Black Rebel Motorcycle Club – Wrong Creatures

Black Rebel Motorcycle Club – Wrong Creatures

Savez-vous combien de disques sortent tous les mois ? Moi non plus. Plus de 1000 sans doute… Alors évidemment pour se démarquer il faut de solides arguments (ou un bon budget promotion). Quand le groupe s’appelle Black Rebel Motorcycle Club on y prête forcément une oreille. Même s’ils ne nous ont plus fait vibrer depuis un bail, leur réputation les précède. Et puis rapidement le soufflé retombe. Après une intro mystico tribale à l’intérêt limité, le groupe lui-même nous avertit “it’s just another song“. Voilà qui ne va pas nous aider à croire au coup de coeur. Et c’est vrai que “Spook” n’est qu’une chanson psychée de plus. Pas mauvaise mais pas mémorable non plus. Bien meilleure toutefois que ce “King Of Bones” bien pompier (la basse et la grosse caisse qui crient “j’arrive avec mes gros sabots s’il vous plait, passez-nous à la radio“, le refrain trop moche pour être vrai), ou “Echo” qui se veut épique mais se révèle surtout insupportable (le refrain à la U2 brrr). Quelques rock psychés de bon aloi, bien calibrés viennent redresser un peu la barre (“Ninth Configuration”, “Question Of Faith” en BRMC pur jus ou “Circus Bazooko” qui a au moins le mérite d’amuser la galerie, à défaut de marquer les esprits). Mais Black Rebel retombe trop souvent dans ses travers (“Calling Them All Away” qui veut la jouer aérienne mais qui ne méritait pas non plus de tutoyer les 7 minutes, ni ce traitement trop propret, “Little Thing Gone Wild” trop surchargée). Et pour ne laisser aucune place au doute, rien de tel qu’un “All Rise” bien craignos. Wrong Creatures oscille donc entre le correct et le calamiteux. Disparue la prise de risque, envolée la spontanéité des débuts. BRMC court visiblement après l’hymne de stade. On n’a que nos yeux pour pleurer et nos oreilles à laver. “There’s no one ready for this” chante Peter Hayes. Nous en tout cas on n’était effectivement pas prêt à subir pareille déconvenue. JL LIRE LA CHRONIQUE DE SPECTER AT THE...

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Gang Of Four – Entertainment!

Gang Of Four – Entertainment!

Après le forfait commis par le vil BCG, je me dois de réhabiliter en ces pages ce grand disque qu’est Entertainment! de Gang Of Four. En 1979, le mouvement punk s’essouffle (déjà) et le post punk pointe le bout de son nez. Gang Of Four évolue du côté lumineux de la force post punk. Point de synthés ténébreux ici ni d’atmosphères gothiques, mais des guitares acérées et tranchantes, une hargne omniprésente et des morceaux terriblement entrainants emmenés par la basse virevoltante de Dave Allen. L’incendiaire “Ether” ouvre les hostilités. Le feu est déclaré dans votre salon. Et ce n’est pas l’instabilité chronique de “Not Great Men”, son groove spasmodique qui va vous calmer. Ça respire l’urgence, la tension et ça n’hésite pas à mélanger amoureusement funk, dub (aaah le mélodica !) et punk, évidemment… Tout ce qui bouge et remue nos tripes. Le jeu de basse phénoménal de Dave Allen a d’ailleurs bien traumatisé Flea (Red Hot) « ça a complètement changé ma façon de voir le rock et ça m’a poussé à devenir bassiste » dira-t-il des bonbons plein les yeux rien qu’en y repensant. Un album qu’on retrouve également dans le top 50 des disques préférés de Kurt Cobain qui n’a pas dû rester insensible au son de guitare d’Andy Gill, aiguisé à souhait, qui n’en fait pas des caisses, mais se contente d’asséner les coups de poignards. C’est sec, sans fioritures, ça pique bien là où il faut (« At Home He’s A Tourist »). La formule est parfois simple et efficace comme ce « I Found That Essence Rare » très pop/punk façon Buzzcocks ou Clash des débuts. Mais on tombe aussi sur des compos bien plus complexes à l’image de la stupéfiante “Anthrax” et son intro en plein brouillard drone. Un cataclysme arrive pense-t-on alors mais c’est une session rythmique funky en diable qui surgit. Et tandis que Jon King chante l’anti-amour (« l’amour comme de l’anthrax »), Andy Gill au fond de la pièce débite des propos inintelligibles façon écriture automatique. Comme de faux-airs de Lou Reed sur “Sister Ray”. Vous avez dit génial(ement barré) ? Les morceaux s’enchainent, plus parfaits les uns que les autres, on danse, on s’excite, on hurle, on ne s’arrête pas. Jamais. Et on oublie presque qu’en chemin on s’est mangé le tube ultime en pleine trogne. “Damaged Goods” et sa basse fabuleuse, son rythme infernal. “Your kiss so sweet, your sweat so sour“. Ça doit être à ça que ressemble le paradis. Dès sa sortie le morceau s’impose comme un hit ultime, bombardé par John Peel, il est l’indie single numéro 1 des charts. Notez que c’est un peu mieux que Franz Ferdinand (encore un qui leur a tout pompé, au passage..). On vous épargne la liste d’artistes qui ont appris...

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“Incesticide” de Nirvana a 25 ans. Chronique

“Incesticide” de Nirvana a 25 ans. Chronique

Décembre 92. Nevermind a foutu un beau merdier. Le rock est de retour au centre de l’échiquier, des groupes indés condamnés à l’obscurité découvrent la lumière, le rockeur ermite dans sa chambre qui rongeait son frein depuis bien trop longtemps se frotte les mains. L’heure de la vengeance a sonné. A peine le temps de se remettre de “celui qui a tout changé” qu’un nouveau Nirvana déboule dans les bacs. Du pain béni pour Geffen qui a chipé le prodige à Sub Pop et pour les jeunes aficionados qui vont pouvoir écouter autre chose que “Smells Like Teen Spirit”. Encore que… Encore que Incesticide n’est “qu’une” compile d’inédits. Et majoritairement issus de sessions période Bleach, qui plus est. Donc plus crado, plus brut, plus Nirvana finalement (et moins Butch Vig, forcément). Mais les recalés de Bleach et Nevermind ont évidemment une sacrée gueule. La raison est simple : c’est Kurt Cobain qui les a écrits. Et le bonhomme pondait à la pelle des tubes imparables, des riffs colossaux, des refrains diablement évidents et accrocheurs. Donc qu’il y mette moins d’enrobage, moins d’application importe peu (c’est même encore mieux pour qui chérit la facette punk du bonhomme). Parmi les pépites qui ont passé l’épreuve du temps, “Dive” (essaie de l’écouter sans la fredonner ou sans remuer la tête pour voir), “Sliver” et sa ligne de basse innocente avant que l’affaire s’emballe quand grand-mère nous ramène à la maison, “Been A Son” et son “she should have…” qui entame chacun des vers (rictus cobainien) et ajoute une corde à l’arc de l’addiction qui n’en demandait pas tant. Les “Molly’s Lips” et “Son Of A Gun” des Vaselines glissent encore mieux (hum..) avec ce surplus de hargne et d’intensité. Nirvana, roi de la cover, on ne le savait pas encore, excelle également sur celle de Devo “Turnaround” avec ce don de s’approprier des titres comme s’ils étaient de lui. “Polly” se fait ravaler la façade en mode punk et ça fonctionne tout aussi bien que l’original. “Big Long Now” à la fois lourd et désabusé culmine à 5 minutes et annonce idéalement la baffe ultime qui arrive. “Aneurysm”, cela va de soi. Parce que le monde serait moins beau sans “Aneurysm” et que la formule LOUDquietLOUD n’a jamais été aussi bien incarnée. Bon bordel noisy en intro, duo basse/batterie ravageur et la gratte qui vient régler des comptes aux récalcitrants. “Come on over, do the twist ahaaaaa.” C’est parfait, c’est magique. Merci, au revoir. Et on repense toujours la larme à l’œil à ce petit enfoiré du live at Reading qui a dansé sur scène tout le morceau face à Kurt. Culé va. Mais je m’égare et deviens grossier, il est temps...

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The Love-Inns – Split Lip

The Love-Inns – Split Lip

Il y a un moment où on se rend compte qu’on vieillit. Si la chute des cheveux, la difficulté à se remettre d’une soirée arrosée ou la propension plus fréquente à préférer rester posé chez soi plutôt que de sortir ne suffit pas, on peut aussi compter le nombre de fois où, avec l’attitude blasée de circonstance, on écoute un disque en se disant “en ce moment, plus rien ne me fait d’effet. Et ça ressemble à tel ou tel groupe.” On peut aussi prendre un coup de vieux en se rendant compte qu’on est passé à côté de beaucoup de sorties musicales alors qu’on avait l’habitude d’écouter tout ce qui sort, qu’on a le coup de foudre pour un album qui n’existe qu’en format dématérialisé (“quoi ? Un album peut sortir autrement qu’en vinyle ou en cd ??”) ou que les musiciens qui ont écrit l’album en question n’ont même pas – ou à peine – vingt ans. Pourtant, on devrait savoir que le rock est un truc de jeunes, mais la plupart des gens qui en parlent sont des vieux cons blasés et nostalgiques, ça induit en erreur… J’imagine que vous vous foutez complètement de mon coup de vieux et que vous préférerez que j’aborde mon coup de foudre. Je mentirais en vous disant que The Love-Inns ne m’évoque absolument aucun autre groupe, elles ont quand même un morceau qui s’appelle “Nirvana” et un autre “Glown (In Bloom)” et je ne serais pas étonné qu’elles aient été bercées au punk rock féministe et engagé des années 90 et à la formule LOUDquietLOUD, mais leur arme pour dépasser la nostalgie blasée, ce sont simplement d’excellents morceaux. Énergie punk conjuguée à des mélodies pop simples et efficaces, le tout avec des harmonies vocales bien troussées, et des voix qui se complètent super bien en plus. Il n’en faut pas davantage pour me convaincre, et je ne peux que vous renvoyer au pont de “Dust Factory” où les deux voix se retrouvent seules avant que les instruments ne reprennent pour tenter de convaincre à mon tour, l’effet est redoutable. C’est bien simple, le disque (pardon, l’album, il n’y a pas de disque…) ne contient que des tubes potentiels assez irrésistibles et ce, que The Love-Inns fassent dans le punk débridé (“Don’t hit On Me”), calment le jeu (“Basterd”, “Summer Leaves”) ou opèrent dans un registre plus indie rock (“Nirvana”, “Asthma”). Ajoutez à ceci que le groupe sait placer le petit plan judicieux qui sublime un morceau (le ralentissement final de “Fuckboi”, autre putain de tube, ou l’accélération au milieu de “Split Lip”) et vous comprendrez pourquoi il n’y a absolument rien à jeter. Et que si j’avais découvert ce disque un peu...

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OCS – Memory Of A Cut Off Head

OCS – Memory Of A Cut Off Head

On ne présente plus John Dwyer, mentor de la scène garage de San Francisco, créateur en 2003 du label indépendant Castle Face Records et leader des incontournables Thee Oh Sees. Après un nouvel album (Orc) des Thee Oh Sees (devenu Oh sees) cet été, notre cher John vient de ressusciter son projet folk OCS, muet depuis 2005. Il retrouve à cette occasion son ex-comparse des Thee Oh Sees, Brigid Dawson avec qui il n’avait plus travaillé depuis le génial Floating Coffin. C’est avec plaisir que l’on renoue avec leur chant à 2 voix qui se marient à merveille pour cet album intimiste aux accents baroques et 60’s. Loin du garage psyché des Oh Sees et de l’électro de Damaged Bug, John Dwyer évolue ici en mode intimiste avec guitare acoustique, clavier, violons, harpe et saxophone. Dès les premières notes et paroles de « Memory Of A Cut Off Head » (« Oh, what a day, I lost my body / A feast for beast and all mankind »), la thématique de cet album est plantée. John Dwyer nous dévoile magnifiquement sa facette folk en nous racontant la nostalgie d’une reine déchue qui, face à la foule venue assistée à ses derniers instants, se remémore ceux de son monde avant qu’il ne s’écroule. Au menu, de belles ballades comme « On And On Corridor » qui évoque l’amour perdu entre les deux têtes couronnées errant dans les couloirs de leur palais, ou « Neighbor To None », où la révolution gronde et arrive jusqu’à leur porte. Sur « The Fool », le souvenir d’un amour impossible, difficile de ne pas voir naitre une larme à la première écoute de la voix de Brigid. (« Everytime we say goodbye / I feel like a fool / Baby, baby what can we do? Everytime I close my eyes / I see you / Baby, baby, what do I have to do? ») On ne peut s’empêcher de penser aux Beatles en écoutant la magnifique « The Remote Viewer » avec son clavecin baroque et ses harmonies de voix ainsi que « Lift A Finger By The Garden Path » qui n’aurait pas déplu à McCartney. « Chopping Block » rend, quant à elle, hommage au « Space Oddity » de Bowie alors que cette reine imaginaire fait face à son bourreau et à la foule. Cet album dégage une atmosphère nostalgique avec des titres pop imparables (« The Remote Viewer » et « Chopping Block ») et d’autres moins essentiels comme l’instrumentale « Baron Sleeps And Dreams » ou « Time Tuner » mais vous l’aurez compris le bilan demeure largement positif. Memory Of A Cut Off Head est le 20ème album de John Dwyer en 20 ans, toutes formations confondues. On ne peut que rester admiratif devant un artiste aussi prolifique qui réussit à se renouveler loin...

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Around The Fur de Deftones a 20 ans. Chronique

Around The Fur de Deftones a 20 ans. Chronique

Voilà comment une bande d’ados de Sacramento s’est offert un destin incroyable. Accros à la fumette et à la planche à roulette, leur passion commune pour la musique leur donne l’idée de fonder un groupe en 1988, alors qu’ils sont encore étudiants. Deftones est né, enchaîne les concerts dans les bars et petites salles, enregistre une démo en 1993. Ils parviennent à signer un contrat chez Maverick l’année suivante. Sous le regard bienveillant du producteur Terry Date, véritable visionnaire et dénicheur de talents, ils livrent leur premier album Adrenaline. Une fois encore Date a misé sur le bon cheval. Les critiques sont bonnes, le succès est au rendez-vous. Il est temps de passer à la vitesse supérieure et de profiter de la mouvance qui se trame autour de la scène nu metal, pour viser plus haut et voir plus loin. Around The Fur sort en octobre 1997, 10 titres ou plutôt 11 si l’on compte “Damone”, chanson cachée. “My Own Summer (Shove it)” qui ouvre l’album est choisi comme single. En rotation lourde sur MTV et les radios universitaires, tout comme “Bored” deux ans plus tôt, elle permet au groupe une exposition qui ne se limitera pas à l’Amérique du Nord cette fois-ci mais à l’international. Le second single “Be Quiet and Drive (Far Away)” marque un tournant important dans la musique de Deftones, évoluant vers des sphères planantes où les mélodies se heurtent à des passages plus agressifs. Deftones est devenu en quelques mois un groupe en vogue, et leur nom vient s’inscrire en haut des affiches de festival. Ils séduisent avant tout un public d’adolescents en quête d’identité, qui se retrouvent aussi bien dans la musique que dans l’image véhiculée de son leader Chino Moreno et de sa bande. Le groupe est également dans cette recherche constante de se démarquer, et de se détacher des étiquettes qu’on leur colle, afin de bâtir sa propre identité musicale et d’être reconnu pour ça. En cela, l’arrivée de Franck Delgado derrière les platines aidera à faire évoluer leur son. Bien sûr on retrouve sur Around The Fur, toute l’énergie de son prédécesseur, la force de frappe d’Abe Cunningham, les riffs ravageurs de Stephen Carpenter, accompagnés par le regretté Chi Cheng, alors bassiste du groupe. La preuve sur “Headup” moment fort de cet album où Max Cavalera s’invite tout juste après son départ de Sepultura. On assiste à un choc frontal de hurlements, une collaboration hors norme dont le refrain donnera peu de temps après son nom au futur groupe de Max, Soulfly. Mais derrière les morceaux les plus virulents que sont “Lotion”, “Rickets” ou encore “Lhabia”, difficile de ne pas constater que Deftones a gagné en maturité si l’on compare à Adrenaline qui se veut plus incisif. Chino est pour beaucoup dans ce...

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Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

Sweet Apple – Sing The Night In Sorrow

On va faire simple et concis, et la musique de Sweet Apple s’y prête bien. Il y a des moments comme ça où on a l’impression que tout se met en place pour nous plaire. En l’occurrence, en bon fan obsessionnel de Dinosaur Jr, tout projet qui inclut J Mascis aura toujours mon attention. Si on y rajoute le bassiste de Witch, je suis encore plus attentif. Si on y met en plus deux membres, dont le chanteur/guitariste/compositeur de Cobra Verde, groupe que j’apprécie plutôt pas mal si on se réfère à mon bac d’occaz (et qui sert occasionnellement de backing band à Guided By Voices, dont la réputation est plus qu’honorable), alors le projet a d’office tout mon respect. On en était là en 2010 avec la sortie de leur premier disque. En 2014, The Golden Age Of Glitter rajoutait à ça Mark Lanegan et J Mascis lâchait les fûts pour un solo de guitare par-ci par-là sur quelques morceaux. Belles cerises sur le gâteau. Pour un disque qui rendait hommage, sans se prendre trop au sérieux, au hard-glam des années 70, on pouvait juste regretter que l’ensemble évoque si peu Alice Cooper, alors même que le groupe avait repris “Elected” sur un single. C’est chose faite : Sing The Night In Sorrow reprend la formule Cobra Verde+Witch+Lanegan+solos de Mascis+Robert Pollard et y rajoute un côté Alice Cooper indéniable sur pas mal de titres (“World, I’m Gonna Leave You”, “You Don’t Belong To Me”, “She Wants To Run” ou “Thank You” en tête), quelques ballades indés (“A Girl And A Gun”, “Crying In The Clouds”, “Summer’s Gone”), un morceau qui reprend le titre du disque dans un final mémorable (“Candles In The Sun”) et une intro sur laquelle on pourrait limite trouver du Queens Of The Stone Age des débuts (“(My Head Is Stuck In The) Traffic”). Bref, autant de choses que j’adore sur un seul album, c’était clairement noël en juillet ! BCG   LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 1 DE DINOSAUR JR LIRE LA DISCOGRAPHIE PART 2 DE DINOSAUR JR LIRE LA CHRONIQUE DE WITCH – WITCH LIRE LA CHRONIQUE DE J MASCIS – TIED TO A STAR LIRE L’INTERVIEW DE MARK...

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Idles – Brutalism

Idles – Brutalism

C’est l’un des phénomènes de l’année. Inconnu il y a un an, Idles truste aujourd’hui tous les tops 2017. Mérité ? Pas volé, en tout cas. Car l’énergie dégagée par ce Brutalism (qui porte sacrément bien son nom) est phénoménale. En ce moment, le british furax qui chie sur tout ce qui l’entoure a bonne presse. Il ne faut d’ailleurs pas chercher bien loin pour trouver des points communs entre Idles et Sleaford Mods. A commencer par ce “chant” débité/dégurgité/clamé/beuglé avec le bon accent de prolo anglais (“Date Night”, “Rachel Khoo”). Une verve inépuisable et un verbe riche. Des bons mots et insanités qui pleuvent. L’entrée en matière (“Heel/Heal”) ne laisse guère de place au doute. Ça cogne vite, fort et encaisse qui pourra. Une violence brute so (english) punk, mais la basse proéminente qui semble constamment indiquer la voie à suivre ramène tout ce beau monde dans l’univers post punk. La frontière est mince, les allers/retours fréquents, à tel point qu’on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Mais on danse, pour sûr. Seul souci – et autre point commun avec le groupe de Nottingham – quelques singles incendiaires (les phénoménaux “Well Done” et “Mother”, l’excellent “Exeter” malgré son refrain fainéant) prennent le pas sur l’ensemble du disque, trop répétitif. Obsédé par certaines punchlines (“the best way to scare a Tory is to read and get rich“, “I know nothing, i’m just sitting here looking at pretty colors.. Motheeeeer… Fuckeeeer“), on a un peu du mal à passer à autre chose et à enlever le doigt de la touche repeat. Après avoir dézingué tout le monde, le chanteur, Joe Talbot, s’offre un slow réussi (“Slow Savage”) et nous prouve qu’il est tout à fait capable de nous surprendre, en plus de nous latter les bollocks. Un peu plus de surprise, et de variéte. Voilà sans doute ce qu’il manque à Brutalism pour être tout à fait réjouissant. On ne doute pas un seul instant que l’expérience live doit valoir son pesant de Carlsberg mais sur disque on a envie d’espérer plus. Sinon on n’achètera que les 45 tours....

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TH Da Freak – Infandous

TH Da Freak – Infandous

TH Da Freak serait-il le vilain petit canard de Howlin Banana ? Non pas qu’il soit vilain (loin s’en faut) ou qu’il ait une gueule de canard (on n’oserait pas), mais il fait en tout cas figure d’incongruité au milieu de ses potes de labels qui pratiquent le garage comme religion. Mr Freak a semble-t-il été davantage biberonné aux 90s et se plaît à bricoler des chansons lo-fi, entre folk désabusée et pop grungy. Jamais départi de son ton de petit branleur sympa (“Fuck My Songs And All My Thoughts”), TH Da Freak ne semble guère se prendre au sérieux. Il serait cependant idiot de notre part d’en faire de même car le bonhomme a plus d’une mélodie dans son sac, qu’elles soient declamées avec calme et sérénité (“Dreams Are Fake” où il arbore une voix de fausset, “Night, Alone, Streets”) ou hurlées au milieu de guitares cradingues  (“Infandous”). Et le bougre qu’on pensait facile à cerner déploie même un éventail finalement plus large qu’il n’y parait. En allant rôder en terres Kraftwerkiennes (“Questions”) ou en partant explorer des paysages brumeux (“I Don’t Wanna Know If You’re Still In Love With Me”), TH Da Freak déconcerte d’abord, puis séduit. Howlin Banana n’est donc pas qu’une machine à fabriquer du Ty Segall français, le label vient de se dégoter un artiste atypique et talentueux. On ne sait pas encore s’il ira loin (on lui souhaite) mais notre platine l’apprécie déjà beaucoup. Et la vôtre devrait l’aimer tout autant. JL Infandous by TH da...

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King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

King Gizzard & The Lizard Wizard – Polygondwanaland

Plus qu’un mois avant de boucler l’année et l’invraisemblable défi des australiens azimutés (sortir 5 albums en 365 jours) est en passe d’être réussi. Et le plus fou dans tout ça, c’est qu’à l’exception d’un Sketches Of Brunswick East moins exaltant, le résultat est toujours à la hauteur. Ce Polygondwanaland s’accompagne en outre d’un coup marketing brillant : il est offert à tous et chacun en fait ce qu’il veut, y compris le presser lui-même en vinyle si ça lui chante. Décidément les King Gizzard & The Lizard Wizard ont le chic pour faire parler d’eux… Ces gens sont fous c’est évident. Bigrement talentueux aussi, cela va de soi. Alors qu’on est encore en train d’explorer toutes les pièces de l’imposant “Crumbling Castle” (laissez-nous encore deux semaines svp), on constate que ce nouveau disque est tout sauf torché à la va vite et bénéficie au contraire (comme d’hab’) de structures très complexes et perchées (“Deserted Dunes Welcome Weary Feet”, la colossale “The Fourth Colour”) qui nous renvoient aux plus grands allumés et ambitieux des 60s (King Crimson, Pink Floyd, Hawkwind…), le tout saupoudré de bourrinage apocalyptique façon Murder Of The Universe et/ou de coolitude absolue (“Polygondwanaland”) façon Quarters! voire Paper Maché Dream Balloon (vous savez quand vous aviez l’impression qu’une bande de lutins a liquidé votre réserve de hash et qu’ils sont en plein trip sous vos yeux. A moins que ce soit l’inverse). Le choix de la facilité ne l’emporte jamais sur celui de la complexité, à l’image de la stupéfiante “Loyalty” qui pourrait se contenter de son intro SF et de sa basse doucereuse mais décide d’inclure d’innombrables bifurcations et de finir dans la furie et la bonne humeur. Et si parfois la sérénité le dispute à l’hystérie (“Inner Cell”, “Tetrachromancy”, “Searching…”), ce disque s’adresse avant tout à ceux que les labyrinthes sonores n’effraient pas et qui apprécient quand la musique se fait excentrique. Bref les King Gizzard ne se sont pas encore complètement réinventés, ils ont simplement de nouveau pioché dans les 92 styles qu’ils maîtrisent et affectionnent. Allez encore un mois à savourer ce disque avant Noël, d’ici là le dernier né de la folle fratrie des 5 rejetons 2017 aura sans doute pointé le bout de son nez. Et encore enfoncé le clou. JL   LIRE L’INTERVIEW DE KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD LIRE LA CHRONIQUE DE MURDER OF THE UNIVERSE LIRE LA CHRONIQUE DE PAPER MACHE DREAM BALLOON LIRE LA CHRONIQUE DE SKETCHES OF BRUNSWICK...

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