Blockhead – Music By Cavelight (Ninja Tune)

Publié par le 27 novembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

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Le label Ninja Tune a du flair, il se trompe rarement, et généralement les artistes qui y figurent sont synonymes de qualité. En allant débusquer Blockhead, ils ont encore eu le nez creux et ce dernier fait aujourd’hui partie des figures de proue de l’écurie anglaise.

Avant de se consacrer à sa carrière solo, Anthony « Tony » Simon, alias Blockhead a déjà fait parler de lui puisqu’il est producteur émérite d’excellents rappeurs au premier rang desquels le très talentueux Aesop Rock.

Blockhead publie son premier album, Music by Cavelight, en mars 2004. Un nom qui ne doit rien au hasard puisque l’artiste admet avoir composé ce disque à la lumière de sa cave.

Il en résulte un disque résolument sombre (forcément) à l’atmosphère mélancolique à mi-chemin entre hip hop, trip hop et downtempo. La magnifique « Insomniac Olympics » ouvre en beauté. Le gros beat hip hop tape fort dans les enceintes et donne le ton puis il y a ces cuivres, ce piano, cette guitare chouinante… Une entrée en matière remarquable.

Les deux titres suivants confirment les bonnes dispositions du beatmaker. Même sans ses acolytes rappeurs, il ne délaisse pas ses ambiances hip hop qu’il maîtrise à merveille. « You’ve Got Maelstrom » est un bijou d’abstract hip hop avec ses samples bien sentis et ses scratchs qui foutent la trique en intro, le tout pour lancer une superbe instru au piano soutenu par un beat qui en impose. Une grosse claque !

Blockhead pioche avec parcimonie dans sa bibliothèque de samples (qu’on imagine bien garnie) pour les mêler aux instruments (guitare, piano, violon) et composer une musique dotée d’une réelle identité. Il tisse des ambiances sonores, très cinématographiques, le tout est d’une élégance rare.

Alors évidemment je ne vous mentirai pas en vous disant que ce disque est très stimulant. Vous l’aurez compris, c’est plutôt à écouter dans une soirée posée avec sa douce que pour se préparer à un match de boxe.

Le tempo ne monte jamais bien haut et est parfois même très lent (« A Better Place », « Road Rage Breakdown ») ce qui confère à sa musique un aspect lénifiant voire anesthésiant et nous inspire de douces rêveries. Il tente aussi de petites incursions jazzy bienvenues (« Breath And Start », « Tryptich Part 2 ») qui donnent un souffle d’air frais à l’ensemble. Certains samples vocaux sont aussi surprenants que délirants (« Tryptich Part. 1 » et son « there is no ruuuuunning out » ou cette voix étrange dans le titre éponyme).

Rien n’est surchargé, tout est réduit à sa plus simple expression. Blockhead sait ce qu’il fait et il gère parfaitement son affaire. Les mélodies sont d’une grande finesse, toujours bien trouvées (« Jet Son », « Music By Cavelight » et ses percus et sitars) et ne loupent jamais leur cible. Et la cible c’est toi pauvre auditeur qui a beau trouver ça lent, mou du genou ou ce que tu veux, tu es irrémédiablement hypnotisé. Inutile de chercher à résister.

Parce que ce Mr Simon a un grand talent. À force de bidouillage, collage, recherche de l’assemblage parfait, il parvient à nous conter des histoires avec ses machines. De bien belles histoires qu’on aime entendre encore et encore.

 

JL

 

Écoutez « Insomniac Olympics »

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