The Mystery Lights – Too Much Tension!

The Mystery Lights – Too Much Tension!

(Daptone, 10 mai 2019) J’ai toujours aimé les intros de concert un peu recherchées, je suis certain que les Mystery Lights mettront « Synthtro » en concert avant d’attaquer la bête. En tout cas, ce petit semblant de horror soundtrack le fait bien en intro de leur nouvel LP, Too Much Tension!. Puis, j’ai toujours aimé les groupes qui savent enchaîner, que ce soit Sly and the Family Stone, les Fleshtones ou nos amis de Brooklyn ci-chroniqués. J’avoue que je commençais à désespérer. Leur premier LP éponyme n’avait pas quitté ma Technics lors de sa sortie en 2016, j’avais adoré leur show à la Maroquinerie mais plus récemment, la question du petit deuxième commençait à se faire sentir (joke) mais j’ai eu la chance de les revoir au Club 100 de Londres il y a peut-être un an et je me suis dit que c’était mal parti. Le concert était plus qu’à la hauteur mais ils ont un tel côté glandeurs sympathiques, post-post-post-ados se passant pas du tout discrètement la bouteille de Cuervo pour mieux enchaîner que je ne les imaginais pas… travailler patiemment dans un studio d’enregistrement, faire le mix, les overdubs, etc. Et pourtant, les amis, pourtant… Voici donc « Too Much Tension » sorti en mai 2019, après donc 3 ans d’attente. Straight to the point : le LP est une réussite ! Quelques tracks avaient été éditées en pre-release, le névrosé « I’m So Tired (Of Living In The City) », le paranoïaque « Someone Else Is In Control » et le punkoïde « Traces ». Que des perles urbaines ! Et puis, le LP sort et révèle un « Thick skin » headbanging à souhait, un « Going Down » qui calme le jeu et joue sur les platebandes de King Gizzard avec délice, un « Watching The News Gives Me The Blues » qui parle de lui-même de manière drôlement efficace, le pistolet sur la tempe, et un « It’s Alright » dans la droite ligne du premier bébé avec son petit solo à la Fogerty sur ce que serait une version courte de « Effigy ». Citons aussi “Wish That She’d Come Back”, alors là j’adore, c’est carrément le 3 en 1, ça démarre par deux petites minutes toutes sautillantes d’euphorie et en plein milieu, paf la grosse descente éthylique, le down, Mike Brandon doit être encore loin du bout du tunnel pour que ça résonne autant, et puis on se termine dans du très sombre, pour 27 secondes d’angoisse post-indus. Je les aurai attendus, les bougres, et ça valait le coup ! Allez, tous à la Maroquinerie le 15 octobre (2019) pour célébrer les lumières mystérieuses de ce groupe ayant migré...

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The Chemical Brothers – No Geography

The Chemical Brothers – No Geography

(Virgin EMI, 12 avril 2019) Il y a quelques années de cela, je m’étais retrouvé dans l’embarras à devoir dire du mal du dernier album des Chemical Brothers, un groupe que j’adore et qui me suis depuis de nombreuses années. Mais il faut bien le dire, mon avis n’a pas bougé d’un iota, il n’était pas fameux ce Born In The Echoes. Et c’était d’autant plus frustrant qu’il faisait suite à l’énorme Further qui, avec le recul, se situe parmi les meilleurs disques du duo britannique. Le doute était donc permis à propos de No Geography, mais les premiers singles étaient de nature à rassurer… voire à s’enflammer à l’écoute de la colossale “Mah” qui tabasse comme il faut, avec les samples qui vont bien (et qui font peur !). Dans la plus pure tradition des frères chimiques. Tout n’est pas de cet acabit mais les moins agressifs “Got To Keep On” et “Free Yourself” font assurément le boulot et susciteront bien des déhanchements avec toujours cette science des montées parfaitement maîtrisée. Comme à l’accoutumée, No Geography a été conçu comme un DJ set et, cela ne surprendra personne, il est très orienté dancefloor. Le morceau-titre et ses (big) beats fracassants, synthés épiques et sample vocal bien marquant (“I take you home“) fleure bon la fin de soirée arrosée, les yeux dans le vague et l’envie de prolonger jusqu’au petit matin (sentiment similaire sur “Catch Me I’m Falling” qui clôt habilement l’album). “The Universe Sent Me” commence assez sagement porté par la douce voix de la norvégienne Aurora avant que les BPM ne s’affolent. Les changements de rythmes sont incessants et le tout s’achève dans un bon gros délire psychédélique. N’est pas “The Private Psychedelic Reel” qui veut, mais ce morceau fera sans nul doute son petit effet en live et s’impose comme une pièce maîtresse du disque. En dépit de quelques titres plus anecdotiques (“Bango” très Fatboy Slim, “Gravity Drops” guère exaltante) et certaines voix qui ternissent des morceaux de bonne facture (“We’ve Got To Try” agace rapidement), No Geography nous propose là un parfait condensé du savoir-faire des deux DJ. L’année 2019 restera tristement marquée par la disparition de Keith Flint de Prodigy, mais on retiendra également que d’autres éminents représentants du big beat nous ont prouvé qu’ils avaient encore de beaux restes. Jonathan...

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Fontaines D.C. – Dogrel

Fontaines D.C. – Dogrel

(Partisan, 12 avril 2019) Maudits soient les british ! Eux qui prennent toujours un malin plaisir à nous rappeler à quel point ils sont meilleurs que nous. Dans tous les domaines, ou presque (les anglais ont fait fort avec le Brexit, mais notre gouvernement se surpasse chaque jour pour prouver qu’on peut rivaliser en connerie) : en nous mettant des taules au rugby dès que l’occasion se présente, en monopolisant le haut de l’affiche footballistique quand on préfère se faire humilier en mondovision (par des british, tant qu’à faire) ou en sortant en moyenne quatre bons groupes rock quand on en sort un.  Après la déferlante punk/post punk anglaise nouvelle génération (Sleaford Mods, Idles, Shame, Slaves…), au tour des irlandais de frapper un grand coup. Pour remuer le couteau, ceux-là ont choisi un nom qui pourrait presque sonner frenchie : Fontaines D.C. Mais pas de doute possible, D.C. désigne bien Dublin City. Dur. “I’m gonna be big” clame d’emblée Grian Chatten (“Big”). Ambitieux, certainement. Présomptueux ? Pas tant que ça. Car ce groupe-là n’éprouve visiblement pas la moindre difficulté à écrire des tubes (“Roy’s Tune”, “Boys In The Better Land”), à trouver le riff qui ne va plus te lâcher (“Too Real” qu’on a bien dû écouter 45 fois avant la chronique), à dégoter une ligne de basse qui nettoie tout ce qui traine (“Hurricane Laughter” qu’on a bien dû écouter 42 fois), à convoquer les Cure quand il s’agit d’ajouter un brin de mélancolie (“The Lotts” ou “Television Screens” face auquel il est difficile de ne pas rester scotché) ou les Pogues quand ils font dans la ballade à entonner pinte à la main (“Dublin City Sky” dont le chant ressemble à s’y méprendre à celui de Shane McGowan sur “Sally McLennane” du mythique Rum, Sodomy & The Lash). L’atout numéro un de Dogrel n’est sans doute pas l’originalité mais bien le fameux triptyque énergie/mélodie/spontanéité après lequel tout le monde court, mais que peu parviennent à attraper. Ça parait simple voire tout con (“Liberty Belle” qui flirte avec le punk à roulettes mais sans se jeter à pieds joints dans la faute de goût), c’est surtout très bon. Et une de plus pour les British ! On les aura un jour, ne perdons pas espoir. Jonathan Lopez Fontaines D.C. se produira le week-end des 8 et 9 juin en plein air dans le cadre de Villette Sonique (Paris). Ah, et ce sera...

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Équipe De Foot – Marilou

Équipe De Foot – Marilou

(Alter-K, 10 mai 2019) Ces gars-là n’ont rien compris. Faire de la musique par les temps qui courent : osé. Jouer dans un groupe de rock en 2019 : présomptueux. Appeler son groupe Equipe De Foot : carrément suicidaire. Déjà qu’il faut s’arracher pour exister mais si de surcroît vous optez pour un nom qui n’aide pas à être pris au sérieux en plus d’être introuvable sur Google/Facebook/Instagram/toutes ces merdes indispensables pour être médiatisé de nos jours, vous vous tirez une belle balle dans le pied. Équipe De Foot n’a probablement pas grand-chose à cirer de ces considérations marketing et on serait tenté de leur donner raison. Car, nous aussi, on s’intéresse d’abord à la musique (aussi incroyable que ça puisse paraître !) et de ce point de vue-là, le duo a des arguments solides. Son deuxième bébé, Marilou, reprend les choses là où Chanta(aaaa)l les avaient laissées. On commence donc forcément par une grosse patate en lucarne (“Bald Is When You’re Out Of Hair”). Ça met en confiance et ça place l’auditeur dans d’excellentes dispositions. Couplets apaisés, mélodies contagieuses, refrains pied au plancher, disto, clean, disto, disto, disto. La recette est connue de tous, encore faut-il savoir gérer le dosage. Pas d’inquiétude, Equipe de Foot maîtrise son sujet. Avec cet air de ne jamais se prendre au sérieux (interludes au 12e degré, “Funny Wife” et ses sifflotements à la cool…), Equipe De Foot déroule son « garunge » (mélange habile de garage et grunge), garni de refrains qui nous explosent systématiquement à la face (“I Could Go To Sleep And Die”, “The Dictionary Guys” pour les explosions les plus dévastatrices). Et la rutilante production ne fait qu’aggraver les dégâts. C’est bien simple, ce power duo pourrait coller une trempe à bien des quatuors. Très attentionné, il nous a tout de même réservé deux chouettes ballades (“Not About Winkles”, “Marilou”) pour ne pas nous mettre la tête sous l’eau en permanence. Belle attention, et belle exécution. Finalement, on s’est peut-être montré un peu trop catégorique. Avec son nom, Equipe De Foot fait des appels en profondeur aux journalistes spécialisés feignasses qui ne peuvent résister aux métaphores footballistiques et avec son style typiquement 90s dont on raffole, ils savent d’emblée qu’ils vont la mettre au fond. Ces gars-là ont tout compris. Jonathan...

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Tchewsky & Wood – Live Bullet Song

Tchewsky & Wood – Live Bullet Song

(Poch Records, 26 avril 2019) DE LA PER-SO-NNA-LI-TÉ. N’est-ce pas ce que les détecteurs de talent recherchent avant tout dans leurs infâmes télé-crochets pour pouvoir ensuite faire rentrer les ronds avec des pseudo artistes interchangeables chantant des bouses formatées à mort ? Souvent, cette “personnalité” se résume à une coupe improbable, un prénom qui n’existe pas ou un style vestimentaire d’un autre temps. Avec Tchewsky & Wood, on ne sait même pas à quoi ressemblent les membres du groupe mais on sait déjà qu’on a affaire à un groupe peu commun. Pourtant il n’y a pas besoin de chercher bien loin pour trouver leurs influences, leur son naviguant entre post punk, électro et new wave (tendance cold). Et là, vous vous dites “c’est vrai qu’un groupe qui fait du post punk ou assimilés aujourd’hui, c’est d’une originalité folle”… Mais la vraie singularité de Tchewsky & Wood (la PER-SO-NNA-LI-TÉ) c’est cette voix, celle de Marina Keltchewsky (la “Tchewsky” du groupe donc, “Wood” étant le beatmaker Gaël Desbois, ne nous demandez pas pourquoi). Une voix grave (non, pas à la Ian Curtis ou Peter Murphy) qui emporte tout sur son passage, une voix parfois très sensuelle qui sait se faire ensorcelante (“I Have You”, “Four-Finger Ballerina”). Si le groupe excelle dans un registre pop délicat, il se mue parfois en implacable machine à danser sans jamais verser le kitsch (“Lion (In A Violet Zoo)”, “Love, She Said” issus de leur premier EP déjà riche en promesses). Pour couronner le tout, Marina jongle entre l’anglais, le francais et le russe avec une classe indéniable (l’imposante et corrosive “Burning Water” qui enflammerait d’un coup d’un seul n’importe quelle étendue d’eau). Maintenant on sait traduire le mot “tube” en trois langues (pour votre gouverne, des tubes, des hits ou des хит). On guettera de près la suite de la carrière de ce trio rennais bourré de PER-SO-NNA-LI-TÉ et au talent de composition indéniable. Ce Live Bullet Song explosif se révèle d’une précision diabolique. Une véritable bullet in the head. Jonathan...

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Camilla Sparksss – Brutal

Camilla Sparksss – Brutal

(On The Camper, 5 avril 2019) Peter Kernel n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe prévisible. Vraiment pas. Malgré des comparaisons insistantes (et encombrantes) avec Sonic Youth (surtout au début de leur carrière), le groupe excelle dans la remise en question et l’effet de surprise permanent grâce aux personnalités bien marquées de ses deux têtes pensantes : Barbara Lehnoff et Aris Bassetti. Beaucoup se contenteraient donc de cela mais visiblement cela ne suffit pas à Barbara. Barbara se doit de satisfaire sa créativité bouillonnante. Pour cela, elle enfile parfois son costume de Camilla Sparksss et s’éclate. Brutal est le deuxième album de Camilla/Barbara (même si Aris y a grandement contribué). Brutal il l’est, indéniablement. Mais sans oublier d’être subtil, heureusement. L’intro (“Forget”) est contemplative et intrigante, perturbée par d’étranges sons électro venus brouiller les pistes. Les interrogations affluent, on est encore au round d’observation. Et puis, nous voilà largués en plein Orient, et sacrément désorientés (“Are You OK?”). L’Orient ou l’Afrique d’ailleurs ? Les darboukas sèment le trouble. Peu importe, nous voilà au milieu d’une foule en liesse, dansant et oubliant le reste. C’est aussi ça qui lui plait à Camilla, nous laisser errer le regard perdu, ne sachant bien si ce sont nos neurones qui sont sollicités (la rêveuse “Messing With You”, l’étrange “She’s A Dream” qui évoque parfois une BO de film noir) ou nos jambes qui doivent s’agiter (aucun doute sur la très dancefloor “So What”, sa basse intenable et sa punchline “I died once, i can die twice“). Dès lors qu’on cesse de se poser des questions, qu’on se laisse aller sans calcul à cette musique finalement bien plus primitive qu’elle peut en avoir l’air, l’écoute devient jubilatoire et addictive (le single “Womanized”, sacrément captivant). Si on se sent un peu moins concernés par la deuxième partie du disque, à mesure que l’aspect noisy de Camilla Sparksss reprend le dessus sur les mélodies (la rude “Walt Deathney” qui ne nous ménage guère), cet amoncellement de morceaux bigarrés parvient à faire étonnamment sens. Le charisme vocal de Barbara s’occupe du reste et nos tripes sont bien remuées sur la puissante “Sorry”, conclusion de l’album où les derniers mots sont scandés avec une intensité qui va crescendo… Rideau. Une fin brutale. Et un peu triste aussi car vite arrivée alors qu’on s’amusait bien. Camilla, Barbara, Aris, Peter… Revenez quand vous voulez ! Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE PETER KERNEL – THRILL...

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Pamplemousse – High Strung

Pamplemousse – High Strung

(A Tant Rêver Du Roi, 19 avril 2019) Ne pas tergiverser, foncer dans le tas. Telle pourrait être la devise de Pamplemousse. On serait tentés de ricaner à la simple évocation de leur nom, mais on est calmés d’emblée par “High Strung”, déferlante noisy punk monstrueuse d’efficacité, jouée couteau entre les dents. Plus personne ne moufte alors. Pour collecter tout son jus (premier et dernier jeu de mots douteux), Pamplemousse est passé entre les mains de Peter Deimel, expert ès administrations de torgnoles qui a prodigué ses services à des poètes comme Shellac, Chokebore, Cows ou We Insist!, plus près de chez nous. En résulte un album particulièrement massif et généreux en dissonances jouissives. On ne peut décemment pas rester de marbre face à ces réunionnais qui prennent parfois l’accent de Chicago ou Washington (“Space Out” et son break Fugazien, dont la basse nous fait boire le calice jusqu’à Lally). Fabuleux exutoire, “Losing Control” porte remarquablement son nom. Le chanteur aime bien nous gueuler dessus et le fait avec un certain aplomb, quand il n’évolue pas aux confins de l’hystérie (“Porcelain” où l’assaut des guitares est tel qu’on comprend aisément qu’il puisse y perdre son latin). Les amplis en chient, les guitares sont au supplice, les fûts martelés jusqu’à plus soif, mais cela ne nous prive pas de subtilités (la basse bluesy vicelarde de “Heebie Jeebies” où des records de vitesse sont pourtant battus, “Back In LA” qui nous amadoue habilement avec son intro sur la retenue… seuls les plus naïfs n’auront pas vu venir la dérouillée qui suit). High Strung constitue un formidable cocktail de rage et puissance, comme on l’affectionne du côté de Metz (les canadiens, pas les lorrains). Du bruit, beaucoup de bruit mais jamais pour rien puisque les mélodies ne manquent pas à l’appel, pêché parfois pas si mignon de ces mêmes canadiens. Une fois les 33 minutes défilées vitesse grand v, nous voilà cul par terre, langue pendue et yeux hébétés. On dit alors 33 et on quémande la prochaine raclée. Jonathan Lopez Chronique à retrouver également dans New Noise #48...

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FACS – Lifelike

FACS – Lifelike

(Trouble In Mind, 29 mars 2019) Décidément entre le nouvel album (très bon mais très sombre) de Psychotic Monks et celui de Facs (qui fait suite au très bon mais très sombre premier album Negative Houses), on ne se fend pas vraiment la poire en écoutant des disques en ce moment. C’est pas le but non plus me direz-vous, d’autant que généralement “disques où on se fend la poire” rime avec “merde en barre”. Pour ceux qui auraient manqué l’épisode précédent, FACS est le nouveau projet de Brian Case et Noah Leger, anciens membres de Disappears (accompagnés de Alianna Kalaba à la basse), un groupe dont on pleurait à chaudes larmes la disparition et qui nous est réapparu sous une autre forme. Lifelike ne se sera guère fait attendre, un an seulement après son prédécesseur et opérant dans une parfaite continuité. On n’osera pas parler d’EP pour ce disque car les 6 titres qui le composent s’étendent sur près de 30 minutes. 30 minutes d’un rock fiévreux et intimidant, sans le moindre compromis où se côtoient gaiement chant habité et angoissant, guitares grinçantes et basses caverneuses. On rase les murs mais on se souvient qu’il n’y a rien à craindre avec ces gars-là, si ce n’est se faire happer par des mélodies pernicieuses, et elles sont encore là, jaillissant des ténèbres (“Another Country”, “In Time”, “XUXA”). Ceux en quête d’une utopique éclaircie attendront le déluge et encaisseront plutôt en guise de représailles une “Loom State” glaciale d’une lenteur effroyable. Moins rébarbative, “Total History” conclut l’expérience (c’est toujours une expérience d’écouter FACS ou Disappears) en s’enfonçant peu à peu dans un inexorable crescendo noisy, procurant à ceux qui ont les nerfs solides un certain goût de l’apocalypse. Noir c’est noir, mais l’espoir est bien là. L’espoir que l’aventure FACS se révèle aussi passionnante que celle de Disappears. Il reste du chemin à parcourir mais ça démarre bien. Jonathan Lopez LIRE LA CHRONIQUE DE DISAPPEARS –...

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The Brian Jonestown Massacre – The Brian Jonestown Massacre

The Brian Jonestown Massacre – The Brian Jonestown Massacre

(A Records, 15 mars 2019) De nos jours, il n’est pas toujours facile de suivre le rythme des sorties. Et encore moins celles d’un groupe aussi prolifique que le Brian Jonestown Massacre. Et pourtant, on devrait parce qu’à chaque fois qu’on jette une oreille à un nouveau BJM “histoire de”, on repart avec des mélodies plein la tête. Le BJM nouveau, 18e du nom mais sans nom, on l’a écouté et, comme souvent, on a bien fait. Après diverses collaborations (The Limiñanas, Tess Parks), une BO imaginaire (Musique de Film Imaginé), et quelques mois seulement après Something New, Anton Newcombe revient déjà avec sa suite logique qui, à défaut de something new est something very good. Le leader historique du groupe est en terrain connu, celui qu’il a labouré lui-même, qu’il connait comme sa poche et qui l’a imposé comme l’un des fers de lance du revival psyché (bien avant que ce genre de groupes pullulent, avec plus ou moins de bonheur, pour nous pauvres auditeurs). Ainsi, des morceaux comme “Drained” ou “Cannot Be Saved” rappellent instantanément qui est le patron, et pourquoi il l’est. Le chant lointain, la parfaite ritournelle acoustique innocente, finalement bouffée tout cru par des bourrasques électriques. On est bien, 50 ans en arrière, on se verrait bien changer le monde mais on reprend un champi hallucinogène d’abord. Pour continuer à voir flotter les guitares dans les airs. Y a des priorités. Enlevé d’un bout à l’autre, efficace de part en part, le principal défaut de ce disque est bien souvent considéré comme une qualité : il est très homogène. Dans sa grande clémence, le BJM nous a réservé quelques (petites) surprises pour nous empêcher de hurler à la redite (l’orgue qui déboule sur les bluesy “Too Sad To Tell You” et “Remember Me This”, les murmures en français de Rike Bienert sur l’excellente “Tombes Oubliées”, la touchante “We Never Had A Chance”, le jam instrumental de “My Mind Is Filled With Stuff”). On préfère donc voir le verre aux trois quarts plein : pas de dépaysement en vue mais un sourire arboré constamment par nos visages ahuris, comme aux débuts du groupe, il y a 30 ans. Quand on était jeunes et insouciants. Certains ont du mal à passer le cap du deuxième album, celui de la confirmation. Cela fait une bonne dizaine de fois que Le Brian Jonestown Massacre confirme. On peut commencer à parler d’un groupe fiable. Jonathan...

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The Psychotic Monks – Private Meaning First

The Psychotic Monks – Private Meaning First

(Vicious Circle, 29 mars 2019) Mais qui sont ces moines psychotiques dont vous n’aviez jamais entendu parler il y a à peine un an et dont le nom circule depuis dans tous vos médias alternatifs préférés ? Déjà, ils sont chez Vicious Circle qui compte en ses rangs beaucoup de vos artistes préférés (Troy Von Balthazar, Shannon Wright, It It Anita, Lysistrata…). Ensuite, ils ont fait grand bruit lors de leurs passages à Rock En Seine et aux Transmusicales l’an dernier. Et pour m’être rendu à Rock En Seine qui avait oublié de programmer du rock l’an dernier, croyez-moi ça faisait du bien. Il n’est pas toujours évident de découvrir un groupe sur scène mais dans ce cas précis, rares sont ceux qui sont restés de marbre. Puissance, présence scénique, intensité, interprétations fiévreuses, ces vieux briscards d’une vingtaine d’années connaissent leur affaire. A l’inverse de leurs concerts qui vous percutent de plein fouet, vous font vivre une expérience frontale chargée d’électricité, il n’est pas chose aisée de s’imprégner de Private Meaning First. Un disque divisé en deux chapitres, pas de quoi effrayer de prime abord mais ça vous donne quand même une petite idée de l’ambition de la bête. Dire qu’il nécessite bon nombre d’écoutes semble être le moindre des avertissements. Les Psychotic Monks aiment la complexité et leur deuxième album ne s’offre certainement pas aux premiers venus. En lançant l’écoute la première fois, vous aurez un peu le sentiment de vous retrouver au pied d’une immense pyramide, persuadé qu’elle recèle bien des trésors, mais bien incapable d’en trouver l’entrée. Bref, vous tournerez en rond avec l’air con. Et frustré. Et puis, à force de guetter la moindre ouverture, vous apercevrez une brèche bien planquée et vous y engouffrerez. Pour n’en ressortir que bien plus tard, après une visite approfondie. Le premier chapitre s’ouvre sur l’intrigante “(Every Word Has To Be Told) Pale Dream”. Atmosphère pesante, mots murmurés, dérouillée à venir. Et puis c’est l’heure d’en prendre plein la gueule, plein les dents avec l’imposante et perchée “Isolation” qui renvoie aux géniaux Disappears. Les guitares sont sèches comme des coups de trique, la rythmique martelée, la menace à peine voilée. Entre psychédélisme sombre et mastodonte sans pitié. Plus incisive et moins sournoise, “A Coherent Appearance” dégaine des riffs sauvages qui finiront par se mettre en retrait progressivement pour mieux laisser libre cours au BRUIT, à l’INCERTITUDE, à LA FOLIE. Ces moines-là ne vous prendront jamais la main pour vous guider en toute tranquillité là où vous êtes bien, ils préfèrent vous larguer en plein chaos. “Minor Division”, pièce majeure du disque, qui ferait passer Joy Division pour un groupe de zouk, s’achève ainsi dans la plus grande confusion et...

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