The Breeders @ La Gaîté Lyrique (Paris), 27/10/17

The Breeders @ La Gaîté Lyrique (Paris), 27/10/17

  Comment un groupe fait-il pour à la fois cumuler tous les classiques du mauvais concert et nous laisser aussi heureux ? Car si on y réfléchit objectivement, hormis son prix, il y aurait vraiment de quoi se plaindre du concert des Breeders ce vendredi 27 octobre 2017 : première partie sans intérêt (un énième groupe anglais qui a trop écouté de post-punk), setlist sans surprise, identique sur toute la tournée (à l’exception d’un « Iris » final dont nous avons été malheureusement privés sur les dernières dates), interprétation bancale, touche finale en demi-teinte et même certaines phrases répétées tous les soirs au fil des tournées… tout ça donne largement de quoi cartonner un groupe pour sa prestation. On a même détesté des concerts pour moins que ça. Alors, quoi ? Oui, quitter la salle au bout de quelques morceaux pendant la première partie, entendre des phrases qu’on a déjà entendues lors des concerts précédents avant les mêmes morceaux, n’avoir quasiment que des morceaux qu’on a déjà vus sur scène lors de précédents concerts, d’ailleurs, finir sur un « Walking With A Killer », morceau récent de Kim Deal en solo, alors qu’il restait tant de la discographie du groupe à explorer, regarder la setlist le lendemain pour se rendre compte qu’elle a été identique sur toute la tournée à l’exception d’un titre, tout cela n’est pas très agréable. Mais quand on y est, quand on voit l’interprétation bancale devenir géniale, la bonne humeur communicative des sœurs Deal, qu’on se rend compte de combien leurs morceaux, même ceux qu’on a entendus un million de fois et vus à chaque concert, sont fantastiques, alors on oublie les mauvais côtés et on apprécie juste cet instant pour ce qu’il est, un concert d’un grand groupe, grand dans sa simplicité et l’authenticité de sa musique, qui nous donne plus de raisons de nous réjouir dans les quelques minutes de n’importe quel titre de Last Splash, dans un « Pacer », « Off You », un « Glorious », un « I’m Decided » ou sa reprise de « Happiness Is A Warm Gun » que certains groupes en 3h de concert (je citerai bien des noms, mais je ne voudrais pas vexer JL). Kim Deal est passée de la petite amie qu’on aimerait tous avoir à la bonne copine qu’on aimerait tous avoir, puis à la tata qu’on aimerait tous avoir et sera sûrement dans quelques années la grand-mère qu’on aimerait tous avoir. Il n’empêche qu’elle est toujours radieuse et sa présence est indiscutable. Quand ses chansons retentissent, elle est simplement irrésistible. Voilà ce qui fait la différence entre les Breeders et nombre d’autres artistes, voilà ce qui fait que, quelles que soient les plaintes, on ressortira toujours de leurs concerts heureux. Comme me disait un...

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Nick Cave & The Bad Seeds @ Zénith (Paris), 03/10/2017

Nick Cave & The Bad Seeds @ Zénith (Paris), 03/10/2017

A quoi peut-on s’attendre quand on n’a jamais vu Nick Cave en concert et qu’on connait le contexte très douloureux dans lequel fut écrit son dernier album ? A un concert très intimiste, émouvant, où tout le monde reste assis sagement à écouter religieusement les complaintes du vieux crooner australien. C’est bien mal connaitre Nick Cave qui n’est pas du genre à se contenter d’un cadre feutré et policé. Nick Cave aime la scène, il vit pour ses moments et semble jouer chaque concert comme si c’était le dernier, comme s’il avait tout à prouver, tout à offrir à un public qu’il connait personnellement. Je n’avais jamais vu Nick Cave sur scène, mais j’en suis désormais persuadé : le bonhomme fonctionne comme ça. Cette soirée du 3 octobre restera gravée comme un moment privilégié avec un artiste immense. Un artiste blessé dans sa chair l’année dernière et qui avait offert en guise de testament à son fils un album superbe empli d’émotion. Il a donc régulièrement été question de poils hérissés en ce début de soirée avec d’emblée une intensité incroyable et des interprétations habitées (« Jesus Alone », « Magneto »). Il nous a même semblé faire face à un gourou avec toute une salle à ses pieds, buvant chacun de ses mots et épiant le moindre de ses mouvements alors qu’il se dandinait avec une classe inouïe dans son costard cintré. C’était « Higgs Boson Blues » et c’était déjà l’assurance d’une prestation mémorable et le doute de pouvoir vivre de nouveau des moments aussi forts que lorsque le messie empoignait les mains des spectateurs pour leur faire sentir son coeur battre tout en hurlant, comme possédé « can you feel my heart beat? ». La salle entière sentait alors son coeur battre la chamade, et en réclamait davantage. S’en est suivi une version explosive de « From Her To Eternity » avec un Warren Ellis en chef d’orchestre hystérique maltraitant son violon comme s’il s’agissait d’une gratte un peu trop capricieuse. Comme un retour aux sources, quand Nick Cave & The Bad Seeds rimait avec sauvagerie. Ses mauvaises graines qui, après s’être fait touts petites sur la première moitié de « Jubilee Street » (une des dernières merveilles générées par la plume du grand Nick), ont grandi, grandi jusqu’à l’explosion irréelle d’un morceau qu’on ne pensait pas capable de nous emmener si haut, si vite, si fort. Nick parviendra à tenir un peu plus en place derrière son piano sur « Into My Arms », pas loin de nous arracher une larmichette. Et c’est lui qui semblait au bord de la rupture sur les bouleversantes « Girl In Amber » et « I Need You » du dernier album. Il serait injuste d’oublier l’immense « Red Right Hand » et son fameux gong qui nous laisse...

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Quoi de mieux pour clôturer l’été que passer trois jour allongé sur l’herbe à écouter de la musique ? Rock en Seine est un peu le Noël du dernier weekend d’août. Retrouver ses potes autour d’une bière en profitant des derniers rayons du soleil. Autant dire que lorsque vous vous réveillez en sursaut à cause de l’orage grondant qui stagne au-dessus de La Capitale, l’envie de remettre en question votre amour pour la musique vous vient à l’esprit. Mais peu importe, le pass trois jours glissé dans la poche arrière de son jean, on saute dans le métro bien décidé à en profiter à fond ! Et cette année on est gâté. The Jesus and Mary Chain, Slowdive, Ty Segall, PJ Harvey… Je crois que c’est la première fois que je vais à un festival avec un programme aussi chargé, alors qu’importe la pluie, un vent d’excitation souffle sur l’édition 2017 du festival.   Vendredi 25 août “Hello, we are Cabbage from Manchester”. C’est classe de dire “Hello we are Cabbage from Manchester”. On n’avait pas entendu ça depuis un bout de temps. On se croirait presque revenu à la belle époque de la factory, de Joy Division et des Smiths. Premier concert et première claque, les 5 Mancuniens offrent une prestation des plus plaisantes et font même revenir le soleil. Pourtant ce n’est pas du punk. Ce n’est pas non plus du post punk. Leur son est au goût du jour tout en gardant un caractère atypique qu’on ne saurait décrire. The Pretty Reckless a tout pour séduire. Les jolis solos du guitariste aux faux airs de Slash font plaisir et je trouve toujours envoûtant que le leader du groupe soit de sexe féminin. Pourtant je me suis fait chier. Je dois être trop sensible. J’aime pas quand ça crie trop fort. Le temps d’un sandwich et je me retrouve devant Beach Fossils. Et là tout change. À peine les premières notes de « Generational Synthetic » retentissent que je me sens bien immédiatement. En arrivant à la scène du bosquet j’ai pu entendre « assis, c’est un concert assis« , c’est vrai que Beach Fossils ça s’écoute allongé dans l’herbe en regardant le ciel. C’est fait pour ça. Pourtant tout le monde est debout. On ne saurait manquer une miette de la formation américaine. Vous avez déjà découvert un groupe et eu l’impression que vous étiez passé à côté de quelque chose ? C’est ce qu’il m’est arrivé avec The Jesus and Mary Chain : « Mon dieu je suis né trop tard ». Séparés durant les années 90, c’est un peu la frustration ultime d’écouter Psychocandy en se disant qu’on aura jamais le plaisir de l’entendre en live. Pourtant, dans un élan...

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Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Habitué depuis deux ans du formidable TINALS nîmois, j’avais eu l’an passé la riche idée de combiner ce dernier avec la version portugaise de l’ogre Primavera, Nos Primavera Sound. Cette année, cruel dilemme : les rendez-vous de Nîmes et de Porto tombent le même week-end. Motivé par une bande de joyeux lurons et poussé par une furieuse envie de bacalhau, je me laisse de nouveau embarquer dans l’aventure lusitanienne. Le petit frère de l’édition barcelonaise partage l’atout majeur de cette dernière (les trois quarts de sa programmation) tout en voyant tout en plus petit (le lieu, les prix). La programmation a encore une sacré gueule mais manque à mon goût de têtes d’affiches véritablement enthousiasmantes, comparé au festin indie de l’an dernier. A vérifier sur place.   Jeudi 8 juin La première déception (loin d’être imputable à la programmation du festival, évidemment) est l’absence de Grandaddy. RIP Kevin Garcia. Une défection néanmoins compensée in extremis par Arab Strap. Mieux qu’une roue de secours. Le programme du premier jour est beaucoup moins chargé que les caïpirinhas du festival vendues à des prix défiant toute concurrence. On commence (de loin et d’une oreille) par l’artiste portugais Samuel Uria, sorte de Ricky Martin à poils longs enfilant les compos indigentes (ou indigestes c’est selon). Il nous dressera tout de même l’esgourde le temps d’une reprise de « Molly’s Lips » (« de Nirvana et des Vaselines« , enfin surtout des Vaselines, quand même). Cela lui vaudra donc le surnom de Nirvanach (un brin raciste vous en conviendrez). Le niveau s’élève de plusieurs crans avec Cigarettes After Sex, qui avec ses morceaux très ambiants atmosphériques, ne provoquera pas de surexcitation pour tout le monde (plutôt des baillements chez certains) mais a le mérite de proposer une prestation très propre et quelques très beaux instants. On pense parfois à Beach House ou à du Slowdive en plus dépouillé et moins riche en décibels. Une pause clope agréable, donc. Cela étant, c’est typiquement le genre de groupe dont la musique n’est pas très adaptée à une grande scène de festival. Puis vient LE groupe le plus attendu de la journée, Arab Strap, qui d’emblée pue la classe. Les mélodies nous enveloppent, nappes de synthés, violon, arpèges délicieux, les morceaux s’envolent et nous avec. Moffat pourrait être notre pompiste mais sa voix, alternant entre débit désabusé et chant magnétique, nous captive puis nous fait fondre. Son charisme est grand, à la hauteur de la musique d’Arab Strap. Forcément après ça on a le sentiment d’être rassasié, et après avoir subi bien malgré nous Run The Jewels (censé incarner le renouveau du hip hop, LOL), on préfère regagner nos pénates et nous économiser pour les jours à venir. Tant pis donc...

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This Is Not A Love Song (Nîmes), du 09 au 11/06/17

This Is Not A Love Song (Nîmes), du 09 au 11/06/17

5e édition. 5 scènes. 52 groupes. 47 heures de live.   Cette édition 2017 du This Is Not A Love Song (Tinals pour les intimes) commence de la meilleure des façons : pas de grèves de la SNCF. Il y a un an, c’était la première fois que j’y allais, ce fut le coup de foudre. Tinals ressemble à une famille. Nous y trouvons des bars, des concerts, des gens cool et du soleil. On est donc prêt pour trois jours de bonheur à l’état pur.     Vendredi 9 juin   Après avoir pris le train à 8h du mat’, je réalise que j’ai pas fait mes 7h de sommeil… fuck it. On commence avec The Coathangers (interview à lire prochainement). Le trio d’Atlanta assure grave en live. Elles commencent par jouer mon morceau préféré (« Squeeki Tiki »), ce qui n’est jamais mauvais signe. Fureur et mélodie, le son est violent, dynamique et efficace. Grand final sur scène… une guitare sera donnée à un fille du public. Et ce n’est pas n’importe quelle gratte… mais celle volée aux Growlers ! Et ouais… YOU DON’T FUCK WITH THE COATHANGERS… Trop cool ces trois filles ! Live 9/10   Je file voir The GROWLERS. Quatuor de rock pop psyché californien, les Growlers sont aussi trés connus pour leur festival annuel Beach Goth – super festoche que je recommande au passage. Sur leur 5eme Album, City Club (Cult Records), moins surf que les précédents et avec un penchant plus prononcé pour les synthés, on retrouve  de façon notable la touche de Julian Casablancas (The Strokes), dans le plus pur style New Yorkais made in Cult Rds. Et, dans la douceur d’un coucher de soleil et forts d’une nouvelle gratte, commence leur show… qui se révèlera excellent. Le morceau « City Club » me tue en live. Je reste bloqué dessus. J’ai hâte de les voir à nouveau sur scène. Live 8/10   A 22h30 déboule Flying Lotus. De l’art. De la musique. Un concept. La dernière fois que j’ai vu FlyLo remonte à 2009 ou 2010 à Los Angeles, juste après la sortie de son album bien nommé Los Angeles (Warp RDS- 2008). Le concert était complètement dingue et ce fut le cas à nouveau à TINALS. Tout est dans le personnage et son style, assez uniques, tout autant que les visuels qui l’accompagnent sur scène. Voilà quelqu’un qui s’efforce de faire preuve d’originalité et de contenance, ne se contentant pas seulement de produire des beats cool. Un artiste à part entière, tout simplement. Le concert de FlyLo fait tripper tout le monde, avec ou sans drogue. Live 8/10   Avec tout ça j’ai loupé Shame. Il parait que c’est bien… Mais il reste deux gros morceaux, respectivement électro et punk (ou deathpunk pour les spécialistes) : Moderat et Turbonegro. Malheureusement programmés en même temps. Le set des premiers est impeccable. Son parfaitement berlinois et avec la pleine lune, ça le fait....

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The Norvins @ Angora Bar (Paris), 06/05/17

The Norvins @ Angora Bar (Paris), 06/05/17

Je suis toujours surpris par la modestie des Norvins. Je n’ai rien à redire sur le lieu du concert de ce soir, l’Angora Bar, je ne connaissais pas, c’est à 100 mètres de la place de la Bastille et les gens de l’Angora sont au top‎ mais tout de même. Tout de même. Nous avons là un des groupes-clés de Soundflat avec leur garage 60’s ultra-efficace. Un groupe qui enchaîne les LP tout en jouant très peu en live (en tout cas, à Paris, me dit le batteur avec qui j’échange deux mots). Je les suis depuis longtemps, les Norvins font partie de ceux qui considèrent que les mélodies et les « hey » bien placés font tout ou presque. J’ai tendance à être du même avis. Alors ce soir, ça enchaîne les morceaux rapides, mid-tempo, rapides mal-à-la-nuque, groovy, etc. Mention spéciale aux tracks du tout nouvel LP passés à la moulinette, notamment « Love Healer » (en 4ème position, c’est lui qui a lancé le concert) et  » Sleepin on the Highway » (on sent le vécu). Petite frustration déjà oubliée, « Carpet Seller Blues » pas jouée mais vraiment, je chipote. Public de potes. Qui leur passent leur manque de « meublage » entre les morceaux. Bon enfant. Pas mal de passants s’arrêtent devant la vitrine embuée de l’Angora Bar, touristes ou autres, qui se disent que le rock’n roll n’est peut-etre pas juste un truc encyclopédique mais un truc qui vous fera toujours bouger sans vous soucier du lendemain (2e tour, aarrrgh). Longue vie aux Norvins. Longue vie au Farfisa et consorts. Longue vie à la simplicité....

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Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Voir Thurston Moore pour moins de 15 euros à Paris, ça paraissait peu probable. Et pourtant, c’est ce que nous a proposé Gonzaï ce soir-là, et crevards comme nous sommes chez Exitmusik, un peu nostalgiques, aussi, on n’a pas su dire non. Allez, me disais-je, au pire je m’emmerderais sec pendant une heure et je me rattraperais sur un petit « Ono Soul », comme quand il a fait la première partie de Dinosaur Jr à l’Élysée Montmartre, voire un « Psychic Hearts », qui sait. Je ne suis pas difficile, je me serais contenté de n’importe quel morceau de ses deux premiers albums en échange de ses trop longs morceaux récents. Et puis c’est Thurston Moore, quand même, un mec sympa ! On sait bien qu’il aura des bons mots, et son attitude à la cool. Et puis, malgré tout, le son de guitare, la voix, le petit côté madeleine de Proust… Il y a effectivement de quoi craquer. Bon, déjà, on sait que quand l’annonceur nous promet « une soirée exceptionnelle« , semblant surpris que Thurston Moore nous propose de l’acoustique à la douze cordes et une revisite de sa carrière, il n’en sera rien : l’artiste a adopté cette disposition depuis maintenant quelques années et s’acharne à ne piocher que dans son répertoire récent ; j’ignore si c’est une erreur honnête de leur part ou un pipeautage parfaitement assumé, dans tous les cas on frise la publicité mensongère et j’espère que personne ne se sera laissé convaincre par cet argument de vente fallacieux. Une fois que c’est dit, et bien, que dire sur la soirée ? Pas grand chose, malheureusement. Thurston Moore a fait exactement ce qu’on attendait, joué des morceaux de The Best Day et de l’album à venir, rien de désagréable mais que du Sonic Youth-like qui n’a pas la saveur des vieux morceaux (sachant qu’au moins, on connait les vieux morceaux), fait 2-3 blagounettes sympas, imité Lemmy 2 secondes (le clou de la soirée), proposé une impro bruitiste en milieu de set que tes voisins viendraient gueuler si tu faisais ça chez toi mais là, c’est Thurston donc tout le monde mouille sa culotte, tenu un discours politique d’une naïveté confondante, le genre qui te met limite mal à l’aise alors que pourtant tu partages la même couleur, et est parti sans même jouer un vieux morceau (même pas de « Ono Soul », qu’il joue à chaque fois ces derniers temps) après un set paradoxalement trop court mais composé uniquement de morceaux beaucoup trop longs. Voilà, pas de quoi se plaindre parce qu’on n’a pas payé cher, mais à se demander quand même si ça valait le coup. C’est un peu comme voir ton oncle sympa, celui qui t’a fait...

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The Mystery Lights @ La Maroquinerie (Paris), 07/02/17

The Mystery Lights @ La Maroquinerie (Paris), 07/02/17

Non seulement les mecs de Mystery Lights ont sorti à mon sens l’album le plus excitant de 2016 et fait le lien entre une scène non strictement garage et un peu branchée Brooklyn et une scène plus « pure » mais ils ont livré ce soir un set d’exception. On a sur scène le frontman Mike Brandon (vocals et je crois Gretsch, je ne suis qu’un humble batteur qui ne connaît rien aux grattes), vous savez, le mec qui saute partout, mais j’ai découvert un énorme bassiste qui construit le mur du son, l’autre guitare qui maîtrise sa Vox (encore, je crois) et un batteur qui fait plus que le job. Alors, le dilemme qui s’offrait à eux était « juste » de sublimer sur scène leur excellent LP de l’an dernier ou alors de se mouiller un peu plus. Ils ont opté pour la deuxième solution. Ce qui tombe bien car les mecs jouent carré. Genre pub rock, je joue au millimètre. Ils savent maintenir la tension. Doser les vides entre les morceaux. Booster les montées. Gérer les descentes. Comme ils n’ont fait qu’un LP à ma connaissance (peut-etre un EP en plus), il n’y a guère que 2-3 tracks que je ne connaissais pas. Et vient le final. Le track « Devil » est tellement parfait qu’ils auraient pu le tirer en longueur sans perdre l’attention/la tension mais non, ils en font un medley avec d’autres trucs parfaitement raccords. En rappel, on a (1) un rythm’n blues endiablé, bon de voir un public parisien, qu’on a trop traité de snob, pogoter sur un pur track R&B et (2)… (2)… « LOOKING AT YOU », meilleur morceau des MC5 sur lequel je réalise que Mike Brandon a la voix de Rob Tyner, sans forcer. Grandissime moment rock and roll qui fait oublier l’élection de Trump et la possible prise de pouvoir par la dynastie de Montretout. Énorme bouffée d’air dans l’ambiance malsaine pré-elective. Putain, ça fait du bien ! Évidemment, les mecs sont sympas et assurent le merch eux-mêmes, ils sont à la croisée des chemins entre petit groupe de Williamsburg et une exposition potentiellement énorme, en tout cas ils le mériteraient ! Manu...

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Black Sabbath @ O2 Arena (Londres, UK), 29/01/17

Black Sabbath @ O2 Arena (Londres, UK), 29/01/17

Dimanche 29 janvier 2017, une page d’histoire s’est écrite sous mes yeux. Deux fois. J’ai vu deux légendes à l’oeuvre, peu de temps avant qu’elles tirent leurs révérence : celle du tennis et celle du métal. Roger Federer et Black Sabbath. Deux immortels : 35 ans pour le premier (ce qui, en âge tennistique, signifie mort vivant), 47 ans d’activité pour les seconds (ce qui, en âge rock’n’roll, signifie souvent mort tout court). Et les uns comme les autres m’ont ébloui, à leur manière. Pourtant tout avait très mal commencé. Dans le premier cas, le wifi de l’hôtel chiait dans la colle et je m’imaginais devoir suivre le match sur lequipe.fr en actualisant toutes les 14 secondes. Dans le second, la ligne de métro qu’on devait prendre était fermée (forcément..) ce qui nous a fait perdre un temps fou.  Puis il a fallu rejoindre l’entrée de l’immense 02 Arena, passer les portiques en mode aéroport et enfin pénétrer dans la salle… 3 morceaux après le début. Donc pas de « Black Sabbath », de « Fairies Wear Boots ». Regrets éternels… Fort heureusement, tout est ensuite rentré dans l’ordre. Roger alignait les points gagnants et Tony Iommi les riffs ultimes. Même Ozzy aux cordes vocales forcément usées assure autant que Roger aux articulations forcément grinçantes. Rien n’y fait, papy Roger vole sur le court et mamie Ozzy crie comme à ses plus belles heures. Roger serre le poing, Ozzy nous fait taper des mains plus souvent qu’à son tour. Il aime ça le père Osbourne, c’est son côté vieux jeu. C’est sans doute pour ça que Suicidal Tendencies a sorti le morceau « Clap Like Ozzy » l’an passé. Le son est bien lourd, compact, comme les frappes sourdes de Federer. Le maestro a enfilé sa tenue d’artiste et Master Of Reality est bien représenté avec trois titres (notamment la rugissante et monumentale « Into The Void », préfigurant le stoner). Puis vient un moment de grâce : « War Pigs ». Les solos de Iommi sont splendides : technique irréprochable, fluidité de tous les instants, comme une volée de revers amortie qui vient mourir juste derrière le filet. 6-1 troisième set. Merci messieurs. Mais il y a encore du chemin. Il va falloir continuer à faire le show. Le cadre est superbe, la Rod Laver Arena, pleine comme un œuf, vibre à chaque instant. L’O2 Arena, immense salle qui parait sans fin du haut de notre 632e rang (environ), impressionne. Et le light show envoie du rêve. Grands écrans et flammes (oui ça reste du metal hein) de rigueur. Les images montrent Sabbath dans les 70s, pétant le feu. Étrange aller retour dans le temps pour nous spectateurs. Comme pour nous montrer qu’ils ne sont pas ridicules, près...

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Pixies @ Zénith (Paris), 23/11/16

Pixies @ Zénith (Paris), 23/11/16

Maintenant que je commence à prendre de l’âge, de la bouteille, du bide et à perdre des cheveux, je me retrouve dans la situation de ces fans aux cheveux gras et éparses, avec un pull miteux et la mine renfrognée que tu croises toujours avant les concerts de leurs groupes préférés et te racontent qu’ils les ont vu plein de fois et que, grosso merdo, c’était mieux avant. Alors, avec ma petite expérience des Pixies, j’en avais surtout déduit que le groupe de Frank Black vivait sa vie à pile ou face, ou il passe ou il casse, et comme j’avais été globalement déçu de leur première tournée post Kim Deal, statistiquement, cette date s’annonçait sous de bonnes auspices. Ajoutons à cela que j’ai plutôt aimé le dernier disque et la bonne intégration de Paz Lechantin à la place de la légendaire Kim Deal. Comme l’a dit Santiago de Wonderflu, maman Kim ne sera jamais remplacée, mais Paz se révèle être une belle-mère sympa. Tout ça pour dire que j’étais plutôt dans de bonnes dispositions en me rendant au Zénith en ce soir de novembre. Et là, vous vous attendez forcément au couac, à l’élément perturbateur, et vous avez presque raison. Celui-ci prit la forme de la première partie, FEWS, un groupe de rock indé britannique (avec du suédois et du californien dedans, mais profondément anglais dans le son) qui nous joua comme des centaines de groupes actuellement une musique rock à fort relents post-punk années 80, bref le genre de musique qui me fait vomir des oreilles. Je reconnais que FEWS est en place, fait bien son travail et dégage une énergie indéniable, mais pour moi c’est comme me servir des tartines de merde : elles peuvent être parfaitement préparées et superbement dressées, ça reste de la merde, et je n’ai aucune envie d’en manger. J’aurais pu faire l’analogie avec des épinards, mais quitte à être subjectif et de mauvaise foi, allons au bout. Bref, la nouvelle sensation du rock indé m’irrite un peu, mais je garde en tête que je vais voir juste après un concert des Pixies sans Kim Deal, et que ça peut être quand même très cool. Malheureusement, une fois sur scène, après avoir expédié « Where Is My Mind? » histoire de jarter les tubes, et malgré une entrée en matière de haut niveau (« Brick Is Red », « Break My Body », « Nimrod’s Son », « Mr Grieves »…), ils s’entêtent à vouloir jouer les pires morceaux du dernier album. Pourtant, je l’aimais et je le défendais, ce disque, mais c’est très difficile de le faire quand on entend « Bel Esprit » ou « Tenement Song » entouré de bombes comme « Gouge Away » ou « Rock Music ». Le pire vient quand ils entament leur...

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