Prophets Of Rage @ Olympia (Paris), 08/08/19

Prophets Of Rage @ Olympia (Paris), 08/08/19

A quoi ça sert d’aller voir des ersatz de Rage Against The Machine en 2019, vous demandez-vous peut-être. Je me suis un peu posé la question, même si dans Prophets Of Rage figurent tout de même trois des 4 RATM et deux légendes du hip hop : Chuck D de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill. Deux pour le prix d’un Zack. Mais on connait tous le dicton : un seul être vous manque… Dicton qui s’était vérifié par un EP puis un album guère excitants qui ressemblaient fort à des tentatives désespérées et (inabouties) de reproduire les recettes miracles du passé. Bref, entrée à tâtons dans un Olympia qui a finalement fait le plein malgré la période peu propice à rassembler du monde. Les t-shirts à 35€ nous rappellent que les Prophets Of Rage sont des vrais communistes comme on n’en fait plus. On se prend une bière dégueu hors de prix, et nous voilà prêts à faire nos gros aigris. C’est DJ Lord (de Public Enemy là aussi) qui investit la scène le premier, main sur le cœur à l’écoute de l’hymne de sa patrie adorée (vous la sentez l’ironie ?). Et d’enchainer par un Killing Joke que j’ai écouté le jour même (dingue !), puis un classique (« War Pigs » de Sabbath), deux classiques (« Sound Of Da Police » de KRS One, et non pas « Assassin de la police » – soupirs), une pelletée de classiques… jusqu’à ce qu’on commence à se demander s’il y a bien un concert de prévu après. Parce qu’un petit warm-up rapido c’est toujours sympathique mais un DJ set de près de 20 minutes qui nous passe du « Walk This Way », « Smoke On The Water », « Seven Nation Army », « Smells Like Teen Spirit », c’était peut-être pas nécessaire. Après ce cours accéléré (mais pas suffisamment) de metal/rap pour les nuls, les cinq prophètes daignent enfin débarquer à leur tour. On va voir ce qu’on va voir. Et on va bien la boucler. Après une mise en jambes plus qu’honnête sur le bien nommé « Prophets Of Rage » (de Public Enemy), c’est une « Testify » tonitruante qui va nous faire ravaler notre fiel illico. Le quintet virevolte, ces gars-là sont tous des tueurs, on le savait, il fallait simplement qu’ils nous rafraichissent la mémoire. Et le reste sera à l’avenant. En toute logique, les morceaux de Rage mettent le feu et surclassent tous les autres (on va y revenir) mais les interprétations de « Unfuck The World », « Hail To The Chief », « Living On The 110 » ou encore la toute nouvelle « Made With Hate » resteront de très bons moments. Seule l’infâme « Legalize Me » et son effet...

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Pointu Festival (Six-Fours Les Plages, 83), 06 et 07/07/19

Pointu Festival (Six-Fours Les Plages, 83), 06 et 07/07/19

Comment dédaigner un tel programme ? Journée les pieds dans l’eau à sillonner les criques de Six-Fours Les Plages, soirée à se délecter d’une série de concerts alléchants concoctés par le Pointu Festival. Le tout, rappelons-le pour tous les rapiats qui fréquentent ces pages : G R A T O S. Le plus compliqué dans ce genre de week-ends conjugués au plus-que-parfait, pour nous pauvres parisiens, consiste à se rendre sur place. « Compliqué » est certes un bien grand mot mais quand on se réjouit de se procurer un aller à prix correct, la douche froide peut vite arriver. Et, sachez-le, les termes « OuiGo » et « douche froide » vont souvent de pair. Ainsi, bon nombre de laissés-pour-compte se sont retrouvés à faire les 4h de trajet debout ou assis par terre comme des morts de faim (pas nous, rassurez-vous), pour cause de train surbooké. Bien joué les mecs ! Mais vous n’êtes pas venus ici pour lire des papiers qui fustigent le fonctionnement ubuesque de la SNCF, il y a Le Figaro pour ça. Et, comme un guide touristique de Six-Fours Les Plages n’est probablement pas ce que vous êtes venus chercher non plus, on va passer directement à la case concerts. Samedi 6 juillet Le premier jour a dû mettre idéalement en jambes bon nombre de festivaliers avec notamment les teigneux anglais de Slaves, toujours prompts à dégainer leur salve de tubes, et les plus dansants (mais nettement moins réjouissants en ce qui me concerne) Hot Chip. On ne vous en dit pas plus, parce qu’on n’y était pas, travail oblige (pas moi, rassurez-vous). Mon festival commence par Steve Gunn, après avoir manqué mais écouté (et apprécié) d’une oreille Penelope Isles, pour cause de mauvaise coordination avec navette (ou incompréhension de l’arrêt, c’est selon). Steve Gunn, donc, qui tire certes moins vite que Kurt Vile et Kevin Morby, deux ex-acolytes renommés, mais qui a dégainé un bien bel album en ce début d’année et confirme tout le bien qu’on pensait de lui, en toute décontraction, lunettes de soleil de rigueur (pour lui) et bière à la main (pour nous) devant un soleil déclinant. Quelque peu perturbé par les concours de shots et chorégraphies macarenesques à côté de moi, je m’immisce sans peine dans le concert, bien aidé par les perles familières du nouvel album (« Vagabond », « New Moon », « Stonehurst Cowboy »). Une fois le public séduit, le trio se paie même le luxe d’un jam psyché remarquable et d’un final « wah-wahisant/distorsionné » où on s’attendrait presque à voir Steve sortir de ses gonds (prononcez gunns) et péter sa gratte dans son ampli à la fin, m’enfin faut pas déconner...

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J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

J Mascis @ La Maroquinerie (Paris), 06/07/19

“Tu vas voir quoi, ce soir?” “J Mascis.” “Tu ne l’as pas déjà vu 15 fois ?” Pas loin, c’est vrai, si on compte les fois où je l’ai vu avec Dinosaur Jr. Et j’ai dû chroniquer une part conséquente de sa discographie (dont au moins 2 périodes de la vie du groupe). Du coup, on pourrait se poser la question de l’intérêt pour moi de parler d’un énième concert de cet artiste. Si vous avez lu une ou deux des chroniques en question, vous savez que j’adore la musique de Mascis et que chaque fois qu’il sort quelque chose, je fais à peu près la même chronique. Tiens, dans celle d’Elastic Days, je m’interrogeais déjà sur ma légitimité à chroniquer le disque. Alors bon, comment vous convaincre que ce concert de J Mascis était vraiment un excellent concert et que vous y auriez passé un super moment? Déjà, le public semblait conquis, je ne suis donc pas seul enfermé dans mon obsession. Ensuite, le son était cool, même si la fuzz pouvait parfois faire mal aux oreilles, et le prestations bonnes. De plus, J était en forme, se permettant 3 ou 4 mots de plus que “Thank You” entre les morceaux. Enfin, bien que la setlist soit identique sur toutes les dates de la tournée, elle était équilibrée entre tubes (“Little Fury Things”, “Get Me”, The Wagon”…), titres plus pointus habituels de ses concerts solo (“Not You Again”, “Alone”, “Ammaring”…), morceaux de ses derniers albums qui s’incluent très bien avec le reste (“See You At The Movies”, “Everything She Said”…) et un “Blowing It” qui fait plaisir, avec en final deux reprises bien senties (“Just Like Heaven” et “Fade Into You”). Bref, de quoi sortir heureux. Quoi qu’il en soit, on en revient toujours au même point. Soit vous avez du mal avec le personnage, vous n’aimez pas quand les show acoustiques dévient vers du bordel noisy, vous êtes allergique au solos de guitare ou vous avez perdu toute appréciation mélodique suite à un traumatisme quelconque, soit vous auriez passé un putain de bon concert. La musique de J Mascis est suffisamment honnête et sincère pour que vous sachiez exactement à quoi vous attendre, d’autant plus qu’il sait doser entre les morceaux que tout le monde veut entendre et ceux que personne ne connait, et vous savez donc exactement à quoi vous attendre si vous aller le voir. Moi, j’y serai la prochaine fois, Inch’allah. Blackcondorguy Setlist : Thumb (Dino Jr) – Everything She Said – Blowins It (Dino Jr) – Repulsion (Dino Jr) – Little Fury Things (Dino Jr) – Ammaring (J Mascis+The Fog) – Elastic Days – Every Morning – Get Me (Dino Jr) – Drifter/Heal...

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Atmosphere @ La Bellevilloise (Paris), 24/04/19

Atmosphere @ La Bellevilloise (Paris), 24/04/19

© Julien Robin C’est plus fort que nous, on ne peut réfréner une certaine appréhension avant un concert hip hop. Si les bons souvenirs demeurent largement majoritaires, certaines désillusions ont été si fortes qu’elles restent gravées (oui, Onyx on pense à vous) et font ressurgir des échanges de regards incrédules qui signifiaient “euh, c’est vraiment fini là ?“. Avant Atmosphere toutefois, plusieurs éléments étaient de nature à rassurer : le duo a sorti l’an passé un album en tout point remarquable et Slug et Ant sont réputés pour leur professionnalisme et… bon nombre de comparses guillerets sont à mes côtés pour un avant concert des plus animés. La mousse coule à flot, les vannes pourries fusent, les rires sont tonitruants et, cherry on the cake, Slug nous salue (!) lorsqu’il passe devant notre joyeuse troupe au coin de la rue qui abrite deux des meilleures salles parisiennes : la Maroquinerie et la Bellevilloise, où nous nous rendrons.. quelques verres plus tard. Trois premières parties signées Rhymesayers (Dj Keezy, Dem Atlas et The Lioness) ne seront pas de trop puisque sans elle on aurait (encore) été capables de manquer le début. A notre arrivée, les discussions enflammés se poursuivent mais doivent soudain s’interrompre lorsque Slug est accueilli chaudement au sous-sol. Le bonhomme affiche un air décontracté. Une vingtaine d’années à enchainer les concerts, ça rode. Son acolyte Ant est posté derrière ses platines. Un autre DJ dont nous tairons le nom (puisque nous ne le connaissons pas) l’épaule. Le concert débute par “Jerome”, morceau d’ouverture du dernier album, Mi Vida Local, et single redoutable. Le son n’est pas sursaturé par les basses, les instrus aisément reconnaissables et le chant parfaitement intelligible. Bref, certains des écueils récurrents de concerts de rap sont évités. Ça commence bien. D’autant que ce cher “Jerome” n’a pas son pareil pour motiver les troupes. “I’m cool” scande Slug entre deux beats qui claquent. Il l’est, indéniablement. La très offensive “Stopwatch” poursuit sous les meilleurs ensuite auspices ce début de concert copie conforme à celui de l’album. La setlist va survoler la quasi totalité de leur discographie, sans lésiner sur les classiques “Lovelife”, “Fuck You Lucy” et “God Loves Ugly” issu de l’album masterpiece du même nom. Avant “Virgo” et sa boucle de de guitare acoustique immédiatement reconnaissable (très Everlast), Slug déroule un très bon freestyle avec la classe qu’on lui connait, ce qui a le don d’exciter quelque peu un public, il faut bien le dire, un peu trop sage jusque-là. Et quoi de mieux que du tube pour secouer tout ce petit monde ? “Always Coming Back Home To You” et sa somptueuse instru vient alors ouvrir un rappel de folie.  Une fois rejoint par...

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The Young Gods @ La maroquinerie (Paris), 22/03/19

The Young Gods @ La maroquinerie (Paris), 22/03/19

Quand on n’a jamais vu les Young Gods sur scène, que l’on revisite à rebours leur imposante discographie pour rattraper le temps perdu et demeure sidéré par la variété de leur palette, on se demande bien à quoi s’attendre lors de leur passage à la Maroquinerie. Pourtant, au fond, il ne fallait pas chercher bien loin. Leur science du son les précède ? Le son fut prodigieux. Puissant, subtil, précis, terrassant, envoûtant. Prodigieux. Leur dernier album est un bijou downtempo, beaucoup plus axé sur les ambiances que sur la violence sourde des débuts ? Les morceaux interprétés (l’intégralité du disque a été joué) furent d’une folle intensité, emprisonnant tout l’auditoire dans un voyage hors du temps. Un voyage dont personne n’oubliera le fabuleux enchaînement “Tear Up The Red Sky”- “All My Skin Standing”, aux atmosphères dub, tribales puis aux fulgurances indus, comme si Trent Reznor était sorti de la pénombre d’un coup d’un seul. Ce n’était pas lui mais bien Franz Treichler, l’un de ses maitres qui, habité tout du long tel un chaman en transe, sera même parvenu à se sortir du terrible traquenard de la déstructurée au possible “Moon Above”, qui ressemblait presque à une chanson ce soir-là, même avant que son harmonica ne retentisse et fasse frissonner les premiers rangs. Après nous avoir fait décoller très haut et négocié brillamment quelques secousses, après avoir transfiguré avec une classe folle le classique et furieux “Envoyé” en un récital tribal électro hardcore de 10 minutes, les Young Gods se sont chargés de répondre à l’une des dernières questions qui trottaient initialement dans notre esprit : toujours jeunes et fringants quand il s’agit de revenir sur leurs années folles ? Notre insolense fut balayée, terrassée par une fureur divine. La Maroquinerie s’est alors muée en fournaise irrespirable. Chacun, cheveux grisonnants ou non (oui, en grande majorité), s’entrechoquant joyeusement, savourant des retrouvailles avec quelques monuments d’antan (“Kissing The Sun”, “Gasoline Man”, “Skinflowers”). Initialement peuplée d’admirateurs extatiques, la salle n’était plus qu’une fosse aux lions à qui on aurait jeté du bœuf Kobe. Jeff Gilbert, journaliste de The Rocket, a dit un jour à propos de Nirvana “comment font trois mecs pour sonner comme s’ils étaient neuf ?“. La question se pose ici, et on aimerait ajouter comment une seule guitare, un sampler et une batterie produisent un tel raffut ? Comment Bernard Trontin fait-il pour accoupler à merveille ses parties de batterie aux machines domptées par Cesare Pizzi, au point qu’on ne sache plus tout à fait qui joue quoi (mais on n’en a sacrément rien à foutre tant on prend notre pied) ? On a donc eu les réponses aux questions qu’on se posait avant la soirée, mais de...

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The Lemonheads @ Gibus (Paris), 10/03/19

The Lemonheads @ Gibus (Paris), 10/03/19

© Philippe Midy Ça aurait pu être le concert de l’année. En arrivant malheureusement un peu trop tard pour voir le début de la prestation de Karl Larsson de Last Days of April, j’entends dès ma descente des marches qui donnent l’accès au Gibus, dans une ruelle isolée de la rue du Faubourg du Temple, une guitare douce et chaleureuse. Hormis le contraste flagrant entre le décor et la musique, je suis surtout pris d’une hésitation ; serais-je arrivé plus tard que je ne le croyais, tant cette guitare m’évoque celle d’Evan Dando dans ses phases acoustiques ? Heureusement, la voix lève mes doutes, il s’agit bien d’un autre artiste. Néanmoins, la cohérence de la programmation est évidente, on ne peut donc être ni dépaysé, ni déçu, lorsque comme moi on découvre Larsson dans ce contexte et cette configuration. © Philippe Midy Ceci dit, c’est bien pour le groupe de Boston que je me suis déplacé, et si la première partie remplit parfaitement son office, je suis impatient de retrouver les Lemonheads qui n’avaient pas joué en France en groupe depuis 2012. Et qui m’avaient un peu laissés sur ma faim, d’ailleurs, puisque le concert s’était terminé de façon abrupte, sans rappel ni explication, car Dando “ne se sentait pas bien” selon le batteur à qui j’avais posé la question pendant qu’il rangeait son matos. Là, ça débute très bien ; le chanteur prend sa guitare acoustique et s’installe avec Larsson pour entamer une reprise (magnifiquement interprétée) de Last Days Of April. Puis le groupe se joint à eux pour enchainer sur une version électrique, cette fois, de “Down About It”. Alors s’enchainent les titres du groupe, tous excellents, et les reprises, qui ne dépareillent pas vraiment. L’interprétation est sans faille, l’ambiance alterne entre ballades, country électrifiée, pur indie rock et punk sans jamais se déparer de l’identité propre des Lemonheads. C’est vraiment la marque d’un grand groupe, et chaque morceau nous rappelle combien leur répertoire est riche en tueries. Avec tout ça, pourquoi le conditionnel passé de ma phrase d’introduction ? Et bien, c’est tout le côté frustrant de ce concert. Après un tonitruant “Stove” en groupe et un très touchant “The Outdoor Type” acoustique simplement accompagné de Chris Brokaw (car oui, ce concert était l’occasion de voir deux légendes de l’indie rock des années 90), Dando quitte la scène et un public bouillonnant avec un discret “thank you” pour ne jamais revenir. Et qu’on soit bien clairs, j’étais ravi d’entendre les 21 morceaux qui ont été joués ce soir, et je peux comprendre qu’une tournée de 3 semaines, dont c’était la dernière date, est éprouvante, qu’on puisse se sentir fatigué même quand on est une légende de...

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5 chansons, 5 disques par Mudhoney

5 chansons, 5 disques par Mudhoney

Il y a trois ans, l’un d’entre nous rencontrait Mudhoney pour la première fois, au cours d’un échange vif et passionné. Une expérience restée gravée. Car rencontrer Mudhoney pour une interview, c’est un vrai rêve de fan. Non pas que le groupe soit particulièrement inaccessible, on ne compte pas les photos de gens qui ont pu les croiser aux abords de leurs concerts, mais ils ne passent pas si souvent par chez nous et quand on n’a jamais vraiment eu l’occasion de discuter avec eux, c’est un moment assez énorme. Surtout quand, l’interview ayant un peu de retard, on a l’occasion de profiter des balances, quasiment seuls dans la salle. Seule petite déception, le chanteur Mark Arm ne sera pas de la partie, laissant la corvée des relations publiques au guitariste Steve Turner et au bassiste Guy Maddison. Déception vite envolée quand les deux répondent avec franchise, humour et sympathie (et un accent australien pas toujours facile à comprendre pour nous pauvres frenchies, en ce qui concerne Maddison) à nos questions sur 5 de leurs chansons.  © Emily Rieman Mudride (Superfuzz Bigmuff EP, 1988) Steve Turner : C’est une de nos plus vieilles chansons. On l’a écrite assez tôt. Il y avait carrément du Spacemen 3 et du 13th Floor Elevators dans nos inspirations pour ce morceau, je dirais.Guy Maddison : C’est comme ça que ça sonne ! (rires)ST : C’était marrant d’avoir un morceau plus lent pour se lâcher au début du groupe. On la fait encore, parfois, mais ça prend du temps pour l’amener à sonner comme il faut. Je pense qu’il faut la jouer souvent pour qu’elle sonne bien. GM : Oui, elle a un groove particulier sur lequel il faut qu’on se cale pour qu’elle sonne comme elle devrait. Je trouve qu’elle ressort de l’EP. C’était voulu ?ST : Non…C’est sur Superfuzz ? (Je confirme) Ben, on avait déjà « If I Think » qui était plus lente. Oui, mais sur celle-ci on sent du Black Sabbath sur les bords.ST : Nous, on pensait faire du psychédélique. Mais bon, j’en sais rien. On avait plus de chansons que les 6 qu’on a sorties sur Superfuzz. On a choisi un groupe de chansons variées, tu vois. Selon nous ! (rires) Cette question était plutôt destinée à Mark Arm, puisque c’est lui qui écrit les paroles, mais ça parlait de quelque chose en particulier ?ST : Il ne saurait pas répondre non plus à cette question ! (rires)Non, je crois qu’il ne parlait pas de quelque chose en particulier, il cherchait à évoquer des images. Nos plus vieilles chansons sont un peu plus brutes. Je n’ai jamais vraiment eu une idée précise de ce dont parlait ce morceau. GM : Souvent, Mark écrit des choses et il...

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ExitMusik for a night : It It Anita + Equipe de Foot + Emboe. La soirée en vidéo !

ExitMusik for a night : It It Anita + Equipe de Foot + Emboe. La soirée en vidéo !

  On ne pouvait pas rêver mieux. Une salle quasi comble, un public déchainé et trois groupes qui, chacun à leur manière, auront donné le change. Un set noisy ambiant totalement envoûtant pour Emboe, un savoureux cocktail mélodique et musclé proposé par le duo d’Equipe de Foot et un final complètement hystérique offert par les belges d’It It Anita qui a plongé le Klub dans le chaos le plus total. L’équipe d’ExitMusik s’en est donnée à cœur joie, slammant plus souvent qu’à son tour, investissant la scène à maintes reprises, hurlant des conneries dès que l’occasion se présentait. Chacun aura donné le meilleur de lui-même et le lendemain, malgré des douleurs persistantes aux articulations et des bleus un peu partout, les souvenirs se bousculaient dans nos esprits et l’envie de revivre une telle fête revenait avec insistance. En attendant notre prochaine sauterie, on vous propose, grâce aux vidéos de No More Return, de revivre les trois concerts en intégralité. Bien au chaud et au calme, le sourire aux lèvres ! Emboe 12/11/18 Paris, Le Klub from NO MORE RETURN on Vimeo. Equipe de Foot 12/11/18 Paris, Le Klub from NO MORE RETURN on Vimeo. It It Anita 12/11/18 Paris, Le Klub from NO MORE RETURN on Vimeo.   VOIR LE REPORT EN PHOTOS DE LA SOIRÉE BIRTH OF JOY + WONDERFLU + THE BLIND SUNS DE L’ANNÉE...

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Mad Cool (Madrid, Espagne), du 12 au 14/07/18

Mad Cool (Madrid, Espagne), du 12 au 14/07/18

Au départ, on croyait qu’on allait assister au meilleur festival du monde, à la fin du premier jour on s’est dit que c’était en fait le pire festoche de la terre. Et au bout de trois jours, on s’est dit qu’on avait quand même passé un putain de bon moment dans ce festival de connards. Que s’est-il passé entre temps ? On vous explique. Tout a commencé par Pearl Jam. Evidemment. Fin 2017, les dates de tournée européennes tombent. La France est sur le carreau, comme d’hab. On cherche des solutions de remplacement. Parmi les festivals où ils jouent, le Mad Cool. Inconnu au bataillon. Mais le line-up est dingue, on n’a pas vu un truc pareil depuis Woodstock 69 (ou Primavera 2016, pour remonter un peu moins loin…) ! On sort la carte de crédit, le banquier fait la gueule, on l’emmerde. S’il veut se morfondre à son guichet tout l’été c’est son problème, nous on a décidé de profiter de la vie. Jeudi 12 juillet Après avoir compté les mois, puis les jours nous rapprochant de la date fatidique, nous y sommes. Sortie de métro, et là une queue comme on n’en a jamais vue (je vous préviens, je ne ferai aucun jeu de mot vaseux, vous valez mieux que ça). On marche pendant 15-20 minutes pour prendre place au bout de ladite queue et on poireaute. Sous 35°, sinon c’est pas drôle. La raison de ce calvaire ? Le festival n’est pas encore ouvert, alors que les premiers groupes jouent dans moins d’une heure… Une heure plus tard (adieu le concert de Slaves…), on pense arriver au festival et non, il faut encore marcher un bon quart d’heure… puis refaire la queue. Une heure de plus en plein cagnard, tout ça pour récupérer un bracelet qu’on a eu la malchance de ne jamais recevoir alors qu’on avait payé des frais d’envoi… En termes d’amateurisme, ça frôle le génie. On finit par rentrer dans ce maudit festival, un brin énervés. Besoin d’une grosse bière. Qui dit grosse bière dit nouvelle queue interminable. Si on a loupé l’intégralité de Slaves, il nous reste une bonne moitié de Eels à voir. Enfin, à écouter d’une oreille pendant qu’on fait la queue. On déboule sur « That Look You Give That Guy », le morceau qui plait même aux midinettes. Il nous plait aussi, c’est toujours joli à entendre. La voix de E a ce grain particulier très plaisant qui le fait passer aisément de rock gentiment burné (« Prizefighter », « Souljacker, Part 1 », « I Like Birds » péchu en diable) aux ballades mélancoliques (« My Beloved Monster », « Fresh Blood »). Grand ouf de soulagement, E ne pioche qu’avec parcimonie dans son dernier disque (« You Are The...

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Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Pearl Jam @ O2 Arena (Prague, République Tchèque), 01/07/18

Comme un camé en manque, j’ai besoin à intervalles réguliers de ma dose de concerts de Pearl Jam. Et comme tout bon dealer qui se respecte, ces derniers, bien conscients du nombre conséquent de junkies qui les suit aveuglément, augmentent les tarifs jusqu’à atteindre des niveaux indécents. Comme un camé en manque, j’ai donc (c)raqué pour avoir ma dose et j’en ai pris trois plutôt qu’une (on y reviendra, peut-être). A commencer par Prague. Avec un raisonnement simple, ils n’y vont pas souvent donc ils vont nous mettre cher. Et accessoirement, Prague est une très belle ville. Et pas chère avec ça. A l’exception des concerts de Pearl Jam, cela va de soi. Après avoir bien rigolé devant l’élimination des espingouins à la coupe du monde en enquillant quelques pintes, on jette un coup d’œil furtif au merch et constate qu’il ne reste que : des t-shirts moches, des portes-clés affreux, des paires de chaussettes hideuses. On a beau être des camés en manque, on ne nous y prendra pas. On s’enfile une ou deux grosses saucisses (aaah la gastronomie tchèque), on discute avec des Français camés comme nous et on prend place dans le gigantesque O2 Arena. Situés à environ 14 kms de la scène, la vue est imprenable. Et lorsque les meilleurs dealers de Seattle déboulent, on a d’emblée le souffle coupé par le son. Net, puissant, les frissons ne sont déjà pas loin. Mike McCready a fait péter son archet et le groupe de dégainer le meilleur morceau du dernier album, « Pendulum ». Ed Ved est en voix, nous sommes en joie. Le démarrage en douceur (et en beauté) se poursuit avec « Nothingman » avant que le groupe ne passe la surmultipliée. « Corduroy ». RAS. Personne ne bouge, ni à côté ni derrière nous. On échange un regard, la décision est prise : on laisse ces gros nazes profiter de leur pièce de théâtre et on va s’exciter comme des demeurés sur le côté, entre deux escaliers et derrière une vitre. Qu’importe, nous voilà libres de nos mouvements et de l’autre côté de la vitre, Pearl Jam balance du lourd et du speed sans discontinuer. Summum des réjouissances : « Brain Of J. » et son riff infernal, la sombre et poisseuse « Tremor Christ », invités surprises et de marque. On ne boudera pas non plus notre plaisir sur l’intense « Dissident » (dédié à Václav Havel) et on n’osera même pas cracher sur « Lightning Bolt » (issu du dernier album du même nom), loin d’être un chef-d’œuvre mais qui, si bien entouré, passe comme une lettre à la poste. Suivent de gros classiques – que dis-je, des hymnes – de Ten, l’inévitable « Even Flow » (lourdingue sur disque, toujours tonitruante en live. Merci Mike) et...

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