Burning Heads – Opposite (Epitaph)

Publié par le 9 janvier 2013 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

Burning_Heads_-_Opposite-frontEn 2002, les Burning Heads, groupe punk originaire d’Orléans qui s’est fait un nom à force d’écumer les salles et d’y laisser des litres de sueur, suprennent leur monde avec un disque reggae/dub pas piqué des vers.

Il faut dire que si le fossé entre punk et reggae peut paraître énorme à première vue (quelques bpm d’écart), les deux genres ont en commun une musique jouée brute et un esprit revendicatif jamais démenti. Beaucoup de groupes punk anglais se sont d’ailleurs laissés séduire par la recette jamaïcaine et ont passé la frontière musicale avec brio. Et c’est pas pour rien que Marley a écrit le morceau « Punky Reggae Party » dans lequel il convoquait The Damned, The Jam et The Clash à une grande fête musicale.

Les Burning Heads n’en sont pas non plus à leur coup d’essai, ayant déjà effectué quelques incartades en terre jamaïcaine par ci par-là dans leurs précédents opus. Mais cette fois ils prolongent le fun sur 10 titres. Et grand bien leur en a pris car cet album plein d’audace est une grande réussite et procure un plaisir immense.

La pochette étrange semble croiser Gandhi avec Shiva et la mention « dub it yourself » nous rappelle le credo punk, mixé à la sauce jamaïcaine. Car qu’on ne s’y méprenne pas, si la cadence est évidemment ralentie, les musiciens de Burning Heads n’oublient pas leurs racines punk ce qui donne lieu à un savoureux mélange qui n’est pas sans rappeler certains grands titres reggae des Clash (« Handcuffed (Did You Pay For This ?) »).

Les guitares sont toujours nerveuses mais on y ajoute de grosses basses ronronnantes, un skank hyper entrainant et on pousse à fond la pédale de delay. Résultat, ça balance bien, on remue la tête et les hanches, le chant de Pierre Mestrinaro se cale parfaitement sur cette musique qui allie avec bonheur l’énergie du punk et le rythme lancinant du reggae (« Spanic » avec un Mestrinaro monté sur ressorts).

Les basses rondes et contre-temps savamment distillés de « Handcuffed (Did You Pay For This ?) » ou « You Say » sauront vous combler. « Fugasse » s’appuie elle aussi sur une basse gonflée aux hormones qui fait vibrer le plancher et trembler les fondations.

L’album est suffisamment varié pour qu’on ne s’ennuie pas. Ainsi viennent s’ajouter des morceaux qu’on pourrait qualifier de dub-rock (« Rain 2 », « Basement »), un qui lorgne vers la jungle (« Time to Fire Up a Place »), le quatuor orléanais n’a pas joué aux feignasses en se contentant de ralentir le tempo et de fumer un gros joint chacun pour invoquer Rastafari et trouver une inspiration dubisante avant de rejoindre le studio d’enregistrement.

Mention spéciale enfin à « Police in Helicopters », hymne de John Holt daté de 1983, traitant de la répression policière envers la marijuana. Maintes fois repris, jamais sublimé à ce point. À écouter sans modération.

Véritable pari de la part de Burning Heads, Opposite a divisé les fans. Il s’agissait pourtant bien d’un coup de maître. Cinq ans plus tard, ils remettront ça avec Opposite 2, toujours avec une  insolente réussite.
JL

Écoutez « Police in Helicopters »

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