’achat du disque ! Etienne Belin (guitare) Torche – Admission (chronique) Groupe que je suis depuis longtemps maintenant… Toujours très lourd dans le son et très pop dans les mélodies… Et ce nouvel album ne déroge pas à la règle ! Pressé de voir en live (mars 2020 en France) Piwaï Sourice (basse) Nick Cave and The Bad Seeds – Ghosteen (chronique) Aussi beau, aussi émouvant, aussi torturé qu’un autoportrait d’Egon Schiele (j’aurais pu écrire dans Rock & Folk moi !) Eric Sourice (guitare-chant) Foggy Bottom – Une Histoire à L’envers Parce que c’est le plus grand disque de pop noisy depuis le dernier plus grand disque de pop noisy du monde. Félix Sourice (guitare) Lysistrata – Breathe In/Out (chronique) Le premier album était déjà de très haut niveau, le second l’est encore plus. Des mélodies incroyables et des morceaux émouvants et torturés. Le morceau “End Of The Line” est magnifique et “Different Creatures” extrêmement puissant et prenant. On a eu la chance de jouer avec eux, leur live est de très très haut niveau ! Le top de Pamplemousse 1/ Girl Band – The Talkies Le groupe qui te nettoie la rate et dont les albums ne déçoivent jamais. 2/ The Black Lung – Sick Le meilleur groupe de garage punk sud africain avec les Make-Overs. 3/ Bambis – Love Is Back Parce que des groupes pas surproduits et qui ont la patate, ça fait du bien ! 4/ Fat White Family – Serfs Up Découvert grâce aux potes de Miraflores. On aime leur coté décalé et leur liberté de création. 5/ Big Thief – Two Hands (chronique) Découvert par hasard dans une playlist, captivé par l’ambiance fragile et apaisante. Le top de The Psychotic Monks Girl Band – The Talkies Black Midi – Schlagenheim Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen (chronique) Swans – leaving meaning....

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Tops albums 2019 des rédacteurs

Tops albums 2019 des rédacteurs

Après les tops de la décennie et le classement général du top 2019 (ainsi que sa playlist gargantuesque), voici ceux sans qui vous ne seriez rien : les tops détaillés et éclairés (et commentés même, parfois) de chacun des rédacteurs. 2019 est (bientôt) mort, vive 2020 ! Blackcondorguy 10/ Mikal Cronin – Seeker (chronique) J’ai un peu honte d’aimer autant un disque de la scène Ty Segall. Du coup, je le mets dernier pour sauver l’honneur. Mais c’est quand même très bien. 9/ Starcrawler – Devour You Un groupe qui en rappellera quelques autres, mais qui le fait tellement bien que c’est difficile de ne pas prendre son pied. Dédicace aux mecs de Kim Jong 4 ! (ça fait quoi d’écouter du rock 90s ?) 8/ Mudhoney – Morning In America EP (chronique) Si c’était un album, il serait dans le top 3, mais ce n’est qu’un EP. Dommage. 7/ Lemonheads – Varshons 2 (chronique) Un disque de reprise, c’est vrai, mais tellement chouette et intimiste. Et puis je craque toujours sur la voix du bel Evan (tant qu’il ne se met pas à faire de la musique à synthés comme d’autres chanteurs à la voix irrésistible !) 6/ Shannon Lay – August (chronique) C’est beau. 5/ Corbier – Jours De Blues (chronique) Un bel adieu mais un disque qui fout le cafard quand même. Chapeau, l’artiste ! 4/ Redd Kross – Beyond The Door (chronique) Un disque qui a su me convaincre de ne plus passer à côté d’un groupe que tout me dit d’écouter. 3/ That Dog. – Old LP (chronique) C’est déjà fort de revenir après une longue absence avec un album vraiment cool, ça l’est encore plus si l’album se place dans les meilleurs du groupe. Un disque qui risque de me hanter longtemps. 2/ The Muffs – No Holiday Trop satisfait par l’album et trop triste par son contexte pour ne pas le mettre dans le top 3. Le mettre premier aurait été plus pour l’hommage à Kim Shattuck que parce que je le trouve meilleur que tous les autres. Mais c’est quand même l’hommage qui le fait passer avant le That Dog…. 1/ Sebadoh – Act Surprised (chronique) Sebadoh est un groupe top, et cet album est au top. Sebadoh pas au top est toujours dans mon top, alors Sebadoh au top est forcément au top de mon top. Alain Dutertre 10/ Last Train – The Big Picture (chronique) Les influences des Last Train sont prégnantes sur chacun de leurs titres mais l’ensemble forme toutefois un album solide et cohérent. 9/ Nick Cave & The Bad Seeds – Ghosteen(chronique) Difficile d’accès, déroutant, surprenant mais captivant et émouvant, le dernier Nick Cave & The...

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Exit Musik for a night #2 : The Guru Guru + Zarboth + Coude le 29/02 à l’Espace B

Exit Musik for a night #2 : The Guru Guru + Zarboth + Coude le 29/02 à l’Espace B

© Half Bob Voilà, ça fait un peu plus de 7 ans maintenant qu’on œuvre dans le showbizness du rock indépendant et tout un tas d’autres genres extrêmement médiatisés et rentables. L’an prochain, on organisera notre troisième soirée (oui, elle s’appelle #2 parce que la première, elle s’appelait juste “5 ans d’Exit Musik“, faut suivre). En tête d’affiche, on est hyper heureux d’avoir The Guru Guru pour sa release party un petit mois après la sortie de Point Fingers. Comme on a un sens aigu du marketing, on vous l’annonce le jour de la sortie du troisième single qui tabasse autant que les premiers (on vous en met un autre plus bas, on n’a rien à cacher). Pour le reste, ça se passe juste en dessous… ExitMusik présente Exit Musik for a night #2 THE GURU GURU + ZARBOTH + COUDE SAMEDI 29 FÉVRIER 2020 (oui, la date existe) à l’ESPACE B The Guru Guru (BE – Indie/noisy/crazy) RELEASE PARTY Leur second album, Point Fingers, sort un mois plus tôt et prévoit d’esquinter les tympans les plus sensibles. Les compos sont instables, la basse massive, les déflagrations soudaines. Ça suinte l’urgence et dégouline l’hystérie. The Guru Guru copine avec It It Anita, squatte le label de Lysistrata, et à l’image de ces douces brutasses, leurs prestations scéniques laissent des traces autant physiques que mentales. FIRE, PEPPER, TURMOIIIL! Zarboth (FR – Crazy/experimental/noisy) Emmené par Étienne Gaillochet (chanteur/batteur de We Insist!) et Phil Reptil (guitare), puis rejoint par Macdara Smith (performeur, peintre, trompettiste, rappeur), Zarboth est du genre à emmerder les colleurs d’étiquettes compulsifs. Pour nous aider à les définir, ils nous proposent cela : proto-noise, crypto-rap, mainstream expérimental. Ne les remerciez pas, vous le ferez après le concert, quand vous aurez très chaud et un large sourire aux lèvres. Prévoyez l’imprévisible, attendez-vous à tout sauf à la déception. Il paraîtrait même qu’ils ont des nouveaux morceaux dans la besace… Coude (FR – Noisy/indie/grungy) Ils auront du mal à nous faire croire qu’ils n’ont pas bouffé du Sonic Youth toute leur jeunesse. Et on pourra difficilement les blâmer pour ça. Hébergés par les excellents Influenza Records (Pile, Wonderflu, Polarbird…), Coude aime les mélodies, les dissonances, les chants masculins et féminins, les rythmiques qui tabassent, les breaks qui font mal aux articulations, les distos démesurées. Et souvent, ils mettent tout ça dans une seule chanson. Le fabuleux artwork de l’évènement est signé Half Bob L’event Facebook (qui ne vous servira qu’à cliquer sur “participe” parce qu’on a écrit la même chose comme des grosses feignasses) Si vous voulez pleurer avec nous en revoyant les images de la Exit Musik for a night #1 avec It It Anita, Equipe de Foot et Emboe...

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Interview – Lysistrata

Interview – Lysistrata

En préambule, instant émotion. Le Noumatrouff. Mon premier concert. Les Thugs. 12 Décembre 1997. Le Noumatrouff. Ma première interview. Lysistrata. 10 Octobre 2019. Voilà ! Forcément, un peu de nervosité au début. Rencontrer des musiciens, c’est cool. Après un concert, au merch, en discutant, en prenant un vinyle. Les rencontrer dans le cadre d’une interview, la première fois, c’est l’inconnu. Armé de mon T-shirt LANE (forcément !) et d’une dizaine de questions dont certaines (gentiment) suggérées par mon rédac’ chef (merci !), j’ai attrapé les 3 Lysistrata au détour d’une interview radio qu’ils venaient de finir et avant qu’ils dînent. Une petite demie heure pleine de surprises, d’éclats de rires, et surtout la belle satisfaction de voir des musiciens sûrs d’eux, pros, déterminés, passionnés et en même temps complètement détendus, (hyper) cool, attachants et sincères. Il fut question de Gérald de Palmas, de Diam’s, de Tropical Fuck Storm, de Pavement, de dEUS, de loutres, de moist (in english please), de la mort de Sting (fake news) et avant tout de la passion d’un des meilleurs trio français de la scène rock française. “Y’a de plus en plus de groupes de rock en France qui sortent, qui sont dans la même veine, plus ou moins énergiques sur scène, qui font pas mal de concerts. C’est vraiment chouette que des trucs à guitares reviennent. ” © Max Chill Comment se passe le début de la tournée, notamment la réception des nouveaux titres que le public découvre (l’album n’était pas encore sorti au moment de l’interview, ndr) ? Ben (batteur) : Ça se passe super bien. Ça fait un moment en fait qu’on a commencé à jouer les nouveaux morceaux en live. Quasiment sur toutes les dates de 2019. Des gens nous ont dit des trucs super gentils (rires). Max (bassiste) : On est content de jouer autre chose aussi. On avait déjà fait une tournée avant où les morceaux n’avaient pas de paroles, pour les rôder avant le studio. Depuis, on les joue pour être prêts pour la grosse tournée lorsque l’album sera sorti. Ce deuxième album est assez différent de The Thread. Les morceaux sont plus courts, plus directs, est-ce venu naturellement lors du processus d’enregistrement ou était-ce une volonté de votre part ? Max : C’est venu naturellement. On a vu au bout qu’il y avait des morceaux plus courts. Sur le 1er album, il y avait moins de morceaux aussi, parce que certains étaient plus longs. On s’est pas dit « on va faire des morceaux plus courts ». On fonctionne jamais comme ça. On voit ce qui sort et puis voilà ! Au feeling ? Max : Tout est au feeling chez nous, la plupart du temps. Il y a...

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Interview – Mikal Cronin

Interview – Mikal Cronin

Ami inséparable de Ty Segall, qu’il accompagne dans la plupart de ses méfaits discographiques (et ce dernier le lui rend bien) ainsi qu’en tournée, Mikal Cronin était de passage à Paris le mois dernier pour deux concerts en compagnie de son vieil acolyte. Mais Mikal n’a pas besoin de Ty pour exister et faire parler de lui. Preuve en est, son quatrième et dernier album, Seeker, n’a guère en commun avec les habituelles sorties de la scène garage californienne mais il pourrait bien être le plus abouti mélodiquement de ces dernières années. Il semblerait en tout cas que son auteur ait pris grand plaisir à le composer et, à l’entendre, il n’est pas peu fier de son nouveau bébé. “C’est probablement mon disque le plus mature. C’est aussi lié à ma situation dans la vie, à ce que j’écoute. (…) J’ai pensé à faire aussi un groupe rock à trois, vraiment garage-punk. Je devrais le faire aussi. J’aime garder toutes les possibilités ouvertes, je ne veux pas être catalogué.” © Max Mendelsohn Ce dernier album est né dans des conditions très particulières, tu vivais isolé depuis quelques mois dans une petite ville au cœur de la forêt. Tu étais totalement coupé du monde à ce moment-là, en mode Into The Wild ? Oui, c’était un peu ça. J’étais en dehors mais proche d’une petite ville. J’y allais donc une fois par semaine pour acheter à manger, éventuellement parler à quelqu’un, ou pas. Au caissier de l’épicerie, par exemple. C’était un mois où j’étais vraiment seul, focalisé sur mon truc. C’était le but initial, j’imagine. Avant tout pour la musique ou pour toi aussi ?Pour la musique, principalement. Je me suis dit que ce serait intéressant, je voulais m’éloigner d’où je vivais à Los Angeles. J’ai loué cette cabane quand j’étais en tournée. Je manquais d’intimité pour écrire de la musique. C’était une véritable expérience, je craignais de ne pas parvenir à mes fins car c’est compliqué de se dire “je vais écrire une chanson” et de le faire. Parfois, ça vient de façon impromptue. Mais j’ai eu la chance d’avoir beaucoup d’inspiration. Tu avais donc apporté ton matériel d’enregistrement et tes instruments avec toi ou simplement un carnet de notes et ta guitare ?J’ai apporté beaucoup de choses. Une batterie, des claviers, des guitares. J’avais quasiment un petit studio. C’est de cette façon que j’aime travailler, jouer de la guitare acoustique puis de la batterie, réfléchir aux arrangements… C’est là-dessus que je passe le plus de temps. Une fois que j’ai la structure d’une chanson, j’aime beaucoup le processus de la recherche d’arrangements. C’est le premier album qui porte un “vrai” nom (après Mikal Cronin, MCII, MCIII), Seeker. Qu’est-ce...

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Interview – High Tone

Interview – High Tone

Vous en connaissez beaucoup des groupes de dub français, fers de lance de cette scène au début des années 2000, qui sont toujours là et dignes d’intérêt ? Non, évidemment. Vous connaissez les mêmes que nous et ils se comptent sur les doigts d’une main atrophiée. Quand High Tone a débarqué en 2000 avec Opus Incertum, ça nous avait fait tout drôle et on s’est demandé ce que c’était que cette musique de mutant, piochant allègrement dans différents styles. On se demandait aussi combien de temps cela pourrait durer et où ils pourraient bien nous amener ? On n’a toujours pas la réponse à la première question mais on a traversé bien des paysages sonores escarpés en leur compagnie. Ce ne fut pas toujours de tout repos mais ce fut constamment exaltant. Time Has Come, huitième album des lyonnais, ne déroge pas à la règle. Time has come for what, en fait ? Réponse avec Julien Oresta, guitariste du groupe. “On pourrait faire un concert plus trip hop par exemple et beaucoup plus calme avec un support visuel pour habiller le tout. C’est un challenge qu’on pourrait se donner, qu’on aimerait faire.” Ekphrön signifiait “hors d’esprit”, là ce disque commence par le sample « time has come to get of your mind ». C’est ça le défi chaque fois que vous rentrez en studio ? Essayer de s’évader, de tout oublier et de provoquer ce sentiment-là chez l’auditeur ? Pour nous, c’est une valeur importante. S’évader, voyager c’est quelque chose de récurrent dans notre musique. Il y a aussi l’envie d’évoluer, tenter d’autres choses, aller dans d’autres directions. Time Has Come peut vouloir dire tellement de choses… Nous, on n’a jamais aimé être démago, écrire des trucs noir sur blanc, il y a toujours une subtilité, c’est à travers des samples, des jeux… On n’a pas de chanteur charismatique qui vient te poser un message. Nos messages passent à travers notre musique, notre style. Un mélange d’électro, de musiques du monde, des petits messages subliminaux, spirituels ou révolutionnaires. C’est à travers ces petites choses qu’on montre qui on est. Les gens savent qu’on est dans un truc Do It Yourself, on fait les choses par nous-mêmes, notre label Jarring Effects est toujours indépendant… Ce sont toujours nos valeurs de base. Ce disque n’est pas forcément le moins dub que vous ayez fait mais peut-être le plus techno… Oui, il est peut-être plus dub qu’Ekphrön malgré tout. Mais effectivement il est plus électro, un certain nombre de morceaux lorgnent vers différentes formes de techno. On a toujours dit que High Tone était un mélange de dub, drum’n bass, hip hop… Il y a un côté presque rave party sur certains morceaux....

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Interview – Pixies

Interview – Pixies

Il y a quelque chose d’intimidant à se retrouver face-à-face avec Joey Santiago et Frank Black (en l’occurrence, côte-à-côte avec ce dernier), deux monstres sacrés du rock indé. Les Pixies, vénérés (et ouvertement copiés) par Cobain, repris par Bowie, adulés par une horde de fans transis, ne sont peut-être plus tout à fait les mêmes depuis le départ de Kim Deal, mais ils avancent en évitant de garder les yeux rivés sur le rétroviseur. Pour la rentrée, nous avons droit à une nouvelle ration de Pixies, Beneath The Eyrie, troisième album depuis la reformation. Sans doute le meilleur. Tant mieux, on n’aime pas trop se pointer à une interview et feindre l’enthousiasme à propos d’un disque qui nous laisse de marbre. Surtout face à un imposant gaillard comme Charles Thompson – aka Frank Black aka Black Francis -, capable de tailler en pièces un intervieweur, s’il ne goûte guère ses questions. Il n’en a rien été. De bonne humeur mais aussi imprévisible que sur disque, le leader des Pixies a alterné réponses lapidaires, démonstrations implacables et taquinerie de bon aloi, sous l’œil amusé de son éternel complice. “Ce que j’aurais aimé, c’est que le manager ou le label nous dise à l’époque de ralentir. De ne pas faire autant de disques, de tournées, de prendre un peu de vacances. Ça nous aurait peut-être évité de nous séparer.” Une série de podcasts va être diffusée durant l’été avant la sortie du nouvel album. D’où vous est venue cette idée de documenter l’enregistrement de ce disque ? Frank Black : On a tourné pour des podcasts au moment d’enregistrer les démos et Paz (NdR : Lechantin, bassiste) les a montés. Ça a été le point de départ. De ce que j’ai compris, les podcasts sont très populaires, le type de médias le plus populaire. Je n’en écoute pas personnellement. Vous avez été suivis durant tout le processus d’enregistrement ? Joey Santiago : Il y avait des petites caméras dans le studio. S’agissait-il de caméras présentes mais dont vous pouviez oublier l’existence et faire comme si de rien n’était ou y avait-il des journalistes avec vous qui vous posaient des questions ? Frank : Un mec était là, il s’appelait Tony (NdR : Tony Fletcher, journaliste au New York Times). C’était une idée de notre manager : « vous pourriez faire des podcasts ? – Oui, bien sûr. » On a déjà participé à des documentaires par le passé mais là c’est vraiment lui qui a voulu qu’on le fasse. On enregistre de la musique, on fait des concerts. C’est ça, notre boulot. De combien de choses pouvons-nous vraiment nous occuper ? Essayer de contrôler ? Du moment que nous sommes satisfaits...

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