5 chansons, 5 disques par Mudhoney

5 chansons, 5 disques par Mudhoney

Il y a trois ans, l’un d’entre nous rencontrait Mudhoney pour la première fois, au cours d’un échange vif et passionné. Une expérience restée gravée. Car rencontrer Mudhoney pour une interview, c’est un vrai rêve de fan. Non pas que le groupe soit particulièrement inaccessible, on ne compte pas les photos de gens qui ont pu les croiser aux abords de leurs concerts, mais ils ne passent pas si souvent par chez nous et quand on n’a jamais vraiment eu l’occasion de discuter avec eux, c’est un moment assez énorme. Surtout quand, l’interview ayant un peu de retard, on a l’occasion de profiter des balances, quasiment seuls dans la salle. Seule petite déception, le chanteur Mark Arm ne sera pas de la partie, laissant la corvée des relations publiques au guitariste Steve Turner et au bassiste Guy Maddison. Déception vite envolée quand les deux répondent avec franchise, humour et sympathie (et un accent australien pas toujours facile à comprendre pour nous pauvres frenchies, en ce qui concerne Maddison) à nos questions sur 5 de leurs chansons.  © Emily Rieman Mudride (Superfuzz Bigmuff EP, 1988) Steve Turner : C’est une de nos plus vieilles chansons. On l’a écrite assez tôt. Il y avait carrément du Spacemen 3 et du 13th Floor Elevators dans nos inspirations pour ce morceau, je dirais.Guy Maddison : C’est comme ça que ça sonne ! (rires)ST : C’était marrant d’avoir un morceau plus lent pour se lâcher au début du groupe. On la fait encore, parfois, mais ça prend du temps pour l’amener à sonner comme il faut. Je pense qu’il faut la jouer souvent pour qu’elle sonne bien. GM : Oui, elle a un groove particulier sur lequel il faut qu’on se cale pour qu’elle sonne comme elle devrait. Je trouve qu’elle ressort de l’EP. C’était voulu ?ST : Non…C’est sur Superfuzz ? (Je confirme) Ben, on avait déjà « If I Think » qui était plus lente. Oui, mais sur celle-ci on sent du Black Sabbath sur les bords.ST : Nous, on pensait faire du psychédélique. Mais bon, j’en sais rien. On avait plus de chansons que les 6 qu’on a sorties sur Superfuzz. On a choisi un groupe de chansons variées, tu vois. Selon nous ! (rires) Cette question était plutôt destinée à Mark Arm, puisque c’est lui qui écrit les paroles, mais ça parlait de quelque chose en particulier ?ST : Il ne saurait pas répondre non plus à cette question ! (rires)Non, je crois qu’il ne parlait pas de quelque chose en particulier, il cherchait à évoquer des images. Nos plus vieilles chansons sont un peu plus brutes. Je n’ai jamais vraiment eu une idée précise de ce dont parlait ce morceau. GM : Souvent, Mark écrit des choses et il...

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5 chansons, 5 disques par It It Anita

5 chansons, 5 disques par It It Anita

Lundi 12 novembre, It It Anita nous fera l’honneur de venir jouer au Klub pour notre soirée Exit Musik for a night, en compagnie d’Equipe de Foot et Emboe. A peine remis de la série d’uppercuts administrés par Laurent, on aura l’occasion de vérifier si sur scène les dégâts sont aussi importants, même si on a notre petite idée sur la question… Comme on aime bien connaître nos invités, on a échangé avec Michael Goffard, chanteur-guitariste du groupe, à propos de 5 chansons d’It It Anita choisies par nos soins, avant de l’écouter nous parler de 5 albums qui ont une grande valeur à ses yeux. Interview 5 chansons, 5 disques.     1 – Tacoma (It It Anita EP, 2014) IT IT ANITA by It It Anita Un classique. Toujours un classique de vos setlists aussi ? On le joue beaucoup moins maintenant parce qu’avec le nouvel album on joue beaucoup de nouveaux morceaux et il ne fait pas toujours partie des vieux morceaux que l’on joue. On le joue encore mais ça devient un peu plus rare. J’aime ces morceaux qui évoluent constamment et nous emmènent là où on n’imaginait pas. Vous aimez bien aussi je crois… Oui et dans ce morceau y a vraiment des parties complètement différentes. C’est sans doute pas le plus simple à écouter mais c’est un de ceux que j’aime vraiment parmi les anciens. Et il y a ce passage très math rock à mi-morceau. Comment ça vous est venu ? C’est parti d’une sorte de jam en répète, notre ancien bassiste avait cette fibre math rock et structures plus compliquées. On a joué un jour ce truc-là en boucle, ça nous a mis en transe et on s’est dit « gardons-le sur le disque ! ». Ça amenait bien la partie de fin un peu plus criarde et on a adoré ce truc. Finalement malgré le changement de line up que tu évoquais, je troue que ce morceau résume bien votre son. L’énergie, la mélodie, les changements de rythme très fréquents. Oui, je pense que c’est un des morceaux les plus aboutis qu’on a faits. Beaucoup de nos influences sont regroupées dans ce morceau, c’est un bon condensé de It It Anita. Et il y a ce pont où vous chantez d’ailleurs « we cross the bridge we’re safe ». Il colle super bien et j’ai presque l’impression qu’on pourrait le mettre au milieu d’autres morceaux qu’il passerait nickel aussi… Oui je vois ce que tu veux dire. On voulait alterner ce côté orage et screamo avec un truc beaucoup plus calme et posé. J’aime vraiment les mélodies – tu le verras dans les disques que j’ai choisis -, la dissonance ça me parle...

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5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

5 chansons, 5 disques par J.C. Satàn

Changement de bassiste ou pas, certaines choses sont immuables. J.C. Satàn t’en met toujours plein la tronche sur scène. Et les nouveaux morceaux du fraichement sorti Centaur Desire, font le poids avec les hymnes (le mot est lâché) précédents. Avant cette nouvelle démonstration de force à La Clef (St-Germain) où ils partageaient l’affiche avec Jessica93, on a parlé autour d’une bouteille de Jack de 5 chansons de J.C. Satàn puis de 5 albums de leur choix. Et on a disgressé. Beaucoup. C’est bien parfois de disgresser. 1 – Loin De Moi (Satan EP, 2010) C’est le seul écrit en français. Parce que c’est hyper chaud d’écrire en Français ? Arthur (guitare, chant) : parce qu’elle était italienne et ne parlait pas encore aussi bien le français que maintenant. C’était vachement plus charmant je trouve, son texte est vachement plus touchant dit comme elle le dit que n’importe quel français qui l’aurait écrit comme un français. Paula (chanteuse) : c’est trop gentil. C’est toujours plus compliqué de trouver de la musicalité dans le français. C’est pas un obstacle qui s’est présenté par la suite ? Arthur : j’aime pas comment les français utilisent la langue dans la musique, sauf dans certains styles où ça marche. Je trouve qu’un étranger est beaucoup plus touchant. Paula : c’était vraiment un des premiers morceaux qu’on a faits, peut-être le 2 ou 3e. On savait même pas que c’était un groupe, on faisait juste des choses pour rigoler. Et je parlais encore plus mal le français parce que j’habitais pas encore en France. Vous étiez que tous les deux à la base ? Paula : quand on a fait les tout premiers morceaux, oui. Le but n’était pas de faire un groupe, c’était juste pour s’amuser entre potes. Lui avait déjà de la musique enregistrée, il savait pas quoi faire avec. Il m’a demandé de chanter dessus. (A Arthur) Même pour toi c’était difficile de chanter en français. Arthur : oui, tu te rappelles ! C’était hyper dur. Moi quand je chantais ses textes, j’avais envie de faire les mêmes fautes de français pour se détacher. Le français c’est une langue qui se regarde écrire, parler, qui s’écoute beaucoup parler. Il y a une vraie poétique dans l’écriture du français. Romain (batterie) : en anglais, tu chantes beaucoup plus du nez et en français c’est beaucoup plus dans les basses. Du coup en termes de fréquence, c’est pas du tout facile à mixer. Dorian (claviers) : ça ressort moins. Arthur : le français a souvent été mieux utilisé par les belges. Ça se déclame, y a une écriture dans la métrique, la façon de placer les mots. Il y a des accents en anglais...

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5 chansons, 5 disques par We Insist!

5 chansons, 5 disques par We Insist!

Après un concert toujours réjouissant à La Cave d’Argenteuil en compagnie de leurs nouveaux comparses de label Lysistrata, on a échangé avec les trois membres de We Insist!, auteur d’un nouvel excellent album cette année, à propos de 5 de leurs morceaux puis de 5 disques de leur choix. Un échange passionnant quelque peu perturbé par un impératif de rangement de matos et de déguerpissement des lieux en toute hâte. Interview fleuve, et pourtant contre-la-montre.     5 chansons   1 – Grieved (Inner Pond, 2002) Inner Pond (2002) by We Insist! Eric Martin (guitare) : on a mis peut-être 2 ans à faire ce morceau, c’est un des plus longs en gestation, vraiment une catastrophe ce morceau ! Julien Divisia (basse) : quelque part s’il a pris autant de temps c’est que c’est le moment où on commençait à chercher ce qu’on voulait faire. C’est passé beaucoup par ce morceau-là. Ça a pris un temps fou. Je pense qu’il a posé les bases de ce qu’on voulait faire plus tard. C’est un très bon choix ! Eric : c’est un morceau pour moi qui est assez raté, mais essentiel dans le sens où on a essayé de faire quelque chose de nouveau. Etienne Gaillochet (chant-batterie) : c’est vraiment le morceau où on a voulu sortir de ce truc instrumental et faire quelque chose avec les voix qui dictent le truc. C’est pour ça que je l’ai choisi. Même si c’est le 2e album, mais le premier a quasi disparu des radars, on ne le retrouve même plus sur internet… Eric : c’est interdit ! (Rires) … et c’est un de ceux qui est le plus « carré », accessible en tout cas, où le chant est effectivement plus en avant et qui ressemble un peu plus à la suite. Le reste est plus expérimental à la Zappa ou quelques projets de Mike Patton. Celui-là est plus… Julien : plus pop ! C’est tout à fait ça. On essayait d’en faire une chanson, avec un truc un peu construit. Et la voix qui porte le bazar. C’est vrai que ça a commencé avec ça. Et à l’époque c’était presque une prise de risque de miser sur la voix ? Etienne : moi je l’ai pas réécouté depuis des siècles mais je pense que si je le réécoute, je vais sans doute être surpris par ma voix. Eric : je sais pas si c’était une prise de risque mais en tout cas c’était nos premières velléités, malgré les structures complexes, de mettre la voix en avant. Julien : un peu comme un groupe de pop mais derrière ça tricote. Mais c’est vrai qu’on tâtonnait, on savait pas… Du coup Etienne s’est mis...

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5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

5 chansons, 5 disques par Lee Ranaldo

  Nous avons eu l’immense plaisir d’interviewer Lee Ranaldo à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Electric Trim. En plus de pouvoir laisser libre cours au fan qui sommeille en nous, ce à quoi l’artiste s’est plié avec beaucoup de sympathie, il s’est prêté au jeu de notre interview 5 chansons 5 disques. Par manque de temps, malheureusement, journée promo oblige, nous n’avons pas pu parler de disques de son choix. Néanmoins, il n’a pas été avare en anecdotes sur les morceaux que nous avions choisis. D’après lui-même : « Oh, c’est vous qui choisissez les chansons ? C’est encore mieux, ça rend la chose super facile pour moi ! »   Lee Ranaldo – From Here To Infinity (1987) Je n’ai pas vraiment pu choisir un morceau sur ce disque, on va donc commencer avec un album complet. Vous comprenez pourquoi ? Oui (rires). Je m’en rappelle très bien. C’était une période où j’expérimentais beaucoup avec des boucles de cassette. On était chez Blast First, on devait faire Sister, à l’époque, on avait déjà sorti Bad Moon Rising et Evol et je disais au mec du label, en Angleterre, que j’expérimentais avec des enregistrements bizarres et que je ne savais pas quoi en faire. Il m’a répondu : « Pourquoi on n’en ferait pas un disque ? ». Je venais de New York, et en Angleterre c’était beaucoup plus facile de sortir un disque, du coup je lui ai répondu « Vraiment ? On peut faire ça ? » et lui « Oui, ramène tes cassettes et on va en faire un album solo. » Ça s’est monté ainsi. Je voulais vraiment garder l’idée de boucles de cassettes, donc chaque piste finit sur un locked groove, de manière à ce qu’elle soit potentiellement de durée infinie (NDR : un locked groove est un enregistrement sur le sillon qui sert à bloquer le bras, en général à la fin d’une face, ce qui crée une boucle de moins de 2 secondes qui se répète tant qu’on ne relève pas le diamant). J’ai fait les enregistrements à New York et quelques-uns dans les deux semaines où j’étais en Angleterre, et d’une certaine manière, c’était juste un projet expérimental. D’abord pour présenter mes enregistrements sonores, et en faisant des boucles. Pour faire ces boucles sur un vinyle, tu es en studio et le type doit appuyer sur le bouton qui crée la boucle, et tu ne sais jamais comment ça va sonner avant d’avoir écouté le pressage final, car tu ne peux rien changer une fois qu’il a fait ça. C’est vraiment tout ou rien. Du coup, c’était un projet vraiment sympa. Un des morceaux, « Lathe Speaks », a été fait pendant qu’ils gravaient la matrice du vinyle, je bougeais la bande entre les têtes de...

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5 chansons, 5 disques par François Corbier

5 chansons, 5 disques par François Corbier

À l’occasion de la sortie du documentaire “Des Traces Dans La Mémoire Des Masses” le 18 octobre et avant de pouvoir enfin revoir l’artiste à Paris (à la Sorbonne) le 24 du même mois, nous avons encore eu le plaisir d’échanger par téléphone avec Corbier sur 5 de ses chansons et 5 chansons d’artistes qu’il aime.     1 – Sans Ma Barbe (single, 1988) Cette chanson est partie d’un gag. Je cherchais des idées de chansons et celle-ci est venue facilement. J’avais envie de dire des âneries et ce thème s’y prêtait assez bien. À partir du moment où je n’ai plus de barbe, le monde est différent, c’était une blague. J’étais persuadé que quand j’allais montrer cette chanson au producteur Jean-Luc Azoulay, il allait la mettre de côté car elle ne voulait rien dire et qu’il prendrait plutôt les autres. Pas du tout, c’est l’inverse qui s’est produit. Il m’a dit « celle-là est vraiment rigolote, on va l’enregistrer. » Je suis tombé des nues, j’avais écrit une chanson pour déconner et c’est celle-là qui a été gardée. Il parait que ça arrive assez régulièrement qu’une chanson écrite sans conviction soit retenue par rapport aux autres. C’est assez cocasse.   Il y a un nombre de jeux de mots phénoménal dans cette chanson. J’aime bien faire des calembours, sans être un grand spécialiste. Pour cette chanson, je voulais surtout jouer sur les prépositions et les verbes, là où il devrait y avoir une préposition, j’ai mis un verbe ce qui crée un décalage un peu bizarre. C’était pas très compliqué à faire, c’était juste pour s’amuser. C’était l’idée de créer quelque chose d’assez surréaliste. Il n’y a pas de sens profond, mais ce qui est assez rigolo, c’est qu’il m’est arrivé de me faire engueuler par des gens qui me reprochaient un sens caché dans la chanson, de dire par exemple « il n’y a plus de consensus » en voulant dire « con sans suce », ce qui était tout à fait voulu. On me disait « vous devriez avoir honte de dire ça dans une chansons pour enfants ! », mais les gens qui me disaient ça sont des gens qui n’ont aucune connaissance du folklore, qui ne savent pas que les enfantines historiques sont 9 fois sur 10 destinées à des adultes. Il y a toujours eu et il y aura toujours des chansons destinées aux adultes qui tomberont dans les oreilles des enfants, qui s’ils sont bien élevés ne comprendront pas. Si les enfants comprennent, les parents ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.   J’avoue que le « Cuba sans cacao » m’a laissé perplexe pendant longtemps. Tu veux dire que ça te faisait rire ? Ah non, tu ne comprenais pas. Et bien, tu vois....

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5 chansons, 5 disques par The Madcaps

5 chansons, 5 disques par The Madcaps

Auteurs cette année d’un nouvel album aventureux, où son garage pop 60s se voit mâtiné de cuivres et d’ambiances soul so New Orleans, les Madcaps demeurent une des valeurs sûres de Howlin Banana. Thomas Dahyot, guitariste-chanteur du groupe, est également une valeur sûre en interview, pas du genre à te laisser dans la panade après une question pourrie mais plutôt à se montrer des plus affables et précis quand il s’agit d’évoquer sa musique et celle des autres, qui le fait vibrer. On l’avait constaté l’an dernier, on l’a de nouveau vérifié avec cette interview 5 chansons, 5 disques où il était accompagné de Léo Leroux, batteur fraichement débarqué  dans l’aventure.     1 – Cool Threads (The Madcaps EP – 2014) The Madcaps by The Madcaps C’est un des tous premiers morceaux que vous ayez composés ?  Thomas Dahyot (guitariste-chanteur) : oui, carrément. C’est un des trois premiers que j’ai composés pour les mecs qui n’étaient pas encore les Madcaps, j’avais fait des démos et je leur avais balancé ce morceau-là. Avec « Impossible Love » et « Emily Vandelay ». C’est ce que j’avais montré au départ et qui les avait botté a priori. Aujourd’hui c’est un morceau qu’on ne joue plus du tout. Il est même probable que des gens qui font partie de ce groupe ne le connaissent même pas (rires). Léo Leroux (batteur) : pour te dire, moi il me l’a même pas fait écouter. Thomas : ben t’as le disque, t’es un grand garçon ! Léo : oui bien sûr je l’ai écouté a posteriori mais quand je suis rentré dans les Madcaps c’est pas ça qu’il m’a fait écouter.   Tu parlais d’ « Emily Vandelay », celui-là s’est retrouvé en revanche sur le premier album. Thomas : Exactement. C’était une chanson pas trop Madcaps dans ce qu’était l’idée de départ, c’est à dire de faire du rock’n roll de type garage, un peu nerveux, un peu véloce. Donc j’avais proposé trois morceaux qui étaient trois versions un peu différentes de la pop music et…   Genre « choisissez votre direction ! » (rires) Thomas : Non mais c’était pour montrer le genre de trucs que je faisais. C’était pas trop réfléchi, ça sortait comme ça, un morceau rapide, un lent, un triste. Celui-ci était donc un morceau avec presque un bout de Pink Floyd dedans, une progression comme on peut trouver sur le premier album de Pink Floyd « Astronomy Domine » (il chante le passage en question).   Tu étais dans une tentative de reproduction de Pink Floyd c’était déjà ambitieux ! (Léo se marre) Thomas : Non, absolument pas ! Je me suis juste dit « ah c’est cool, ça me fait penser à ça. » C’est pas la même chose ! Mais...

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5 chansons, 5 disques par Emboe

5 chansons, 5 disques par Emboe

On avait déjà taillé le bout de gras avec Emmanuel Boeuf lorsqu’il officiait encore au sein de feu Sons Of Frida. Aujourd’hui Sons Of Frida n’est plus mais Emmanuel Boeuf est toujours plus qu’actif au sein de ses nombreux projets. Et il reste un immense passionné de musique devant l’éternel. Bref, le monsieur avait le profil idéal pour une interview 5 chansons, 5 disques.   1 – Mirinda (Sons Of Frida – Tortuga – 2013) On commence par du vieux… Je crois que c’est mon morceau préféré que vous ayez fait. Déjà il y a cette trompette qui je trouve apporte un vrai plus, c’est venu comment cette inspiration ? Cette histoire de trompette est venue très naturellement dès le départ. En fait, Ben le guitariste et chanteur a fait de la trompette au conservatoire. 10 ans de trompette, un truc comme ça. Même sur notre premier album y a de la trompette. Sur tous, en fait. Un jour il nous a dit « j’ai fait 10 ans de trompette au conservatoire, ça m’a soulé… », on lui a dit « tiens, ramène ta trompette ! ». Et puis, ouais sur « Mirinda », la trompette est fantastique. Ça fait vachement bien. On avait un processus de composition qui était plus sur de l’improvisation, moi j’avais trouvé cet espèce de riff qui est là constamment sur tout le long du morceau. Ben jouait aussi de la guitare, il savait pas trop quoi faire. On continuait pendant un quart d’heure, et puis Ben sort la trompette et commence à jouer ça. Oui, donc tu me dis que c’était là au départ mais vous n’aviez pas imaginé dès le début d’inclure de la trompette sur le morceau ? Non, au début on était là, deux guitares, une basse, une batterie. On chante, on joue et un morceau, il savait pas quoi faire, il a pris la trompette et c’est parti. Il a trouvé les quatre lignes et c’était cool. Puisqu’on est sur Sons Of Frida, on peut parler d’un RIP forever ou il y a un potentiel retour envisageable… Ah toi t’as vu l’annonce sur Facebook. Oui, j’ai vu passer un truc qui m’a intrigué. Oui, il y a une rumeur. Mais il n’y aura pas de reformation, y a Clément le bassiste qui est parti en Suède. S’il devait y avoir une reformation, ce serait de la dernière version de Sons Of Frida donc avec Clément à la basse, sinon ça n’aurait aucun intérêt. On y a pensé mais ça va pas être jouable. Mais on a pas mal de matière encore pour sortir des choses. Ah oui, donc pas de reformation mais de nouvelles sorties. Voilà. On va faire un peu comme Sonic Youth, on...

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5 chansons, 5 disques par Edam Edam

5 chansons, 5 disques par Edam Edam

On vous a déjà parlé à plusieurs reprise d’Edam Edam, le projet musical de Shyle Zalewski. Cette fois, c’est lui qui parle. Et comme l’artiste touche à tout est aussi volubile qu’il est productif, on se contentera de cette courte introduction ! 1 – King Of Nothing – This Is Life (2013) En écoute ici Très bonne musique, composée en 2013… (rires) Non, en plus, j’aime bien cette musique, c’est une de mes préférées. Elle est assez spéciale dans le sens où c’est une période où je venais de me séparer, je voyais encore Benjamin, l’autre Edam avec qui j’ai fondé le groupe à la base, et on faisait des soirées. Très bizarrement, on a fini une de ces soirées chez lui avec un autre pote, Sean, qui fait l’oiseau dans certains concerts, on s’est mis à faire de la musique, on a composé plein de trucs qui n’avaient pas grand intérêt, des musiques un peu non-sens, et à un moment j’ai posé ce texte-là sur ces accords-là que je trouvais cool, c’était ultra spontané, la dernière musique qu’on jouait, il devait être 4 heures du matin, avant de prendre le premier métro, vraiment sur un coup de tête. Avec le temps, elle prend vraiment une tournure d’hymne personnel alors que je l’ai couchée sur papier comme ça. (On sonne à la porte, il ouvre et revient) Ouais, c’est un hymne personnel, les paroles me parlent vraiment. Et le titre « The King Of Nothing », c’est une locution que j’utilise souvent quand j’écris et que je n’ai pas envie d’écrire « je », ça me semble être une bonne analogie de ce que je suis, une belle métaphore.   Tu l’utilisais déjà avant ou c’est venu avec ce morceaux ? C’est venu avec cette musique, ouais. Et je le fous dans mes BD, je trouvais ça beau cette idée de roi qui n’a rien, qui est roi simplement parce qu’il est un meilleur être humain. Et que c’est déjà être royal d’être un meilleur être humain que les personnes qui nous entourent.   En fait, ce « I’m a better human being » final, c’est en comparaison à celui qui critique le narrateur, pas à ce qu’il était avant ? Oui, c’est ça, tout le morceau c’est un truc assez triste sur ce sentiment de ne pas avoir fait assez de choses dans sa vie, notamment quand j’ai eu 20 ans, je déprimais déjà, je me trouvais vieux, et un pote m’avait envoyé un texto en me disant « à ton âge, Bob Dylan était déjà bien divin ! » et c’est vrai que des fois, je me dis qu’effectivement, je n’ai rien fait, je chante des chansons qui ne parlent pas de grand-chose, mon art est un art...

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5 chansons, 5 disques par Ventura

5 chansons, 5 disques par Ventura

Quatre ans après Ultima Necat, son monumental troisième album, Ventura nous manque. Notre première rencontre peu de temps après la sortie dudit monument laissait entrevoir que ces messieurs étaient dotés d’une vaste culture musicale, il nous semblait donc fort légitime (et potentiellement intéressant) de discuter de nouveau longuement avec eux, de 5 de leurs morceaux puis de 5 albums de leur choix. Et on y tenait tellement que, faute de mieux, on l’a fait par Skype.   1 – I Keep Starting (Pa Capona – 2006)   Pa Capona by Ventura C’est un disque que je maitrise un peu moins que les autres. Je trouve que sur cet album, et notamment ce morceau, il y a un côté assez indie rock slacker plus prononcé que par la suite où la prod a pris plus d’importance. Là je trouve que dans l’esprit on est assez proche de Pavement par exemple. C’est ce que vous ressentez aussi ?  Diego (basse) : moi ce dont je me rappelle de l’enregistrement de ce disque, c’est qu’on a fait ça un peu à l’arrache par rapport aux suivants.   En 4 jours c’est ça ? Diego : Ouais, 4 jours. Dans ce disque on a vraiment mis tous les morceaux qu’on avait, sans trop réfléchir. Aujourd’hui il y en a quelques-uns que j’enlèverais je pense. Cet effet que tu dis, slacker ouais peut-être. C’était un snapshot de cette période-là, on a voulu enregistrer tout ce qu’on avait. Philippe (guitare, chant) : j’oserais pas spontanément nous comparer à Pavement, mais c’est un groupe qui m’a beaucoup marqué et qui m’a fait comprendre qu’il y avait pas besoin d’être technique. Dans ce sens-là c’est un groupe totalement essentiel pour moi, parce qu’ils avaient des mélodies incroyables, sans être techniques et tout en étant hyper drôles. J’ai toujours trouvé qu’ils avaient des textes très drôles. C’est un groupe qui personnellement m’a beaucoup marqué. J’ai réécouté ça l’autre jour ça faisait longtemps, et j’ai tendance à oublier que ce groupe a existé et c’est bête parce que c’est vraiment un groupe assez génial.   Et les travaux de Malkmus vous suivez encore ? Philippe : J’ai pas réussi à accrocher sur ce que fait Malkmus tout seul. Mais peut-être que je devrais réessayer. Mes goûts changent aussi, peut-être que ça passerait mieux maintenant. Je relisais l’autre jour sur wikipedia la biographie de Pavement et il semblerait que l’essentiel de la biographie de ce groupe repose sur Malkmus lui-même alors que je trouve que sans les autres il est moins intéressant. Mais j’ai jamais vraiment creusé non plus.   Et pour en revenir un peu à ce morceau et l’album, vous dites que vous avez tout mis c’est à dire...

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