Interview – Le Peuple De L’herbe

Interview – Le Peuple De L’herbe

Le Peuple De L’herbe vient de fêter ses 20 ans de carrière avec un huitième album, Stay Tuned… Aucune lassitude à l’horizon, une inspiration toujours bien présente et même un nouveau visage, une nouvelle voix. Celle de l’américain Oddateee, connu auparavant pour ses collaborations passées avec High Tone, vieille connaissance du Peuple. Juste avant d’entamer une énième tournée, DJ Pee, membre fondateur du groupe, était accompagné de son nouveau comparse, pour faire un peu de promo. Ça tombe bien, on avait pas mal de choses à leur demander…   « Si tu te remets pas en cause et que tu fais pas avancer ta musique, je pense que tu deviens neuneu, ça ne devient plus intéressant. »   Bon j’ai écouté un peu votre nouvel album forcément… DJ Pee : J’espère. Beaucoup même ! (rires)   J’ai l’impression que c’est peut-être le plus carré, léché, le moins bordélique en tout cas si je puis dire. C’est quand même pas votre album de la maturité rassurez-moi ? DJ Pee : (Rires) On en a fait tellement d’albums de la maturité. Ouais, il a été mûri, on a essayé de moins se disperser, d’être plus exigeants avec nous-mêmes. c’est ce qu’on s’est dit en rentrant en studio. On s’est fait cette remarque « peut-être qu’on est trop indulgents avec nous-mêmes ». On a été super sévères (rires). On a fait de la matière pour facilement 2 albums, 2 albums et demi. On a vraiment sélectionné les meilleurs tracks.   Ah oui, donc vous en avez sous le coude… DJ Pee : On en a chié plein (rires).   Je trouve aussi – bon en même temps c’est logique – qu’il y a un côté rock de plus en plus prononcé depuis l’arrivée du nouveau guitariste, il y a carrément des morceaux où on est proches de la fusion, je pense notamment à « Abuse » sur laquelle tu rappes Oddatee…  DJ Pee : Oui un mélange de genres. C’est assez 90s, politisé…   Un petit côté Rage Against The Machine. Oddateee : Oui Rage ou Public Enemy, un mix de tout ça. Et le groupe apporte l’équilibre. Et les textes sont encore plus importants « too much abuse in your mind » et ça rend fou, ça concerne tout le monde, les français, les blacks, les chinois, le monde entier… DJ Pee : c’est influencé par ces groupes, mais c’est surtout Le Peuple et Oddatee. Il s’est cassé le cul à trouver de bons lyrics qui ont un sens. Il sait qu’on est totalement en phase avec ce qu’il dit. C’était déjà le cas avec JC (JC001 ndlr). Oddateee : oui on a clairement trouvé une harmonie entre nous, le son, l’esprit. Sur « Abuse », on a une très bonne interprétation...

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5 chansons, 5 disques par Besoin Dead

5 chansons, 5 disques par Besoin Dead

C’est avec Pascal Benvenuti, directeur du label Et Mon Cul C’est Du Tofu? et membre unique du groupe Besoin Dead que nous inaugurons un nouveau style d’interview : d’abord, nous posons des questions à un artiste sur 5 chansons choisies dans sa discographie, puis c’est lui qui nous parle de 5 albums de son choix. C’est chez lui, autour d’un thé, que Pascal s’est prêté au jeu, au cours d’une discussion où il est à la fois question de l’éducation des années 80, d’enregistrement analogique et du marché de la cassette audio en Pologne. Entre autres choses…     5 Chansons   1 – Rock’n Roll (Micropenis – À Peu Près Comme Ça – 2005) Live at Montreuil by Micropenis Ce n’est pas ton premier groupe, si j’ai bien compris, mais pas loin? Pas loin… Le premier groupe vraiment avec de la composition. Les autres étaient essentiellement des groupes de reprises. Enfin, c’est un peu inexact car j’avais aussi deux groupes au lycée avec lesquels on composait : Sloth et Teenage Riot.   Le morceau est sur votre live, mais je n’ai pas trouvé de titre officiel.  Il s’appellait « Rock’n Roll », mais il n’est pas crédité sur le disque. Il apparaît en morceau caché. Il est un peu à part. Le riff de base, c’est une copine, Julia du groupe Missfist, qui l’a écrit mais elle n’en faisait rien donc à un moment je l’ai récupéré. C’était un riff tout bête. Le morceau peut sembler un peu débile, un peu second degré sur ce qu’est le rock’n roll. C’est à la fois ironique par rapport au DIY et surtout très sarcastique par rapport au monde mainstream du rock et ses contradictions.   Qui chante dessus ? Car ça ne chante pas tout le temps, sur votre album. C’est moi. Quand ça chantait, c’était souvent moi. Sur le disque il y a aussi des invités, car on était quand même un groupe à moitié instrumental.   C’était par choix ? C’est surtout venu d’une réflexion d’arrêter de chanter en anglais. D’ailleurs, je crois que ce morceau est le dernier que j’ai écrit en anglais. La première fois que je suis allé aux États-Unis et que j’ai fait écouter une démo de Micropenis à des amis, ils m’avaient dit « c’est vachement bien, mais pourquoi tu chantes en anglais ? On ne comprend rien à ce que tu dis. » Et puis, j’ai pas mal réfléchi, je me suis aussi demandé pourquoi on reproduisait la domination culturelle anglo-saxonne nous aussi alors qu’on était déjà assez sous-exposés comme ça par rapport à tous les groupes anglo-saxons. Si en plus on se mettait à chanter en anglais… Du coup, cette réflexion a commencé, sauf que ce n’était pas si évident...

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Interview – La Canaille

Interview – La Canaille

Deux ans après la sortie de La Nausée, troisième album, toujours indispensable, La Canaille étrenne actuellement une nouvelle mouture. L’emblématique MC Marc Nammour, défenseur d’un rap revendicatif, est désormais entouré de nouveaux comparses : Alexis à la batterie, Valentin à la guitare et Jérôme, dit Pépouse, à la basse. Auteurs ensemble du maxi Deux Yeux De Trop en début d’année, ils tournent actuellement un peu partout en France. Leur venue dans ma charmante bourgade argenteuillaise était immanquable. Et c’était aussi l’occasion d’échanger avec Marc Nammour. Interview avec un homme de conviction et vrai militant du rap à textes.   « Je suis très friand d’une poésie du quotidien, quelque chose où t’emploies pas forcément des mots savants mais où il y a une musicalité naturelle et humble qui se dégage. » Tu as toujours aimé être entouré d’instruments, t’as des instrus assez rock… Ça apporte un vrai plus et j’imagine que pour toi, pour le live c’est l’idéal, vous pouvez vous éclater et sortir du truc « je lance mon instru… »… C’est un kiff particulier ? Oui, c’était une volonté d’entrée de jeu quand je suis arrivé sur Paris il y a 15 ans de ça, de monter une formation rap avec des musiciens. Je trouvais qu’il y avait une espèce de rigidité. Quand t’es en formation plutôt « classique » avec une instru balancée par le DJ, y a une espèce de systématique de concert en concert, de rigidité musicale qui fait que ça manquait de folie. D’une, de folie musicale, on peut s’adapter en un regard, en fonction de ce que dégage le public, le lieu dans lequel on est… Y a beaucoup de plus de liberté musicale et de folie. Et en plus, c’est le kiff aussi de partager ça collectivement. Quand Alexis envoie la batterie, il nous porte aussi avec son énergie, quand Pépouse à la basse envoie des notes… Ça se joue sur des instants, des micro-moments mais qui ont une influence sur tout le reste. Chacun va avoir une influence sur le jeu de l’autre, et j’aime bien ce côté collectif. D’arriver en concert, les quatre à poil, pour défendre une œuvre, un propos, un show…   Du coup, t’as un peu le sentiment de repartir à zéro à chaque fois ? Vous n’êtes pas dans un certain confort… Ce serait te mentir que dire qu’à chaque fois on attaque le concert vraiment page blanche. Il y a quand même des choses qui sont vraiment écrites, mais par contre on se laisse vraiment la possibilité de partir à des moments. On se le dit même pas, mais on sent qu’à partir du moment où Valentin à la guitare envoie quelque chose d’autre, ça va avoir une influence sur...

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Interview – Frustration

Interview – Frustration

Frustration vient tout juste de sortir son troisième album, Empires Of Shame. Et toujours le même constat : une certaine constance dans l’excellence. Frustration a donc été très sollicité avant sa double release party à la maroquinerie de Paris. Qu’à cela ne tienne, à défaut de trouver un créneau avant, l’interview s’est donc déroulée après ces deux dates. Une interview avec Fabrice, le chanteur, qui me rejoint dans un bar du 18e à sa sortie du ciné. Pas spécialement pressé, Fabrice se montre très généreux sur tous les sujets, avec une personnalité très affirmée, à mille lieux de l’échange conventionnel et des réponses toutes faites…   « Ça m’embêterait que les gens pensent qu’on soit ouvertement nazis mais si ça peut faire chier les cons, ça m’amuserait qu’un instant ils le pensent »   Tu sors du ciné, tu peux me dire deux mots sur ce que tu viens de voir ? Je suis allé voir au centre Pompidou une séance unique d’un truc qui se nomme « Post Punk », qui est le vrai sens de post punk, c’est sur le mouvement anglais qui… commence en 72. Tout le début de la musique industrielle en Angleterre en 72, avec un film qui s’appelle In The Shadow Of The Sun de Derek Jarman et parle du mouvement industriel cinématographique, performance et musical entre 72 et 84 avec 23 Skidoo, Throbbing Gristle, Psychic TV, Test Dept, tous ces groupes-là… En extrapolant sur les Etats-Unis, The Residents, des choses comme ça. Mais c’est pas la musique dont je suis le plus spécialiste…   C’est ce que j’allais te demander. Tu n’es pas forcément familier avec cet univers ? C’était plus par curiosité ? Si, si. Je suis un peu curieux de tout. Y a certains groupes que je maitrise pas mal là-dedans. C’est pas ma musique préférée parce que j’ai quand même besoin de rythme. Dans Frustration on aime bien danser. On a des projets un peu « zou-zouille », de dance. Là c’est quand même très très dur, déstructuré, même pas déstructuré style free jazz. Là on est plus dans les nappes de son, c’est toujours très intéressant. Tout ce qui est mouvement subversif m’intéresse énormément. J’ai des côtés hyper réactionnaires dans la vie, genre dans Empires Of Shame où je dis que les gens ont des devoirs aussi…   Ce qui t’empêche pas d’avoir l’air plutôt engagé dans tes textes… Vos pochettes, où on sent qu’il y a un message… Oui, mais c’est pas le but premier de Frustration. Moi je me définis pour ma part, en tant qu’épicurien. J’aime bien les plaisirs de la vie, qui se comptent sur les doigts d’une main. Mais j’aime bien quand ces choses-là n’embêtent pas les autres ou quoique ce soit,...

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Interview – Archive

Interview – Archive

The False Foundation. Un titre évocateur de la mixité musicale du dernier album du collectif britannique Archive. Après 20 ans de carrière, ils arrivent encore à nous étonner avec leur 10ème album studio. À la fois antithèse de Restriction et, sur quelques titres, petit frère de The Controlling Crowds, il se présente comme une promesse subtile et conceptuelle dont seul Archive a le secret. On est invité à découvrir ce dernier album dans un studio, tous plongés dans l’obscurité musicale et visuelle. Situation inhabituelle qui finalement nous saisit assez vite. Les gens s’assoient au fur et à mesure, les yeux fermés, les mains jointes pour une écoute en toute intimité. Puis le showcase avec Pollard, Darius et David… « On n’a jamais vraiment fait de showcase en piano/voix devant si peu de monde. C’est une première ! Et ça nous a beaucoup plu. C’est à la fois très déstabilisant et très fort. Malgré tout, on appréhende toujours tous nos shows de la même manière. »   « C’est notre musique qui crée l’intimité » L’éclectisme de cet album reflète les différents styles empruntés par Archive tout au long de leur carrière. « Driving in Nails » est assez lente et métallique avec des répétitions de sons qui vous emportent vers une frénésie électronique. Vite oubliée avec la chanson d’après « Thousand Thoughts », ballade subtile aux harmonies idéalement composées. Mais quel est vraiment votre style musical Pollard, si vous deviez en choisir un ? [Après un long silence, soutenu par un regard interrogateur, l’homme au chapeau me répond] « C’est difficile de se ranger derrière un certain style de musique mais c’est aussi ce qui fait la particularité d’Archive. On essaie d’être toujours honnêtes avec ce qu’on ressent et en tant que collectif, on a évolué avec les valeurs et les qualités artistiques de chacun. »   « Évoluer en collectif a toujours été une force » C’est dans une constante évolution chargée d’influences variées qu’Archive impose son univers à un public qui, sans expectative, est toujours charmé. « On a vraiment de la chance d’avoir un public qui nous suit sans jamais rien attendre de précis. Ça nous donne la liberté d’essayer de nouvelles choses constamment. »   « On n’essaie pas de faire de la musique que les gens aiment. On fait ce qu’on aime en espérant que ça plaise. »  Justement qu’est-ce que vous aimez comme musique ? C’est Pollard, qui très simplement, me dit son amour, non pas pour moi, mais pour Berlin et son électro ! Puis, la minute fierté française : « On a eu la chance de rencontrer Sébastien Tellier et on adore ce qu’il fait, son univers est si particulier, on se comprend ! Mais, vous...

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Interview – Woods

Interview – Woods

Cela fait désormais quelques temps que Woods s’est emparé du titre de fournisseur officiel de petites douceurs à savourer l’été. Le dernier album, City Sun Eater In The River Of Light, ne déroge pas à la règle. Le mois dernier, Woods tenait à nous prouver qu’il n’a rien perdu de son penchant pour le psychédélisme, partageant avec Psychic Ills, Night Beats et Jacco Gardner la superbe affiche du Paris Psych Fest. L’occasion pour nous, après nous être extirpés des pogos provoqués par le concert – encore une fois enflammé – des Night Beats, d’échanger longuement avec Jarvis Taveniere, guitariste de Woods. Lequel s’est inquiété de trop partir dans de longs blabla. Mais nous on aime bien le blabla.   « Refaire un album comme With Light And With Love, ça aurait simplement été ennuyeux, on se serait senti trop restreints et je ne pouvais pas imaginer un futur pour le groupe. »   Je trouve qu’il y a beaucoup d’influences reggae sur votre dernier album. D’où ça vient, vous en avez écoutez beaucoup durant la période où vous enregistriez ? Pas plus que d’habitude. On voulait simplement prendre du plaisir en jouant, ça a toujours été notre mission chez Woods. Ne pas s’arrêter à quelque chose en particulier, essayer ce qu’on veut. Il n’y a jamais de discussion sur quel genre de chansons on veut essayer de faire, avec une décision ferme à la clé. Chaque idée qu’on a, que ce soit du reggae ou un truc un peu jazzy… On voulait simplement s’amuser, se montrer créatifs. Mais ça fait partie de nos influences. On a aussi beaucoup joué notre album précédent, With Light And With Love, pendant deux ans d’affilée. On voulait sortir de ce type de morceaux, on se disait « wow je ne veux pas jouer de morceaux similaires le reste de ma vie ou le reste de la carrière du groupe ». Donc on a surtout cherché à se démarquer de ça.   Et en l’occurrence je trouve que ce genre de musique colle très bien avec la voix de Jeremy Earle. Oui moi aussi !   Mais ce n’était pas calculé pour autant, c’est simplement ce qui est arrivé. Non. On voulait simplement élargir notre champ des possibles. On ne se limite pas à des éléments folk, beaucoup de groupes n’explorent pas suffisamment les différents styles de musique. On voulait simplement déployer nos ailes. C’est aussi simple que ça. Et personnellement j’ai été un peu influencé par d’autres groupes que j’ai vu qui étaient un peu dans la même catégorie que Woods. Je n’ai pas vraiment écouté ou joué d’autres genres de musique, mais ça aurait simplement été ennuyeux, on se serait senti trop restreint et je ne pouvais...

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Interview – Dilly Dally

Interview – Dilly Dally

Deux femmes, deux mecs, tous canadiens. Un premier album qui rentre bien dans le chou et dans les têtes. Ils nous plaisent bien les Dilly Dally. Début juin, ils étaient parmi les premiers à ouvrir le festival This Is Not A Love Song. Peu de temps avant, on les a rencontrés durant un petit quart d’heure. Le temps d’une interview totalement immature.   Vous avez jeté un œil à la programmation du festival ? Il y a d’excellents groupes ! Katie Monks (guitare, chant) : oui, on adore la programmation de ce festival. Vraiment à part. Liz Ball (guitare) : oui et on connait quelques personnes.   Comme les mecs de METZ ? Liz : oui METZ et Weaves sont de Toronto. Ce sont des amis.   Vous allez avoir le temps de profiter du festival ou ce sera juste « vous jouez, vous rentrez » ? Katie : Oui on va pouvoir profiter de tout le festival et c’est vraiment bien et spécial parce que généralement quand tu joues dans un festival, c’est super rapide, t’y vas, tu fais un peu de presse, tu joues et tu repars. Parce que t’es en tournée ou je ne sais quoi… Là c’est vraiment particulier, on va pouvoir passer les prochains jours ici, sauf Ben qui doit aller à un mariage, ou qui est excité d’aller à un mariage…   Alors Ben t’es content d’y aller ? Ben Reinhartz (batterie) (l’air blasé) : ouais mec, le mariage ! (pouces en l’air)   Pas tant que ça (rires) ! Ben : ouais tu sais ce que c’est. Je suis content pour tout ceux qui sont concernés. Mes amis et mon groupe vont voir de supers groupes, mon pote va épouser l’amour de sa vie. Tout le monde est content !   Ouais ! Ben : sauf moi, je ne serai jamais heureux. (Les autres se marrent) Katie : il pleure…   Ne pleure pas tout de suite, après le concert ! Ben : oui je pleurerai après le concert (rires).   Garde des forces ! Katie (pleurnichant et imitant Ben) : pourquoi ça m’arrive à moi ?   Katie et Liz, vous vous connaissez depuis que vous avez 14 ans. J’imagine que vous avez toutes les deux beaucoup changé depuis, même vos goûts musicaux ont dû bien évoluer… Liz : j’espère !   Comment c’est de se connaître depuis si longtemps et d’être toujours ensemble aujourd’hui ? Liz : c’est comme la famille ! Katie : oh, maintenant c’est moi qui vais pleurer…   Quand je vois vos posts sur Instagram (d’ailleurs vous avez plein de chats fans de votre groupe !)… Katie : ouiiii, plein de chats fans.   … ou le clip de...

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Interview – The Flamin’ Groovies

Interview – The Flamin’ Groovies

C’est par une fraîche soirée ce 29 avril 2016 que je pars au Petit Bain, confiant dans mon destin… Je suis seul ce soir, mal équipé techniquement, pas trop d’humeur sociale mais… je veux et je vais interviewer les Flamin’ Groovies ce soir ! Je les écoute depuis suffisamment longtemps, j’ai tellement maté les pochettes de Flamingo et Teenage Head, ce dernier ayant été mon vinyle de chevet pendant un certain temps… que je ne pouvais pas manquer l’occasion. J’avance à pas feutrés… petit échange avant le concert avec le batteur, Victor, il semble se souvenir de notre conversation de l’année dernière au Trabendo et est prêt à jouer l’entremetteur, même s’il m’avoue que l’ambiance est pourrie (rhume généralisé, ex-épouse qui débarque, etc). Le concert, rien à redire, toujours jouissif, sauf que toujours pas de Roy Loney à l’horizon, il n’a fait que quelques dates avant de faire face à un souci de passeport… Ce sera donc en format « Sire Records » qu’ils officieront. Bon. Alors bon voilà, passé le concert, je prends mon mal en patience et soudain, je me retrouve dans une pièce de 5 m² avec l’essentiel des Groovies : Cyril Jordan, George Alexander et Victor Penalosa. Les 2-3 fans admis backstage disparaîtront rapidement ainsi que le roadie, je me retrouve donc juste avec eux et Chris Wilson, tout bourré, fera des entrées et des sorties… Mon grand moment est là, je la joue cool et je ne pense surtout pas que les mecs sur ces pochettes époque Kama Sutra Records que j’ai tant aimées sont là, à m’appeler « Manuel » et à répondre à mes questions griffonnées sur un bout de papier… Mes amis, je vous le dis, ces mecs-là sont au top, passionnés, accessibles, humains, sans fausse modestie… Le genre de mecs dont on se dit que, tant qu’ils sont là, tout va bien… Mes amis, les Flamin’ Groovies version 2016 !!! ENGLISH VERSION BELOW   Cyril, je t’ai vu jouer plusieurs fois récemment et tu as toujours l’air très heureux sur scène. Il semblerait que cette reformation ait été la meilleure idée possible…   Cyril Jordan (guitare-chant) : oui, tu as raison. Il faut dire qu’on était des amis très proches il y a 35 ans et on s’est remis ensemble il y a 3 ans et c’est comme s’il ne s’était rien passé entre temps. Comme si c’était le lendemain de notre séparation en 1980. Pour des mecs comme nous, c’est un privilège de jouer de la musique devant des gens qui nous aiment.   Comment les choses ont évolué durant ces trois ans ? CJ : de mieux en mieux ! On est très au point maintenant ; tu ne peux être aussi...

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Interview – J.C. Satàn

Interview – J.C. Satàn

Villette Sonique, samedi 28 mai. J.C. Satàn doit jouer en plein air dans l’après-midi, il tombe des trombes d’eau. À tel point que le concert est incertain. Il sera maintenu et auparavant on se réfugie avec le groupe dans leur van, juste avant qu’ils attaquent leurs balances. Interview. Je crois que vous êtres un groupe qui n’a pas volé sa réputation de groupe de scène, parfois usurpée. On sent que sur scène vous vous lâchez complètement. Quand vous composez vous avez déjà hâte d’y être, vous visualisez la façon dont vos morceaux vont évoluer ? Dorian (claviers) : on le prévoit pas forcément, mais en entendant le morceau on se projette un peu, oui. Arthur (guitare,chant) : des fois je me dis « celui-là il pourrait bien envoyer sur scène », mais ça va pas plus loin que ça. On sait pas trop ce que ça donnera sur scène. Vu qu’on refait les morceaux tous ensemble – moi je les écris, on enregistre avec Dorian -, on sait pas trop ce que ça va donner souvent. Des fois on se demande si certains passages vont pas complètement changer, c’est pas prévisible. Mais on sait que quoiqu’il arrive, même une espèce de ballade, on finit par envoyer. Romain (batterie) : y a toujours des morceaux, on sait qu’ils vont marcher, d’autres on les teste et des fois ça marche pas et on les fait pas…   Je pensais à un morceau comme « Waiting For You » qui paraît assez tranquillou sur album et qui explose complètement sur scène… Arthur : t’as « I Will Kill You Tonight » sur album qu’on joue pas. Paula (chant) (à Arthur) : quand t’as enregistré « Waiting For You » tu pensais pas que ça rendrait quelque chose comme ça sur scène. Arthur : pas du tout, non. Je pensais même pas qu’on pourrait le jouer.   Parce que toi t’écris la majorité des morceaux, et derrière vous vous retrouvez tous ensemble et vous les rebossez, c’est ça ? Arthur : ouais. Moi j’écris la logique en gros, Paula écrit tous les textes. Avec Dorian on enregistre et tous ensemble après on voit comment ça marche. Dorian : on les répète qu’après. Arthur : oui, c’est vraiment deux façons complètement différentes de fonctionner. C’est un peu deux groupes. La scène c’est quand même le plus…   Ce qui vous éclate le plus, et puis déjà vous êtes tous ensemble. Sur le dernier album, il y a un côté un peu moins « chien fou », je dirais. D’ailleurs le premier morceau « Satan II » est trompeur parce qu’ultra bourrin par rapport au reste. L’idée c’était d’évacuer ce côté-là pour après développer d’autres choses ? Arthur : un peu. C’est pas si réfléchi que ça mais...

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Interview – Minor Victories

Interview – Minor Victories

Nouveau supergroupe rassemblant Justin Lockey (Editors), Rachel Goswell (Slowdive), Stuart Braithwaite (Mogwai) et James Lockey (Hand Held Cine Club), Minor Victories publiera dans quelques jours son premier album avant d’effectuer quelques dates dans des festivals (La Route du Rock pour commencer). Justin et Rachel étaient de passage à Paris le mois dernier, l’occasion était belle pour discuter de leur nouvelle aventure. Interview.   « L’album était terminé, on avait signé notre contrat avec le label avant de se retrouver pour la première fois tous ensemble dans la même pièce. »   Vous pouvez nous raconter comment s’est formé ce groupe ? Il semble que c’était une route longue et tortueuse, non ? Justin Lockey : je ne dirais pas tortueuse. Ce fut simplement au bout de longs et très différents épisodes. Ça a commencé quand j’ai proposé à Rachel de faire de la musique avec moi. Car on a le même manager, on lançait simplement comme ça quelques idées… (Rachel se sert un verre d’eau) Justin : à la tienne, camarade ! (Rires) Ça a commencé vraiment simplement, entre moi et Rachel. Je lui ai envoyé quelques idées, elle a chanté sur une d’entre elles. Rachel Goswell : c’était « Out To Sea » la première. Justin : ensuite on n’a rien fait pendant quelques mois parce qu’Editors voulait faire un album, et Rachel devait chanter sur notre albuuuum, et quand Rachel est arrivé on a décidé de finir notre albuuuum. (il insiste bien sur chaque « recooord »/album, Rachel se marre). Du temps s’est écoulé, Rachel était en répétitions avec Slowdive et elle m’a envoyé un texto bourrée « quand est-ce qu’on finit cet album ? » et je lui ai dit « ouais finissons ce disque ! Il faut trouver quelqu’un pour jouer de la guitare et le reste. » Elle a fait plusieurs festivals avec Mogwai cette année-là, donc elle m’a proposé Stuart (Braithwaite, le guitariste). Il nous a dit qu’il adorerait. J’ai ramené mon frère, un bassiste brillant qui joue aussi de la batterie. Voilà c’est à peu près comme ça qu’on a commencé à faire ce disque.   Le truc bizarre dans cette histoire c’est que vous avez mis beaucoup de temps avant de vous rencontrer, vous n’avez jamais travaillé en studio ensemble. J’imagine que c’est la première fois que vous travaillez de cette façon ?  Justin : L’album était terminé, on avait signé notre contrat avec le label avant de se retrouver pour la première fois tous ensemble dans la même pièce. C’est arrivé en mars cette année. Rachel : oui c’est un peu bizarre. Justin : c’est très bizarre oui mais… On a fait ça de façon très décontractée, on ne s’est pas mis la pression pour ce disque. On savait ce qu’on...

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