NTM @ AccorHotels Arena (Paris), 09/03/18

NTM @ AccorHotels Arena (Paris), 09/03/18

Je ne faisais pas tout à fait le fanfaron quelques heures avant de me rendre au feu POPB (devenu l’Accor machin chouette) pour assister au concert de reformation de NTM. Déjà, les gars ne sont plus de première fraîcheur (même si les exemples de groupes en âges plus avancés qui assurent toujours sont légions). Ensuite ils n’ont rien sorti depuis belle lurette (à part 32 best of, remixes et autres futilités seulement prompts à remplir les caisses). Enfin, les échos que j’avais eus de leur précédent retour sur scène ne m’enthousiasmaient qu’à moitié. Du genre “content de les avoir vus mais pas non plus inoubliable“. Je restais donc mesuré espérant qu’ils me mettent la fièvre du vendredi soir, mais craignant quelques sueurs froides face à des choix douteux. Et bien, mettons fin au suspense d’emblée, à part “La Fièvre” (le morceau), j’ai eu un peu de tout ça. Il est environ 21h quand Kool Shen et Joey/Jaguar Starr/Gorgone déboulent (pour nous mettre l’enfer). Aux deux extrémités de la scène, sous les DJ, un grand 9 et 3 en jaune éclatant. 9-3 connexion, time time for some action. Sans grande surprise, le public est majoritairement composé de trentenaires et quarantenaires (que voulez-vous les jeunes préfèrent PNL). Sans grande surprise, le son est globalement à chier (voix très en avant, instrus parfois à la limite de l’inaudible). Bercy a une réputation à tenir à ce niveau-là et quand on ne s’appelle pas Radiohead ou Neil Young, bah on a un son de merde dans cette salle. On ne va pas se mentir, les gros classiques font très plaisir. Et démarrer un concert par “On Est Encore Là” et “Qu’est-ce Qu’on Attend ?” permet d’emblée de se mettre le public dans la poche. La nostalgie fonctionne évidemment à pleins tubes et gomme le léger manque d’explosivité (et surtout de vraie complicité) du duo. Finalement la plus grosse plaie de ce concert aura été les (trop nombreux) guests. Non, parce qu’autant réciter mot pour mot “Paris Sous Les Bombes”, “Pass Pass Le Oinj” ou “Pose Ton Gun” (fidèlement interprétés) comme quand il y a 15 ans c’est le pied, autant revoir des gars comme Big Red ou Busta Flex qu’on avait (plus ou moins volontairement) oubliés c’était pas vraiment nécessaire. Parce qu’avec la maturité (lol) on constate que “Laisse Pas Traîner Ton Fils” sonne toujours très juste mais que “Aiguisé Comme Une Lame” (de Raggasonic) sonne bien gentillet. Je passe sur les intermèdes reggaeton et autres distractions bon enfant, je pourrais devenir grossier… Tous ces moments, hormis le fait de nous laisser le temps d’allers retours express pour chercher des bières, auront eu le malheur de casser le rythme. Et de nous faire...

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Damon & Naomi + Thalia Zedek + Rach Three @ Olympic Café (Paris), 21/02/18

Damon & Naomi + Thalia Zedek + Rach Three @ Olympic Café (Paris), 21/02/18

Le charme discret de la mélancolie Il est des jours comme ça où les astres s’alignent et où Orphée semble bien disposé. Celui au cours duquel Thalia Zedek et Damon & Naomi ont décidé de tourner ensemble est de ceux-là, tant chacun incarne à sa manière un bout de l’histoire du rock indépendant américain. Les adeptes de saturations mélancoliques et de belles mélodies se sont agglutinés le 21 février dernier, rue Léon à Paris, à l’Olympic Café, pour assister fébrilement à cette communion rock inespérée ! En guise de mise en bouche, GTOK? GTKO!, dealeurs de concerts pour le plus grand bien de nos oreilles, ont programmé Rach Three qui, seul en scène accompagné de sa guitare, nous offre un set intimiste, dépouillé et à fleur de peau. L’ambiant folk du français joue sur la corde sensible. Il convoque une certaine idée de la chanson française, poétique et minimaliste et fait preuve d’une appétence pour la noirceur et le mysticisme du néo folk anglo-saxon. L’exercice est racé, élégant, troublé malgré tout par quelques hésitations, mais qui ne demande qu’à se déployer avec plus d’ampleur. Bottines noires qui foulent la scène, style vestimentaire décontracté, guitare Hagstrom avec autocollant FCK NZS apparent, la reine de la saturation Thalia Zedek fait son entrée, et avec elle tout un pan du rock nineties se retrouve convié à la fête. Uzi, Live Skull, Come, Thalia traîne ses guêtres dans le rock depuis presque 40 ans et n’a jamais cessé d’apporter sa pierre à l’édifice, en témoignent ses récentes sorties discographiques, ainsi que le projet de supergroupe A Band Called E, monté avec des membres de Neptune et Karate. Avec l’habileté d’une équilibriste, Thalia alterne ce soir entre douce mélancolie et distorsion maîtrisée. Elle joue en solo plusieurs morceaux issus de son dernier album en date, Eve, dont les beaux “You Will Wake” et “By The Hand”, et le plus épique “Afloat” qui clôt le set. Une constante demeure, sa voix est unique, à la fois puissante, profonde et éraillée. Son chant traîne un spleen et une rage contenue, il sollicite à lui tout seul un vaste champ émotionnel. La guitare est tour à tour rêche et délicate, baignée par un son bluesy aux accents noise acérés. Rengaines dépressives, complaintes rock brutales, Thalia Zedek démontre une fois de plus – s’il fallait en douter – toute l’étendue de son talent. En prime, plusieurs nouveaux morceaux sont au programme, dont deux petites merveilles : “War Not Won” et “Fighting Season”.   Damon Krukowski et Naomi Yang, un duo discret qui n’a pas usurpé le culte qui l’entoure depuis la parution de More Sad Hits, en 1992. Anciens de Galaxie 500, icône de la dream pop au...

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Cloud Nothings @ Point Ephémère (Paris), 05/12/17

Cloud Nothings @ Point Ephémère (Paris), 05/12/17

  Le Point Éphémère, c’est ce qu’on appelle un lieu de vie nocturne victime de son succès : un hangar bien rock’n’roll dans un bâtiment partagé (à leur grand dam) avec les sapeurs-pompiers de Paris, idéalement placé sur les berges du canal Saint-Martin et doté d’une programmation pointue et bien foutue, et donc souvent bien rempli. La cohésion du bâtiment est en partie assurée par quatre piliers qui constituent paradoxalement son point faible en termes d’aménagement de l’espace : les deux qui encadrent le devant de la scène limitent drastiquement le champ de vision des spectateurs situés sur les côtés, tandis que les deux autres, au fond de la salle, devant le bar d’un côté et l’entrée de l’autre, semblent dotés d’un pouvoir mystérieux : en cas d’affluence, les spectateurs s’agglutinent à leur niveau, constituant une paroi quasi infranchissable qui dessine avec la régie son un couloir étroit reliant l’entrée, le bar et les chiottes. Pourquoi est-ce que j’insiste là-dessus en ouverture d’une chronique musicale, me direz-vous ? Parce que ce mardi soir, j’ai subi les deux inconvénients de cette configuration. Il faut dire que j’ai fait mon “journaliss profesionel”, tel que le caricature un certain David Snug, dessinateur de BD misanthrope mais néanmoins talentueux et amateur de rock : pas de réécoute en boucle de l’intégrale de la tête d’affiche dans les deux semaines qui précèdent le concert, pas d’examen préventif de la première partie, et surtout une arrivée tardive qui me positionne dans ce fameux couloir humain le temps des quatre derniers morceaux de la précitée première partie. Ce quatuor soulève d’ailleurs un enthousiasme assez impressionnant que je suis loin de partager : un rock aux accents pop-punk et post-hardcore, avec une rythmique pataude et des voix forcées : on dirait un groupe de métal qui tente d’imiter Cloud Nothings. J’apprendrai plus tard, en plus de leur nom (The Hotelier), qu’ils constituent le fer de lance américain du revival emo. J’en profiterai également pour noter les noms des fers de lance du courant originel (Jawbreaker et Sunny Day Real Estate, d’après Wikipédia) pour m’éviter à l’avenir quelques déconvenues musicales. Une fois ces jeunes gens partis, je profite du mouvement croisé des buveurs vers le bar et des fumeurs vers la sortie pour me faufiler vers l’avant, sur la gauche de la scène. Pilier oblige, je ne verrai pas le deuxième guitariste et je ne verrai le batteur que par intermittence, mais j’aurai en point de mire le bassiste et surtout Dylan Baldi, le chanteur-guitariste gringalet et binoclard de Cloud Nothings. Ce dernier apparaît sur scène au bout de quelques minutes déguisé en J Mascis, mal fagoté dans une chemise informe, cheveux mi-longs et négligés, et c’est parti...

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The Breeders @ La Gaîté Lyrique (Paris), 27/10/17

The Breeders @ La Gaîté Lyrique (Paris), 27/10/17

  Comment un groupe fait-il pour à la fois cumuler tous les classiques du mauvais concert et nous laisser aussi heureux ? Car si on y réfléchit objectivement, hormis son prix, il y aurait vraiment de quoi se plaindre du concert des Breeders ce vendredi 27 octobre 2017 : première partie sans intérêt (un énième groupe anglais qui a trop écouté de post-punk), setlist sans surprise, identique sur toute la tournée (à l’exception d’un “Iris” final dont nous avons été malheureusement privés sur les dernières dates), interprétation bancale, touche finale en demi-teinte et même certaines phrases répétées tous les soirs au fil des tournées… tout ça donne largement de quoi cartonner un groupe pour sa prestation. On a même détesté des concerts pour moins que ça. Alors, quoi ? Oui, quitter la salle au bout de quelques morceaux pendant la première partie, entendre des phrases qu’on a déjà entendues lors des concerts précédents avant les mêmes morceaux, n’avoir quasiment que des morceaux qu’on a déjà vus sur scène lors de précédents concerts, d’ailleurs, finir sur un “Walking With A Killer”, morceau récent de Kim Deal en solo, alors qu’il restait tant de la discographie du groupe à explorer, regarder la setlist le lendemain pour se rendre compte qu’elle a été identique sur toute la tournée à l’exception d’un titre, tout cela n’est pas très agréable. Mais quand on y est, quand on voit l’interprétation bancale devenir géniale, la bonne humeur communicative des sœurs Deal, qu’on se rend compte de combien leurs morceaux, même ceux qu’on a entendus un million de fois et vus à chaque concert, sont fantastiques, alors on oublie les mauvais côtés et on apprécie juste cet instant pour ce qu’il est, un concert d’un grand groupe, grand dans sa simplicité et l’authenticité de sa musique, qui nous donne plus de raisons de nous réjouir dans les quelques minutes de n’importe quel titre de Last Splash, dans un “Pacer”, “Off You”, un “Glorious”, un “I’m Decided” ou sa reprise de “Happiness Is A Warm Gun” que certains groupes en 3h de concert (je citerai bien des noms, mais je ne voudrais pas vexer JL). Kim Deal est passée de la petite amie qu’on aimerait tous avoir à la bonne copine qu’on aimerait tous avoir, puis à la tata qu’on aimerait tous avoir et sera sûrement dans quelques années la grand-mère qu’on aimerait tous avoir. Il n’empêche qu’elle est toujours radieuse et sa présence est indiscutable. Quand ses chansons retentissent, elle est simplement irrésistible. Voilà ce qui fait la différence entre les Breeders et nombre d’autres artistes, voilà ce qui fait que, quelles que soient les plaintes, on ressortira toujours de leurs concerts heureux. Comme me disait un...

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Nick Cave & The Bad Seeds @ Zénith (Paris), 03/10/2017

Nick Cave & The Bad Seeds @ Zénith (Paris), 03/10/2017

A quoi peut-on s’attendre quand on n’a jamais vu Nick Cave en concert et qu’on connait le contexte très douloureux dans lequel fut écrit son dernier album ? A un concert très intimiste, émouvant, où tout le monde reste assis sagement à écouter religieusement les complaintes du vieux crooner australien. C’est bien mal connaitre Nick Cave qui n’est pas du genre à se contenter d’un cadre feutré et policé. Nick Cave aime la scène, il vit pour ses moments et semble jouer chaque concert comme si c’était le dernier, comme s’il avait tout à prouver, tout à offrir à un public qu’il connait personnellement. Je n’avais jamais vu Nick Cave sur scène, mais j’en suis désormais persuadé : le bonhomme fonctionne comme ça. Cette soirée du 3 octobre restera gravée comme un moment privilégié avec un artiste immense. Un artiste blessé dans sa chair l’année dernière et qui avait offert en guise de testament à son fils un album superbe empli d’émotion. Il a donc régulièrement été question de poils hérissés en ce début de soirée avec d’emblée une intensité incroyable et des interprétations habitées (« Jesus Alone », « Magneto »). Il nous a même semblé faire face à un gourou avec toute une salle à ses pieds, buvant chacun de ses mots et épiant le moindre de ses mouvements alors qu’il se dandinait avec une classe inouïe dans son costard cintré. C’était « Higgs Boson Blues » et c’était déjà l’assurance d’une prestation mémorable et le doute de pouvoir vivre de nouveau des moments aussi forts que lorsque le messie empoignait les mains des spectateurs pour leur faire sentir son coeur battre tout en hurlant, comme possédé « can you feel my heart beat? ». La salle entière sentait alors son coeur battre la chamade, et en réclamait davantage. S’en est suivi une version explosive de « From Her To Eternity » avec un Warren Ellis en chef d’orchestre hystérique maltraitant son violon comme s’il s’agissait d’une gratte un peu trop capricieuse. Comme un retour aux sources, quand Nick Cave & The Bad Seeds rimait avec sauvagerie. Ses mauvaises graines qui, après s’être fait touts petites sur la première moitié de « Jubilee Street » (une des dernières merveilles générées par la plume du grand Nick), ont grandi, grandi jusqu’à l’explosion irréelle d’un morceau qu’on ne pensait pas capable de nous emmener si haut, si vite, si fort. Nick parviendra à tenir un peu plus en place derrière son piano sur « Into My Arms », pas loin de nous arracher une larmichette. Et c’est lui qui semblait au bord de la rupture sur les bouleversantes « Girl In Amber » et « I Need You » du dernier album. Il serait injuste d’oublier l’immense « Red Right Hand » et son fameux gong qui nous laisse...

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Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Rock En Seine @ St-Cloud (92), du 25 au 27/08/17

Quoi de mieux pour clôturer l’été que passer trois jour allongé sur l’herbe à écouter de la musique ? Rock en Seine est un peu le Noël du dernier weekend d’août. Retrouver ses potes autour d’une bière en profitant des derniers rayons du soleil. Autant dire que lorsque vous vous réveillez en sursaut à cause de l’orage grondant qui stagne au-dessus de La Capitale, l’envie de remettre en question votre amour pour la musique vous vient à l’esprit. Mais peu importe, le pass trois jours glissé dans la poche arrière de son jean, on saute dans le métro bien décidé à en profiter à fond ! Et cette année on est gâté. The Jesus and Mary Chain, Slowdive, Ty Segall, PJ Harvey… Je crois que c’est la première fois que je vais à un festival avec un programme aussi chargé, alors qu’importe la pluie, un vent d’excitation souffle sur l’édition 2017 du festival.   Vendredi 25 août “Hello, we are Cabbage from Manchester”. C’est classe de dire “Hello we are Cabbage from Manchester”. On n’avait pas entendu ça depuis un bout de temps. On se croirait presque revenu à la belle époque de la factory, de Joy Division et des Smiths. Premier concert et première claque, les 5 Mancuniens offrent une prestation des plus plaisantes et font même revenir le soleil. Pourtant ce n’est pas du punk. Ce n’est pas non plus du post punk. Leur son est au goût du jour tout en gardant un caractère atypique qu’on ne saurait décrire. The Pretty Reckless a tout pour séduire. Les jolis solos du guitariste aux faux airs de Slash font plaisir et je trouve toujours envoûtant que le leader du groupe soit de sexe féminin. Pourtant je me suis fait chier. Je dois être trop sensible. J’aime pas quand ça crie trop fort. Le temps d’un sandwich et je me retrouve devant Beach Fossils. Et là tout change. À peine les premières notes de “Generational Synthetic” retentissent que je me sens bien immédiatement. En arrivant à la scène du bosquet j’ai pu entendre “assis, c’est un concert assis“, c’est vrai que Beach Fossils ça s’écoute allongé dans l’herbe en regardant le ciel. C’est fait pour ça. Pourtant tout le monde est debout. On ne saurait manquer une miette de la formation américaine. Vous avez déjà découvert un groupe et eu l’impression que vous étiez passé à côté de quelque chose ? C’est ce qu’il m’est arrivé avec The Jesus and Mary Chain : “Mon dieu je suis né trop tard”. Séparés durant les années 90, c’est un peu la frustration ultime d’écouter Psychocandy en se disant qu’on aura jamais le plaisir de l’entendre en live. Pourtant, dans un élan...

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Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Nos Primavera Sound (Porto), 08 au 10/06/2017

Habitué depuis deux ans du formidable TINALS nîmois, j’avais eu l’an passé la riche idée de combiner ce dernier avec la version portugaise de l’ogre Primavera, Nos Primavera Sound. Cette année, cruel dilemme : les rendez-vous de Nîmes et de Porto tombent le même week-end. Motivé par une bande de joyeux lurons et poussé par une furieuse envie de bacalhau, je me laisse de nouveau embarquer dans l’aventure lusitanienne. Le petit frère de l’édition barcelonaise partage l’atout majeur de cette dernière (les trois quarts de sa programmation) tout en voyant tout en plus petit (le lieu, les prix). La programmation a encore une sacré gueule mais manque à mon goût de têtes d’affiches véritablement enthousiasmantes, comparé au festin indie de l’an dernier. A vérifier sur place.   Jeudi 8 juin La première déception (loin d’être imputable à la programmation du festival, évidemment) est l’absence de Grandaddy. RIP Kevin Garcia. Une défection néanmoins compensée in extremis par Arab Strap. Mieux qu’une roue de secours. Le programme du premier jour est beaucoup moins chargé que les caïpirinhas du festival vendues à des prix défiant toute concurrence. On commence (de loin et d’une oreille) par l’artiste portugais Samuel Uria, sorte de Ricky Martin à poils longs enfilant les compos indigentes (ou indigestes c’est selon). Il nous dressera tout de même l’esgourde le temps d’une reprise de “Molly’s Lips” (“de Nirvana et des Vaselines“, enfin surtout des Vaselines, quand même). Cela lui vaudra donc le surnom de Nirvanach (un brin raciste vous en conviendrez). Le niveau s’élève de plusieurs crans avec Cigarettes After Sex, qui avec ses morceaux très ambiants atmosphériques, ne provoquera pas de surexcitation pour tout le monde (plutôt des baillements chez certains) mais a le mérite de proposer une prestation très propre et quelques très beaux instants. On pense parfois à Beach House ou à du Slowdive en plus dépouillé et moins riche en décibels. Une pause clope agréable, donc. Cela étant, c’est typiquement le genre de groupe dont la musique n’est pas très adaptée à une grande scène de festival. Puis vient LE groupe le plus attendu de la journée, Arab Strap, qui d’emblée pue la classe. Les mélodies nous enveloppent, nappes de synthés, violon, arpèges délicieux, les morceaux s’envolent et nous avec. Moffat pourrait être notre pompiste mais sa voix, alternant entre débit désabusé et chant magnétique, nous captive puis nous fait fondre. Son charisme est grand, à la hauteur de la musique d’Arab Strap. Forcément après ça on a le sentiment d’être rassasié, et après avoir subi bien malgré nous Run The Jewels (censé incarner le renouveau du hip hop, LOL), on préfère regagner nos pénates et nous économiser pour les jours à venir. Tant pis donc...

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This Is Not A Love Song (Nîmes), du 09 au 11/06/17

This Is Not A Love Song (Nîmes), du 09 au 11/06/17

5e édition. 5 scènes. 52 groupes. 47 heures de live.   Cette édition 2017 du This Is Not A Love Song (Tinals pour les intimes) commence de la meilleure des façons : pas de grèves de la SNCF. Il y a un an, c’était la première fois que j’y allais, ce fut le coup de foudre. Tinals ressemble à une famille. Nous y trouvons des bars, des concerts, des gens cool et du soleil. On est donc prêt pour trois jours de bonheur à l’état pur.     Vendredi 9 juin   Après avoir pris le train à 8h du mat’, je réalise que j’ai pas fait mes 7h de sommeil… fuck it. On commence avec The Coathangers (interview à lire prochainement). Le trio d’Atlanta assure grave en live. Elles commencent par jouer mon morceau préféré (“Squeeki Tiki”), ce qui n’est jamais mauvais signe. Fureur et mélodie, le son est violent, dynamique et efficace. Grand final sur scène… une guitare sera donnée à un fille du public. Et ce n’est pas n’importe quelle gratte… mais celle volée aux Growlers ! Et ouais… YOU DON’T FUCK WITH THE COATHANGERS… Trop cool ces trois filles ! Live 9/10   Je file voir The GROWLERS. Quatuor de rock pop psyché californien, les Growlers sont aussi trés connus pour leur festival annuel Beach Goth – super festoche que je recommande au passage. Sur leur 5eme Album, City Club (Cult Records), moins surf que les précédents et avec un penchant plus prononcé pour les synthés, on retrouve  de façon notable la touche de Julian Casablancas (The Strokes), dans le plus pur style New Yorkais made in Cult Rds. Et, dans la douceur d’un coucher de soleil et forts d’une nouvelle gratte, commence leur show… qui se révèlera excellent. Le morceau “City Club” me tue en live. Je reste bloqué dessus. J’ai hâte de les voir à nouveau sur scène. Live 8/10   A 22h30 déboule Flying Lotus. De l’art. De la musique. Un concept. La dernière fois que j’ai vu FlyLo remonte à 2009 ou 2010 à Los Angeles, juste après la sortie de son album bien nommé Los Angeles (Warp RDS- 2008). Le concert était complètement dingue et ce fut le cas à nouveau à TINALS. Tout est dans le personnage et son style, assez uniques, tout autant que les visuels qui l’accompagnent sur scène. Voilà quelqu’un qui s’efforce de faire preuve d’originalité et de contenance, ne se contentant pas seulement de produire des beats cool. Un artiste à part entière, tout simplement. Le concert de FlyLo fait tripper tout le monde, avec ou sans drogue. Live 8/10   Avec tout ça j’ai loupé Shame. Il parait que c’est bien… Mais il reste deux gros morceaux, respectivement électro et punk (ou deathpunk pour les spécialistes) : Moderat et Turbonegro. Malheureusement programmés en même temps. Le set des premiers est impeccable. Son parfaitement berlinois et avec la pleine lune, ça le fait....

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The Norvins @ Angora Bar (Paris), 06/05/17

The Norvins @ Angora Bar (Paris), 06/05/17

Je suis toujours surpris par la modestie des Norvins. Je n’ai rien à redire sur le lieu du concert de ce soir, l’Angora Bar, je ne connaissais pas, c’est à 100 mètres de la place de la Bastille et les gens de l’Angora sont au top‎ mais tout de même. Tout de même. Nous avons là un des groupes-clés de Soundflat avec leur garage 60’s ultra-efficace. Un groupe qui enchaîne les LP tout en jouant très peu en live (en tout cas, à Paris, me dit le batteur avec qui j’échange deux mots). Je les suis depuis longtemps, les Norvins font partie de ceux qui considèrent que les mélodies et les “hey” bien placés font tout ou presque. J’ai tendance à être du même avis. Alors ce soir, ça enchaîne les morceaux rapides, mid-tempo, rapides mal-à-la-nuque, groovy, etc. Mention spéciale aux tracks du tout nouvel LP passés à la moulinette, notamment “Love Healer” (en 4ème position, c’est lui qui a lancé le concert) et ” Sleepin on the Highway” (on sent le vécu). Petite frustration déjà oubliée, “Carpet Seller Blues” pas jouée mais vraiment, je chipote. Public de potes. Qui leur passent leur manque de “meublage” entre les morceaux. Bon enfant. Pas mal de passants s’arrêtent devant la vitrine embuée de l’Angora Bar, touristes ou autres, qui se disent que le rock’n roll n’est peut-etre pas juste un truc encyclopédique mais un truc qui vous fera toujours bouger sans vous soucier du lendemain (2e tour, aarrrgh). Longue vie aux Norvins. Longue vie au Farfisa et consorts. Longue vie à la simplicité....

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Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Thurston Moore @ La Maroquinerie (Paris), 11/03/17

Voir Thurston Moore pour moins de 15 euros à Paris, ça paraissait peu probable. Et pourtant, c’est ce que nous a proposé Gonzaï ce soir-là, et crevards comme nous sommes chez Exitmusik, un peu nostalgiques, aussi, on n’a pas su dire non. Allez, me disais-je, au pire je m’emmerderais sec pendant une heure et je me rattraperais sur un petit “Ono Soul”, comme quand il a fait la première partie de Dinosaur Jr à l’Élysée Montmartre, voire un “Psychic Hearts”, qui sait. Je ne suis pas difficile, je me serais contenté de n’importe quel morceau de ses deux premiers albums en échange de ses trop longs morceaux récents. Et puis c’est Thurston Moore, quand même, un mec sympa ! On sait bien qu’il aura des bons mots, et son attitude à la cool. Et puis, malgré tout, le son de guitare, la voix, le petit côté madeleine de Proust… Il y a effectivement de quoi craquer. Bon, déjà, on sait que quand l’annonceur nous promet “une soirée exceptionnelle“, semblant surpris que Thurston Moore nous propose de l’acoustique à la douze cordes et une revisite de sa carrière, il n’en sera rien : l’artiste a adopté cette disposition depuis maintenant quelques années et s’acharne à ne piocher que dans son répertoire récent ; j’ignore si c’est une erreur honnête de leur part ou un pipeautage parfaitement assumé, dans tous les cas on frise la publicité mensongère et j’espère que personne ne se sera laissé convaincre par cet argument de vente fallacieux. Une fois que c’est dit, et bien, que dire sur la soirée ? Pas grand chose, malheureusement. Thurston Moore a fait exactement ce qu’on attendait, joué des morceaux de The Best Day et de l’album à venir, rien de désagréable mais que du Sonic Youth-like qui n’a pas la saveur des vieux morceaux (sachant qu’au moins, on connait les vieux morceaux), fait 2-3 blagounettes sympas, imité Lemmy 2 secondes (le clou de la soirée), proposé une impro bruitiste en milieu de set que tes voisins viendraient gueuler si tu faisais ça chez toi mais là, c’est Thurston donc tout le monde mouille sa culotte, tenu un discours politique d’une naïveté confondante, le genre qui te met limite mal à l’aise alors que pourtant tu partages la même couleur, et est parti sans même jouer un vieux morceau (même pas de “Ono Soul”, qu’il joue à chaque fois ces derniers temps) après un set paradoxalement trop court mais composé uniquement de morceaux beaucoup trop longs. Voilà, pas de quoi se plaindre parce qu’on n’a pas payé cher, mais à se demander quand même si ça valait le coup. C’est un peu comme voir ton oncle sympa, celui qui t’a fait...

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