The Brian Jonestown Massacre – Revelation (A)

Publié par le 22 juin 2014 dans Chroniques | 0 commentaire

brian-jonestown-massacreBrian Jonestown Massacre est un groupe culte, du fait de son parcours et de la personnalité de son fondateur et leader historique, le californien Anton Newcombe, artiste extrême dans son comportement, longtemps accroché à l’héroïne et à l’alcool, ce qui lui valu pas mal de déboires (illustrées dans le film Dig). Revenu de toutes ces dérives, il a posé ses valises à Berlin il y a quelques années, où il tente d’y mener une existence tranquille entre sa famille et la musique.

Revelation est le 14ème album publié par Newcombe, et il reprend les choses où il les avait laissées il y a une bonne dizaine d’années, délaissant les errements et expérimentations des trois derniers enregistrements.

Cet album bricolé dans son propre studio contient treize titres aux sonorités variées, alternant folk psychédélique, surf rock et électro bizarroïde. Sans grande unité de ton, au risque de perdre l’auditeur en route, ce disque contient quelques vraies réussites rappelant le talent de songwriter d’Anton Newcombe.

Entame réussie avec le joyeux et festif « Vad Hande Med Dem » chanté en suédois (sic) qui invite irrémédiablement à s’agiter, dont le clip est illustré d’extraits du film allemand Run Lola Run. Belle réussite également que ce « Food For Clouds », aux guitares surf et clavier 80’s, qui sonne comme un titre oublié de Robert Smith (leader de The Cure).

De nombreux titres laissent la part belle aux ambiances folk comme « Memory Camp », ballade onirique sur laquelle flute et guitares enrobent la voix d’Anton noyée dans la réverb ou « Days, Weeks and Moths » avec tambourin et guitares lancinantes, à écouter autour d’un feu de camp en plein été. Mention spéciale à « What You Isn’t It », à l’ambiance médiévale évidente qui pourrait illustrer sans peine une série comme Les Vikings. Même veine explorée sur « Second Sighting », gentille ballade flutée, mais qui pour le coup endort tout le monde.

Coup de mou confirmé à la moitié de l’album, malgré un réveil en fanfare avec les premières mesures du curieux « MemoryMix », transe techno qui tourne rapidement à vide et « Fist Full Of Bees » titre apaisant (le plus long de l’album) mais néanmoins un rien ennuyeux qui aurait gagné à être raccourci.

Le disque repart sur de meilleures bases avec les trois derniers morceaux : « NightBird », chouette ballade sur violons et guitares acoustiques, « Xibalba », rock plus teigneux qu’on imagine bien balancé sur scène, et enfin ce « Goodbye (Butterfly) » dont les « doo doo » chantés en chœur rappellent évidemment l’immense « Sympathy For The Devil » qui conclut ce disque sur une excellente impression.

Apaisé et débarrassé (je l’espère) de ses vieux démons, Anton Newcombe livre ici un disque riche (presque trop), très hétéroclite qui alterne le bon et le dispensable, qu’il n’est pas évident je vous l’accorde de s’enfiler d’une traite.

Toujours à l’affût de nouvelles expériences, Newcombe a été contacté pour écrire la bande-son d’un film européen. Si sa musique a quelquefois été utilisée dans des films par le biais de morceaux existants, il s’agit cette fois de quelque chose de totalement nouveau pour lui. Connaissant le loustic, gageons qu’il est capable de s’en tirer haut la main…

 

El Padre

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