Ride – Weather Diaries

Ride – Weather Diaries

Voilà qui est embarrassant. On a tellement adoré Ride qu’on aurait bien aimé ne pas avoir à sortir la sulfateuse pour parler de leur nouveau disque. Mais là, ils ne nous ont pas laissé trop le choix. Comment voulez-vous qu’on passe sous silence un refrain aussi lourdaud que celui de « Charm Assault » (qu’ils ont même osé envoyer au front, en single. Courageux.) ? Comment tolérer une intro aussi hideuse que celle de « All I Want » (tentative électro calamiteuse, qui nous suit, comble de l’horreur, tout le morceau…) ? Comment ne pas capituler face à ce « Rocket Silver Symphony » qui sonne comme du mauvais Air ? De l’air, il nous en faut un peu et, heureusement, ce disque offre quelques bouffées d’oxygène salvatrices, nous rappelant que Ride a écrit de très grandes chansons et qu’il est encore capables d’en composer quelques bonnes. Comme ce « Lannoy Point » accrocheur en ouverture, même s’il reste plus gentiment confiné dans la catégorie dream pop que shoegaze. « Cali », en sus du rire nerveux généré par son titre, nous offre une mélodie enthousiasmante. Poursuivons la distribution des (rares) bons points avec la rêveuse « Home Is A Feeling » ou « Weather Diaries » qui ose enfin sortir des rails pour partir explorer le royaume du bruit (qui leur était si familier auparavant). Ouf le marasme n’est donc pas total. Mais, alors qu’on pensait pouvoir éviter le jugement fatidique de justesse, le dernier morceau, « White Sands », lénifiant à souhait (s’étalant laborieusement durant 6 longues minutes) nous en dissuade. Non vraiment on ne sait pas trop quoi faire de ce disque, mais on sait au moins quoi en penser : il vaut mieux l’oublier....

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Personal and the Pizzas – Personal and the Pizzas

Personal and the Pizzas – Personal and the Pizzas

L’intro/speech du chanteur marquera l’histoire du punk à la sauce Little Italy. Ambiance « J’les mets sur la table et j’vais t’apprendre la vie, ya lil’ square!« . Et ça continue sur tout l’album. Genre, quand le mec fait son solo de gratte, il peut pas s’empêcher : « So, wha dya think ’bout that, uh?!« . Ça sent un mélange d’origan et de bibine bon marché, de mozza et de sniffin’ glue. Mes préférées font penser aux Zeros avec ce côté lo-fi et répétitif, je pense à « Rock and Roll » et « Joey Quit the Pouch ». Ça serait réducteur (et bateau) de citer le MC5 (« Brain Damage ») et Joey Ramone (« Bored Outta my Brains »). « Concentration Camp » est dans la lignée des Forgotten Rebels avec leur « Nazis », de très bons tracks avec du vrai mauvais goût dedans. Puis, ce moment de grande tendresse, « Joanie » à la fin de laquelle une Peroni traverse le studio et va s’éclater contre le mur… « The greatest freakin band in the world« ! Ils le disent eux-mêmes. En attendant, le « world » les attend de pied ferme, mais pas dans une belle salle aux normes et avec de beaux verres en plastique, non… plutot dans un sous-sol mis à dispo par le cousin du voisin de la belle-soeur du patron qui a un petit arrangement avec les flics locaux. Finissons par leurs propres paroles de sagesse, « you ready to learn something? So listen up, you little brat. All you gotta do is start smokin, start drinkin, start fightin and keep on eatin pizzas, lotsa pizzas. And one day, ya’ll be just like us, Personal and the Pizzas!!! » Manu...

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Wonderflu – Wonderflu

Wonderflu – Wonderflu

Depuis ses débuts, il y a 10 ans, Wonderflu fait ses trucs dans son coin, comme ça lui chante. Généralement un groupe met toutes ses forces pour sortir le plus tôt possible un premier album et capitaliser dessus, les parisiens, eux, ont préféré sortir… 6 EP avant (dont un double qui aurait très bien pu faire office d’album mais non, il ne fallait surtout pas le considérer comme tel). Et quand le grand jour arrive, plutôt que de sortir un bête album, ils nous sortent un gros double de bourrin. Un menu double best of gavé à ras bord de 30 titres. 1h15 dans nos petites quenottes. Avouons-le, au départ on s’est dit « bon ils sont gentils ils ont foutu dedans 12 démos rafistolées qui trainaient au fond d’un tiroir (les fameux Bastard Tracks), rajouté 4, 5 nouvelles compos (destinées initialement à l’EP annuel), une belle pochette signée Halfbob et roulez nénesse : opération marketing bien ficelée ». Sauf que non, ça ne tient pas. Déjà Wonderflu et le marketing ça fait 12. Tu veux leur acheter un cd, tu repars avec 5 et des autocollants à distribuer à toute ta famille. Pour le même prix. Et puis, si vous savez un peu compter vous noterez que 12+4 ou 5, on est encore loin des 30 morceaux. Non ces 30 morceaux, ils se sont enfermés pendant de longues semaines pour les pondre. Ça devait sentir le phoque, il devait y avoir de la Kro renversée aux quatre coins du studio, ils ont dû partager quelques fous rires et engueulades mais au final ils les ont chié leurs 30 morceaux. Certains d’entre eux retiennent immédiatement l’attention, d’autres s’imposent au fil des écoutes, en tout cas nulle trace de remplissage. Le seul défaut qu’on pourrait trouver à ce disque est d’être un foutoir sans nom. Ça, c’est indéniable. Mais c’est aussi ce qui fait son charme. Au rayon des réjouissances, un « Yodel » so Nirvano-Pixien, les ultra efficaces « Turbulence », « Goods » ou « Accelerate » qu’on te met au défi de ne pas chanter à tue tête au bout d’une demi écoute, des mignardises folk lo-fi (« Is It Real? », « Matter Of Choice », « Driving No More »), des rasades punky/grungy (« Recently Seen », « Tease You »), des sifflotements et du banjo à rendre jaloux les Minutemen (« Barbecue »), une chanson pour saloon (« Are You Right? »)… La tourmentée « Second Floor », bardée d’effets et flanquée d’un motif de gratte qui vous colle aux basques. Sans oublier une « Radio Edit » qui démarre comme un bon vieux tube habituellement torché en 2’30 chrono et qui finalement fait un peu ce qu’elle veut, et après bien des soubresauts s’offre un break basse-batterie qui nous renvoie à l’âge béni où Kim Deal avait encore les faveurs de Frank Black. Et cette petite...

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Thurston Moore – Rock’n Roll Consciousness

Thurston Moore – Rock’n Roll Consciousness

La dernière fois que j’ai vu tonton Thurston, j’ai été clairement déçu. Faire le déplacement pour écouter du sous-Sonic Youth sans grande saveur à la guitare acoustique 12 cordes, ça ne m’avait pas franchement ravi. Surtout qu’avec le temps, je m’étais quand même rendu compte que son Best Day de 2014, qui m’avait pourtant plu à sa sortie, ne se contentait en fait que de faire vibrer une corde nostalgique profonde à base d’artifices quasiment dénués de substance. Pour faire court, tonton Thurston s’était contenté de nous filer quelques memberberries à manger, en suivant la très pertinente métaphore de South Park. Du coup, on ne peut pas dire que j’attendais ce Rock’n Roll Consciousness, ou alors vraiment au tournant pour lui mettre un petit croche-patte mesquin au passage histoire de passer ma frustration de critique amateur aigri. Donc je l’ai écouté d’une oreille, à moitié désintéressé, à moitié mal-intentionné et putain, je ne m’attendais pas à ça. Alors certes, vous vous doutez bien qu’on n’a pas droit à un virage complètement inattendu et improbable du genre « tonton Thurston se met au synthpunk pour faire comme tout le monde« , et je me sens d’autant plus con de ne pas l’avoir vu venir en suivant plusieurs dates de la tournée tonton Thurston et sa 12 cordes, mais déjà, on sent la guitare acoustique. Ça donne une saveur à certaines compos, « Exalted » ou « Smoke Of Dreams », qui bien que déjà vu dans sa carrière solo, nous détache d’emblée du précédent disque.  Surtout, tonton Thurston ne fait pas du sous-Sonic Youth ! Et ça, mine de rien, ça faisait un moment qu’on n’y croyait plus, car depuis la séparation de son groupe, qu’il le fasse mal (avec Chelsea Light Moving) ou plutôt bien (avec The Best Day), il semblait avoir beaucoup de mal à s’en détacher. Alors certes, les morceaux sont encore beaucoup trop longs à mon goût, et ne m’accrochent pas forcément, mais on a vraiment l’impression que tonton s’aventure hors de sa zone de confort, voire tente des choses presque inédites avec le très shoegaze « Cusp », et le fait malgré tout avec sa marque de fabrique. Bref, on pourrait dire que tonton Thurston trace son bonhomme de chemin en emmerdant au passage tous ceux qui pourraient y trouver quelque chose à redire, moi le premier. Beau joueur, je ne peux que reconnaitre qu’il le fait plutôt très bien cette fois-ci, et je lui tire mon chapeau. Bien joué, tonton Thurston, tu sais nous rappeler pourquoi on t’aime !...

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Pornography de The Cure a 35 ans. Chronique

Pornography de The Cure a 35 ans. Chronique

La batterie étouffée de Tolhurst, le riff lancinant de Smith qui tournoie comme un piège qui se referme. Vous voilà pris. « It doesn’t matter if we all die » (« ce n’est pas grave si on meurt tous »), nous annonce Robert Smith. Au moins c’est clair. « One Hundred Years » ne dure malheureusement « que » 6’30 mais il plante idéalement le décor. On va bien se marrer. Après le post punk brumeux mais fougueux des débuts, The Cure s’est aventuré dans les ténèbres depuis Seventeen Seconds et Faith. Et il n’a jamais eu les pieds engoncés si profondément dans ce lugubre marécage. Sur Pornography, l’aller est sans retour. Une fois la galette posée sur la platine, le mal est fait. « A Short Term Effect » semble ralentir au fur et à mesure que le morceau avance. Pour s’éteindre doucement. Comme une petite mort. Smith y occupe d’ailleurs une place quasi fantomatique, renforcée par des échos omniprésents. « The Hanging Garden », sans se dépêtrer de cette menace qui plane au-dessus de sa tête, mène une toute autre cadence. Direction le purgatoire, au petit trot. Puis vient la splendide mélancolie de « Siamese Twins ». C’est beau comme une journée sous des trombes d’eau. Les suites de notes délicates que Smith égrène sont autant de caresses réconfortantes. « Is it always like this? » semble-t-il se lamenter. Always as beautiful and sad, you mean Robert ? Sur ce disque, il semblerait bien que oui. On est en plein dans l’imagerie romantique chère à Smith… A des années lumières d’une quelconque pornographie, excepté cette absence totale de pudeur, de filtre quand il s’agit de livrer les émotions les plus glauques. La basse de Gallup auparavant si prompte à dicter la cadence, suit une batterie sentencieuse qui se fait passer pour une boite à rythmes. De temps à autre quand l’atmosphère se fait trop étouffante, une guitare aérienne fait office de lueur, vient nous rappeler qu’il ne faut pas s’en faire, que ce n’est que de la musique. Que cette musique est belle ! C’est derrière les sentiments enfouis les plus sombres, que la lueur est la plus éclatante (la colossale « A Strange Day », « The Figurehead »). Ce type de sons, vous le connaissez bien, il a été copié 4372 fois depuis. Mais qui peut égaler le son des Cure à leur sommet ? « Cold » et ses synthés mortuaires recouvre l’auditeur sous un linceul, et le laisse ruminer indéfiniment ses peurs, ses doutes et espoirs déchus. Mais ce merveilleux supplice ne prendra fin qu’avec le morceau éponyme, glaçant, où se mêlent dissonances bruitistes quasi indus, et autres cris habités. Plongée encore plus extrême dans le malsain pour mieux ponctuer un disque fondamental. Un des plus noirs qui soient. Après avoir touché les abimes (et la...

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Lysistrata – Pale Blue Sky EP

Lysistrata – Pale Blue Sky EP

Ça tient parfois à peu de choses la découverte d’un (très bon) groupe. A un verre de plus ou de moins avant de se rendre à un concert des Sonics par exemple. J’ai la fâcheuse tendance à louper quasi systématiquement les premières parties. Pas ce jour-là. Grand bien m’en a pris. Ce jour-là donc, je vais voir des légendes garage 60s et une bande de gamins m’administre une fessée sans que je ne vois rien venir et sans trop que je comprenne ce qu’ils jouent. Assurément pas du garage 60s en tout cas. Plutôt un de ces genres avec les mots « post » ou « math » dedans. Ce qui peut en faire fuir quelques-uns mais un groupe comme Lysistrata ressemble à un antidote tout trouvé à leur fermeture d’esprit. Car si la musique de Lysistrata dégage quelque chose d’évidemment beaucoup plus cérébral que celle des Sonics, elle n’en demeure pas moins viscérale pour autant. Ces trois jeunes gens dégagent déjà une assurance et une maitrise assez bluffante pour résoudre des équations guitare-basse-batterie en apparence fort complexes, mais ils n’oublient pas la bonne dose de fun nécessaire, ni de nous imprégner des mélodies imparables dans le cerveau (le math rock taquin et fougueux de « Pierre Feuille Ciseaux » ou l’exaltante « Pantalon Pantacourt »). En seulement 4 titres et un peu moins de 20 minutes, ils en disent bien plus que certains en une heure de temps. Lysistrata aime nous prendre par la main, nous faire traverser des itinéraires sinueux avant de nous emmener dans un recoin sombre pour nous coller un bon coup de latte dans les gencives quand on s’y attend le moins. Preuve en est avec la démente « Sugar & Anxiety » qui, du haut de ses 7 minutes épiques, conclut magistralement l’aventure. Des sommets d’intensité sont atteints en convoquant dans la même pièce Fugazi, Explosions In The Sky et Shellac. Et il fait rudement chaud quand on sort de là. Nous voilà moites et tout chamboulés. Ce qui ne nous empêche pas de réclamer une portion supplémentaire. Et vite, s’il vous plait, soyez pas vaches ! JL Lysistrata sera en concert le 31 mai au Nouveau Casino (Paris) pour la release party de Pale Blue Sky....

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The Afghan Whigs – In Spades

The Afghan Whigs – In Spades

Vous êtes tout excité aujourd’hui, vous allez revoir tonton Greg ! Vous l’adorez Tonton Greg, vous le surnommez même affectueusement Dudul (va savoir pourquoi). Dudul c’était toute votre jeunesse, quelqu’un qui comptait pour vous, avec qui vous aviez fait les 400 coups. Et puis, suite à des conflits familiaux, vous l’aviez perdu de vue pendant 16 ans. C’est long, 16 ans. Alors, à vos retrouvailles, il y a trois ans de cela, l’émotion était grande et la joie profonde. Et s’il avait un peu changé, assagi avec l’âge, forcément, Dudul était resté le même au fond. Et donc aujourd’hui vous allez le revoir et vous trépignez en sonnant à la porte. Mais quand il vous ouvre, stupeur ! Tonton Greg a changé. Il arbore un look jeunot, se donne des airs de chanteur RnB (« Birdland »), et vous détestez le RnB. Il le sait pourtant ! Mais finalement, passé la surprise, en passant du temps avec lui, vous réalisez qu’il est toujours aussi attachant. Et puis, Dudul a toujours des goûts musicaux très raffinés. Pour vous le prouver, il vous joue quelques morceaux. Comme à la belle époque. Il n’empoigne plus sa guitare avec la même férocité qu’auparavant, préférant s’installer tranquillement au piano mais il est toujours capable de vous émouvoir quand il se montre entier et touchant (« Demon In Profile »). S’il vous prend parfois un peu pour une bille en usant d’artifices grossiers (« Light As A Feather »), Dudul a le mérite de se montrer tout à fait cohérent, s’éparpillant un peu moins que lors de vos précédentes retrouvailles, et vous offre quelques moments privilégiés, empreints de classe (« The Spell », « Arabian Heights »). Sans être tout à fait mémorable, cette nouvelle visite vous conforte dans l’idée que, même en prenant de l’âge, Dudul est toujours digne de confiance et d’intérêt. Et, vous avez déjà hâte de le revoir !...

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The Clash – The Clash

The Clash – The Clash

On a tous lu les discothèques idéales de Jean-Jacques Duchmol ou Robert Brouchtar. C’est divertissant. Dedans on nous explique qu’il faut absolument posséder les premiers Oasis et que London Calling est le plus grand disque de punk qui soit. De deux choses l’une, je m’en suis toujours tamponné d’Oasis et je m’en porte pas plus mal. J’ai toujours adoré les Clash et, comme tout un chacun j’ai commencé par London Calling me considérant alors comme un vrai PUNK. Oui mais London Calling, tout mythique qu’il est (la pochette, le titre éponyme, les incursions reggae et tout le toutim, je vous ai déjà tout raconté), n’a déjà plus grand chose de punk. Si vous voulez vous la jouer punk (même dans votre salon, c’est pas grave), il n’y a pas à tergiverser 107 ans, il faut vous tourner vers L’ALBUM PUNK des Clash (et un des tout meilleurs du genre) : le premier. Et ça Robert Brouchtar a oublié de vous le dire. Laissez-moi vous expliquer. En 1977, les Clash ne savent pas jouer. Paul Simonon a sa basse en main depuis moins de 2 mois quand il rentre en studio pour la première fois. Les autres, guère plus. Peu importe, voire tant mieux. Les Clash sont limités mais ils ont en tête des mélodies, envie d’en découdre avec le pouvoir/les autorités/le système. Alors ils enregistrent 14 morceaux enervés, dont certains feront date (« London’s Burning », « White Riot ») tandis que d’autres auraient dû, bien plus que « Should I Stay Or Should I Go » par exemple, plus radio friendly et bien plus lisse que les 14 bombinettes pop punk ici présentes (bon allez « Cheat » est un peu cheap). Pas de production soyeuse, pas d’envie – ou pas encore les moyens – de satisfaire leur côté touche-à-tout, moins de question à se poser, juste une révolte à exprimer. A la batterie, Topper Headon donne le signal. « He’s in love with rock’n’roll woah, He’s in love with gettin’ stoned, woah » (« Janie Jones »)… Brut, cash, clash. Comme c’est bon. Mick Jones n’est pas Hendrix et ne le sera jamais mais il ne tortille pas du fion, il pond des riffs percutants qui vont droit au but. Strummer sait à peine chanter mais il y met tellement de cœur et d’entrain qu’il se révèle bien plus entrainant et convaincant que nombre de chanteurs techniquement doués mais aussi expressifs qu’un poisson clown. Cette musique n’est pas faite pour les poseurs. Quand Jones lance les hostilités et que Strummer s’engouffre pour y gueuler son rejet de l’impérialisme américain (« I’m So Bored With The USA »), de l’armée, du boulot de merde qui te sert juste à remplir ton assiette (« Career Opportunities »), on les suit. Yeux fermés et poing levé. Au rayon des tubes...

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The Black Angels – Death Song

The Black Angels – Death Song

Comme bien d’autres avant eux, les Black Angels ont la particularité d’avoir accru leur popularité avec un disque (Indigo Meadow) reçu sans grand enthousiasme par la critique (nous, on l’aime beaucoup). Parfois ce type de disque est un peu le chant du cygne (regard appuyé vers les Black Keys et Foals dont on ne veut plus entendre parler). Restait donc à savoir si le virage «  » »mainstream » » » (j’insiste sur le nombre de guillemets) des Black Angels serait annonciateur d’un aller sans retour au royaume des groupes qui rêvent d’un avenir à la U2 plutôt qu’à la Brian Jonestown Massacre. Et bien, rassurez-vous, de ce point de vue-là, les Black Angels sont toujours très fréquentables. Très fréquentables, et très efficaces, comme le prouvent les trois singles qui sont aussi les trois premiers morceaux du disque. Est-ce à dire que n’importe quel morceau aurait pu faire figure de single ? Malheureusement non. Car si « Currency » dispose d’une force de frappe imparable, si « I’d Kill For Her » joue remarquablement l’alternance entre groove et envolées puissantes et, enfin, si « Half Believing » est en tout point sublime (et intégrerait sans peine un best of du groupe), ces morceaux n’ont guère d’équivalents/de concurrents sur un disque qui ronronne un peu parfois. Les Black Angels ont toujours survolé la meute du revival psyché, ici ils ne le font que par intermittence et se contentent le reste du temps de réciter leur manuel de parfaite maitrise du son 60s (« Comanche Moon », « Hunt Me Down », « I Dreamt », « Medicine »). Je ne vous encourage pas pour autant à vous procurer les singles susnommés en 45 tours plutôt que l’album qui comporte d’autres franches réussites. En particulier « Estimate » qui, comme « Half Believing » dévoile un Alex Maas apaisé et profondément touchant ou la conclusive « Life Song » très Pink Floyd, aussi planante que captivante. Comme quoi on aurait pu avoir un EP assez monstrueux mais au lieu de ça le léger trou d’air dont souffre ce Death Song n’est pas loin de nous susurrer le mot déception à l’oreille....

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Slowdive – Slowdive

Slowdive – Slowdive

Vingt-deux ans. Les fans de ce groupe honni puis réhabilité auront attendu vingt-deux ans avant de pouvoir poser leurs oreilles émues sur le successeur de Pygmalion. Si je n’en faisais pas partie à l’époque, Slowdive fait partie des belles découvertes que j’ai faites ces dernières années. Et cet album n’entame en aucune manière cette opinion. Le quintet a mûri, et a travaillé un peu plus ses compositions qu’à l’époque où leur motivation tenait sans doute plus dans l’espoir de surpasser leurs maîtres ès sons qu’étaient – et que sont probablement encore – The Cocteau Twins et My Bloody Valentine, que de se couler dans la vague britpop qui emportait tout sur son passage. Les habitués ne seront pas dépaysés : on retrouve la dream pop à guitares cotonneuses telle que le groupe la pratiquait sur ses albums précédents et telle qu’elle a pu influencer le post-rock de Sigur Rós, entre autres. On gagne une plus grande variété des ambiances et des tempos, mais au prix d’une identité sonore moins affirmée que sur ces vieux albums qu’on ne peut s’empêcher de réécouter pour comprendre ce qui a changé. Et ce qui a changé, c’est la présence sur cet album d’au moins trois véritables tubes à la structure classique mais efficace et aux thèmes entêtants, qui compensent les longueurs de la fin de l’album, et qui m’évoquent le premier album d’Interpol, les voix caressantes de Neil Halstead et de Rachel Goswell en plus : « Star Roving », « Sugar Pill » et « No Longer Making Time ». Comme par hasard, les trois que le groupe a dégainé lors de son récent concert parisien. Et moi de repenser à cette tentative moyennement convaincante de recroiser post-rock, shoegaze et revival post-punk, intitulée Minor Victories, qui réunissait pas plus tard que l’an dernier Rachel, un Mogwai et deux Editors ; contre toute attente, c’est avec Slowdive que Rachel obtient un an plus tard une petite victoire dans cet exercice....

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