Nos Primavera Sound (Porto), du 09 au 11/06/16

Nos Primavera Sound (Porto), du 09 au 11/06/16

J’ai rarement vu de ma vie d’auditeur actif une programmation de festival aussi alléchante que celle du Primavera de cette année. Jugez sur pièce : PJ Harvey, Brian Wilson (performing Pet Sounds), Drive Like Jehu, Deerhunter, Shellac, Car Seat Headrest, Unsane et surtout Dinosaur Jr et Mudhoney. Certes, les vrais auditeurs soucieux de leur indie credibility diront toujours que cette programmation ne vaut pas celle de la Ferme Electrique, mais vu que ces deux derniers artistes sont deux de mes groupes préférés, difficile de ne pas être séduit. Quand JL m’a proposé de l’accompagner à l’édition de Porto, amputée de la moitié de ses têtes d’affiche et surtout de la moitié de son prix (hormis Radiohead, même si je n’aime pas trop leur musique depuis leur virage électro, et les Black Lips, rien qui ne manque vraiment de toute façon) en m’hébergeant gracieusement dans la résidence secondaire qu’il se paye sur le dos de ses chroniqueurs bénévoles grâce aux bénéfices d’Exitmusik.fr, je me suis dit que l’occasion était trop belle pour passer à côté. C’est dans un cadre parfait, le Parque Da Cidade étant un superbe parc juste en face de la mer, malgré un manque d’indication assez déroutant puisque, arrivés par la mauvaise entrée, nous avons dû faire le tour complet de l’immense terrain pour enfin trouver le moindre signe de la présence du festival, que l’édition portugaise du Primavera se déroule. Heureusement, une fois à l’intérieur, toutes les craintes que nous pouvions avoir sur l’organisation se sont envolées : on échange son billet contre un bracelet et une carte à code barre nécessaire pour entrer et sortir, l’ensemble des stands de nourriture et de merch sont répartis à l’entrée, les scènes sont bien disposées et raisonnablement éloignées les unes des autres, les stands de boisson et les toilettes sont partout : on ne mourra ni de soif, ni de rétention urinaire. Les prix sont assez bas comparés à un festival français, le repas oscillant entre 4 et 8 euros avec un grand choix de stands et surtout une qualité de produits remarquables pour un festival (des restaurateurs locaux ayant été sollicités) et pour ce qui intéresse la majorité d’entre vous, j’en suis certain, la pinte est à 3,50€. Pour notre porte-feuille français, c’est le paradis, mais quand on considère que le salaire moyen au Portugal est de 450€, on comprend que l’idée de bon marché est fort discutable et que non seulement le Primavera n’échappe pas à la règle du « tu es en festival, tu raques« , mais qu’en plus il est démesurément cher pour un public portugais moyen. Proportionnellement au salaire moyen français, c’est comme si le pass 3 jours coûtait 300€ ! Mais comme ces considérations...

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This Is Not A Love Song (Nîmes), du 03 au 05/06/16

This Is Not A Love Song (Nîmes), du 03 au 05/06/16

Il fallait la mériter cette édition 2016 du This Is Not A Love Song. Compte tenu des grèves de la SNCF, la descente en TGV en terres nimoises était rendue pour le moins mouvementée et incertaine. Mais la qualité de la programmation n’a pas eu raison de notre motivation et c’est donc dans le train de 6h gare de lyon que nous parvenons à monter, entassés comme il se doit dans le wagon bar mais heureux d’avoir accomplie la mission la plus difficile du week-end. La seconde partie se résumant à délirer entre potes, boire des canons et assister à d’excellents concerts. Rien d’insurmontable donc.     Vendredi 3 juin Mon festival commence avec Dilly Dally (après avoir pu discuter avec le groupe, interview à lire en ces pages prochainement), groupe de jeunes sauvageons et sauvageonnes canadiens alliant rugosité et fort potentiel mélodique. L’énergie est bien là mais le son des guitares est bien faiblard et les mélodies en prennent un coup. Un bon moment donc, mais en deçà des espérances. Ty Segall et ses Muggers ont déjà débuté leur set lorsque je les rejoins sur la grande scène. Malgré une sacrée dream team (King Tuff, Mikal Cronin..), ce concert de Ty manque sérieusement de piquant comparée aux fessées administrées lors de ses précédentes prestations. Voilà qui ne va pas nous réconcilier avec son dernier album, d’autant que les « vieux » classiques « Thank God For The Sinners » ou « Feel » nous rappellent qu’il n’y a pas si longtemps c’était le feu ce genre de concert. Ty a délaissé sa gratte pour s’adonner à des bidouillages électroniques et s’égosille tellement que ses cordes vocales ne suivent plus en fin de show, King Tuff l’épaulera sur les aigus de « Feel » et moi je file voir un bout de Car Seat Headrest dans le club Paloma. Le club est bondé, la nouvelle coqueluche indie au look de premier de la classe achève son set par « Connect The Dots » ponctué d’un tribute de « Gloria » (de Patti Smith ou Them, selon vos préférences). Audacieux le bougre ! Il me fait même regretter d’avoir opté pour la solution de facilité en lui préférant Ty Segall… Un pote m’informe que le concert de The Mystery Lights vaut son pesant de pédales fuzz, j’y accoure donc (me félicitant au passage de la distance très réduite entre les différentes scènes). Un peu juste pour juger, je constate tout de même que ces jeunes chevelus ont pour eux une belle énergie et de chouettes compos. Impression à vérifier avec la sortie prochaine de leur premier album. Nous approchons des 21h30 et il est temps de se prendre sa première grosse claque du festival. Comme à tout concert de post-rock, il...

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Villette Sonique (Paris), 27/05/16

Villette Sonique (Paris), 27/05/16

Vendredi dernier, nous étions présents pour le coup d’envoi de Villette Sonique avec une superbe affiche dans la Grande Halle de La Villette : Sauna Youth ouvrait le bal, suivi de White Fence, Frustration et enfin Sleaford Mods. Une affiche assez éclectique qui prenait le risque de ne pas contenter totalement amateurs de rock psyché réfractaires au post punk, et inversement. On aurait bien vu un échange White Fence/Protomartyr pour que ces derniers se retrouvent dans une affiche à dominance post punk et permettent ainsi à White Fence d’évoluer le même soir que leur pote et voisin Ty Segall… Mais on imagine que les programmateurs de Villette Sonique (un peu plus expérimentés que nous en la matière) se sont posés les mêmes questions avant de se heurter à des problèmes de calendrier… Bref, nous on s’en fout, on aime tout. On se retrouve vers 20h30 peu de temps avant l’arrivée de White Fence, et après avoir bien loupé Sauna Youth (ne comptez pas sur nous pour changer nos mauvaises habitudes…). Tim Presley et sa bande investissent une grande halle quelque peu clairsemée, sous de timides acclamations. Le père Tim revêt un pull rouge majestueux, sans doute tricoté par sa grand-mère qu’il ne quittera pas de la soirée. Il faut dire qu’il ne frôle pas le coup de chaud tant la prestation livrée par son groupe demeure assez pépère et pas spécialement inoubliable. On les a connu plus généreux. Ça s’emballe gentiment sur quelques fins de morceaux où les racines garage du groupe s’expriment un peu plus, le public semble apprécier mais demeure relativement sage. Il faut dire que la setlist fait la part belle à des morceaux… que personne ne connaît (issu du prochain album ?). Ajoutez à cela certains titres assez décousus (sans réel refrain ou structure bien établie), et vous comprendrez qu’il n’est pas évident de rentrer dans ce concert. Charles Moothart, toujours dans les bons coups (gratteux en chef de Fuzz, accompagnateur fidèle de Ty Segall et Mikal Cronin) est ici derrière les fûts et viendra juste choper la gratte du frère de Tim Presley le temps d’une ballade country toute « Cash-ienne ». Sur l’un des morceaux, qu’on sera donc bien incapable d’identifier, on retrouve une inhabituelle touche new yorkaise venant supplanter les traditionnels relents californiens qui caractérisent le son de White Fence. Une agréable surprise. Seul représentant de l’excellent For The Recently Found Innocent, « Sandra (When The Earth Dies) » viendra renouer avec la pop psychée et clôturer un set assez court, et pas spécialement dingue. Frustration va se charger d’électriser bien comme il faut cette soirée. Mise en scène travaillée pour une entrée remarquée (sous les « experience, discomfort, frustration ») pour une introduction flirtant avec l’électro industrielle (qui a dit...

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Low @ Divan du monde (Paris), 03/11/15

Low @ Divan du monde (Paris), 03/11/15

Je n’avais pas prévu d’écrire à propos de ce concert. Mais là je ne tiens plus, il faut que j’en parle. Alors me voilà parti pour vous conter une douce et belle nuit automnale. Soirée de gala au divan du monde avec Low, auteur d’un des albums de l’année et qui mène une carrière des plus admirables. C’est le songwriter australien Mike Noga qui a l’honneur d’ouvrir le bal accompagné d’un second guitariste qui prête main forte aux choeurs régulièrement. Visiblement ravis d’être là, ils nous font passer un agréable moment, avec des chansons allant « du triste au suicidaire » (c’est eux qui le disent !) avant une fin de set plus enlevée. Et puis, Low. Quelques secondes de « Gentle » suffisent à planter le décor, à nous happer dans l’univers Lowien. Le divan du monde, cosy mais plein comme un oeuf, leur va comme un gant. Le son est gargantuesque. La basse fait vibrer les murs, les chants emplissent l’espace. Puissance et clarté, frissons à tous les étages. Le concert débute comme le dernier album : « Gentle » et « No Comprende ». Autant dire, parfaitement. La voix de Mimi Parker est d’une pureté incroyable, les compos prennent encore plus sens sur scène, les versions entendues surclassant dans leur grande majorité celles sur disque. Ce n’est pas peu dire, vu les bijoux interprétés ici. Peu bavard, Alan Sparhawk se contente simplement de caresser ses cordes et de nous emporter avec sa voix d’une intensité poignante venant percer l’obscurité. Et quand les deux chants résonnent de concert… on s’accroche aux rambardes ! Oui car on est installé aux balcons, bénéficiant ainsi d’un surplomb idéal pour savourer ces moments d’osmose absolue. Le dernier album est largement représenté et une « Monkey » dévastatrice vient nous rappeler entre temps que quand Low décide de s’énerver, il ne le fait pas pour rien. « Landslide » aussi fait trembler le décor après les nombreux instants de grâce (« Lies », « Holy Ghost », « DJ »). Et de s’achever sur les longs et sublimes choeurs évanescents de Mimi. Quoi de mieux pour partir avant le rappel ? Si le public ne s’était pas montré un poil timoré (ou extatique ?), il aurait sans doute entonné à son tour les « ouhouhouhou » qui vont bien jusqu’au retour du groupe. Certains s’y sont risqués, les autres ont sans doute craint de paraître ridicules en passant après Mimi. Il est vrai qu’il y a de quoi être intimidé. Comme si ce n’était pas suffisant, Low nous offre au rappel l’inattendu « Words », ce chef-d’oeuvre du premier album qu’on n’osait même pas espérer. Qu’est-ce qu’on a bien fait pour mériter tant ? Mike Noga et son acolyte ont eux aussi dû se sentir privilégiés, c’est déjà la classe d’ouvrir pour Low mais venir jouer avec...

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Lou Barlow @ Point Éphémère (Paris), 04/10/15

Lou Barlow @ Point Éphémère (Paris), 04/10/15

  ATTENTION CET ARTICLE CONTIENT DES REFERENCES FOOTBALLISTIQUES DOUTEUSES. ANTI FOOTEUX RASSURE-TOI ÇA PARLE AUSSI MUSIQUE ET LA MORALE TE PLAIRA Ce n’est pas toujours facile d’être fan de foot. Ça prend du temps déjà, ça peut prendre de l’argent aussi. Ça peut en outre causer bien des moqueries de la part : – des gens qui n’aiment pas le foot et qui vous traitent de beauf. – des gens qui supportent d’autres équipes et guettent la moindre humiliation pour vous tailler en pièces le lendemain au bureau (alors que vous n’y êtes pour rien bordel !). – des gens qui n’aiment pas le foot, n’y connaissent rien mais vous vannent quand même en cas de contre-performance (sans doute les plus agaçants). Et, last but not least, être fan de foot, c’est parfois adapter son emploi du temps aux horaires de match (plus ou moins systématiquement selon le degré de folie dont on est atteint)… Donc le fan de foot est assez régulièrement confronté à des dilemmes. Et dimanche soir il y avait dilemme : le clasico ou Lou Barlow. Et bien cette fois, j’ai été fort, j’ai suivi mon petit Lou, au détriment de mon équipe de brêles de foot préférée. Sachant pertinemment qu’avec les premiers j’aurais peu de chances d’avoir une bonne surprise et qu’avec le second je n’en avais quasiment aucune d’en avoir une mauvaise. Et encore je ne me doutais pas qu’en plus de Lou Barlow, je pourrais m’offrir un premier moment très agréable : la découverte de Talune, artiste solo (qui si j’ai bien compris évolue habituellement en quartet) au talent évident, au jeu affirmé, à l’univers intéressant. Des arpèges sophistiquées, couplées à une belle voix grave et puissante. Un garçon a suivre… Puis Lou Barlow est arrivé, bien planqué sous son anarchique tignasse brune. Et il a joué. Et chacun s’est mis à l’écouter religieusement, à dévorer ses paroles, à admirer son jeu simple et limpide, à se marrer à l’écoute de ses (nombreuses) blagues. Car oui, le type est affable, d’humeur joviale et communique avec plaisir avec le public (à se demander parfois comment il peut s’entendre avec J Mascis, souvent surnommé mi-affectueusement mi-véridiquement « l’autiste »). Entre deux morceaux, Lou nous fait rire. Entre deux vannes, il nous raconte sa vie : sa découverte de l’enfer de conduire à Paris, son arrestation en Allemagne par deux flics dont l’un stagiaire répétant mécaniquement et consciencieusement tout ce que lui chuchote son supérieur… Mais nous n’avons pas seulement assisté à un show de l’insoupçonné pitre Barlow, on a surtout apprécié le grand récital d’un brillant musicien, alternant entre son ukulele, son synthétiseur des 70s auquel il tient beaucoup (et peut-être un peu trop présent par moments...

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), 28/08/15

Rock En Seine @ St-Cloud (92), 28/08/15

Cela fait maintenant deux ou trois ans que ça dure. Derrière atours clinquants et noms ronflants, Rock en Seine fait désormais de l’oeil aux amateurs de rock indé le dimanche en leur concoctant une programmation au poil, plus « pointue », avec des artistes qu’on a plus l’habitude de voir au Point Ephémère ou à la Maroquinerie que dans de gros festivals. Une fois de plus on s’est donc laissé tenter. Kadavar sont les premiers à entrer en piste à 14h30 sur la grande scène. Les trois gonzigues rendent à la fois hommage à ZZ Top, avec leur barbe king size, et à Black Sabbath, avec leur son maousse. Le soleil de plomb nous procure tout de même un besoin d’air après avoir subi quantité de riffs d’acier. Kadavar (pas loin d’être) exquis mais un poil répétitif.   C’est au tour des illuminés australiens de Pond de nous filer des picotements dans les guiboles avec leur pop foutraque et alambiquée, souvent sautillante. Il faut quand même un peu de temps pour capter complètement le délire mais une fois qu’on y parvient, on est plutôt bien. Et le long titre final vient clore cette chouette parenthèse dans une humeur enfumée toute floydienne. Fuzz avait pour mission d’enflammer le parterre de la scène de la cascade, là où Cloud Nothings avait globalement échoué l’an passé, la faute à un son particulièrement miteux. De ce point de vue-là, c’est mieux sans être tout fait foudroyant non plus. L’impression d’ensemble est toutefois bien plus convaincante et ce malgré la batterie de Ty qui se fait la malle, les cordes et pédales de Mootheart qui font tout pour lui pourrir la vie… C’est toujours marrant de voir Ty beugler assis derrière sa batterie et c’est toujours sacrément bon d’entendre « Loose Sutures » s’allonger encore et encore, tant le morceau (comme beaucoup d’autres) est propice au jam. Les nouveaux morceaux se défendent très bien aussi et on scrutera comme il se doit le nouveau bestiau quand il daignera s’approcher de nos platines (fin octobre).     Après un petit break bienvenu, Marietta vient prouver à tous, notamment à ceux qui ne le savent pas encore, que son album est bien un des meilleurs de l’année. Ses morceaux, délaissent ici leur côté bricolo intimiste pour gagner en énergie et en fougue. Sa joyeuse et talentueuse troupe propulse le tout dans des versions plus garageuses, voire – osons le mot – punk par moment. « Chewing Your Bones » cartonne aux suffrages et le final tonitruant de « NBA Conspiracy » laisse tout le monde sur le carreau. Parmi les convaincus, un certain Ty Segall qui semble s’être pris au jeu et vient tailler le bout de gras avec Marietta à la fin, un vinyle à la...

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Ty Segall @ The Chapel (San Francisco, USA), 31/07/15

Ty Segall @ The Chapel (San Francisco, USA), 31/07/15

Difficile de bouder un concert de Ty Segall, encore plus quand on est en pélerinage sur ses terres et que, hasard du calendrier, il est de passage pour un petit concert « à la maison ». Il en faut déjà peu pour être heureux lors d’un voyage à San Francisco aka SF aka Frisco aka The city of the bay, et une soirée comme celle-ci tend à donner à l’ensemble une saveur particulière. Ce 31 juillet, Ty se présente donc seul, avec sa guitare sèche, sa voix et quelques pounds en trop. Très décontract’, vêtu d’une chemise à carreaux comme celles qu’on mettait pour faire de la peinture à l’école, il se lance dans une série de morceaux du remarquable Sleeper, qu’il avait pourtant promis de ne plus jouer mais qui pour le coup se prêtent idéalement à l’exercice, puisque dénués de toutes décharges électriques qui parsèment habituellement son répertoire. Ty Segall n’évite pas les fausses notes et imprécisions mais se livre à nu, avec un naturel désarmant. Comme s’il était notre pote à tous et qu’il venait nous en chanter quelques-unes au coin du feu. Il invitera un autre copain à lui, semble-t-il inconnu au bataillon mais fort habile, venant interpréter en duo d’autres morceaux tout aussi inconnus au bataillon mais fort plaisants. Le copain en question se charge de la lead guitar et les deux s’amusent durant cinq à six morceaux à changer de rythme fréquemment et à faire cracher leurs grattes à l’unisson comme si elles ne demandaient qu’à être « pluggées ». La complicité est belle à voir. Et à entendre. Et l’acoustique parfaite de The Chapel rend totalement justice au numéro qui nous est présenté. Puis le copain laisse de nouveau Ty seul, seul devant les habitants du « depraved state of california » comme il les appelle, lesquels ne perdent pas une miette du spectacle, se gaussent devant ses pitreries et en redemandent quand Ty nous quitte une première fois, sans doute à court de setlist (en avait-il seulement préparé une ?), non sans nous avoir bien mis sur le cul avec une « The Faker » tout en tension retenue, nous laissant à l’affût permanent d’un décollage imminent qui ne viendra jamais. Malin le bougre. Et diablement talentueux. Il reviendra pour un peu de rab, et notamment « Wave Goodbye », qui fonctionne bien même sans sa dose de fuzz. Après des morceaux mi-blagues mi-chansons totalement improvisées, et à moitié foireuses parfois, ponctuées par des cris aussi soudains qu’impromptus, le voilà qui nous plante cette fois pour de bon. Venant ainsi mettre fin à une plaisanterie, d’un peu trop courte durée, qui aura néanmoins enchanté tout le monde....

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Blur @ Zénith (Paris), 15/06/15

Blur @ Zénith (Paris), 15/06/15

Le Zénith est plein comme un œuf ce lundi 15 juin, pour le retour des rois de la britpop après 13 années d’absence des scènes françaises. Après une première partie comme les aime Damon Albarn : Jupiter, un groupe congolais qui envoie de l’afrobeat pas désagréable, mais sans génie non plus, on sent une onde d’excitation grandissante dans l’arène. Le dispositif impressionnant de caméras et de techniciens dans les starting-blocks (le set est diffusé en direct sur le arte.tv) y est pour beaucoup. Blur débarque en force, outre les 4 compères historiques, 4 choristes se placent à gauche de la scène (parité respectée), Dave Rowntree est entouré par un batteur supplémentaire (batterie électronique et percussions) et un clavier. Sur certains titres, 3 cuivres viendront ajouter du souffle à l’ensemble. Damon Albarn, bombers et polo, tout sourire, semble excité comme une puce, Graham Coxon et Alex James prennent place en front de scène. Tout le monde a l’air ravi d’être là. Magnifique décor qui reprend le design du dernier album, cornets de glace et idéogrammes lumineux géants, très beaux éclairages. Everything’s ready ! Let’s go ! Bloqués en tribune, au début du concert, dès les premières note de l’excellent titre « Go Out », premier extrait de The Magic Whip, on se glisse immédiatement dans la fosse (insupportable de rester bloquer dans ces putains de tribunes), pour sentir l’ambiance, la caméra plantée à l’extrêmité de la grue se balade au-dessus de nos têtes. Uppercut d’entrée. Très gros son, Damon Albarn bondit partout, Graham Coxon commence son numéro (il changera de gratte à chaque titre) et rappellera pour ceux qui l’ignoraient qu’il est un très grand guitariste. Enchaînement avec l’ntro tonitruante de « There’s No Other Way » tiré du tout premier album, Leisure, qui irradie le Zénith. « Lonesome Street », le premier single tiré du dernier album, claque méchamment et chauffe à blanc le public. Gallagher a raison, c’est bien l’une des meilleures chansons de l’année ! Albarn, très facétieux et provoc, vide des bouteilles d’eau sur les premiers rangs – qui doivent apprécier car l’ambiance est torride – et récupère une paire de lunettes de soleil envoyée par un fan dans la fosse. Il fait le cacou, en montrant ses biceps (pas taillé comme un rugbyman pourtant), harangue le Zénith en cavalant partout d’un bout à l’autre de la scène, mort de rire et visiblement ravi d’être là. Coxon, plus discret, cisaille la six-cordes, tire des riffs et grincements noisy avec délectation, mais également très présent au chant durant tout le concert, en soutien de Damon Albarn, qui n’hésitera pas lui non plus à prêter régulièrement main forte à la gratte. Alex James, d’un calme « Blurien », s’offre régulièrement des poses sur les titres les plus tranquilles, pose son...

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This Is Not A Love Song (Nîmes), du 29 au 31/05/15

This Is Not A Love Song (Nîmes), du 29 au 31/05/15

On croit toujours que les festivals c’est cool mais en réalité les festivals c’est chiant. Pourquoi ? Parce que : 1/ Si on prend le pass une journée c’est toujours celle où il fait un temps pourri. Si on prend le pass 3 jours, y a au moins un jour où il fait un temps pourri. 2/ On prévoit toujours de voir plein de groupes et on arrive en retard et on rate le premier de la liste. 3/ Les bières sont trop chères et sans doute coupées à l’eau, on ne saura jamais. Toujours est-il qu’on n’arrive jamais à être aussi bourré que ces mecs qui hurlent et nous font chier et nous renversent leurs bières dessus. 4/ Y a des mecs tellement bourrés qu’ils nous renversent leurs bières dessus, hurlent et nous font chier. 5/ On a toujours envie de pisser et faut faire 3h de queue pour accéder à des chiottes dégueulasses… et on a envie d’y retourner une demi heure après à cause de ces maudites bières coupées à l’eau. 6/ Il faut faire 12 kms pour aller d’une scène à l’autre, résultat on rate le début du concert qu’on voulait voir à tout prix, on est placé tellement loin de la scène qu’on ne voit rien, on est rincé au bout de quelques heures et on se retrouve comme des loques devant un concert punk où on était censé se déchainer. 7/ Les sets sont trop courts, le son pas terrible.   Et là vous vous dites « ok il est gentil le gars, il nous dit que c’est tout pourri alors pourquoi il y est allé ?« . Et vous marquez un point. D’abord parce que tout ceci n’est pas totalement vrai, c’est agrémenté d’une bonne dose de mauvaise foi nécessaire à toute intro d’article réussi. Ensuite parce que ces désagréments sont valables dans quasiment tous les énormes festivals mais ne s’appliquent pas au This Is Not A Love Song où : 1/ Il fait toujours hyper beau car c’est à Nîmes. La seule préoccupation est de ne pas prendre de coups de soleil. 2/ Ça ne commence jamais hyper tôt donc on peut se la couler douce avec un Ricard devant les arènes avant de débouler comme une fleur et de voir en accès libre le premier d’une série incroyable de concerts immanquables. 3/ Les bières coûtent 3 € et on est aussi vite bourré que le voisin. 4/ Les gens bourrés sont disciplinés. 5/ Y a des bières blanches, blondes et brunes donc il suffit de choisir pour pas avoir trop envie de pisser et même si on a envie, y a jamais la queue pour aller aux toilettes… et en plus c’est des...

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Interview et live report – Mudhoney

Interview et live report – Mudhoney

Il fallait me voir l’œil hagard devant l’Aeronef de Lille samedi 23 mai, à l’heure au rendez-vous mais inquiet devant une porte close et un tour manager sur répondeur. Je n’en menais pas large. Et puis la porte s’est ouverte… Et j’ai pu rencontrer Mark Arm et Steve Turner, le chanteur et le guitariste de Mudhoney. Deux grands messieurs du rock qui évidemment ne se considèrent pas comme tel. A l’opposé de la caricature de la rock star, ils se sont entretenus longuement sans l’once d’une prétention, peu avares en anecdotes et en fous rires à l’heure d’évoquer des souvenirs de leur longue et irréprochable carrière. Interview où il est question d’Iggy Pop, de Bill Clinton, de skinheads et de sandwichs au poulet.     Bon j’ai fait un petit calcul : le groupe existe depuis 27 ans, vous avez donné au moins dix interviews par an… donc je suis le 271e… (ils se marrent)  Qu’est-ce que je peux bien vous demander qu’on ne vous a encore jamais demandé ? Steve : je ne sais pas, il va falloir que tu nous surprennes. Ça dépend de toi ! (rires)   OK je vais essayer… La première n’est pas très surprenante. Vous avez déjà commencé à travailler sur le nouvel album ? Steve : on a rassemblé quelques riffs. C’est la première étape. Mettre le plus de riffs possible sur cassette et essayer ensuite d’ajouter les éléments nécessaires à la structure de morceaux. Mark : On a en a deux qui semblent aboutis mais on ne les connait pas encore assez bien pour les jouer en live.   Qu’est-ce qu’on pourra attendre de cet album ? Du Mudhoney « classique » ? Mark : On ne sait pas encore ! Steve : on ne sait pas !   Vous avez deux morceaux ! Mark : mais on ne sait pas à quoi va ressembler le reste. Et on ne sait pas si ces deux morceaux seront sur l’album. Qui sait ? Ce seront peut-être les deux morceaux les plus merdiques ou les meilleurs ! (rires)   Ça fait déjà deux ans que Vanishing Point est sorti, vous êtes toujours en tournée. Vous avez vraiment besoin d’être toujours sur la route, vous n’avez jamais envie d’une pause ? Steve : non, on ne tourne pas tant que ça. Il y a deux ans c’était une année chargée car c’était notre 25e anniversaire, puis celui de Sub Pop donc on a fait plus que d’habitude, ensuite on a un peu ralenti. On a des boulots et trois d’entre nous ont des enfants, on ne s’en va pas tant que ça. Mark : on fait généralement une tournée européenne de 3 semaines environ, on n’a...

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