Burnside – Blue Ruins EP (Black Totem)

Publié par le 16 mars 2016 dans Chroniques, Toutes les chroniques | 0 commentaire

blue ruins epEvidemment vous connaissez tout par coeur. Moi aussi. Les années 90, les cheveux longs et sales, les chemises à carreaux moches mais cools, les riffs crades mais beaux, les voix hurlantes et déchirantes, donnant tantôt envie de tout casser tantôt de pleurer à chaudes larmes. Vous connaissez tout par coeur mais vous ne tournerez jamais la page parce qu’il n’y a rien de plus bon. Et vous avez raison, mes salauds.

Burnside est comme vous aussi. Théophile Paris (guitare, chant) et Laurie Perrin (batterie) ont sans doute eu un grand frère qui leur a refilé le virus de l’indie rock des 90s. Un grand frère ou une grand tante on s’en fout en fait. Toujours est-il qu’ils se sont trouvés, et qu’ils s’entendent fort bien musicalement, ce qui est une bonne chose parce qu’avant ça Théophile Paris faisait sa musique tout seul et ça devait être fatigant. Et là, à deux, les Burnside dégagent une belle autorité ; ça sonne carré, ça sonne crade, ça sonne brut, ça sonne bien.

Et finalement on a là un bon petit melting pot. Le genre entendu 20 fois mais qui fait toujours plaisir une 21ème (« Blaze »), le coup du chant 50% branleur, 50% rebelle, 100% ultra cool comme le faisait si bien notre blondinet préféré (« Dive Young »), la phase riff bien lourd bien gras plutôt hérité des hérétiques métalleux 70s (« Blue Bunny »), le petit recueillement au coin du feu (« Healed By The Sun », celle qui me branche le moins si je puis me permettre), le bon vieux coup de boost punkysant (« Rotten Flesh »), le grungy au finish psyché qui tue (« Stainless »)…

En une poignée de titres (6, c’est peu quand c’est bon), les deux gus nous renvoient dans les cordes et nous assènent de grosses balafres pour qu’on les regarde avec un joli sourire, satisfait mais édenté.

Tout ça pour dire qu’on est en 2016, que le rock français quoiqu’on en dise se porte plutôt pas trop mal, même s’il s’agit encore d’un secret bien gardé. Et que quand certains, comme Burnside nous rappellent furieusement les 90s et le font avec d’aussi bonnes compos, on a envie d’aller gueuler avec eux qu’on a tous une vie de chiotte mais qu’on s’en fout parce qu’il nous reste nos riffs bien sales et nos mélodies rageuses et que même si on n’est pas comme eux, on peut faire semblant… d’habiter à Seattle dans les années 90.

JL

Si vous habitez Paris et que vous aussi souhaitez arborer un sourire satisfait mais édenté, rendez-vous vendredi 18 mars à la mécanique ondulatoire pour la release party de Blue Ruins (l’event Facebook).

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