Interview – Slowdive

Interview – Slowdive

Slowdive respire le bonheur : deux décennies après avoir servi de punching ball à l’odieuse presse britannique, trois ans après s’être reformés à la demande générale, ils sortent le 5 mai prochain un quatrième album éponyme, très fluide et un chouia plus accessible que ses lointains prédécesseurs, et le baromètre semble au beau fixe. Votre serviteur a rencontré le très érudit Neil Halstead, chanteur et guitariste, dans le petit salon rouge (orné de couvertures du magazine Lui) d’un discret hôtel parisien.     NH : ça fait vraiment tôt pour moi ! (NdR : l’interview se passe à 9h30) Oui, pour moi aussi ! Tu as pu écouter le nouvel album ? Oui, il y a deux jours, et j’ai entendu certains des nouveaux morceaux lors du concert au Trabendo. Ils sonnent vraiment bien. Merci !   Certains morceaux sont plus rapides que sur les vieux albums, « Star Roving » notamment. Ah tiens ? Oui, c’est vrai, il y a quelques morceaux plus rapides. Je n’y avais pas vraiment pensé. Effectivement, « Star roving » est un peu plus rapide, mais il y en a des plus lents aussi, comme « Slomo », « Falling ashes », « Go Get It »… Je le perçois comme un disque assez classique de Slowdive. Il ne me semble pas qu’il y ait un gros changement au niveau de l’atmosphère ou de la manière de faire. Il fait référence à ce qu’on faisait à l’époque aussi bien qu’à quelque chose de renouvelé.   Vous avez fait des choses très différentes dans le passé. Pygmalion était différent. Oui, tous les disques ont été différents. Pour moi, celui-ci a des éléments de Pygmalion, des éléments de Souvlaki, et des éléments de quelque chose d’autre. Alors oui, peut-être que certains morceaux sont un peu plus rapides… (rires)   Votre son sur scène est plus agressif, la basse notamment, un peu comme du Mogwai ou Explosions in the Sky. Je ne sais pas, on a toujours été un groupe bruyant, c’est notre truc. Je crois qu’on a toujours sonné comme ça sur scène. J’ai rencontré Mogwai pour la première fois en 2014, et ils nous ont dit qu’ils faisaient partie de ces gamins au premier rang des concerts de Slowdive, qui essayaient de comprendre comment on créait notre son. Ils ont clairement été inspirés par Slowdive.   À partir de quand vous êtes vous rendus compte que des groupes avaient été influencés par Slowdive ? Je pense que c’est quand Morr Music a sorti cette compilation, au début des années 2000 [Blue Skied an’ Clear, un double album de reprises de Slowdive par des artistes de ce label allemand de musique électronique, ndr]. Quand elle est sortie, avec ces artistes qui reprenaient des chansons de Slowdive, ça nous a familiarisés avec l’idée que Slowdive...

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Interview – Pierrick Destraz

Interview – Pierrick Destraz

Des groupes rock cultes, la Suisse en regorge. Si on vous demande d’en citer un, j’imagine que ce sont peut-être les Young Gods ou Ventura qui vous viendront à l’esprit. Pourtant, avec une base de fan dévouée dans toute la francophonie, le groupe le plus culte de Suisse, Romande, en tout cas, c’est peut-être bien Explosion de Caca. Derrière ce nom improbable et ses reprises déjantées de chansons nostalgiques craignos, se cache notamment Pierrick Destraz, qui outre le fait d’être le batteur de cette bande d’allumés est également le fils d’Henri Dès. Après 15 ans de bons et loyaux service, le groupe devenu duo a décidé de mêler ces deux aspects et d’accompagner le célèbre chanteur pour enfants dans une tournée pour adultes où les plus grands tubes de l’un sont passés à la moulinette punk trash des deux autres. N’ayant pas pu le rencontrer lors de leur venue à Paris pour cause de cafouillage téléphonique, Pierrick a accepté de rattraper le coup le temps d’un long échange par whatsapp où il revient sur ces différents projets. Si on vous dit que le fils d’Henri Dès, batteur d’Explosion de Caca, est un artiste talentueux et multi-facettes, ça n’a rien d’un poisson d’avril (même en retard).     Quels sont ton parcours, ta formation musicale, tes influences ? Houla, question vaste ! J’ai commencé à me passionner pour la musique, et les percussions en particulier, vers l’âge de 7 ans. Évidemment, je suis tombé un petit peu dans la marmite vu que mon père est chanteur, depuis tout petit j’assiste à ses concerts, je vais le voir en studio et je côtoie des musiciens, ça m’a très vite parlé. J’ai eu un déclic alors que j’accompagnais mon père en Pologne, il ne faisait pas encore de chansons pour enfants, il faisait une carrière de chanteur de variété assez standard  avec pas mal de succès mais pas le succès qu’il a eu par la suite. Je me suis retrouvé à 7 ans avec lui dans un hôtel en Pologne où un groupe de jazz jouait au bar, et il y avait là un batteur qui m’a totalement fasciné. Il perdait des litres d’eau en jouant, je l’ai regardé pendant tout le concert et après il m’a proposé de monter sur ses genoux, c’est là que je me suis dit que je voulais faire ça. Ça, c’était le premier flash, et puis après je me suis amusé à me fabriquer une batterie en carton, dans ma chambre je tapais sur tout ce qui bougeait, et puis j’ai pris mes premiers cours à l’âge de 9 ans. Après, mes premières influences vraiment rock, le premier vinyle que j’ai reçu en 1980 de la part du...

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5 chansons, 5 disques par Ventura

5 chansons, 5 disques par Ventura

Quatre ans après Ultima Necat, son monumental troisième album, Ventura nous manque. Notre première rencontre peu de temps après la sortie dudit monument laissait entrevoir que ces messieurs étaient dotés d’une vaste culture musicale, il nous semblait donc fort légitime (et potentiellement intéressant) de discuter de nouveau longuement avec eux, de 5 de leurs morceaux puis de 5 albums de leur choix. Et on y tenait tellement que, faute de mieux, on l’a fait par Skype.   1 – I Keep Starting (Pa Capona – 2006)   Pa Capona by Ventura C’est un disque que je maitrise un peu moins que les autres. Je trouve que sur cet album, et notamment ce morceau, il y a un côté assez indie rock slacker plus prononcé que par la suite où la prod a pris plus d’importance. Là je trouve que dans l’esprit on est assez proche de Pavement par exemple. C’est ce que vous ressentez aussi ?  Diego (basse) : moi ce dont je me rappelle de l’enregistrement de ce disque, c’est qu’on a fait ça un peu à l’arrache par rapport aux suivants.   En 4 jours c’est ça ? Diego : Ouais, 4 jours. Dans ce disque on a vraiment mis tous les morceaux qu’on avait, sans trop réfléchir. Aujourd’hui il y en a quelques-uns que j’enlèverais je pense. Cet effet que tu dis, slacker ouais peut-être. C’était un snapshot de cette période-là, on a voulu enregistrer tout ce qu’on avait. Philippe (guitare, chant) : j’oserais pas spontanément nous comparer à Pavement, mais c’est un groupe qui m’a beaucoup marqué et qui m’a fait comprendre qu’il y avait pas besoin d’être technique. Dans ce sens-là c’est un groupe totalement essentiel pour moi, parce qu’ils avaient des mélodies incroyables, sans être techniques et tout en étant hyper drôles. J’ai toujours trouvé qu’ils avaient des textes très drôles. C’est un groupe qui personnellement m’a beaucoup marqué. J’ai réécouté ça l’autre jour ça faisait longtemps, et j’ai tendance à oublier que ce groupe a existé et c’est bête parce que c’est vraiment un groupe assez génial.   Et les travaux de Malkmus vous suivez encore ? Philippe : J’ai pas réussi à accrocher sur ce que fait Malkmus tout seul. Mais peut-être que je devrais réessayer. Mes goûts changent aussi, peut-être que ça passerait mieux maintenant. Je relisais l’autre jour sur wikipedia la biographie de Pavement et il semblerait que l’essentiel de la biographie de ce groupe repose sur Malkmus lui-même alors que je trouve que sans les autres il est moins intéressant. Mais j’ai jamais vraiment creusé non plus.   Et pour en revenir un peu à ce morceau et l’album, vous dites que vous avez tout mis c’est à dire...

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Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz #13 : les années en 9       1979 : Gang Of Four – Entertainment! J’ai été invité, un peu forcé à squatter pour être tout à fait exact, à la table d’un chef culte, talentueux et inventif. Il nous a servi un plat extrêmement original et même assez copieux, ce qui me fait toujours peur dans ce type de cuisine qui se la pète un peu, à base d’épinards, d’aubergines, de choux de Bruxelles, d’endives cuites et de foie de veau. C’était super bien maitrisé, dressé au poil, et les convives se sont régalés. Le problème, c’est que je n’aime ni les épinards, ni les aubergines, encore moins les choux de Bruxelles et les endives cuites et je conchie carrément le foie de veau. Du coup, tout en reconnaissant le talent de notre hôte, je me suis emmerdé sec et j’ai eu du mal à finir. En écoutant ce disque de Gang Of Four, c’est exactement l’impression que j’ai eu. Je suis bien obligé de reconnaitre que la musique proposée par le groupe, un mélange de post-punk, noise, hip hop, funk, reggae est original et parfaitement maitrisé, avec néanmoins un côté rough propre aux bons groupes indé… mais ça reste un mélange de styles qui, au mieux m’indiffèrent, au pire me donnent des diarrhées. Au final, pour toute ses qualités, et sa longueur tout à fait raisonnable, Entertainment! est pour moi parfaitement indigeste. D’ailleurs, je suis incapable de choisir un titre plutôt qu’un autre, c’est JL qui s’en chargera !     1989 : Faith No More – The Real Thing J’aurais pu copier-coller exactement le même paragraphe que pour Gang Of Four en changeant à peine quelques termes, mais je ne vais pas sombrer dans la facilité. Parlons donc spécifiquement de ce disque. Déjà, je vais faire mon mea culpa : vu la réputation de Patton, j’avais d’emblée rangé Faith No More sans les écouter dans la catégorie des groupes intellectuallo-bizarroïdes chiants trop occupés à faire des performances artistiques pour prendre le temps d’écrire un bon morceau. Force est de reconnaitre que The Real Thing n’est pas chiant (quoi que « Woodpecker From Mars »…) et encore moins intellectuel (quoi que « Edge Of The World »…). Non, s’il y a un adjectif qui collerait parfaitement à ce disque, c’est déroutant....

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Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Voir Thurston Moore pour moins de 15 euros à Paris, ça paraissait peu probable. Et pourtant, c’est ce que nous a proposé Gonzaï ce soir-là, et crevards comme nous sommes chez Exitmusik, un peu nostalgiques, aussi, on n’a pas su dire non. Allez, me disais-je, au pire je m’emmerderais sec pendant une heure et je me rattraperais sur un petit « Ono Soul », comme quand il a fait la première partie de Dinosaur Jr à l’Élysée Montmartre, voire un « Psychic Hearts », qui sait. Je ne suis pas difficile, je me serais contenté de n’importe quel morceau de ses deux premiers albums en échange de ses trop longs morceaux récents. Et puis c’est Thurston Moore, quand même, un mec sympa ! On sait bien qu’il aura des bons mots, et son attitude à la cool. Et puis, malgré tout, le son de guitare, la voix, le petit côté madeleine de Proust… Il y a effectivement de quoi craquer. Bon, déjà, on sait que quand l’annonceur nous promet « une soirée exceptionnelle« , semblant surpris que Thurston Moore nous propose de l’acoustique à la douze cordes et une revisite de sa carrière, il n’en sera rien : l’artiste a adopté cette disposition depuis maintenant quelques années et s’acharne à ne piocher que dans son répertoire récent ; j’ignore si c’est une erreur honnête de leur part ou un pipeautage parfaitement assumé, dans tous les cas on frise la publicité mensongère et j’espère que personne ne se sera laissé convaincre par cet argument de vente fallacieux. Une fois que c’est dit, et bien, que dire sur la soirée ? Pas grand chose, malheureusement. Thurston Moore a fait exactement ce qu’on attendait, joué des morceaux de The Best Day et de l’album à venir, rien de désagréable mais que du Sonic Youth-like qui n’a pas la saveur des vieux morceaux (sachant qu’au moins, on connait les vieux morceaux), fait 2-3 blagounettes sympas, imité Lemmy 2 secondes (le clou de la soirée), proposé une impro bruitiste en milieu de set que tes voisins viendraient gueuler si tu faisais ça chez toi mais là, c’est Thurston donc tout le monde mouille sa culotte, tenu un discours politique d’une naïveté confondante, le genre qui te met limite mal à l’aise alors que pourtant tu partages la même couleur, et est parti sans même jouer un vieux morceau (même pas de « Ono Soul », qu’il joue à chaque fois ces derniers temps) après un set paradoxalement trop court mais composé uniquement de morceaux beaucoup trop longs. Voilà, pas de quoi se plaindre parce qu’on n’a pas payé cher, mais à se demander quand même si ça valait le coup. C’est un peu comme voir ton oncle sympa, celui qui t’a fait...

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« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

J’ai essayé de retourner cette chronique dans tous les sens pour voir comment j’allais la présenter, si bien qu’au bout de 2 semaines, Gimme Danger est sur le point de ne plus être à l’affiche et je ne suis pas plus avancé. Alors rendons hommage au rock viscéral des Stooges et faisons simple. Au fond, vous voulez simplement savoir si ça vaut le coup d’aller voir le film. J’imagine que si vous l’avez déjà vu, vous vous êtes fait votre propre avis et n’avez donc pas besoin du mien. Alors allons à l’essentiel : oui. Allez le voir sans hésiter si vous en avez l’occasion. La réalisation : je n’ai rien à en dire vu la faiblesse de mes compétences techniques en matière de cinéma, mais Jarmusch connait son affaire et ça m’étonnerait donc qu’on ait beaucoup de reproches à lui faire de ce point de vue. Du mien, le découpage est clair, l’histoire se suit sans difficulté et on rentre vite dedans. Les extraits inédits et bandes d’époque sont très maigres et de qualité variable, il n’est pas forcément très juste de s’en servir comme argument promotionnel. Iggy Pop est forcément très mis en avant et ressort avec une aura de sympathie phénoménale. A côté de ça, les déboires relationnels au sein du groupe, même si on aborde beaucoup le sujet de la drogue, semblent être accessoires, discrètement évoqués, si bien que la période Raw Power, notamment le transfert réputé forcé et douloureux de Ron Asheton à la basse, reste évoquée de façon assez superficielle. Qu’apprend-on quand on suit le groupe depuis de nombreuses années, qu’on connait bien leurs disques et leur histoire dans les grandes lignes ? Pas grand chose. Et on n’a même pas le droit d’écouter le morceau titre en entier (spoiler : ils passent bien « Gimme Danger » au générique de fin mais coupent après la partie calme ! Sacrilège !). Et ils écorchent le nom de J Mascis dans les sous-titres ! (Double sacrilège !!). Mais une fois qu’on a dit ça, on doit bien reconnaitre que c’est déjà génial de pouvoir aller voir un film sur les Stooges au cinéma, qu’ils méritaient d’être présentés au grand public pour leur apport indéniable à la musique, ne serait-ce qu’après un coup de brosse à reluire et des petits ratés finalement vite pardonnés. Car le fond de ce film, et finalement celui de la musique des Stooges, c’est simplement le plaisir fort, viscéral, primaire qu’il procure. Alors rien que pour saluer l’existence d’un documentaire sur ce groupe, aussi grand public soit-il, ne ratez pas une occasion de le voir. BCG...

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Tops albums 2016 par Edam Edam, Frustration et Johnny Mafia

Tops albums 2016 par Edam Edam, Frustration et Johnny Mafia

Comme tous les ans, après les tops albums des rédacteurs, on donne la parole à des artistes que nous avons plébiscités cette année. Place aux tops d’Edam Edam (auteur du remarquable ❤), Frustration (auteur de l’excellentissime – comme d’hab – Empires Of Shame) et Johnny Mafia (auteur du très prometteur Michel-Michel Michel). Le tout justifié par des petits commentaires, puisque nos trois protagonistes se sont prêtés au jeu jusqu’au bout, un grand merci à eux !     Le top de Shyle Zalewski, l’homme caché derrière le nom Edam Edam           Kim Jong 4 – Welcome To Pyongyang (Birthplace of the Great Leader Of Rock’n Roll) EP (notre chronique) On commence avec les potes de KJ4 et leur « garage punk glitter ». Avec ce premier EP qui a mis environ 32 ans à débarquer dans les bacs (le décalage de corée, dirons-nous), le quatuor livre un EP sans fioritures, punk, aux sonorités 1977 qui sent le cuir et la bière tiède. Tout sent bon la bande de potes qui s’éclatent sur des riffs dansants. Mais pas comme un vieux « Let’s Dance » de Bowie, non, dansant comme purent l’être les Ramones. A noter que pour les avoir vus en live, ça vaut le détour !   Welcome to Pyongyang (Birthplace of the Great Leader of Rock'n'Roll) by Kim Jong 4           Tacocat – Lost Time (notre chronique) Tacocat est ce genre de groupe power pop qu’on retrouve sans altération depuis les 90’s. Guitares électriques bordéliques, rythmiques binaires et chant de fille(s) cute, on a tous les ans depuis maintenant deux décennies des flopées de ces albums bubble-gum qui pleuvent sur le marché. On pourrait s’en lasser ou être écœuré.e à force, mais personnellement, tel l’addiction en sucre, j’en redemande tous les ans, m’amusant à déceler quel bonbon sera dégueulasse, lequel sera un plagiat pur, lequel encore saura gracieusement ravir mon côté sugar-junkie. Communication rose bonbon, nom de groupe rigolo et clips vidéos en carton papier mâché, c’est donc Tacocat qui remporte la palme cette année avec Lost Time. Rien d’innovant en soi, mais si vous êtes un tant soit peu friand de friandises, préparez vos papilles.             SWMRS – Drive North SWMRS, malgré un nom de groupe digne d’un forum 12-25 ans fans de snapchat, représente peut-être l’album le plus intéressant de 2016 à mon sens. Pas tant musicalement, car même si la fraîcheur et l’énergie sont au rendez-vous, on n’est pas sur du prix Nobel de l’innovation. Non, là où c’est intéressant, c’est qu’ils emboîtent le pas de peut-être un nouveau courant, déjà amorcé par les sales gosses de FIDLAR. Une culture pop revendiquée allant des Ramones à Miley...

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Tops albums 2016

Tops albums 2016

Et voilà, c’est l’heure d’honorer la tradition. Les bons vieux tops albums dont tout le monde se fout mais que tout le monde lit quand même. Comme d’habitude ces « choix » n’engagent que leurs auteurs donc inutile de hurler au scandale. Il n’y a rien de plus subjectif. Après les tops par rédacteurs, vous trouverez celui de la rédaction (fruit d’un calcul savant) et deux-trois conneries. A la vôtre et que 2017 soit aussi riche en bons albums (et moins en décès d’artistes majeurs, s’il vous plait…) !   Le top de JL         25/ Aesop Rock – The Impossible Kid Certainement pas le meilleur album d’Aesop Rock, mais bien au dessus des rappeurs ricains à la mode qu’on nous vend comme des génies… LA CHRONIQUE             24/ Kim Jong 4 – Welcome To Pyongyang (Birthplace of The Great Leader Of Rock’n Roll) EP Chez ExitMusik, on est les rois du copinage. Alors quand deux membres de l’équipe sortent un imparable EP punk, on le met bien en avant. Il ne leur reste plus qu’à percer en dehors de la Corée Du Nord. LA CHRONIQUE   Welcome to Pyongyang (Birthplace of the Great Leader of Rock'n'Roll) by Kim Jong 4           23/ Johnny Mafia – Michel-Michel Michel Non seulement ils ont le meilleur titre d’album de l’année mais en plus ils l’ont gorgé de tubes pas prises de tête et bien rentre dans le chou. A vous réconcilier du revival garage ! LA CHRONIQUE             22/ Burnside – Blue Ruins EP Grunge is dead, mais il frétille encore. Dans les 90s Burnside aurait signé direct chez Sub Pop, aujourd’hui tout le monde s’en fout. C’est bien dommage. LA CHRONIQUE   BLUE RUINS EP by BURNSIDE           21/ Car Seat Headrest – Teens Of Denial On a sans doute fait un peu trop de bruit au sujet de ce Will Toledo. Mais il faut reconnaître qu’il sait écrire des chansons. La prochaine fois t’en fais des plus courtes, garçon, et on sera comblé. LA CHRONIQUE             20/ Dinosaur Jr – Give A Glimpse Of What Yer Not Un album moyen de Dino reste un album largement au-dessus de la moyenne. Mais quand même pas au-dessus de tout, faut pas déconner BCG. LA CHRONIQUE             19/ Nothing – Tired Of Tomorrow Entre rêverie shoegaze et violence grunge. La déprime est parfois si belle. LA CHRONIQUE             18/ Explosions In The Sky – The Wilderness  Album assez déroutant, ce qui est déjà une prouesse quand on parle...

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Interview – La Canaille

Interview – La Canaille

Deux ans après la sortie de La Nausée, troisième album, toujours indispensable, La Canaille étrenne actuellement une nouvelle mouture. L’emblématique MC Marc Nammour, défenseur d’un rap revendicatif, est désormais entouré de nouveaux comparses : Alexis à la batterie, Valentin à la guitare et Jérôme, dit Pépouse, à la basse. Auteurs ensemble du maxi Deux Yeux De Trop en début d’année, ils tournent actuellement un peu partout en France. Leur venue dans ma charmante bourgade argenteuillaise était immanquable. Et c’était aussi l’occasion d’échanger avec Marc Nammour. Interview avec un homme de conviction et vrai militant du rap à textes.   « Je suis très friand d’une poésie du quotidien, quelque chose où t’emploies pas forcément des mots savants mais où il y a une musicalité naturelle et humble qui se dégage. » Tu as toujours aimé être entouré d’instruments, t’as des instrus assez rock… Ça apporte un vrai plus et j’imagine que pour toi, pour le live c’est l’idéal, vous pouvez vous éclater et sortir du truc « je lance mon instru… »… C’est un kiff particulier ? Oui, c’était une volonté d’entrée de jeu quand je suis arrivé sur Paris il y a 15 ans de ça, de monter une formation rap avec des musiciens. Je trouvais qu’il y avait une espèce de rigidité. Quand t’es en formation plutôt « classique » avec une instru balancée par le DJ, y a une espèce de systématique de concert en concert, de rigidité musicale qui fait que ça manquait de folie. D’une, de folie musicale, on peut s’adapter en un regard, en fonction de ce que dégage le public, le lieu dans lequel on est… Y a beaucoup de plus de liberté musicale et de folie. Et en plus, c’est le kiff aussi de partager ça collectivement. Quand Alexis envoie la batterie, il nous porte aussi avec son énergie, quand Pépouse à la basse envoie des notes… Ça se joue sur des instants, des micro-moments mais qui ont une influence sur tout le reste. Chacun va avoir une influence sur le jeu de l’autre, et j’aime bien ce côté collectif. D’arriver en concert, les quatre à poil, pour défendre une œuvre, un propos, un show…   Du coup, t’as un peu le sentiment de repartir à zéro à chaque fois ? Vous n’êtes pas dans un certain confort… Ce serait te mentir que dire qu’à chaque fois on attaque le concert vraiment page blanche. Il y a quand même des choses qui sont vraiment écrites, mais par contre on se laisse vraiment la possibilité de partir à des moments. On se le dit même pas, mais on sent qu’à partir du moment où Valentin à la guitare envoie quelque chose d’autre, ça va avoir une influence sur...

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Dans le bac d’occaz #8 : Violent Femmes, Les Thugs, Melissa Auf Der Maur

Dans le bac d’occaz #8 : Violent Femmes, Les Thugs, Melissa Auf Der Maur

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite). Dans le bac d’occaz #8 : les années en 3   1983 : Violent Femmes – Violent Femmes Quand je me suis lancé dans cette rubrique, je m’attendais à rencontrer des obstacles, des Siouxsie et des Joy Division, je m’attendais à des déceptions comme les Stone Roses, à oublier des disques aussi vite que je les avais écoutés, mais ce qui m’a fait tenir, c’est la perspective de me retrouver bluffé par des disques insoupçonnés, de prendre des claques inattendues, et peut-être même de découvrir des albums qui s’inséreraient presque instantanément dans ma liste des meilleurs disques de leur époque. Bref, pour des disques comme ce Violent Femmes. Les Violent Femmes, je connaissais de nom, j’avais écouté quelques morceaux (comme celui qui est sur la BO du film South Park), pour moi c’était un groupe de folk indie un peu barrée de la fin des années 90. Déjà, découvrir que leur premier disque date de 1983, soit un petit moment avant l’émergence de l’indie, a été une première surprise. Deuxième surprise, se rendre compte qu’il a musicalement quelques années d’avance en termes de son et de production (vous pourrez me rétorquer que tout étant acoustique, c’est facile d’avoir une production plus épurée, c’est vrai, mais ce disque étant sorti dans les années 80, on aurait aussi pu tout noyer dans la reverb et les effets dégueulasses). Enfin, et c’est quand même le plus important, la claque s’achève en y trouvant des morceaux phénoménaux, dont les plus faibles (« Good Feeling » et « Please Do Not Go ») feraient quand même de bons tubes radio. Au final, j’ai découvert un album surprenant de country folk rock déjanté et pop à la fois, rempli de morceaux instantanément accrocheurs (« Gone Daddy Gone », « Blister In The Sun », « Promise », « Prove My Love », « To The Kill »…), profondément punk, le pendant acoustique de Half Japanese qui m’avait mis une bonne claque plus tôt cette année.       1993 : Les Thugs – As Happy As Possible Bon, Les Thugs, le groupe angevin signé chez Sub Pop à la grande époque, je connaissais évidemment de réputation. J’avais plutôt apprécié ce que j’avais écouté par-ci par-là, même si je classais ça dans le punk hardcore sympa et bien fait, mais de nature fatalement limitée. J’avais un mal fou à trouver des albums complets à me...

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