J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

“Tu vas voir quoi, ce soir?” “J Mascis.” “Tu ne l’as pas déjà vu 15 fois ?” Pas loin, c’est vrai, si on compte les fois où je l’ai vu avec Dinosaur Jr. Et j’ai dû chroniquer une part conséquente de sa discographie (dont au moins 2 périodes de la vie du groupe). Du coup, on pourrait se poser la question de l’intérêt pour moi de parler d’un énième concert de cet artiste. Si vous avez lu une ou deux des chroniques en question, vous savez que j’adore la musique de Mascis et que chaque fois qu’il sort quelque chose, je fais à peu près la même chronique. Tiens, dans celle d’Elastic Days, je m’interrogeais déjà sur ma légitimité à chroniquer le disque. Alors bon, comment vous convaincre que ce concert de J Mascis était vraiment un excellent concert et que vous y auriez passé un super moment? Déjà, le public semblait conquis, je ne suis donc pas seul enfermé dans mon obsession. Ensuite, le son était cool, même si la fuzz pouvait parfois faire mal aux oreilles, et le prestations bonnes. De plus, J était en forme, se permettant 3 ou 4 mots de plus que “Thank You” entre les morceaux. Enfin, bien que la setlist soit identique sur toutes les dates de la tournée, elle était équilibrée entre tubes (“Little Fury Things”, “Get Me”, The Wagon”…), titres plus pointus habituels de ses concerts solo (“Not You Again”, “Alone”, “Ammaring”…), morceaux de ses derniers albums qui s’incluent très bien avec le reste (“See You At The Movies”, “Everything She Said”…) et un “Blowing It” qui fait plaisir, avec en final deux reprises bien senties (“Just Like Heaven” et “Fade Into You”). Bref, de quoi sortir heureux. Quoi qu’il en soit, on en revient toujours au même point. Soit vous avez du mal avec le personnage, vous n’aimez pas quand les show acoustiques dévient vers du bordel noisy, vous êtes allergique au solos de guitare ou vous avez perdu toute appréciation mélodique suite à un traumatisme quelconque, soit vous auriez passé un putain de bon concert. La musique de J Mascis est suffisamment honnête et sincère pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre, d’autant plus qu’il sait doser entre les morceaux que tout le monde veut entendre et ceux que personne ne connait, et vous savez donc exactement à quoi vous attendre si vous aller le voir. Moi, j’y serai la prochaine fois, Inch’allah. Blackcondorguy Setlist : Thumb (Dino Jr) – Everything She Said – Blowins It (Dino Jr) – Repulsion (Dino Jr) – Little Fury Things (Dino Jr) – Ammaring (J Mascis+The Fog) – Elastic Days – Every Morning – Get Me (Dino Jr) – Drifter/Heal...

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Bleach de Nirvana a 30 ans. Chronique

Bleach de Nirvana a 30 ans. Chronique

(Sub Pop, 15 juin 1989) Imaginez la joie quand vous parvenez enfin à sortir un premier album. Vous êtes passés par tous les états : espoir, démotivation, excitation, coup dur, accomplissement… Vous avez claqué du fric, des batteurs, raturé les textes, modifié une ligne de basse, apposé les dernières retouches mais au bout d’un moment : on n’y touche plus, il est bouclé, dans la boite, prêt à affronter le monde impitoyable des critiques et du public. Quand vous vous appelez Nirvana, que vous faites du rock sale et nerveux sans grande prétention, vous pouvez toujours vous dire que, même imparfait, l’album passera relativement inaperçu, c’est un premier essai, un moyen de mettre le pied à l’étrier. Certains aimeront, d’autres moins, mais personne ne se fera chier à décortiquer cet album 30 ans plus tard. Oh, bien sûr, le disque sort chez Sub Pop, vous passez après Mudhoney, donc il y a quand même un minimum d’attente. Il est temps d’essayer de se faire un nom. Impossible de faire mieux que Superfuzz Bigmuff bien sûr mais faire partie des figures du label serait déjà une belle récompense. Et puis, il a des atouts cet album, indéniablement. Vous y avez mis vos tripes, vous l’avez garni en riffs puissants, vous y avez apposé de belles mélodies. Le public se dira peut-être que vous vous prenez un peu trop pour les Beatles avec vos beaux refrains, alors que vous n’êtes qu’un mec énervé de plus qui sait à peine jouer. So what, est-ce qu’on l’emmerderait pas un peu le public ? Est-ce que jouer fort et énergiquement interdit de faire de belles chansons ? Certainement pas. Sera-t-il capable de faire la fine bouche face à « School » ou « About A Girl » ? Qu’il essaye (on l’entend d’ici crier « you’re in high school agaaaaiiiin »). Est-ce qu’il ne fermera pas bien sa gueule face à la rage et au riff qui tue de « Negative Creep » ? Probablement. Trois minutes, pas le temps de s’ennuyer et franchement il y a tout ce qu’il faut. Des cris viscéraux, une grosse énergie, un refrain qu’on retient, un riff qui cogne. Il aime le rock le public ? Il aimera ça. Ou il sera définitivement bon à rien. Il y a des trucs auxquels il aura peut-être plus de mal à adhérer, comme « Sifting » avec son riff qui longe les murs en arrachant la peinture. « Blew » et « Paper Cuts » ne font pas de cadeau non plus. Mais est-on là pour faire des cadeaux ? Pas que je sache. On est là pour faire chialer les amplis, pour péter des cordes, pour maltraiter des fûts,...

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Interview – Troy Von Balthazar

Interview – Troy Von Balthazar

© Flavie Durou Rencontrer Troy Von Balthazar (aka TvB sous son nom de scène), c’est un peu comme plonger dans l’intimité désarmante d’un artiste discret et brillant, jamais avare de réponses profondes et d’une intimidante franchise. Le roi de la douce mélancolie revient cette année avec un cinquième album en solo It Ends Like Crazy. Rencontre avec l’intéressé lors de son dernier passage en live à Paris, en avril dernier à La Maroquinerie. Parlons un peu du nouvel album It Ends Like Crazy (Vicious Circle). Quel est le désir, l’envie derrière cette nouvelle livraison ? Je vivais à Berlin et j’arrivais à saturation d’être entouré d’autant de gens. J’ai donc déménagé à la campagne dans le Limousin, la Creuse… Je vis ici maintenant, au milieu de nulle part, entouré d’arbres et d’oiseaux, avec rien autour, pas d’habitations. J’y ai passé du temps à m’imprégner de l’endroit et à concevoir ce nouvel album. Je peux jouer de la batterie la nuit, sans problème de nuisance sonore, parce qu’il n’y a vraiment personne ! En hiver, c’était un peu dur, en totale isolation, cerné par la neige… L’album est venu de ces moments, marchant seul pour réfléchir sur moi. Dans ces moments-là, on découvre beaucoup de choses profondément enfouies, par exemple si on est peureux ou si on fait preuve de courage, si on est une bonne ou mauvaise personne… Au début, je n’étais pas sûr d’aller vraiment bien, mais maintenant, après quelque temps là-bas, j’ai pris le temps de faire le point et de réfléchir sur moi. Après autant d’isolement, tous vos souvenirs d’enfance vous reviennent, vous avez le temps pour cela. Ce fut bon pour moi. Il semble y avoir moins de phrasés de guitares dans cet album, mais plus une volonté de se servir des machines, es-tu d’accord ? Je ne sais pas vraiment. Je n’écoute pas l’album une fois fini et enregistré, mais je me souviens avoir passé beaucoup de temps à jouer uniquement avec des claviers et des pédales d’effets. J’aime le rapport direct à l’objet. L’autre jour, je dormais et en me réveillant, la première chose qui apparaît dans mon champ de vision était une de ces pédales d’effet. L’objet en lui-même, sa couleur, son apparence, cela m’attirait malgré moi, j’avais envie d’y jouer dessus tout de suite (rires). Il y a quelque chose de l’ordre du rapport physique à l’objet. Exactement, le plaisir de sans cesse tourner et appuyer sur les boutons, changer les vitesses, triturer les effets. La plupart des morceaux de cet album ont été faits comme cela, en improvisant quelque chose dont je ne connaissais pas le résultat à l’avance. Je le joue pendant un moment jusqu’à ce que je me...

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The Real Thing de Faith No More a 30 ans. Chronique !

The Real Thing de Faith No More a 30 ans. Chronique !

C’est bien connu (et ça fera plaisir à nos amis musiciens), le bassiste ou – pire encore – le batteur n’est souvent que la douzième roue du carrosse au sein d’un groupe. Personne ne connait leur nom, personne ne retient leur visage, ils peuvent changer cinq fois au cours d’une discographie : on n’y voit que du feu. Chez Faith No More, groupe qui ne fait rien comme personne, ce sont eux les piliers, Billy Gould (4 cordes) et Mike Bordin (fûts et baguettes), alors que les chanteurs et guitaristes ont tellement défilé que personne n’est capable de tenir les comptes (tout le monde se contentant de citer Courtney Love, parce que c’est vrai que c’est rigolo). C’est en la personne de Chuck Mosley que le groupe pensait avoir trouvé la stabilité. Mais le dreadlocké n’était pas tout à fait l’incarnation du bon père de famille posé et mature… Et après deux albums (We Care A Lot, Introduce Yourself), 427 embrouilles et 612 gueules de bois, Gould s’est senti obligé de lui indiquer le chemin de la sortie. Certains groupes ne se seraient jamais remis de la perte d’un chanteur aussi déluré et charismatique, Faith No More a choisi de le remplacer par un autre, bien plus timbré encore. Mais timbré différemment ; un esprit créatif sans limites, une folie maitrisée. Des conneries à la pelle, mais pas d’excès. Et un véritable bourreau de travail. Deux semaines après avoir rejoint le groupe, Patton a torché tous les textes de The Real Thing. Jim Martin (le gratteux alors titulaire… pour peu de temps) connait l’énergumène, il a écouté des démos de Mr Bungle, groupe le plus barge de Patton, il ne pourra pas dire qu’il ne savait pas. Non, il est même allé le chercher pour ça. Sous l’impulsion de Patton, Faith No More qui est déjà un bon groupe, s’apprête à basculer dans le profondément génial. Le vrai truc semble débarquer de nulle part (“From Out Of Nowhere”). Des synthés hystériques, une session rythmique qui tabasse en groovant, une guitare qui cisaille tout ce qui bouge. Patton, emporté par la tornade, y ajoute un chant habité qui transcende le tout. Celui qui ne bouge pas là-dessus est probablement mort. Le refrain est connu par cœur au bout de trois écoutes et au bout de 100, il fait partie de votre famille. Le son est au max, les voisins ont tous déménagé, votre femme vous a quitté… mais vous êtes heureux. Car vous avez toujours ce disque. Un disque qui ne faiblit pas, et qui semble même monter crescendo, à l’écoute de “Epic” (un des plus gros tubes du groupe, bien plus gros encore que « We Care A Lot...

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Interview – Sebadoh

Interview – Sebadoh

Avoir Lou Barlow au téléphone pour une discussion d’une demi-heure, pour le fan que je suis de l’ensemble de ses projets musicaux, ça avait de quoi mettre le trac. Surtout qu’à l’heure prévue, seul son répondeur décroche. Je me retrouve donc à laisser un message, opération toujours pénible, dans une langue qui n’est pas la mienne à un de mes artistes préférés ! Quand il me rappelle, échaudé par mon expérience avec Donita Sparks, je commence par une notice explicative « J’adore ce que vous faites, donc je serais peut-être un peu intimidé, et j’enregistre la conversation, mais je serais peut-être amené à reformuler vos réponses pour m’assurer de les traduire correctement. » Il acquiesce. Heureusement, après cette entrée en matière laborieuse, grâce à la simplicité et l’honnêteté du bonhomme, le reste de l’entretien se déroule de façon parfaitement fluide, presque détendue, pour aborder aussi bien le dernier disque de Sebadoh et les habitudes d’écriture de Lou Barlow que son fils, les Ramones ou Ariel Pink ! Pre-scriptum : ayant déjà lu la réponse de Lou Barlow sur leur changement récent de label dans d’autres interviews, j’ai préféré garder du temps pour d’autres questions. L’explication est donnée dans notre critique de Act Surprised. “C’est un vrai challenge d’être un groupe démocratique (rires). C’est un énorme challenge de tenir au fil du temps.” © Justin Pizzoferrato Vous venez de sortir le dernier album de Sebadoh… Enfin, jusqu’au prochain… (Rires). Je me demandais si c’était le 8e ou le 9e ? En fait, Weed Forestin compte-t-il ? Je pense qu’il compte comme un de nos albums. Quand il est sorti, c’était sous le nom de Sentridoh, mais quand notre maison de disque a sorti le vinyle, ça s’appelait Sebadoh. Donc, Act Suprised est le 9e album. J’en ai compté 10, hier, mais je ne sais pas. En fait je crois que ça fait 10 aux États-Unis, et sûrement 9 en Europe. Il y en a un aux États-Unis qui s’appelle Smash Your Head On The Punk Rock, qui a dû sortir comme EP ou quelque chose de ce genre en Europe. Vous avez dit que c’était votre album le plus collaboratif puisque vous aviez tous travaillé ensemble sur toutes les chansons. Pensez-vous que cela ait un impact sur le disque ? Oui, je pense. L’album est plus homogène, le groupe semble plus soudé d’une chanson à l’autre et c’est sûrement notre album le plus cohérent en termes de texture depuis longtemps, voire depuis toujours (rires). Est-ce que cela a changé votre manière de travailler avec Sebadoh ? Allez-vous garder cette manière de faire ? Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que nous allons faire après. Nous devons partir en tournée. Après avoir...

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PLAYLIST – Built To Spill en 20 morceaux

PLAYLIST – Built To Spill en 20 morceaux

Il suffit de réécouter Keep It Like A Secret, qui fête ses 20 ans cette année, pour se rendre compte de toute la qualité de composition de Built To Spill, de leur sens mélodique et se remémorer qu’on a quand même eu une flopée d’excellents disques de rock indé pendant les années 90. Mais ce serait néanmoins dommage de s’arrêter à ce disque, malgré la présence de merveilles comme “Broken Chairs”, “Carry The Zero” ou “You Were Right”, car le précédent Perfect From Now On, se défend tout aussi bien. Et tout le long de leur discographie, d’ailleurs, des perles sont disséminées de manière plus ou moins compactes. Du coup, on s’est dit que quitte à rendre hommage à leur très bon disque qui vient juste d’atteindre la vingtaine, autant vous proposer une vingtaine de titres qui sont, à notre sens, tous excellents. Petite séance de rappel pour les heureux détenteurs d’un billet pour leur concert de samedi dernier à La Maroquinerie ou de rattrapage pour ceux qui n’avaient pas cette chance. (Vous connaissez SoundsGood ? Non ? On vous explique*) *Vous pouvez choisir le lecteur de votre choix pour écouter les morceaux, donc si vous n’êtes inscrit sur aucun d’entre eux, préférez Youtube ou Sound Cloud. Certains morceaux (ceux de Perfect From Now On et Keep It Like A Secret) ne sont présents que sur Youtube donc si vous optez pour un autre lecteur, il zappera directement au suivant (ce qui serait ballot, vu la qualité des...

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Interview – Shea Roberts (The Richmond Sluts)

Interview – Shea Roberts (The Richmond Sluts)

On dit que les interviews organisées en dernière minute et non préparées sont les meilleures, voyons ce qu’il en est en cette soirée du 7 février 2019 où j’ai la chance de revoir Shea Roberts, chanteur des Richmond Sluts (pour rappel, même Rock & Folk classe le premier album des Sluts parmi les 500 meilleurs de tous les temps). Nous sommes chez lui, dans le centre de San Francisco, dans le quartier de “Tendernob” (contraction intentée par Shea entre Tenderloin et Nob Hill). Il estime que ce quartier résistera à la gentrification car il y a trop de SDF et de tox autour des centres sociaux du coin. Il vit ici depuis plus de 10 ans. Son chez-lui lui ressemble. Avant l’interview, on écoute des oldies du Pérou, des soundtracks de films soft porn des 70’s, du psychédélique de Turquie… Et on s’y met ! Shea a eu une année assez dense avec une participation croissante dans le groupe Natural Pear de son ami de toujours, Jérémie. Ensuite son album solo dont nous allons reparler en détail. Enfin, plusieurs nouveaux morceaux pour un futur album des Sluts prévu cette année. Pour ce dernier, Chris Beltran et lui ont recommencé à composer ensemble. Idem avec Jessie Nichols et Justin. Le groupe fera quelques shows au printemps afin de tester les morceaux et l’enregistrement se fera dans le nouveau studio de Jessie à Oakland. Comme toujours, me dit Shea, les premières prises sont les meilleures, quand personne du groupe ne connait les morceaux. Shea a écrit l’essentiel du dernier LP des Sluts mais il souhaite revenir à beaucoup plus de contributions de chacun, dans l’esprit Richmond Sluts. Le prochain sera un retour aux sources “garage”, sans aucun doute.  On parle ensuite de son nouvel album solo, disponible sur Bandcamp et dont le pitch mentionne un style Americana. J’avoue que, comme beaucoup d’européens sans doute, je ne vois pas bien ce qu’est l’Americana. Non, ce n’est pas exactement de la country, genre tout à fait respectable s’il date d’avant 1978, me glisse Shea avec cette étrange précision. Non, au départ, c’est la musique des pionniers, les hymnes entonnées par les marins ou les aventuriers au coin du feu. Shea a toujours composé des tracks dans le genre, mais jamais avec l’intention de sortir quoi que ce soit. En fait, son ami Chris Beltran a forcé le destin en annonçant largement cette sortie qui n’en était pas une au départ. Les paroles parlent de son histoire ou racontent des histoires du coin, comme cette prostituée qui raconte à Shea qu’un type venait la payer régulièrement, sans que rien ne se passe, simplement pour la soustraire à la vie de trottoir pour quelques heures....

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Top albums et playlist 2018

Top albums et playlist 2018

Vous n’en pouviez plus d’attendre. Les voici, les 20 albums qui ont recueillis le plus de suffrages auprès de la rédaction cette année. A suivre, les tops détaillés des rédacteurs. Plus bas, 50 morceaux pour boucler 2018 en beauté. 20/ Volage – Sittin’ Sideways (chronique) 19/ Daniel Blumberg – Minus 18/ Atmosphere – Mi Vida Local (chronique) 17/ Cat Power – Wanderer (chronique) 16/ J.C. Satàn – Centaur Desire (chronique) 15/ Spiritualized – And Nothing Hurt 14/ Cypress Hill – Elephants On Acid (chronique) 13/ Hot Snakes – Jericho Sirens (chronique) 12/ Nothing – Dance On The Blacktop 11/ Dr Octagon – Moosebumps: An Exploration Into Modern Day Horripilation (chronique) 10/ Shame – Songs Of Praise (chronique) 9/ Failure – In The Future Your Body Will Be The Furthest Thing From Your Mind (chronique) 8/ Goat Girl – Goat Girl (chronique) 7/ No Age – Snares Like A Haircut (chronique) 6/ It It Anita – Laurent (chronique) 5/ Alice In Chains – Rainier Fog (chronique) 4/ Thalia Zedek Band – Fighting Season (chronique) 3/ Mudhoney – Digital Garbage (chronique) 2/ J Mascis – Elastic Days (chronique) 1/ The Breeders – All Nerve (chronique) Et hop une playlist de 50 morceaux pour résumer cette belle année musicale...

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Nirvana – In Utero

Nirvana – In Utero

Vu que vous allez trouver des dizaines voire des centaines de sites pour vous raconter l’histoire de ce disque, la vie de Cobain et de Nirvana, je vais jouer à fond le mauvais critique, celui qui ne parle que de lui-même. Du coup, si vous cherchez un article historique ou que vous avez un avis très arrêté sur ce que doit être la critique musicale, vous pouvez d’emblée passer votre chemin. Au commencement, ce disque n’était rien qu’une image. Une femme avec des ailes d’ange sur un fond orangé. Une femme tellement nue qu’on voit l’intérieur de son  corps. Et un nom qui sonne familier et mystique, Nirvana. À l’époque où j’ai vu cette image, je devais déjà avoir entendu parler du groupe sans jamais l’avoir écouté, je savais que c’était de la musique mais pas du rock, pas du grunge, ces mots n’avaient que peu de sens pour moi, même pas qu’elle était faite par des hommes, je m’étais même imaginé que c’était une femme qui devait chanter ça, allez savoir pourquoi. Je n’avais donc aucune idée de qui était Kurt Cobain et j’ignorais complètement que dans à peine 6 mois, il serait l’objet de la plus grosse tragédie musicale des années 90. En revanche, je me souviens parfaitement du jour où j’ai écouté ce disque, en même temps que son ainé Nevermind. La grosse claque dans la gueule pour un gamin élevé dans une maison où la plupart des disques avaient sur leur pochette un quelconque hippie barbu orné d’une guitare classique et d’un pull dégueulasse. Le truc le plus rock que j’avais dû entendre jusque-là, c’était Jean Jacques Goldman. Imaginez le choc ! Mon premier émoi, sans surprise, c’était “Rape Me”. Le tube accrocheur par excellence, et rebelle en plus. On était tous des brêles en anglais, à l’époque, mais on savait étonnamment exactement ce que le titre voulait dire. Ce morceau, évinçant ainsi la bombe “Smells Like Teen Spirit” qui pour ma part fut à retardement, devenait mon premier coup de foudre avec Nirvana. Le deuxième viendra très vite, “Heart-Shaped Box” qui reste encore aujourd’hui un de mes tubes préférés du groupe. Ensuite, mon histoire avec In Utero fut jalonnée de va et vient, jamais vraiment disparu mais parfois en retrait avant d’y revenir inexorablement. Au collège, alors que je découvrais Oasis et tombais dans le piège de la britpop pour quelques années, chaque réécoute de Nirvana faisait vaciller mes sens d’une façon différente. In Utero,  souvent. Après le lycée, alors que j’errai sans gloire dans des sphères métalliques, il fallut l’influence bienvenue de ma petite amie d’alors pour me remettre dans le droit chemin. In Utero, toujours In Utero. Aujourd’hui que le gros de...

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PLAYLIST – Mudhoney en 20 morceaux

PLAYLIST – Mudhoney en 20 morceaux

  “Mudhoney fait partie de ces groupes qui n’y vont pas par quatre chemins. Il suffit de quelques morceaux pour savoir exactement la musique qu’ils aiment et celle qu’ils veulent faire. Pour l’auditeur, c’est pareil, quelques écoutes suffisent pour savoir si on accroche ou non, et même s’ils ont des disques meilleurs que d’autres, je pense que vous ne perdez pas grand chose à les éviter si vous n’aimez pas ce que vous entendez. A contrario, si vous aimez, vous pouvez vous plonger sans crainte dans l’ensemble de leur discographie.” Voilà ce qui se dit, entre autre, dans notre chronique de Digital Garbage, leur nouvel album. Du coup, je vous ai fait une petite liste de vingt morceaux qui contient les classiques de rigueur, un tour d’horizon de leurs 9 albums précédents et quelques-unes de mes chansons préférées. Si vous aimez ce que vous entendez, vous savez ce qu’il vous reste à faire ! Mudhoney devrait jouer pas mal de ces morceaux le 27 novembre prochain en concert au Trabendo (Paris) !   LIRE L’INTERVIEW DE MUDHONEY LIRE LA CHRONIQUE DE VANISHING POINT LIRE LA CHRONIQUE DE TOMORROW HIT...

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