Dans le bac d’occaz #5 : Killing Joke, Ride, Unida

Dans le bac d’occaz #5 : Killing Joke, Ride, Unida

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite). Dans le bac d’occaz #5 : les années en 0   1980 : Killing Joke – Killing Joke Bon, vous devez finir par le savoir si vous lisez régulièrement cette rubrique voire mes chroniques de disque, le post-punk ce n’est pas mon truc. Je me suis laissé aller à cet album-là sur la réputation de Killing Joke (une part adolescente de moi se fait toujours avoir quand un artiste est cité par Nirvana) et aussi pour ce que j’en connaissais. Et parce que dans les albums cultes des années 80, c’est difficile de slalomer sans ce manger un ou deux (ou douze) disques de post-punk. Et si je m’étais un temps fermé au groupe après l’écoute de leur affreux tube new wave « Love Like Blood », je m’étais ravisé après avoir eu vent du lien de parenté entre « Come As You Are » et « Eighties » (ou est-ce « Life Goes On » des Damned, ce point est encore en discussion) et j’avais même jeté une oreille à leur album de 2003 parce que Dave Grohl était derrière les fûts. Album bien trop indus pour moi, soit dit en passant. Tellement de références à Nirvana dans ces lignes, on dirait un article des Inrocks sur Et Mon Cul C’est Du Tofu ?… (private joke inside, comprenne qui pourra(ve)). Je brode, je brode, mais parlons musique, je connaissais déjà le premier titre « Requiem » et « The Wait » de par les reprises des Foo Fighters et Metallica. Les deux sont de bons morceaux, avec une vraie préférence pour le premier, mais ma préférence reste à la version des Foo Fighters. « Wardance » est aussi un single, et ça s’entend. Je ne doute pas que le groupe devait proposer pour l’époque quelque chose de plus punk et noir que ses contemporains dans le même registre, ce qui explique sans doute son statut culte. Le problème, c’est qu’il est malgré tout complètement post punk au niveau du son et des compositions et, sans doute parce qu’il a été allègrement pillé au fil des années, sonne comme beaucoup de choses que j’ai déjà entendues et que je n’apprécie pas. L’album n’est vraiment pas mauvais, et même pas aussi désagréable que d’autres trucs du genre (comme Joy Division), mais n’a pour moi aucun intérêt. Suivant ! 1990 : Ride – Nowhere Contrairement au post-punk dont je...

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Dans le bac d’occaz #4 : Joy Division, The Stone Roses, Nine Inch Nails

Dans le bac d’occaz #4 : Joy Division, The Stone Roses, Nine Inch Nails

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite). Dans le bac d’occaz #4 : les années en 9     1979 : Joy Division – Unknown Pleasures Joy Division et moi, ça commence à dater. La première fois, c’était sur la BO de The Crow (oui, j’ai grandi dans les années 90), un morceau par Nine Inch Nails que je trouvais plutôt cool (« Dead Souls », ndlr). Je reviens plus tard sur Nine Inch Nails, mais ce morceau-là me plaisait beaucoup et j’ai appris par un gothique de mon entourage que c’était une reprise de Joy Division. Je m’empresse d’écouter l’originale : j’aurais préféré ne connaitre que la reprise. Quelques années après, c’est l’inévitable « Love Will Tear Us Apart » dans la BO de Donnie Darko. Le film est beaucoup mieux, la chanson pas tellement. Je me convainc vite que Joy Division, ça n’est pas pour moi. Encore quelques années plus tard, je joue de la basse dans un groupe d’indie/stoner 90s. Le chanteur/guitariste/compositeur me fait part de son envie de reprendre un morceau de Joy Division, sans doute influencé par le film de Corbijn. C’est vraiment pas mon truc. Il insiste, m’envoie une démo de sa version, la ligne de basse, et là je suis sur le cul. Putain, c’est cool, en fait ! Le morceau s’appelle « She’s Lost Control », je le note dans un coin de ma tête et j’adore notre version guitare/basse/batterie et fuzz crado. Avance rapide, le groupe s’est séparé, je ne joue plus de basse et encore moins de reprises de groupes post-punk. Lors d’une soirée chez un pote qui a 30 Go de musique et écoute de tout, vous voyez le genre, je vois qu’il a la disco complète de Joy Division, téléchargée mais jamais écoutée. Vous voyez le genre. Aussitôt, je m’empresse de mettre « She’s Lost Control », persuadé que le morceau est cool et va plaire. L’ambiance retombe, c’est tout bonnement horrible à écouter, son dégueulasse, platitude absolue… En fait c’est NOTRE version qui était cool. Et Joy Division, ça n’est vraiment pas pour moi. 2016, entouré de fans de post-punk qui ne cessent de vanter les mérites de ce groupe, je le mets sur ma liste des albums qu’il faudrait quand même que j’écoute plus attentivement. Qui sait, je passe peut-être à côté de quelque chose. Je vous la fais courte, je trouve...

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Dans le bac d’occaz #3 : David Bowie, Half Japanese, Neutral Milk Hotel

Dans le bac d’occaz #3 : David Bowie, Half Japanese, Neutral Milk Hotel

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).   Dans le bac d’occaz #3 : les années en 8         1978 : David Bowie – La Trilogie Berlinoise* (Low–Heroes–Lodger) 2016, décès de Bowie oblige, c’était l’occasion rêvée de se replonger dans ce monument dans la carrière de l’artiste qui m’a toujours laissé froid. Si l’occasion était trop belle, elle s’est cependant avérée parfaitement inutile. Je reconnais que Bowie innove ici plus qu’il ne l’a sans doute jamais fait auparavant et qu’il ne le fera jamais après, car même s’il s’inspire toujours d’artistes d’avant-garde (en l’occurrence Kraftwerk et les précurseurs de la musique électronique), il se retrouve pour la première fois de sa carrière d’artiste à anticiper d’environ 5 ans ce que sera la musique populaire. Le problème, c’est que 5 ans plus tard, la musique populaire, c’est la musique des années 80 : sons électroniques cheap, funk, incursion de world music, et beaucoup, beaucoup de ridicule plus ou moins involontaire. Low et Heroes sont construits exactement de la même façon ; une face pop plus accessible et une face instrumentale plus expérimentale. Les premières révèlent les faiblesses d’écriture pop de Bowie comparé au début des années 70, tant tout ce qui se trouve sur ces deux faces (une pour Low, une pour Heroes) est soit anecdotique, soit mal réalisé (« Heroes », par exemple, c’est une mélodie très chouette mais pour un morceau trois fois trop long !) et fait pâle figure comparé aux tubes passés. Celui qui me dit que « Sound And Vision » vaut un « Life On Mars? » ou un « Space Oddity », sans même parler de « Ziggy Stardust », « Moonage Daydream » ou « Cracked Actor » remporte la palme de la mauvaise foi. Les autres faces, sûrement plus intéressantes dans leur démarche d’expérimentation, sont néanmoins sans intérêt si vous n’êtes pas amateur de sons électroniques primitifs, et n’ont pas franchement bien vieilli comparé à ce que la musique électronique a pu produire par la suite. Lodger, quant à lui, revient à du 100% pop, mais se vautre lamentablement. Le niveau n’est pas remonté du tout, et on tombe même parfois dans les affres de la pop 80s la plus craignos (« Yassaaaassiiiiin! »). Quand je pense qu’il y a des gens qui préfèrent ça à la période glam… sans commentaire. Je préfère pour ma part, s’il faut se replonger dans cette...

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Dans le bac d’occaz #2 : Radio Birdman, The Cure, Sleater-Kinney

Dans le bac d’occaz #2 : Radio Birdman, The Cure, Sleater-Kinney

Chaque mois BCG plonge pour vous dans le bac d’occaz en écoutant des albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool ou encore un ami mélomane. 30 ans (de 1977 à 2006), 30 disques. Chaque mois 3 albums de cette liste, écoutés au moins une fois par semaine. Les albums sont regroupés par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite).   Dans le bac d’occaz #2 : les années en 7   1977 : Radio Birdman – Radios Appear Voilà le premier mystère que je rencontre dans cette liste : pourquoi n’ai-je jamais écouté ce disque avant ? Pourtant, les collègues de Voix de Garage m’avaient bien briefé, je me rends compte qu’ils ont déjà diffusé pas mal de morceaux et je les avais trouvé bons. En passant le pas, je réalise que le reste est du même niveau à l’exception de la bizarrerie « Man With The Golden Helmet », un peu Doorsien et franchement raté (enfin, réussi si l’idée était de faire un truc du niveau des Doors). Le reste, de « Aloha Steve And Danno » à la reprise finale de « You’re Gonna Miss Me » des Thirteenth Floor Elevators, est tout bonnement excellent. D’ailleurs, l’autre reprise est un morceau des Stooges, comme pour Spacemen 3. Serait-ce la marque de fabrique des grands disques ? On a là du punk essentiel, qui tire bien ses sources là où il faut et n’est en fait ni plus ni moins que du rock’n roll plus énergique, plus direct, avec cette marque de fabrique Australienne qui fait la différence. Je ne sais pas si c’est le soleil, la mer ou les kangourous, mais ces mecs ont vraiment un talent pour être dans une mouvance et en faire quelque chose de spécial et d’excellent (The Saints, The Scientists, Beasts Of Bourbon…). Bref, un album indispensable, sorti en 80 versions différentes et pour laquelle je ne peux que conseiller celles qui ont le plus de titres. 1987 : The Cure – Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me En me lançant dans un album entier des Cure, étant très réfractaire au son des années 80, je m’attendais à passer un moment difficile. En fait non, ça a été bien moins désagréable que prévu. Certes, la production accuse son âge et est assez pénible quand on n’adhère pas à ce genre de musique, et la longueur de l’album met les nerfs à rude épreuve. Cependant, Robert Smith a un talent indéniable pour écrire des chansons pops qui ne tournent peut-être pas dans l’air, mais bien foutues et efficaces. Du coup, on peut facilement se laisser prendre à des trucs comme « Why Can’t I Be You », malgré sa prod vraiment...

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Dans le bac d’occaz #1 : Spacemen 3, Girls Against Boys, Eagles Of Death Metal

Dans le bac d’occaz #1 : Spacemen 3, Girls Against Boys, Eagles Of Death Metal

  ll n’est jamais trop tard pour se bouger les fesses. On a tous une liste longue comme le bras d’albums indispensables selon un journaliste musical, un oncle cool, un ami mélomane, voire une vague connaissance croisée en soirée mais avec qui on a passé une bonne partie de la nuit à parler musique, qu’on n’a jamais écouté ou alors sans vraiment y prêter attention et pour lesquels on se dit « il faudra bien que je passe le pas un jour« . Je ne fais pas exception. Sauf que le pas, c’est cette année que je le passe. J’ai dressé une liste malheureusement non exhaustive de ces albums classés par année, j’en ai gardé un par an à quelques exceptions près, et pour réduire quand même à un nombre humainement écoutable, je me suis contenté de la période qui va de 1977 à 2006. 30 ans, 30 disques, et donc 30 avis qui iront avec. Je sors chaque mois 3 albums de cette liste, que j’écouterai au moins une fois par semaine. Pour ne pas me perdre dans ce qui me reste à écouter, et pour varier un peu les plaisirs, je regroupe les albums par le dernier nombre de leur année de sortie (1986-1996-2006, 1977-1987-1997, 1978-1988-1998, et ainsi de suite). Je n’ai choisi qu’un album par artiste, à une exception près (mais c’est David Bowie, c’est de circonstance). Je vous invite donc, chaque mois, à plonger avec moi dans le bac des occaz’*.     Dans le bac des occaz’ 1 : les années en 6     1986 : Spacemen 3 – Sound Of Confusion Un groupe qui revendique faire de la musique longue, psychédélique et planante, ça pourrait tellement me gonfler, surtout quand il n’y a que 8 chansons sur le disque et qu’une seule est sous la barre des 4 minutes. Et pourtant, la magie a opéré tout de suite. Quelle claque! Il faut dire qu’avec une reprise et demi des Stooges (car il ne faut pas se mentir, « O.D. Catastrophy », c’est « T.V. Eye ») et une des Thirteenth Floor Elevators, la carte de visite du bon goût est totalement valable. On est en 1986, en Angleterre, et pourtant on est loin des horreurs de la production de l’époque, on surfe plutôt du bon côté de la force, celle de la scène Shoegaze/noisy qui n’existe même pas encore cette année-là. Mais avec de vraies racines garage. En fait, Spacemen 3, sur ce disque, est un peu à la croisée des Stooges et du Velvet.  Ça peut sembler vue et revue comme comparaison, mais pour une fois que c’est mérité, on ne va pas s’en priver. Et avec des références comme ça, dur de ne pas succomber. Le premier disque...

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