Cannibal Ox – Blade Of The Ronin (IGC)

Publié par le 19 mars 2015 dans Chroniques | 0 commentaire

canniCelui-là on l’avait pas vu venir. Cannibal Ox c’était pour nous l’histoire d’un groupe débarqué de nulle part qui frappe fort et se barre. L’air de dire « on vous a montré la voie, à vous de jouer maintenant. » L’histoire était belle mais l’histoire a finalement une suite.

Et la suite est belle aussi.

Bien sûr près de 14 ans après le coup de tonnerre The Cold Vein, Cannibal Ox n’est désormais plus à l’avant garde. Ce qu’il faisait avant tout le monde (ou presque, n’oublions pas Funcrusher Plus de Company Flow) est désormais dans l’ère du temps.

Le « plus dur » étant fait, paradoxalement la pression est moindre pour ce deuxième album du groupe. Il serait totalement déraisonnable d’attendre un bis repetita. Il est en revanche totalement légitime d’espérer un bon disque hip hop. Et en cela la mission est relevée haut la main.

D’abord car un disque de 19 titres, ça ressemble à tout sauf à un retour bâclé. Ensuite, surtout, parce qu’on ne trouve pas grand chose à redire sur ces 19 titres (allez un bémol pour « Sabertooth », pas inoubliable).

Clairement le savoir-faire de Vast Aire et Vordul Mega s’exprime tout du long et rappelle que peu évoluent à ce niveau. Même l’absence d’El-P, pièce maitresse de The Cold Vein, ne se fait pas trop sentir (coup de chapeau à Bill Cosmik à la prod).

L’impression d’écouter une BO de science-fiction est toujours là et Cannibal Ox n’a pas oublié qu’on était en 2015 ; les exigences de production sont à la hauteur. Ça c’était moins gagné.

A noter un « Power Cosmiq » qui s’impose d’emblée comme le tube évident. Beat entrainant, sample qui tue, flow qui percute. De la belle ouvrage. « Blade : The Art Of Ox », plus classique dans son approche (Black Milk aux manettes, seul exception du disque), n’en demeure pas moins d’une efficacité redoutable. On pourrait continuer quelque temps le name dropping. Contentons nous d’évoquer « Thunder In July » et son refrain chanté pour confirmer qu’on a affaire à du très solide. On pense régulièrement à Jedi Mind Tricks, ce qui n’est jamais un mal.

Cannibal Ox ne fuit même pas la comparaison avec son prédécesseur, osant un « Iron Rose » comme un écho au légendaire « Iron Galaxy ». Pas du même acabit tout de même, soyons sérieux.

Le seul reproche qu’on pourrait faire à ce disque est d’arriver si longtemps après et de ne pas bousculer l’ordre établi comme le pavé qu’avait été The Cold Vein. N’attendez pas une nouvelle révolution, vous serez déçus. En revanche, si vous aimez le gros hip hop, difficile de faire l’impasse.

JL

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