Caspian – Dust And Disquiet (Triple Crown/Big Scary Monsters)

Publié par le 12 octobre 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

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Avec le post rock, c’est souvent tout ou rien. Bien composé, cela peut être très impressionnant, donner lieu à de colossales fresques, à une multitude de sentiments divers. Lorsqu’il est fainéant, on peut chercher en vain l’intérêt de longues pistes insipides qui en disent moins qu’un bon morceau punk d’une minute.

Depuis qu’il sévit en 2003, Caspian a su se classer rapidement dans la première catégorie, et présente aujourd’hui un cv toujours plus étoffé dont chaque nouvelle sortie rime généralement avec réussite, et exaltation pour l’auditeur.

Avec ce Dust And Disquiet à la production impeccable, Caspian se présente plus ambitieux que jamais et offre ici quelques pièces mémorables.

Stimulant une rêverie extatique (« Ríoseco ») puis faisant montre d’une puissance ravageuse (« Arcs Of Command »), le groupe étale d’emblée un savoir-faire qui frise l’insolence.

Au-delà de la justesse des compositions, la prise de risque est à saluer tant elle est omniprésente. Clairement l’album ne baigne jamais dans une agaçante complaisance qui semble parfois inhérente au genre. Les morceaux se succèdent révélant chacun une vraie singularité.
« Echo And Abyss » mélange avec brio guitares et sonorités électroniques, et s’appuie sur des voix étouffées venant renforcer la sensation d’oppression du titre. Des voix, même discrètes c’est rare chez Caspian, mais un morceau chanté c’est bien la première fois. Même si ce n’est pas le moment le plus inoubliable du disque « Run Dry » est à marquer d’une pierre blanche comme le premier morceau folk du groupe.

Autre morceau qui occupe, déjà, une place à part dans leur discographie : « Darkfield », épatante percée mystérieuse habilement introduite par des percussions et touches electro bien senties. Et de déboucher sur un ram dam terrible, sorte de croisement insensé entre Nine Inch Nails et 65daysofstatic, avant une montée grandiloquente pour finir sur des terres plus post rock.

Malgré ses aléas fréquents, Dust And Disquiet emprunte une route qui semble continue conservant une cohérence de tous les instants. Un long périple tumultueux aux allures parfois de voyage extraordinaire, fait de découvertes bouleversantes… Comme ce « Dust And Disquiet » dantesque qui nous renvoie aux plus belles heures de Godspeed You! Black Emperor.

Le post rock se divise en deux catégories et Caspian figure indéniablement dans celle des grands.

JL

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