Beastie Boys – Ill Communication (Capitol)

Publié par le 9 décembre 2012 dans Chroniques, Incontournables | 0 commentaire

ill-communication-785195L’année 2012 aura été tristement marquée par le décès prématuré d’un grand monsieur de la musique : Sir Adam Yauch dit MCA. Si ce nom ne vous dit rien, celui de Beastie Boys doit sûrement vous être plus familier.

En 1979, Adam Yauch, bassiste de formation, fonde les Beastie Boys avec ses amis John Berry (guitariste), Kate Schellenbach (batteur) et Michael Diamond (chanteur). Les lettres B.E.A.S.T.I.E. signifient « Boys Entering Anarchistic States Towards Internal Excellence ».

Inspiré par les Black Flag, le groupe aime faire du bruit et joue du hardcore punk qui arrache les tympans. John Berry ne s’éternise pas et quitte les Beastie en 1983, il est remplacé par  Adam Horowitz à la six-cordes. Les Beastie sont de jeunes fougueux un peu « teu-bés » qui aiment bien délirer. En 1983, ils enregistrent leur premier titre hip hop Cooky Puss, inspiré par un canular téléphonique du groupe au restaurant Carvel Ice Cream en 1983. Le titre connaît un certain succès dans les boîtes de nuit underground de New York. Le groupe commence à se dire qu’ils ont peut-être un coup à jouer en débarquant dans le milieu du hip hop…

Michael Diamond devient Mike D, Adam Yauch se surnomme MCA et le dernier arrivé Adam Horowitz sera Ad-Rock. Ils lâchent leurs instrus et se mettent à rapper formant un trio qui ne va pas tarder à marquer les esprits.

Le premier album Licensed to Ill cartonne tant auprès des critiques que du public, porté par l’imparable single « Fight For You Right (to Party) » (et son clip hilarant bombardé sans relâche par MTV). Les Beastie apporte un vent de fraîcheur qui leur permet de s’attirer les faveurs de réfractaires au hip hop pur et dur. Licensed to Ill devient l’album de rap le mieux vendu des années 1980. Pas mal pour un début.

Les deux suivants Paul’s Boutique (1988) et Check Your Head (1992) confirment tout le potentiel du groupe capable de marier les genres avec une aisance déconcertante et de faire bouger les têtes comme bon lui semble.

En 1994, Beastie poursuit son sans-faute en nous balançant à la tronche Ill Communication, un disque qui frise la perfection. Le début de l’album est tonitruant avec la fantastique « Sure Shot », son instru entrainante et les flows vifs et acérés des trois MCs. « ‘Cause You can’t, you won’t and you don’t stop ». Un morceau qui donne grave la pêche, très représentatif du savoir-faire des Beastie. Un de leurs classiques, incontestablement.

Et encore un coup, le trio New-Yorkais ne nous pond jamais deux fois le même morceau. Que ce soit quand ils retrouvent leurs racines punk (« Tough Guy », « Heart Attack Man »), le hip hop old-school funky (« Root Down », « Do It »…), le gros rock qui pulse (« Sabotage ») ou les titres instrumentaux groovy au possible (« Futterman’s Rule », « Sabrosa », « Ricky’s Theme »), ils visent juste à tous les coups et on ne s’emmerde pas une seconde. Les Beastie nous offre un joyeux melting-pot inclassable et rien n’est à jeter.

Du beau monde a également été convié en la personne de Q-Tip, légendaire MC d’A Tribe Called Quest sur la géniale « Get It Together ». On retrouve aussi avec joie le latino Eric Bobo aux percus (« Bobo on the Corner »), fidèle de longue date des Beastie qui rejoindra ensuite Cypress Hill (bon CV, le mec).

L’autre gros tube de l’album en dehors de « Sure Shot » est évidemment « Sabotage ». Un morceau pour réconcilier amateurs de rock et hip hop, Aerosmith et Run DMC avait montré la voie avec Walk This Way en 1986, Rage Against The Machine en a fait sa marque de fabrique et les Beastie n’en sont pas à leur coup d’essai non plus. Ils ont toujours su marier les genres avec une classe indéniable et ce morceau en est la preuve la plus éclatante. Une tuerie comme on n’en fait plus, du Beastie dans le texte. Plus énergique tu meurs !

Les morceaux instrumentaux sont des petits bijoux qui s’apprécient sans modération comme on déguste un cocktail au bord d’une piscine. Pour les amateurs, je ne saurai que trop vous conseiller l’album The In Sound From Way Out ! regroupant leurs meilleurs morceaux instrumentaux. Les Beastie n’ont pas froid aux yeux et ils le prouvent avec des morceaux loin des standards radio comme « Shambala » aux inspirations tibétaines ou « Bodhisattva Now » qui s’appuie sur un son de didgeridoo.

20 titres, une heure de son et une démonstration implacable. Les Beastie Boys forment bien un groupe à part. Au panthéon du hip hop mais pas que. Parmi les grands de l’histoire de la musique tout simplement.

Ils livreront encore quatre albums par la suite dont le formidable Hello Nasty (qui contient entre autres les perles « Body Movin’ » et « Intergalactic ») et le dernier cru Hot Sauce Committee Part Two sorti l’an passé, très bon encore une fois. Il s’agissait peut-être du dernier…

Quoiqu’il en soit merci les Beastie pour ce que vous nous avez offert. Et merci MCA. RIP.

 

JL

 

Écoutez « Sabotage »

 

 

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