Chris Cornell, just like suicide…

Chris Cornell, just like suicide…

  Il y a deux ans, j’écrivais un long papier sur la discographie de Soundgarden, groupe ô combien essentiel à mes yeux. Je ne vais donc pas reparler ici de morceaux incroyables comme « Jesus Christ Pose », de titres déchirants comme « Fell On Black Days » ou de duo légendaire comme « Hunger Strike », j’ai simplement l’envie et le besoin de rendre hommage à Chris Cornell pour tout ce qu’il représente à mes yeux.    Donc voilà ça semble vrai. Tout ce qu’il y a de plus vrai. Chris Cornell est mort. On l’écrit pour en prendre un peu plus conscience. Pour nommer l’indicible. Chris Cornell est mort. Il se serait même suicidé. Lui, le Chris Cornell qui a vécu comme un traumatisme la mort par overdose d’Andy Wood (Mother Love Bone), son colocataire, avant de lui rendre un hommage majestueux sur Temple of the Dog, lui qui s’est forcément pris de plein fouet le suicide de Kurt Cobain et la déchéance de Layne Staley, à huit ans d’intervalle. Lui qui, aux côtés d’Eddie Vedder, incarnait brillamment les voix du « big four » du grunge. Celles qui restaient. Il est parti. Sans qu’on ne voit rien venir. Et ça fait mal. Bien sûr c’est toujours con de pleurer quelqu’un qu’on n’a pas connu. C’était peut-être « juste » un immense chanteur. Une voix incroyable. Juste l’un de ceux qui m’a transmis un amour profond pour le rock. Le rock à guitares, le rock qui fait du bruit. Le rock de Seattle. Le « grunge », comme ils disent. C’est déjà beaucoup. Soundgarden aura donc été un de mes premiers émois musicaux, avec Nirvana, Pearl Jam, Alice In Chains. J’étais trop jeune pour les vivre « en direct ». Mais j’avais un grand frère, qui m’a transmis le tout en léger différé. Je me souviens de parties de backgammon dans sa chambre en écoutant « le big 4 », je me souviens de la compil Soundgarden que je m’étais faite sur K7 et je me souviens d’ailleurs très bien qu’au moment de passer un à un tous les titres de Superunknown, je me disais que ça devenait compliqué de choisir, et que ça faisait quand même bien chier de pas mettre « Spoonman » dessus. Je me souviens que mon frère enregistrait les clips de M6 qui passait à des heures indues, à l’époque où il y avait encore de la bonne musique à la télé (à des heures indues, certes) et qu’on trippait sur le clip de « Black Hole Sun » avec cette glace qui fond au ralenti. Je me souviens très bien de la sortie du dernier album Down On The Upside, je n’avais que 11 ans, mais j’avais déjà bien chopé le virus. Un disque en-dessous des deux monuments précédents mais excellent...

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Le premier album des Clash a 40 ans. Chronique

Le premier album des Clash a 40 ans. Chronique

On a tous lu les discothèques idéales de Jean-Jacques Duchmol ou Robert Brouchtar. C’est divertissant. Dedans on nous explique qu’il faut absolument posséder les premiers Oasis et que London Calling est le plus grand disque de punk qui soit. De deux choses l’une, je m’en suis toujours tamponné d’Oasis et je m’en porte pas plus mal. J’ai toujours adoré les Clash et, comme tout un chacun j’ai commencé par London Calling me considérant alors comme un vrai PUNK. Oui mais London Calling, tout mythique qu’il est (la pochette, le titre éponyme, les incursions reggae et tout le toutim, je vous ai déjà tout raconté), n’a déjà plus grand chose de punk. Si vous voulez vous la jouer punk (même dans votre salon, c’est pas grave), il n’y a pas à tergiverser 107 ans, il faut vous tourner vers L’ALBUM PUNK des Clash (et un des tout meilleurs du genre) : le premier. Et ça Robert Brouchtar a oublié de vous le dire. Laissez-moi vous expliquer. En 1977, les Clash ne savent pas jouer. Paul Simonon a sa basse en main depuis moins de 2 mois quand il rentre en studio pour la première fois. Les autres, guère plus. Peu importe, voire tant mieux. Les Clash sont limités mais ils ont en tête des mélodies, envie d’en découdre avec le pouvoir/les autorités/le système. Alors ils enregistrent 14 morceaux enervés, dont certains feront date (« London’s Burning », « White Riot ») tandis que d’autres auraient dû, bien plus que « Should I Stay Or Should I Go » par exemple, plus radio friendly et bien plus lisse que les 14 bombinettes pop punk ici présentes (bon allez « Cheat » est un peu cheap). Pas de production soyeuse, pas d’envie – ou pas encore les moyens – de satisfaire leur côté touche-à-tout, moins de question à se poser, juste une révolte à exprimer. A la batterie, Topper Headon donne le signal. « He’s in love with rock’n’roll woah, He’s in love with gettin’ stoned, woah » (« Janie Jones »)… Brut, cash, clash. Comme c’est bon. Mick Jones n’est pas Hendrix et ne le sera jamais mais il ne tortille pas du fion, il pond des riffs percutants qui vont droit au but. Strummer sait à peine chanter mais il y met tellement de cœur et d’entrain qu’il se révèle bien plus entrainant et convaincant que nombre de chanteurs techniquement doués mais aussi expressifs qu’un poisson clown. Cette musique n’est pas faite pour les poseurs. Quand Jones lance les hostilités et que Strummer s’engouffre pour y gueuler son rejet de l’impérialisme américain (« I’m So Bored With The USA »), de l’armée, du boulot de merde qui te sert juste à remplir ton assiette (« Career Opportunities »), on les suit. Yeux fermés et poing levé. Au rayon des tubes...

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Dans le bac d’occaz #14 : MX-80 Sound, Neil Young, The Hives

Dans le bac d’occaz #14 : MX-80 Sound, Neil Young, The Hives

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz #14 : les années en 0   1980 : MX-80 Sound – Out Of The Tunnel Bon, je commence un peu à en avoir marre de chroniquer des disques de post-punk bizarres, et je dois reconnaitre que ma patience à l’égard de ce disque en a certainement souffert. Malgré cela, je suis obligé de constater que c’est un des meilleurs disques du genre que j’ai pu écouter, sûrement parce que ce n’est pas vraiment un disque de post-punk. Alors, il y a du punk, un son 80s, une démarche arty, tout ça est acquis, il y a de l’éclectisme et du jazz, deux choses dont je ne suis pas trop preneur (il n’y a qu’à voir mon avis sur le double album des Minutemen), mais il y a aussi du noise bien foutu et un esprit indéniablement rock, une influence visible des Stooges de Fun House sur ces solos de saxos complètement barrés… certes, pas forcément les meilleurs morceaux du disque, mais c’est quand même beaucoup plus agréable à mes oreilles que le reggae/dub/funk/hip hop de blanc de Gang Of Four, par exemple. Pas un album que je réécouterai souvent, ça ne me fera pas non plus changer d’avis sur le post-punk ou le punk arty en général, mais j’admets que c’est un bon disque, j’irai même jusqu’à dire « très » dans un bon jour, et très intéressant musicalement. Pour les amateurs de ce genre de musique, Out Of The Tunnel doit vraiment atteindre des sommets et concurrencer sévèrement les classiques du genre. Ou alors, je n’ai rien compris.       1990 : Neil Young – Ragged Glory Sur le principe, j’ai le plus grand respect pour Neil Young, mais je reste vraiment cantonné à une poignée de classiques, presque plus des titres que des albums complets, d’ailleurs, et l’écoute de Ragged Glory, m’a permis de confirmer pourquoi. En fait, j’aime Young dans ses ballades country émouvantes et dans ses meilleures envolées mélancolépiques, mais ça reste une part seulement de ce qu’il fait, passant parfois du meilleur au pire sur un même disque (le plus emblématique étant la magnifique « My My Hey Hey » et la lourde du cul « Hey Hey My My », quasiment le même morceau, les deux faces de l’artiste). Le problème de Ragged Glory, c’est qu’on est quasi-intégralement...

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Festivals été 2017 : suivez le guide !

Festivals été 2017 : suivez le guide !

Alors qu’est ce qu’on a de beau cette année au menu des festivals estivaux ? Résumé des immanquables et des plus dispensables… (On n’a évidemment pas cité tous les groupes mais si vous cliquez sur les liens, vous retrouverez les programmations complètes) Il y a des choses immuables dans la vie et parmi celles-ci, il y a la très grande qualité de l’affiche du This Is Not A Love Song. Comme tous les ans, le TINALS propose une alléchante programmation qui fait la part belle aux références indie (Primal Scream, The Make Up, Echo & The Bunnymen, Grandaddy) et aux décharges de décibels (Turbonegro, King Gizzard & The Lizard Wizard, The Black Angels, Thee Oh Sees, Johnny Mafia). On en passe et des meilleurs parce qu’il faut laisser un peu de place aux autres. Comme tous les ans, on y sera et tu ferais bien d’en faire autant si tu veux pas mourir bête. This Is Not A Love Song, du 9 au 11 juin, à Nimes (30). Autre référence indie incontournable, La Route Du Rock avait quelque peu perdu de sa superbe ces dernières années. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ont mis le paquet sur cette nouvelle édition ! Jugez plutôt : PJ Harvey, The Jesus & Mary Chain, Interpol, Ty Segall, Arab Strap (date unique en France !), Angel Olsen, The Black Lips, DJ Shadow, Thee Oh Sees, Soulwax… N’en jetez plus, rendez-vous à St-Malo ! La route du rock, du 17 au 20 août, à St-Malo (35). Et pour ceux qui n’ont pas le temps/la motivation/les moyens de faire un tour chez les bretons, sachez que le week-end suivant, plusieurs de ces artistes seront présents à Rock En Seine (PJ Harvey, The Jesus & Mary Chain, Ty Segall). Mais l’aubaine ne s’arrête pas là, les amateurs de hip hop que nous sommes se frottent déjà les mains à l’idée de revoir Cypress Hill et Rock En Seine fera également l’événement avec le retour de At The Drive-In. Si l’affreux dernier album de The XX ne nous dit rien qui vaille quand à l’intérêt de voir ce groupe, les amateurs d’électro auront l’occasion de se dégourdir les jambes avec Rone et de bons groupes indie (Mac Demarco, Timber Timbre, The Lemon Twigs) viennent enrichir une affiche pas vilaine du tout. Rock en Seine, du 25 au 27 août, à St-Cloud (92). Villette Sonique ne fait jamais rien comme personne mais fait toujours tout pour nous donner envie de venir. Cette 11e édition ne déroge pas à la règle avec une programmation toujours audacieuse et ambitieuse (Royal Trux, Colonie De Vacances, The Make-Up, Einsturzende Neubauten, Jenny Hval, Bras Mort) et des concerts gratuits en plein air qui offrent un coup de projecteur à ce...

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Interview – Slowdive

Interview – Slowdive

Slowdive respire le bonheur : deux décennies après avoir servi de punching ball à l’odieuse presse britannique, trois ans après s’être reformés à la demande générale, ils sortent le 5 mai prochain un quatrième album éponyme, très fluide et un chouia plus accessible que ses lointains prédécesseurs, et le baromètre semble au beau fixe. Votre serviteur a rencontré le très érudit Neil Halstead, chanteur et guitariste, dans le petit salon rouge (orné de couvertures du magazine Lui) d’un discret hôtel parisien.     NH : ça fait vraiment tôt pour moi ! (NdR : l’interview se passe à 9h30) Oui, pour moi aussi ! Tu as pu écouter le nouvel album ? Oui, il y a deux jours, et j’ai entendu certains des nouveaux morceaux lors du concert au Trabendo. Ils sonnent vraiment bien. Merci !   Certains morceaux sont plus rapides que sur les vieux albums, « Star Roving » notamment. Ah tiens ? Oui, c’est vrai, il y a quelques morceaux plus rapides. Je n’y avais pas vraiment pensé. Effectivement, « Star roving » est un peu plus rapide, mais il y en a des plus lents aussi, comme « Slomo », « Falling ashes », « Go Get It »… Je le perçois comme un disque assez classique de Slowdive. Il ne me semble pas qu’il y ait un gros changement au niveau de l’atmosphère ou de la manière de faire. Il fait référence à ce qu’on faisait à l’époque aussi bien qu’à quelque chose de renouvelé.   Vous avez fait des choses très différentes dans le passé. Pygmalion était différent. Oui, tous les disques ont été différents. Pour moi, celui-ci a des éléments de Pygmalion, des éléments de Souvlaki, et des éléments de quelque chose d’autre. Alors oui, peut-être que certains morceaux sont un peu plus rapides… (rires)   Votre son sur scène est plus agressif, la basse notamment, un peu comme du Mogwai ou Explosions in the Sky. Je ne sais pas, on a toujours été un groupe bruyant, c’est notre truc. Je crois qu’on a toujours sonné comme ça sur scène. J’ai rencontré Mogwai pour la première fois en 2014, et ils nous ont dit qu’ils faisaient partie de ces gamins au premier rang des concerts de Slowdive, qui essayaient de comprendre comment on créait notre son. Ils ont clairement été inspirés par Slowdive.   À partir de quand vous êtes vous rendus compte que des groupes avaient été influencés par Slowdive ? Je pense que c’est quand Morr Music a sorti cette compilation, au début des années 2000 [Blue Skied an’ Clear, un double album de reprises de Slowdive par des artistes de ce label allemand de musique électronique, ndr]. Quand elle est sortie, avec ces artistes qui reprenaient des chansons de Slowdive, ça nous a familiarisés avec l’idée que Slowdive...

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Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Dans le bac d’occaz #13 : Gang Of Four, Faith No More, Mogwai

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).*   Dans le bac d’occaz #13 : les années en 9       1979 : Gang Of Four – Entertainment! J’ai été invité, un peu forcé à squatter pour être tout à fait exact, à la table d’un chef culte, talentueux et inventif. Il nous a servi un plat extrêmement original et même assez copieux, ce qui me fait toujours peur dans ce type de cuisine qui se la pète un peu, à base d’épinards, d’aubergines, de choux de Bruxelles, d’endives cuites et de foie de veau. C’était super bien maitrisé, dressé au poil, et les convives se sont régalés. Le problème, c’est que je n’aime ni les épinards, ni les aubergines, encore moins les choux de Bruxelles et les endives cuites et je conchie carrément le foie de veau. Du coup, tout en reconnaissant le talent de notre hôte, je me suis emmerdé sec et j’ai eu du mal à finir. En écoutant ce disque de Gang Of Four, c’est exactement l’impression que j’ai eu. Je suis bien obligé de reconnaitre que la musique proposée par le groupe, un mélange de post-punk, noise, hip hop, funk, reggae est original et parfaitement maitrisé, avec néanmoins un côté rough propre aux bons groupes indé… mais ça reste un mélange de styles qui, au mieux m’indiffèrent, au pire me donnent des diarrhées. Au final, pour toute ses qualités, et sa longueur tout à fait raisonnable, Entertainment! est pour moi parfaitement indigeste. D’ailleurs, je suis incapable de choisir un titre plutôt qu’un autre, c’est JL qui s’en chargera !     1989 : Faith No More – The Real Thing J’aurais pu copier-coller exactement le même paragraphe que pour Gang Of Four en changeant à peine quelques termes, mais je ne vais pas sombrer dans la facilité. Parlons donc spécifiquement de ce disque. Déjà, je vais faire mon mea culpa : vu la réputation de Patton, j’avais d’emblée rangé Faith No More sans les écouter dans la catégorie des groupes intellectuallo-bizarroïdes chiants trop occupés à faire des performances artistiques pour prendre le temps d’écrire un bon morceau. Force est de reconnaitre que The Real Thing n’est pas chiant (quoi que « Woodpecker From Mars »…) et encore moins intellectuel (quoi que « Edge Of The World »…). Non, s’il y a un adjectif qui collerait parfaitement à ce disque, c’est déroutant....

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Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Voir Thurston Moore pour moins de 15 euros à Paris, ça paraissait peu probable. Et pourtant, c’est ce que nous a proposé Gonzaï ce soir-là, et crevards comme nous sommes chez Exitmusik, un peu nostalgiques, aussi, on n’a pas su dire non. Allez, me disais-je, au pire je m’emmerderais sec pendant une heure et je me rattraperais sur un petit « Ono Soul », comme quand il a fait la première partie de Dinosaur Jr à l’Élysée Montmartre, voire un « Psychic Hearts », qui sait. Je ne suis pas difficile, je me serais contenté de n’importe quel morceau de ses deux premiers albums en échange de ses trop longs morceaux récents. Et puis c’est Thurston Moore, quand même, un mec sympa ! On sait bien qu’il aura des bons mots, et son attitude à la cool. Et puis, malgré tout, le son de guitare, la voix, le petit côté madeleine de Proust… Il y a effectivement de quoi craquer. Bon, déjà, on sait que quand l’annonceur nous promet « une soirée exceptionnelle« , semblant surpris que Thurston Moore nous propose de l’acoustique à la douze cordes et une revisite de sa carrière, il n’en sera rien : l’artiste a adopté cette disposition depuis maintenant quelques années et s’acharne à ne piocher que dans son répertoire récent ; j’ignore si c’est une erreur honnête de leur part ou un pipeautage parfaitement assumé, dans tous les cas on frise la publicité mensongère et j’espère que personne ne se sera laissé convaincre par cet argument de vente fallacieux. Une fois que c’est dit, et bien, que dire sur la soirée ? Pas grand chose, malheureusement. Thurston Moore a fait exactement ce qu’on attendait, joué des morceaux de The Best Day et de l’album à venir, rien de désagréable mais que du Sonic Youth-like qui n’a pas la saveur des vieux morceaux (sachant qu’au moins, on connait les vieux morceaux), fait 2-3 blagounettes sympas, imité Lemmy 2 secondes (le clou de la soirée), proposé une impro bruitiste en milieu de set que tes voisins viendraient gueuler si tu faisais ça chez toi mais là, c’est Thurston donc tout le monde mouille sa culotte, tenu un discours politique d’une naïveté confondante, le genre qui te met limite mal à l’aise alors que pourtant tu partages la même couleur, et est parti sans même jouer un vieux morceau (même pas de « Ono Soul », qu’il joue à chaque fois ces derniers temps) après un set paradoxalement trop court mais composé uniquement de morceaux beaucoup trop longs. Voilà, pas de quoi se plaindre parce qu’on n’a pas payé cher, mais à se demander quand même si ça valait le coup. C’est un peu comme voir ton oncle sympa, celui qui t’a fait...

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« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

« Gimme Danger » de Jim Jarmusch : forcément indispensable

J’ai essayé de retourner cette chronique dans tous les sens pour voir comment j’allais la présenter, si bien qu’au bout de 2 semaines, Gimme Danger est sur le point de ne plus être à l’affiche et je ne suis pas plus avancé. Alors rendons hommage au rock viscéral des Stooges et faisons simple. Au fond, vous voulez simplement savoir si ça vaut le coup d’aller voir le film. J’imagine que si vous l’avez déjà vu, vous vous êtes fait votre propre avis et n’avez donc pas besoin du mien. Alors allons à l’essentiel : oui. Allez le voir sans hésiter si vous en avez l’occasion. La réalisation : je n’ai rien à en dire vu la faiblesse de mes compétences techniques en matière de cinéma, mais Jarmusch connait son affaire et ça m’étonnerait donc qu’on ait beaucoup de reproches à lui faire de ce point de vue. Du mien, le découpage est clair, l’histoire se suit sans difficulté et on rentre vite dedans. Les extraits inédits et bandes d’époque sont très maigres et de qualité variable, il n’est pas forcément très juste de s’en servir comme argument promotionnel. Iggy Pop est forcément très mis en avant et ressort avec une aura de sympathie phénoménale. A côté de ça, les déboires relationnels au sein du groupe, même si on aborde beaucoup le sujet de la drogue, semblent être accessoires, discrètement évoqués, si bien que la période Raw Power, notamment le transfert réputé forcé et douloureux de Ron Asheton à la basse, reste évoquée de façon assez superficielle. Qu’apprend-on quand on suit le groupe depuis de nombreuses années, qu’on connait bien leurs disques et leur histoire dans les grandes lignes ? Pas grand chose. Et on n’a même pas le droit d’écouter le morceau titre en entier (spoiler : ils passent bien « Gimme Danger » au générique de fin mais coupent après la partie calme ! Sacrilège !). Et ils écorchent le nom de J Mascis dans les sous-titres ! (Double sacrilège !!). Mais une fois qu’on a dit ça, on doit bien reconnaitre que c’est déjà génial de pouvoir aller voir un film sur les Stooges au cinéma, qu’ils méritaient d’être présentés au grand public pour leur apport indéniable à la musique, ne serait-ce qu’après un coup de brosse à reluire et des petits ratés finalement vite pardonnés. Car le fond de ce film, et finalement celui de la musique des Stooges, c’est simplement le plaisir fort, viscéral, primaire qu’il procure. Alors rien que pour saluer l’existence d’un documentaire sur ce groupe, aussi grand public soit-il, ne ratez pas une occasion de le voir. BCG...

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Tops albums 2016 par Edam Edam, Frustration et Johnny Mafia

Tops albums 2016 par Edam Edam, Frustration et Johnny Mafia

Comme tous les ans, après les tops albums des rédacteurs, on donne la parole à des artistes que nous avons plébiscités cette année. Place aux tops d’Edam Edam (auteur du remarquable ❤), Frustration (auteur de l’excellentissime – comme d’hab – Empires Of Shame) et Johnny Mafia (auteur du très prometteur Michel-Michel Michel). Le tout justifié par des petits commentaires, puisque nos trois protagonistes se sont prêtés au jeu jusqu’au bout, un grand merci à eux !     Le top de Shyle Zalewski, l’homme caché derrière le nom Edam Edam           Kim Jong 4 – Welcome To Pyongyang (Birthplace of the Great Leader Of Rock’n Roll) EP (notre chronique) On commence avec les potes de KJ4 et leur « garage punk glitter ». Avec ce premier EP qui a mis environ 32 ans à débarquer dans les bacs (le décalage de corée, dirons-nous), le quatuor livre un EP sans fioritures, punk, aux sonorités 1977 qui sent le cuir et la bière tiède. Tout sent bon la bande de potes qui s’éclatent sur des riffs dansants. Mais pas comme un vieux « Let’s Dance » de Bowie, non, dansant comme purent l’être les Ramones. A noter que pour les avoir vus en live, ça vaut le détour !   Welcome to Pyongyang (Birthplace of the Great Leader of Rock'n'Roll) by Kim Jong 4           Tacocat – Lost Time (notre chronique) Tacocat est ce genre de groupe power pop qu’on retrouve sans altération depuis les 90’s. Guitares électriques bordéliques, rythmiques binaires et chant de fille(s) cute, on a tous les ans depuis maintenant deux décennies des flopées de ces albums bubble-gum qui pleuvent sur le marché. On pourrait s’en lasser ou être écœuré.e à force, mais personnellement, tel l’addiction en sucre, j’en redemande tous les ans, m’amusant à déceler quel bonbon sera dégueulasse, lequel sera un plagiat pur, lequel encore saura gracieusement ravir mon côté sugar-junkie. Communication rose bonbon, nom de groupe rigolo et clips vidéos en carton papier mâché, c’est donc Tacocat qui remporte la palme cette année avec Lost Time. Rien d’innovant en soi, mais si vous êtes un tant soit peu friand de friandises, préparez vos papilles.             SWMRS – Drive North SWMRS, malgré un nom de groupe digne d’un forum 12-25 ans fans de snapchat, représente peut-être l’album le plus intéressant de 2016 à mon sens. Pas tant musicalement, car même si la fraîcheur et l’énergie sont au rendez-vous, on n’est pas sur du prix Nobel de l’innovation. Non, là où c’est intéressant, c’est qu’ils emboîtent le pas de peut-être un nouveau courant, déjà amorcé par les sales gosses de FIDLAR. Une culture pop revendiquée allant des Ramones à Miley...

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Tops albums 2016

Tops albums 2016

Et voilà, c’est l’heure d’honorer la tradition. Les bons vieux tops albums dont tout le monde se fout mais que tout le monde lit quand même. Comme d’habitude ces « choix » n’engagent que leurs auteurs donc inutile de hurler au scandale. Il n’y a rien de plus subjectif. Après les tops par rédacteurs, vous trouverez celui de la rédaction (fruit d’un calcul savant) et deux-trois conneries. A la vôtre et que 2017 soit aussi riche en bons albums (et moins en décès d’artistes majeurs, s’il vous plait…) !   Le top de JL         25/ Aesop Rock – The Impossible Kid Certainement pas le meilleur album d’Aesop Rock, mais bien au dessus des rappeurs ricains à la mode qu’on nous vend comme des génies… LA CHRONIQUE             24/ Kim Jong 4 – Welcome To Pyongyang (Birthplace of The Great Leader Of Rock’n Roll) EP Chez ExitMusik, on est les rois du copinage. Alors quand deux membres de l’équipe sortent un imparable EP punk, on le met bien en avant. Il ne leur reste plus qu’à percer en dehors de la Corée Du Nord. LA CHRONIQUE   Welcome to Pyongyang (Birthplace of the Great Leader of Rock'n'Roll) by Kim Jong 4           23/ Johnny Mafia – Michel-Michel Michel Non seulement ils ont le meilleur titre d’album de l’année mais en plus ils l’ont gorgé de tubes pas prises de tête et bien rentre dans le chou. A vous réconcilier du revival garage ! LA CHRONIQUE             22/ Burnside – Blue Ruins EP Grunge is dead, mais il frétille encore. Dans les 90s Burnside aurait signé direct chez Sub Pop, aujourd’hui tout le monde s’en fout. C’est bien dommage. LA CHRONIQUE   BLUE RUINS EP by BURNSIDE           21/ Car Seat Headrest – Teens Of Denial On a sans doute fait un peu trop de bruit au sujet de ce Will Toledo. Mais il faut reconnaître qu’il sait écrire des chansons. La prochaine fois t’en fais des plus courtes, garçon, et on sera comblé. LA CHRONIQUE             20/ Dinosaur Jr – Give A Glimpse Of What Yer Not Un album moyen de Dino reste un album largement au-dessus de la moyenne. Mais quand même pas au-dessus de tout, faut pas déconner BCG. LA CHRONIQUE             19/ Nothing – Tired Of Tomorrow Entre rêverie shoegaze et violence grunge. La déprime est parfois si belle. LA CHRONIQUE             18/ Explosions In The Sky – The Wilderness  Album assez déroutant, ce qui est déjà une prouesse quand on parle...

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