Interview – Woods

Interview – Woods

Cela fait désormais quelques temps que Woods s’est emparé du titre de fournisseur officiel de petites douceurs à savourer l’été. Le dernier album, City Sun Eater In The River Of Light, ne déroge pas à la règle. Le mois dernier, Woods tenait à nous prouver qu’il n’a rien perdu de son penchant pour le psychédélisme, partageant avec Psychic Ills, Night Beats et Jacco Gardner la superbe affiche du Paris Psych Fest. L’occasion pour nous, après nous être extirpés des pogos provoqués par le concert – encore une fois enflammé – des Night Beats, d’échanger longuement avec Jarvis Taveniere, guitariste de Woods. Lequel s’est inquiété de trop partir dans de longs blabla. Mais nous on aime bien le blabla.   « Refaire un album comme With Light And With Love, ça aurait simplement été ennuyeux, on se serait senti trop restreints et je ne pouvais pas imaginer un futur pour le groupe. »   Je trouve qu’il y a beaucoup d’influences reggae sur votre dernier album. D’où ça vient, vous en avez écoutez beaucoup durant la période où vous enregistriez ? Pas plus que d’habitude. On voulait simplement prendre du plaisir en jouant, ça a toujours été notre mission chez Woods. Ne pas s’arrêter à quelque chose en particulier, essayer ce qu’on veut. Il n’y a jamais de discussion sur quel genre de chansons on veut essayer de faire, avec une décision ferme à la clé. Chaque idée qu’on a, que ce soit du reggae ou un truc un peu jazzy… On voulait simplement s’amuser, se montrer créatifs. Mais ça fait partie de nos influences. On a aussi beaucoup joué notre album précédent, With Light And With Love, pendant deux ans d’affilée. On voulait sortir de ce type de morceaux, on se disait « wow je ne veux pas jouer de morceaux similaires le reste de ma vie ou le reste de la carrière du groupe ». Donc on a surtout cherché à se démarquer de ça.   Et en l’occurrence je trouve que ce genre de musique colle très bien avec la voix de Jeremy Earle. Oui moi aussi !   Mais ce n’était pas calculé pour autant, c’est simplement ce qui est arrivé. Non. On voulait simplement élargir notre champ des possibles. On ne se limite pas à des éléments folk, beaucoup de groupes n’explorent pas suffisamment les différents styles de musique. On voulait simplement déployer nos ailes. C’est aussi simple que ça. Et personnellement j’ai été un peu influencé par d’autres groupes que j’ai vu qui étaient un peu dans la même catégorie que Woods. Je n’ai pas vraiment écouté ou joué d’autres genres de musique, mais ça aurait simplement été ennuyeux, on se serait senti trop restreint et je ne pouvais...

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Interview – Dilly Dally

Interview – Dilly Dally

Deux femmes, deux mecs, tous canadiens. Un premier album qui rentre bien dans le chou et dans les têtes. Ils nous plaisent bien les Dilly Dally. Début juin, ils étaient parmi les premiers à ouvrir le festival This Is Not A Love Song. Peu de temps avant, on les a rencontrés durant un petit quart d’heure. Le temps d’une interview totalement immature.   Vous avez jeté un œil à la programmation du festival ? Il y a d’excellents groupes ! Katie Monks (guitare, chant) : oui, on adore la programmation de ce festival. Vraiment à part. Liz Ball (guitare) : oui et on connait quelques personnes.   Comme les mecs de METZ ? Liz : oui METZ et Weaves sont de Toronto. Ce sont des amis.   Vous allez avoir le temps de profiter du festival ou ce sera juste « vous jouez, vous rentrez » ? Katie : Oui on va pouvoir profiter de tout le festival et c’est vraiment bien et spécial parce que généralement quand tu joues dans un festival, c’est super rapide, t’y vas, tu fais un peu de presse, tu joues et tu repars. Parce que t’es en tournée ou je ne sais quoi… Là c’est vraiment particulier, on va pouvoir passer les prochains jours ici, sauf Ben qui doit aller à un mariage, ou qui est excité d’aller à un mariage…   Alors Ben t’es content d’y aller ? Ben Reinhartz (batterie) (l’air blasé) : ouais mec, le mariage ! (pouces en l’air)   Pas tant que ça (rires) ! Ben : ouais tu sais ce que c’est. Je suis content pour tout ceux qui sont concernés. Mes amis et mon groupe vont voir de supers groupes, mon pote va épouser l’amour de sa vie. Tout le monde est content !   Ouais ! Ben : sauf moi, je ne serai jamais heureux. (Les autres se marrent) Katie : il pleure…   Ne pleure pas tout de suite, après le concert ! Ben : oui je pleurerai après le concert (rires).   Garde des forces ! Katie (pleurnichant et imitant Ben) : pourquoi ça m’arrive à moi ?   Katie et Liz, vous vous connaissez depuis que vous avez 14 ans. J’imagine que vous avez toutes les deux beaucoup changé depuis, même vos goûts musicaux ont dû bien évoluer… Liz : j’espère !   Comment c’est de se connaître depuis si longtemps et d’être toujours ensemble aujourd’hui ? Liz : c’est comme la famille ! Katie : oh, maintenant c’est moi qui vais pleurer…   Quand je vois vos posts sur Instagram (d’ailleurs vous avez plein de chats fans de votre groupe !)… Katie : ouiiii, plein de chats fans.   … ou le clip de...

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Interview – The Flamin’ Groovies

Interview – The Flamin’ Groovies

C’est par une fraîche soirée ce 29 avril 2016 que je pars au Petit Bain, confiant dans mon destin… Je suis seul ce soir, mal équipé techniquement, pas trop d’humeur sociale mais… je veux et je vais interviewer les Flamin’ Groovies ce soir ! Je les écoute depuis suffisamment longtemps, j’ai tellement maté les pochettes de Flamingo et Teenage Head, ce dernier ayant été mon vinyle de chevet pendant un certain temps… que je ne pouvais pas manquer l’occasion. J’avance à pas feutrés… petit échange avant le concert avec le batteur, Victor, il semble se souvenir de notre conversation de l’année dernière au Trabendo et est prêt à jouer l’entremetteur, même s’il m’avoue que l’ambiance est pourrie (rhume généralisé, ex-épouse qui débarque, etc). Le concert, rien à redire, toujours jouissif, sauf que toujours pas de Roy Loney à l’horizon, il n’a fait que quelques dates avant de faire face à un souci de passeport… Ce sera donc en format « Sire Records » qu’ils officieront. Bon. Alors bon voilà, passé le concert, je prends mon mal en patience et soudain, je me retrouve dans une pièce de 5 m² avec l’essentiel des Groovies : Cyril Jordan, George Alexander et Victor Penalosa. Les 2-3 fans admis backstage disparaîtront rapidement ainsi que le roadie, je me retrouve donc juste avec eux et Chris Wilson, tout bourré, fera des entrées et des sorties… Mon grand moment est là, je la joue cool et je ne pense surtout pas que les mecs sur ces pochettes époque Kama Sutra Records que j’ai tant aimées sont là, à m’appeler « Manuel » et à répondre à mes questions griffonnées sur un bout de papier… Mes amis, je vous le dis, ces mecs-là sont au top, passionnés, accessibles, humains, sans fausse modestie… Le genre de mecs dont on se dit que, tant qu’ils sont là, tout va bien… Mes amis, les Flamin’ Groovies version 2016 !!! ENGLISH VERSION BELOW   Cyril, je t’ai vu jouer plusieurs fois récemment et tu as toujours l’air très heureux sur scène. Il semblerait que cette reformation ait été la meilleure idée possible…   Cyril Jordan (guitare-chant) : oui, tu as raison. Il faut dire qu’on était des amis très proches il y a 35 ans et on s’est remis ensemble il y a 3 ans et c’est comme s’il ne s’était rien passé entre temps. Comme si c’était le lendemain de notre séparation en 1980. Pour des mecs comme nous, c’est un privilège de jouer de la musique devant des gens qui nous aiment.   Comment les choses ont évolué durant ces trois ans ? CJ : de mieux en mieux ! On est très au point maintenant ; tu ne peux être aussi...

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Interview – J.C. Satàn

Interview – J.C. Satàn

Villette Sonique, samedi 28 mai. J.C. Satàn doit jouer en plein air dans l’après-midi, il tombe des trombes d’eau. À tel point que le concert est incertain. Il sera maintenu et auparavant on se réfugie avec le groupe dans leur van, juste avant qu’ils attaquent leurs balances. Interview. Je crois que vous êtres un groupe qui n’a pas volé sa réputation de groupe de scène, parfois usurpée. On sent que sur scène vous vous lâchez complètement. Quand vous composez vous avez déjà hâte d’y être, vous visualisez la façon dont vos morceaux vont évoluer ? Dorian (claviers) : on le prévoit pas forcément, mais en entendant le morceau on se projette un peu, oui. Arthur (guitare,chant) : des fois je me dis « celui-là il pourrait bien envoyer sur scène », mais ça va pas plus loin que ça. On sait pas trop ce que ça donnera sur scène. Vu qu’on refait les morceaux tous ensemble – moi je les écris, on enregistre avec Dorian -, on sait pas trop ce que ça va donner souvent. Des fois on se demande si certains passages vont pas complètement changer, c’est pas prévisible. Mais on sait que quoiqu’il arrive, même une espèce de ballade, on finit par envoyer. Romain (batterie) : y a toujours des morceaux, on sait qu’ils vont marcher, d’autres on les teste et des fois ça marche pas et on les fait pas…   Je pensais à un morceau comme « Waiting For You » qui paraît assez tranquillou sur album et qui explose complètement sur scène… Arthur : t’as « I Will Kill You Tonight » sur album qu’on joue pas. Paula (chant) (à Arthur) : quand t’as enregistré « Waiting For You » tu pensais pas que ça rendrait quelque chose comme ça sur scène. Arthur : pas du tout, non. Je pensais même pas qu’on pourrait le jouer.   Parce que toi t’écris la majorité des morceaux, et derrière vous vous retrouvez tous ensemble et vous les rebossez, c’est ça ? Arthur : ouais. Moi j’écris la logique en gros, Paula écrit tous les textes. Avec Dorian on enregistre et tous ensemble après on voit comment ça marche. Dorian : on les répète qu’après. Arthur : oui, c’est vraiment deux façons complètement différentes de fonctionner. C’est un peu deux groupes. La scène c’est quand même le plus…   Ce qui vous éclate le plus, et puis déjà vous êtes tous ensemble. Sur le dernier album, il y a un côté un peu moins « chien fou », je dirais. D’ailleurs le premier morceau « Satan II » est trompeur parce qu’ultra bourrin par rapport au reste. L’idée c’était d’évacuer ce côté-là pour après développer d’autres choses ? Arthur : un peu. C’est pas si réfléchi que ça mais...

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Interview – Minor Victories

Interview – Minor Victories

Nouveau supergroupe rassemblant Justin Lockey (Editors), Rachel Goswell (Slowdive), Stuart Braithwaite (Mogwai) et James Lockey (Hand Held Cine Club), Minor Victories publiera dans quelques jours son premier album avant d’effectuer quelques dates dans des festivals (La Route du Rock pour commencer). Justin et Rachel étaient de passage à Paris le mois dernier, l’occasion était belle pour discuter de leur nouvelle aventure. Interview.   « L’album était terminé, on avait signé notre contrat avec le label avant de se retrouver pour la première fois tous ensemble dans la même pièce. »   Vous pouvez nous raconter comment s’est formé ce groupe ? Il semble que c’était une route longue et tortueuse, non ? Justin Lockey : je ne dirais pas tortueuse. Ce fut simplement au bout de longs et très différents épisodes. Ça a commencé quand j’ai proposé à Rachel de faire de la musique avec moi. Car on a le même manager, on lançait simplement comme ça quelques idées… (Rachel se sert un verre d’eau) Justin : à la tienne, camarade ! (Rires) Ça a commencé vraiment simplement, entre moi et Rachel. Je lui ai envoyé quelques idées, elle a chanté sur une d’entre elles. Rachel Goswell : c’était « Out To Sea » la première. Justin : ensuite on n’a rien fait pendant quelques mois parce qu’Editors voulait faire un album, et Rachel devait chanter sur notre albuuuum, et quand Rachel est arrivé on a décidé de finir notre albuuuum. (il insiste bien sur chaque « recooord »/album, Rachel se marre). Du temps s’est écoulé, Rachel était en répétitions avec Slowdive et elle m’a envoyé un texto bourrée « quand est-ce qu’on finit cet album ? » et je lui ai dit « ouais finissons ce disque ! Il faut trouver quelqu’un pour jouer de la guitare et le reste. » Elle a fait plusieurs festivals avec Mogwai cette année-là, donc elle m’a proposé Stuart (Braithwaite, le guitariste). Il nous a dit qu’il adorerait. J’ai ramené mon frère, un bassiste brillant qui joue aussi de la batterie. Voilà c’est à peu près comme ça qu’on a commencé à faire ce disque.   Le truc bizarre dans cette histoire c’est que vous avez mis beaucoup de temps avant de vous rencontrer, vous n’avez jamais travaillé en studio ensemble. J’imagine que c’est la première fois que vous travaillez de cette façon ?  Justin : L’album était terminé, on avait signé notre contrat avec le label avant de se retrouver pour la première fois tous ensemble dans la même pièce. C’est arrivé en mars cette année. Rachel : oui c’est un peu bizarre. Justin : c’est très bizarre oui mais… On a fait ça de façon très décontractée, on ne s’est pas mis la pression pour ce disque. On savait ce qu’on...

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Interview – François Corbier

Interview – François Corbier

Si vous fréquentez régulièrement notre site, vous savez que nous adorons la musique des années 90. Alors, légitimement, en voyant Corbier interviewé par nos soins, vous vous dites que finalement, nous sombrons nous aussi dans la nostalgie en vogue, à regretter la Megadrive, Sauvé par le Gong et les pogs, Denver le dernier dinosaure, 2 Unlimited et le tamtam, Benny B, la k7 audio et le Club Dorothée. Et bien même pas ! Bon, on appréciera toujours de se faire un petit Streets Of Rage entre amis, on reste des gens civilisés, mais pour le reste, quand un truc était clairement mauvais, pourquoi le regretter ? (dans tes dents, la k7 audio !) Être nostalgique, c’est trop souvent oublier qu’on s’emmerdait autant à l’époque qu’aujourd’hui, et ça, c’est le principal intéressé qui le dit. Car oui, Corbier n’est pas un nostalgique, Corbier n’est pas un personnage perdu dans le passé, même s’il rend honneur à ceux qui l’ont inspiré, Corbier n’est pas un chanteur pour enfants, et Corbier n’est d’ailleurs même pas Corbier. Son véritable pseudonyme, celui qu’il a pris dès le départ et qu’il a repris après son passage à la télé histoire de prendre un peu ses distances, c’est François Corbier. Directement inspiré du véritable nom du poète François Villon, histoire de clouer le bec à ceux qui pensaient qu’un des acteurs du Club Dorothée ne devait pas avoir beaucoup de culture. François Corbier est un chansonnier (c’est comme ça qu’il faut dire) prolifique et talentueux, qui a sorti 6 albums en 15 ans (déjà !) depuis la fin du Club Dorothée, et qui a retrouvé ses premières amours, la chanson à texte, drôle et engagée. Histoire de casser un peu les préjugés que vous pouvez avoir sur le personnage, vous pouvez vous écouter ses disques. Nous, on s’est dit que ce serait pas mal de lui donner la parole… « On ne peut pas faire la révolution avec une chanson, ça peut aider les révolutionnaires à se sentir heureux, mais c’est pas une chanson qui va révolutionner le monde. » Votre frère est comédien et vous chanteur. Êtes-vous né dans une famille d’artiste ou ces vocations sont-elles venues par hasard ? Tout à fait par hasard. Nous sommes orphelins de père, moi j’avais deux ans quand mon père est mort et s’il chantait, c’était tout à fait en amateur. Et ma mère n’a jamais eu de profession artistique.   Comment êtes-vous arrivé à la chanson ? Ça s’est fait d’une façon un peu cocasse. C’était la mode des chanteurs à guitare, avant les guitares électriques, et mon frangin s’était acheté une guitare au moment de partir faire son service militaire en Algérie. Et lorsqu’il est arrivé au Fort...

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Interview – Troy Von Balthazar

Interview – Troy Von Balthazar

Le dernier album de Troy Von Balthazar, d’une sincérité absolue, nous avait enchanté. Et, ce n’est pas une surprise, l’homme est à l’image de sa musique. Il se livre avec une honnêteté totale et souvent touchante. Interview d’un artiste au sens noble du terme.   Tu joues beaucoup de concerts en France, tu as enregistré une partie de ton album dans le sud de la France… Tu as une connexion particulière avec ce pays ? J’ai beaucoup d’amis ici. Je suis beaucoup venu depuis plus de 10 ans. Certains de mes meilleurs amis sont d’ici. Donc même pour les vacances, j’aime venir en France. J’ai des amis à Rennes, Marseille, Paris. Oui, je ressens une connexion avec la France, bien sûr.   Et tu parles français ? Je comprends de plus en plus mais j’habite à Berlin donc… c’est très différent. Mais généralement quand des gens parlent je comprends, je suis juste un peu timide pour parler.   Tu as récemment joué quelques concerts privés, j’adore l’idée ! D’où ça t’est venu et comment ça se passe ? D’où ça m’est venu, bonne question… (Il réfléchit)   De ton esprit ! Je ne sais plus… Mais ça marche très bien avec ma musique car elle est très intimiste. J’en ai joué un hier à Paris. C’est vraiment un concert très privé, imagine une petite pièce dans l’appartement de quelqu’un, on fait une mise en place très simpliste… et je joue. Et ça marche ! Ça marche avec ma musique car ce n’est pas une musique agressive, c’est doux et tu peux vraiment entendre et voir tous les détails, ce qui peut être effrayant pour moi mais en fait j’aime beaucoup faire ça.   Tu joues devant combien de personnes environ ? Il peut y avoir 25, 50 personnes. Ou 10. Et généralement ils sont dans un bon état d’esprit car c’est souvent pour une fête ou pour célébrer quelque chose. Donc il y a de la nourriture, des gens agréables, de bonne humeur. C’était vraiment très sympa. Et je ne ressens pas de pression, parce qu’il y a 15 personnes alors… C’est cool, je suis relax, je joue de la musique, j’essaie des trucs, j’expérimente…   Ils n’ont pas de demande particulière, genre « ok je m’occupe de la setlist ». Ils ne te demandent pas de jouer du Chokebore ou des reprises ? Non, tout le monde a été très respectueux et cool. Non, je ne saurais même pas jouer de Chokebore ou de reprises (rires).   A propos du nouvel album justement, il est toujours très lo-fi, minimaliste, tu n’es pas encore prêt à revenir à quelque chose de plus rock ? Non. Je l’ai enregistré dans mon appartement...

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Interview – Digitalism

Interview – Digitalism

Simple, sexy et efficace, c’était à peu près l’ambiance de l’interview de Jens “Jence” Moelle, moitié du duo electrik de Digitalism. C’est dans un hôtel cosy et atypique du 9ème arrondissement de Paris qu’il me donne rendez-vous, un mur de couvertures du magazine LUI rend l’interview beaucoup plus décontracte. Après Idealism en 2007, premier album aux sons graves et très electro, I love you Dude plutôt electro-rock, Digitalism nous présente Mirage l’album de la maturité dont la sortie est prévue le 13 mai 2016, 5 ans après son prédécesseur. « On n’a pas mis 5 ans à le faire bien sûr ! C’est toujours très difficile de se dire : « allez, asseyons-nous et composons un album ». Ce n’était pas vraiment une priorité, on a fait pas mal de concerts, vécu des expériences enrichissantes… C’était difficile de s’y mettre plus tôt ! » Trois titres (« Utopia », « Battlecry », « The ISM ») sont déjà sortis, dans une relative discrétion. Des styles très différents qui donnent le ton de Mirage, un troisième album qui sort de nulle part et de partout à la fois. Avec des sons très colorés, éclectiques, et très souvent complexes, ils nous emportent dans leur monde audacieux et mélodieux. « C’est un peu la BO de notre monde » « Chaque titre a une histoire, on essaie au maximum de capturer des clichés de notre vie au quotidien, cela nous permet de nous évader une fois en studio et c’est très bon pour la créativité » nous dit Jence. Cet amoureux d’Ennio Morricone a des goûts plutôt divers et variés en matière de musique. En grandissant dans les années 80, difficile de ne pas s’en inspirer. Il avoue écouter de la musique française sur Spotify, avoir étonnamment beaucoup apprécié le dernier album de Kanye West et être complètement fan de Tame Impala ! Et comme on le comprend ! Peut-être une future collaboration, qui sait ? Des collaborations il y en a sur Mirage, « le titre « Battlecry » est en collaboration avec Anthony Rossomando, ancien membre du groupe anglais Dirty Pretty Things et des Libertines, qui a prêté sa belle voix sexy ! On était très heureux de cette collaboration mais ce n’était pas la plus atypique. Sur notre tournée 2014, notre chauffeur de bus s’est prêté au jeu pour rire, c’était tellement bien qu’on l’a gardé sur le titre « The ISM » de l’album et il est ravi ! » Le message de l’album ? « Un monde fantastique dans lequel chacun peut imaginer ce qu’il veut. On veut qu’il inspire les gens et les emmène dans un monde « fantasmique », un mélange de fantastique, de fantasme et de cosmique. » L’album regroupe plusieurs titres (« Mirage », « Utopia »…) aux consonances éphémères et ce n’est pas un hasard. « Quand on écoute l’album, on se dit : ça paraît réel mais en fait c’est un monde...

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Interview – Saul Williams

Interview – Saul Williams

C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de rencontrer Saul Williams. Et en ce dimanche 27 mars, jour d’un concert à La Manufacture 111 (Paris), j’ai craint que l’opportunité ne me passe sous le nez. Des balances qui s’éternisent, l’heure du show qui se rapproche dangereusement et une interview finalement reportée à l’après-concert… Mais le poète, rappeur, slammeur, acteur, activiste, écrivain (ça va ou je continue ?), auteur d’un dernier album très convaincant, est un homme de parole. Et, bien que légitimement éreinté par un concert d’une intensité folle, il a continué à donner, à se livrer sans filtre mais avec passion. Interview d’un homme qui rappe plus vite que son ombre mais qui, face à un interlocuteur, pose le jeu.   « La politique ? Je pourrais peut-être y songer à nouveau quand j’aurai 70 ans. »    Je t’ai vu jouer à l’Elysee Montmartre il y a 11 ans et j’avais été très impressionné, presque hypnotisé par ton charisme, ta présence scénique. J’avais l’impression que tu étais quasiment en transe par moments… Tu arrives vraiment à te retrouver dans ce genre d’état ou tu es juste un très bon acteur ? C’est toujours le but. C’est ce qui m’intéresse quand je suis sur scène, ou même quand je joue dans un film. Le moment idéal c’est quand tu oublies que tu joues. Tu deviens le personnage. Tu as pas mal de choses en tête durant un concert, mais avec un peu de chance tu parviens à oublier tout ça parce que tu es dans ton truc (« in the zone »). Et sur scène, tu es aidé par la musique. Sa présence peut t’aider à oublier tout ça. Je ne dirais pas que je fais l’acteur sur scène, bien sûr c’est difficile d’être dans cet état au début du concert mais il est rare que je finisse le concert dans le même état que quand je l’ai commencé.   C’est plus facile avec un public vraiment concerné ? Oui bien sûr mais ça ne dépend pas de ça. Si le public est bizarre, s’il y a peu de monde, je pourrais atteindre cet état de transe plus tôt. Parce que c’est alors la seule chose sur laquelle je peux m’appuyer. C’est toujours l’objectif. Sinon si ça devient mécanique, ce n’est pas aussi amusant.   Tu y es parvenu ce soir ? J’ai passé un bon moment ce soir. Le son n’était pas comme je l’aurais souhaité, il était peu puissant. Mais l’énergie du public était forte. J’ai ressenti cette sensation oui, notamment quand j’étais au centre de la salle bien sûr (Saul a joué plusieurs morceaux au milieu du public, invitant une partie de la salle à inverser...

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Interview – The Madcaps

Interview – The Madcaps

On vous parle régulièrement des groupes de Howlin Banana, et désormais on n’est plus parmi les seuls à le faire. La renommée grandissante de ce label français garage pop est tout sauf imméritée et bientôt il faudra peut-être se battre pour décrocher une interview des Madcaps. Cette fois on a réussi, et ça valait le coup tant l’échange avec Thomas Dahyot, leur chanteur-guitariste, fut instructif et passionné.   « Je suis pas très bon à la guitare, j’ai aucune théorie musicale. Je vois ça comme une faiblesse qui est une force. Avec les contraintes tu écris des choses que tu aurais pas faites si tu as 50 000 possibilités… »   Vous venez de Rennes. Il y a une scène rock assez vivante en Bretagne, non ? Toute la Bretagne je sais pas mais Rennes c’est certain. Surtout depuis 4-5 ans il y a une chouette émulation, des groupes qui ont démarré, d’autres qui ont suivi. Y a eu une première vague, une deuxième, là une troisième avec des petits groupes qui démarrent, des mecs qui ont 17, 18 piges. Dans le milieu un peu garage rock c’est une grosse bande de copains, ça peut être aussi pas mal incestueux, pas mal de gens ont des groupes avec d’autres gens… C’est une ville très agréable à vivre pour son côté esthétique et culturel (beaucoup de concerts s’y passent) et pas mal de groupes avec une idée de scène quelque part. Pas que du garage, même si nous forcément ça nous touche un peu plus parce que c’est notre came mais tu vas y trouver de la pop music, des choses un peu plus électroniques… C’est assez bien pourvu.   Tu peux nous faire un peu de name-dropping ? Alors pour les gens de ce label, qui devient un peu un label rennais d’ailleurs, il y a les Kaviar Special qui sortent un album en avril et sont des bons copains, les Sapin qui vont sortir un album aussi, eux sont plutôt dans un espèce de country garage, les Kaviar Special plutôt dans un garage un peu plus punk. Toujours chez Howlin Banana, nous avons les Baston qui font un truc un peu plus psyché/shoegaze. Dans un registre un peu plus psychédélique les Sudden Death of Stars qui sont pas sur le même label. Y a les darrons aussi, les Bikini Machine qui ont plutôt genre 45 piges et qui eux sont ces derniers temps dans une espèce de soul music de blancs becs. Et puis les vétérans du garage, encore chez Howlin Banana : les Combomatix.   C’est cool ça nous fait pas mal de groupes à écouter… Pour parler un peu du petit dernier, Hot Sauce, il est super bien produit...

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